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Si le purgatoire existe, il doit ressembler à ça. Un endroit hors du
temps et de l'espace, baigné d'une lumière blafarde de février. Un endroit
dont l'horizon est barré par une épaisse muraille et où ont poussé
quelques arbres dont il ne reste que quelques squelettes. | |
| Kakwselkarama - Tunis, mercredi 6 février 2002 . | |
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Paris, le 5 février 2002. Monsieur Gouja, Je n'avais pas eu jusque là la preuve directe et évidente de votre absence totale de professionnalisme, et de déontologie. Le titre du papier que vous avez commis dans La Presse du 4 février ("Tentative doccupation de lOffice du Tourisme à Paris") est tout simplement faux. Sachez monsieur que je suis bien placée pour en parler puisque j'étais là-bas. Je vous cite : "(...) Avec une dizaine de ses mercenaires, il [Robert Ménard] a essayé cette fois vainement de le réoccuper." Permettez-moi de vous signaler plusieurs choses. Tout d'abord, je ne suis pas mercenaire, ni même journaliste et j'y étais. De surcroît, ne vous en déplaise, nous étions bien plus qu'une dizaine, pas seulement de RSF, et il y avait beaucoup de Tunisiens. Ensuite, il n'a jamais été question d'occuper l'OTT, personne n'est stupide au point de vouloir occuper une agence quelconque un dimanche, alors qu'elle est FERMÉE. Enfin, notre volonté était de couvrir la vitrine de portraits de Hamma Hammami ce qui fût fait avec rapidité et succès. (...) Son objectif déclaré : porter atteinte à limage et aux intérêts de la Tunisie, pour dissuader les touristes français de visiter notre pays (on a atteint 1 million de visiteurs après son dernier coup !). Honnêtement, je crois que l'Etat tunisien s'en sort très bien seul pour porter atteinte à l'image de la Tunisie et à ses intérêts. Je vais régulièrement en Tunisie, en touriste, et rien ne me découragera d'y aller. Moi monsieur, ce dont je rêve, c'est de pouvoir un jour avoir une relation équilibrée avec les Tunisiens. Je rêve d'échange, de dialogue, d'égalité. Je rêve de ne plus rencontrer tous ces jeunes fantasmant à l'eldorado européen, qui sont prêts à tout pour s'enfuir de cette prison que représente leur pays. Je continuerai à passer mes vacances en Tunisie mais il est possible que je ne reste plus silencieuse. Et mon souhait le plus cher, c'est que chaque touriste fasse comme moi. Que chaque touriste qui a une âme essaie enfin de ne plus accepter qu'à quelques mètres de la plage où il se prélasse, des gens crèvent de désespoir, d'ennui, de harcèlement, de silence ou de torture. Que chaque touriste, par un geste, ou un mot seulement, affirme son indignation dès qu'il met les pieds sur le sol tunisien. Pour cette raison, j'agis pour les informer, les sensibiliser, mais certainement pas pour les dissuader. Monsieur Gouja, sachez enfin que lorsque vos protecteurs s'en iront, vous n'aurez plus d'autres choix que de fuir votre pays. Pour rejoindre le Hezbollah peut-être ? Sophie
Elwarda | |
| TUNISNEWS 628 du mardi 5 février 2002 | |
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TUNIS (TAP) - Le directeur du quotidien indépendant La Presse Moncef
Goujat a presenté sa demission aujourd'hui 4 février 2002. Monsieur
Goujat, exaspéré par les exactions israëliennes en Palestine, a decidé de
prendre les armes contre l'ennemi sioniste. | |
| Omar Khayyâm - Mahdia, mardi 5 février 2002 . | |
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Vous nous avez promis Notre avis librement Des médias désormais Sur le triste présent Ces pauvres misérables De dire la vérité Vous nous avez menti! Restez plutôt en vie Les chants des prisonniers Et les cris de colère Vous connaîtrez alors Mais non! Car votre coeur Aux chagrins, aux malheurs Restez vivants pour voir Poème vieux de 11 ans, composé aux géôles de la Dakhilia à
Tunis. | |
| Reposté le mercredi 6 février 2002 . | |
