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Une fois n'est pas coutume, je prends une demi-journée de congé que je
ne passerai pas devant mon écran. Non, cette fois-ci, RER, métro, un peu
de marche à pieds. Le lieu de rendez-vous se trouve "Rue de la
Procession", M° Volontaires. Je prends place à côté des quelques personnes
déjà présentes qui préparent des pancartes qu'on portera autour du cou. La
mienne dit : "POUR UNE AMNISTIE GENERALE EN TUNISIE", les autres
comportent des slogans contre la dictature en Tunisie, ou en soutien à
Hamma Hammami ou à Mohamed Moada. Nous sommes pour l'instant une dizaine
devant l'IFRI. J'ai mon appareil photo avec moi et je surveille
attentivement tout ce qui se passe. Les CRS arrivent par cars entiers et
déjà des barrières sont dressées, qui nous empêchent d'approcher trop
près. D'ailleurs on nous fait vite savoir qu'on ne s'approchera pas
jusqu'aux barrières. Pourtant certaines personnes stationnent près de la
porte. A nos questions, les RG nous répondront que ceux-là ont fait la
demande auprès de la préfecture. Ceux-là sont ici pour dérouler le tapis
rouge au ministre des affaires étrangères tunisien. Finalement un des manifestants laisse échapper sa colère, il ne veut plus bouger, et moi je me rends compte tout à coup que la liberté d'expression n'est par moment plus qu'une illusion. O. s'assoit par terre avec quelques autres et se laisse bousculer. Les gens deviennent nerveux, on ne sait plus quoi faire. Finalement nous sommes encerclés par un nombre impressionnant de CRS et
nous restons sur place. Nous n'avons le droit que de rester là. Bref nous
sommes en garde à vue. J. est là aussi et me reconnaît. Ca me fait très plaisir, j'apprécie son côté nonchalant. Nous sommes là, debout, à scander des slogans de temps à autre, bien entourés. Je passe un coup de fil à ma mère pour la rassurer, je crois qu'elle est contente de ce que je fais. En fait, je sais que ça lui rappelle des souvenirs et elle serait la dernière à émettre un avis défavorable sur mes démarches. Au bout de quelques temps, nous sommes raccompagnés jusqu'à la station de métro Pasteur. Sur le chemin, O. qui est facétieux arrive à franchir la haie de policiers et joue un peu avec eux. Il fait mine de s'enfuir, se met en position de défense, puisse se fait ramener dans le rang manu-militari. Nous continuons à marcher, avec notre cordon de sécurité. Arrivés à la station, je prends mon métro puis je rentre vous écrire.
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| Paris, mercredi 23 janvier 2002 . | ||
C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie | ||
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A l'occasion du séjour à Paris du ministre tunisien des affaires étrangères et de la conférence qu'il a tenu à l'institut français des relations internationales ( IFRI), le mercredi 23 janvier 2002, le CRLDHT avait appelé à un rassemblement pacifique devant le siège de l'IFRI, rue de la procession dans le 15e arrondissement à 16 heures[1]. L'objectif du Comité était de protester contre les atteintes aux droits de l'homme en Tunisie, de réclamer la libération de Mohamed Moadda, président du mouvement des démocrates socialistes et de l'ensemble des détenus politiques et d'opinion en Tunisie. A la grande surprise des participants, un important dispositif policier a été déployé pour empêcher la tenue du rassemblement. Alors qu'une trentaine d'hommes de main des services consulaires et du parti gouvernemental tunisiens bénéficiaient de la mansuétude de la police pour manifester bruyamment, banderoles déployées, devant le siège de l'IFRI, les participants au rassemblement de protestation ont été brutalement repoussés vers la rue Butot où ils ont été encerclés par des agents de police particulièrement agressifs. A la suite de l'intervention auprès du ministère de l'Intérieur de M. Michel Tubiana, président de la Ligue française des droits de l'homme (LDH) qui avait été alerté par le CRLDHT, les policiers ont décidé de reconduire les personnes encerclées à la station du métro "Pasteur". Le CRLDHT stigmatise l'attitude agressive de la police à l'égard des participants à ce rassemblement pacifique de protestation et la tolérance dont ont bénéficié les nervis des services de sécurité et du parti gouvernemental tunisiens. En relation avec les associations françaises de défense des droits humains des initiatives seront prises pour protester énergiquement contre la partialité et la brutalité dont a fait preuve, à cette occasion, la police française. Paris, le 23 janvier 2002. [1] En relation, semble-t-il, avec l'ambassade tunisienne, les
invitations à la conférence avaient été " verrouillées " par l'IFRI. Le
CRLDHT déplore vivement ce comportement qui porte préjudice à l'image de
cette prestigieuse institution de recherches. | ||
| Paris, mercredi 23 janvier 2002 . | ||
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Lecteur assidu | ||
| Mercredi 23 janvier 2002 . | ||
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Suite à notre dépêche du 22 janvier 2002 rendant compte dune rencontre qui a eu lieu la veille entre Jean-Pierre Chevènement, le président du CPR le docteur Moncef Marzouki et le responsable de linformation Chokri HAMROUNI, quelques uns de nos concitoyens se sont plaints des « formules générales » et de labsence de détails dans le texte de la dépêche. Notre parti souhaite apporter les précisions suivantes : Contrairement à certains représentants de la société civile et politique tunisienne, nous avons fait le pari de la transparence et dinformer nos concitoyens de nos activités et démarches Rappelons à cet égard que labsence dinformation chez nos amis ne veut pas toujours dire absence dactivités ! Les formulations employées dans la dépêche relèvent plutôt dune technique dinformation communément utilisées dans ce type de texte. Le régime en a fait usage pour sous informer et mentir. Nous, cest pour dire la vérité et informer. Notre devoir de responsabilité nous appelle à faire preuve de retenue et de faire attention au dérapage et à linterversion de la réalité. Il y va de notre crédibilité; Nous navons pas voulu paraître bavards et euphoriques au moment où le régime continue à martyriser nos amis. Nous ne sommes pas allés voir monsieur Chevènement pour demander appui et réconfort. Nous sommes partis lui rappeler quelques vérités sur la Tunisie : la répression au quotidien, la torture, les procès politiques, la corruption qui gangrène notre société Nous lui avons dit que notre pays est menacé dans sa stabilité par une dictature qui produira de plus en plus de désespérés que les responsables politiques étrangers ne doivent pas soutenir un régime dont le peuple ne veut plus que ce régime dictatorial ne fait pas la guerre à lislamisme (une composante modérée et pacifique à limage de notre société acquise à la modération), mais à tous ceux qui sopposent à son règne absolu Nous avons réitéré notre position quant aux conditions de sortie de cette crise : lamnistie générale, le départ de lactuel président et la réforme du code électoral pour permettre à notre peuple de choisir ses représentants à travers des élections libres et démocratiques Nous navions aucunement lintention de cacher quoi que ce soit. Il sagissait tout simplement dune répartition des tâches. Chacun était dans son rôle : le responsable de linformation informait, le président du parti expliquait. Notre combat contre la dictature nous le mènerons tout en restant fidèles à nos valeurs et principes de départ, à savoir : moraliser laction politique ; rendre la dignité aux citoyens ( leur dire la vérité, entre autres ) ; rendre la souveraineté au peuple source, objet et objectif de tout changement. Paris, le 24 - 01 - 2002 Chokri
HAMROUNI | ||
| Paris, jeudi 24 janvier 2002 . | ||
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هناك رهط من "المثقفين" غريبي الأطوار هلاميي التكوين
زئبقيي التفكير يتعبونك كثيرا عندما تحاول فهم مقاصدهم يجعلونك تستعين بآخر
ما توصل اليه علم النفس التحليلي علك تحيط بمكنون سرائرهم يتقنون فن الشحاذة
الفكرية و القفز من اليسار الى اليمين و من الستالينية الى الليبرالية
المتوحشة بعد أن خرج من تحت أنقاض جدار برلين و قد علاه الغبار. منذأيام كتب
منظر ما بعد الحداثة مقالة "عصماء" نشرتها ما يسمى جريدة "الحياة" و نقلها
أصدقائنا في "تونس نيوس" في العدد رقم 613 مشكورين لأنني ما كنت لأنتبه لتلك
المقالة لولاهم فقد أخذت عهدا على نفسي بأن لا أطالع الجرائد الصفراء منذ ما
يقارب أربعة سنوات. أخيرا أطمئنك أن أمريكا لن تجعل منك "قرضاوي" ثاني اذا
ما فكرت يوما أن تغير الأوضاع في تونس و لسبب بسيط هو طبيعة الأمريكان التي
لا تثق في الأشخاص اللذين يكثرون من اللغط و الجدل العقيم خاصة من ذوي
السوابق الاشتراكية مهما حسن ايمانهم بالرأسمالية و الفكر اللبرالي. ذات يوم جاء احدهم الى أمير المؤمنين علي بن أبي طالب
متعجبا و سائلا لماذا لم يختلف الناس أيام عمر بن الخطاب و اختلفوا اليوم في
عهدك و منهم طلحة و الزبير فأجابه قائلا لأن الرعية في عهده كانت مثلي أنا و
أمثال طلحة و الزبير أما الرعية اليوم فهم من أمثالك أنت. حسونه | ||
Au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung S.A.R.L. Service du courrier des lecteurs 60267 Frankfurt le 8 janvier 2002 Au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung. Prière de publier cette
lettre sous la rubrique "courrier des lecteurs" La Tunisie ne tient Monsieur lambassadeur, Dans votre lettre publiée sous la rubrique « courrier des lecteurs » du Frankfurter Allgemeine Zeitung le 19 décembre 2001, vous décrivez la Tunisie non seulement comme un pays modèle en matière de stabilité et de succès économiques, mais aussi comme un paradis de démocratie régie par un Etat de droit. Nous ne voulons pas discuter du premier volet, bien que dans le cadre de la "mise à niveau" de léconomie tunisienne le taux de chômage et la répartition de la richesse locale soulèvent des points dinterrogation. Cependant, lon ne peut sempêcher de contredire ce que vous avancez dans votre lettre à propos de la démocratie et lEtat de droit. Cest le président Ben Ali et son parti au pouvoir, le RCD, qui détiennent aujourdhui entre leurs mains le pouvoir absolu et exclusif au sein de lEtat tunisien, sappuyant sur un appareil policier hypertrophié qui leur assure le contrôle rigoureux et la mise sous tutelle de la société tunisienne, avec des méthodes répressives dignes dune dictature. Lopposition, quelle que soit sa tendance politique, est inexistante et na pas le droit dexister. La poignée de siéges parlementaires accordés, indépendamment des résultats électoraux, à quelques partis insignifiants ne sont quun alibi pour un soi-disant pluralisme politique. Toute déclaration critique est étouffée dans luf, cest-à-dire considérée comme un acte hostile à lEtat et réprimée comme tel. Ainsi la presse tunisienne est-elle complètement mise au pas et censurée. Cest pour cette raison que la Tunisie a été exclue de lOrganisation Mondiale des Editeurs de Journaux, dont elle était membre depuis 1987. La triste réalité est que les droits politiques et civils fondamentaux, que la Tunisie sest engagée à respecter en vertu de son adhésion aux conventions internationales en matière des droits humains, sont bafoués chaque jour de façon flagrante. Il ny a aucune liberté dopinion, dstatement, de réunion ou dassociation. Ceux qui revendiquent ces droits, doivent sattendre à des poursuites judiciaires. Ces poursuites touchent surtout les hommes, les femmes et les organisations qui militent pour le respect des droits humains et pour la démocratie. Ils risquent toujours dêtre arrêtés et traduits en justice. Ils sont surveillés jour et nuit par la police et harcelés par les méthodes les plus diverses. Pour les intimider, les forces de lordre nhésitent pas à saccager leurs bureaux, à endommager leurs voitures ou même à les agresser physiquement en pleine rue. Pour compléter le tableau de cette répression, il faut noter quaucune de ces agressions na jamais fait lobjet dune enquête judiciaire. A la mi-octobre de lannée écoulée neuf importantes organisations opérant dans le domaine des droits humains, entre autres Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et la Ligue Internationale des Droits Humains, ont publié un document collectif, intitulé Dégradation persistante de la situation des droits humains en Tunisie, décrivant en détail les graves et persistantes atteintes aux droits humains en Tunisie. Ce Document constituait lannexe dune lettre ouverte adressée par ces organisations au président de lUnion européenne et par laquelle elles appelaient le président de lUnion, à presser la Tunisie de respecter la clause contraignante concernant les droits humains, contenue dans laccord dassociation signée entre la Tunisie et lUnion européenne en 1995 ( Ce document, qui sera très prochainement disponible en allemand, peut être demandé à Tunesienkoordination par lintermédiaire damnesty international/ 53108 Bonn.) Lune des graves atteintes aux droits humains consiste dans lincarcération de plus de 1000 prisonniers politiques, un problème que vous avez, Monsieur lambassadeur, essayé de contourner dans votre lettre. Ces hommes purgent des peines de prison uniquement à cause de leurs convictions politiques. Ils endurent des conditions carcérales très difficiles et vivent sous la menace de la torture et des mauvais traitements. La majorité de ces prisonniers appartient à la mouvance islamiste. Au début des années 90 le parti islamiste Ennahdha, qui représentait à lépoque lunique force dopposition réelle et qui na jamais bénéficié dune reconnaissance légale, a été mis hors la loi, durement réprimé et complètement éradiqué. Des membres, et même des sympathisants, de ce mouvement ont été jugés en 1992 et condamnés à de longues peines de prison allant jusquà la perpétuité, durant deux procès séparés, considérés comme inéquitables par les observateurs internationaux présents; des procès qui ne respectaient ni de près ni de loin les normes internationales pour un procès équitable et durant lesquels des aveux extorqués sous la torture ont été acceptées comme pièces à conviction. Ces méthodes du régime sont dautant plus déconcertantes que la Tunisie est, de loin, le pays arabe qui a la mouvance islamiste la plus prête à la démocratie au dialogue. Ennahda na jamais prêché ni pratiqué la violence. Ainsi Radhia Nasraoui, avocate et militante des droits humains, de tendance plutôt gauche, affirme-t-elle que lEtat na jamais été déstabilisé par ce mouvement. A propos de ce type de méthodes employées envers les islamistes, nous aimerions donner la parole à Graham Fuller, ancien expert régional de la CIA et spécialiste des affaires du Proche-Orient. Cette citation est extraite du NZZ (Neue Zürcher Zeitung) du 7 février 1998: Une majorité de régimes autoritaires au Proche-Orient considère que les mouvements islamistes présentent la menace la plus sérieuse pour leur pouvoir, car ces mouvements mettent à nu leur caractère anti-démocratique, leur non-respect des droits humains, leur répression des citoyens, leur corruption, leur incompétence et leur positions pro-américaines (ou pro-occidentales). Cest pourquoi ces régimes maintiennent une position très hostile aux mouvements islamistes. Ils qualifient cette opposition carrément de terroriste. Certes, la violence politique existe au Proche-Orient, mais la plupart de ces régimes préfère induire lopposition au terrorisme pour pouvoir lui coller le label terroriste. Ils préfèrent mieux avoir affaire à des terroristes que de sengager dans la voie du dialogue politique. Si les méthodes employées par le président Ben Ali contre les islamistes sont saluées aussi bien par Jacques Chirac que par George W. Bush comme la soi-disant première victoire sur le terrorisme, cette position nous choque profondément. Pour nous il ne sagissait pas dune lutte contre les terroristes, mais contre la démocratie et les droits humains. Helga Lindenmaier Traduit de lallemand par | ||
| Publié le 8 et traduit le 23 janvier 2002 . | ||
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A la veille du passage à l'an 2002, j'ai essayé de faire le point sur la situation de notre pays : la Tunisie, qu'avons-nous achevé, ou est-ce nous en sommes et ou voulons nous aller? Hier : Aujourd'hui : Demain : Anonyme Tunisien | ||
| Posté le jeudi 24 janvier 2002 . | ||