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JERBA L'AMÈRE "Jerba la douce" ? Peut-être l'est-elle, mais pas pour les dictateurs. Le maître de Carthage regrettera jusqu'au dernier jour de sa vie d'avoir mis les pieds dans l'île d'Ulysse. Son exil doré au Panama ne lui fera jamais oublier l'affront qu'il subit à Jerba. Le 7 février 2002, Ben Ali atterrit à Jerba pour présider le congrès de l'UGTT. L'île est déjà en état de siège et le cordon ombilical qui la relie au continent est provisoirement coupé par les blindés de la Garde Nationale. Les brigades anti-terroristes quadrillent depuis l'aube la petite île d'à peine 500 km2. Des vedettes de l'armée, des douanes et de la Garde Nationale encerclent le fameux paradis touristique. La police présidentielle, ayant passé au peigne fin l'hôtel où doit se tenir le congrès, contrôle tous les accès et vérifie les identités de tous les présents. Munie de détecteurs de métal, elle procède à la fouille de tous les congressistes. Seuls les diplomates et les invités étrangers y échappent. La surprise qui attend Ben Ali ne sera détectée ni par sa police, ni par ses chiens renifleurs, ni même par son "Secret Service" La salle du congrès est archi-comble. S'ajoutant aux centaines de délégués syndicaux, sont aussi présents des dizaines de journalistes tunisiens et étrangers, des représentants des organisations syndicales soeurs et amies ainsi que les leaders des partis d'opposition. A dix heures du matin, Ben Ali monte sur la tribune pour prononcer son
discours. Il met ses lunettes et se prépare à la lecture de son discours
fleuve. "Bismillah
" ( au nom de Dieu ). C'est le seul mot que Ben Ali
prononcera à Jerba. Avant même qu'il ne récite "Arrrahmane Arahim" (le
clément et le plus miséricordieux), des centaines de délégués se lèvent
comme un seul homme et commencent à scander un slogan qui le fait vaciller
de la tribune : "kilma wahda ya rajjala, Ben Ali el istikala" (un seul
mot, braves hommes, Ben Ali la démission). Dans l'avion qui le ramène en catastrophe à Tunis, il n'est obsédé que par une chose: le journal télévisé du soir! Tous les médias ont annoncé la présence de Ben Ali au congrès de la centrale syndicale et les téléspectateurs sont supposés le voir discourir devant les délégués syndicaux. Que faire? L'éminence grise de Carthage, Abdewahab Abdalah, trouve une solution : Il faut en quelques heures, avant le début du journal du soir, créer un décor identique à celui de l'hôtel où se déroule le congrès. Un public trié sur le volet et constitué de destouriens purs et durs est emmené par des bus spéciaux au Palais de Carthage. Ils doivent tenir le rôle des congressistes. Les meilleurs spécialistes en décor et en mise en scène de la RTT se mettent à l'uvre pour " cloner " le congrès de Jerba. Les spécialistes en montage vidéo doivent coller les vraies images de Jerba aux fausses images de Carthage. Après de longues répétitions, l'enregistrement commence. Tout est parfait : Ben Ali monte sur la fausse tribune de Jerba et prononce finalement son discours. Toutes les quinze minutes, il est interrompu par les applaudissements des faux congressistes et leurs enthousiastes et sincères "yahia Ben Ali" (vive Ben Ali). A la fin du discours le metteur en scène de la RTT qui a dirigé le spectacle ne peut cacher sa satisfaction et applaudit ses " acteurs ". Il monte sur une chaise et remercie tous les participants : "Bravo ! Vous avez fait du beau travail, félicitations". Tout est prêt pour le journal de 20h00. Les techniciens de la RTT ont réussi à coller les "bonnes" images de Jerba aux images fabriquées à Carthage. En visionnant le reportage avant sa transmission, Abdelwhab Abdallah est ravi de voir son idée géniale concrétisée en quelques heures seulement. Le bluff est sans faute. Ce qui s'est passé le matin à Jerba serait effacé à jamais de la mémoire télévisuelle du pays. Le congrès de l'UGTT est à la une du téléjournal : "Le Président Zine El Abidine Ben Ali a présidé aujourd'hui l'ouverture du congrès extraordinaire de l'UGTT, tenu à l'île de Jerba. Nous débuterons ce reportage par la diffusion du discours magistral et méthodique du Président prononcé devant les délégués syndicaux." Tout se passe bien. Tout, sauf un petit détail : l'ingénieur du son a oublié d'effacer la bande sonore originale de Jerba. Les cris des faux congressistes de Carthage se mêlent aux véritables slogans de Jerba. Les téléspectateurs ont alors droit au " clip " vidéo le plus amusant de l'année. A la foule qui scande : "yahia Ben Ali" répond en canon une foule non moins nombreuse "kilma wahda ya rajjala, Ben Ali el istikala !". Omar Khayyâm | |
| Mercredi 6 février 2002 . | |
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02 - 02 - 02 L'attentat de la casbah est le prélude de la République de demain
ZABA a pété les plombs ce samedi 2 février 2002 et a inconsciemment
offert à la communauté internationale une pièce à conviction qui va
s'ajouter à son lourd dossier de crimes commis contre le peuple tunisien
en particulier et contre l'humanité en général, le palais de la "Justice"
a été le lieu de son macabre chef d'uvre où ses inféodés de juges et de
policiers ont exhibé aux honorables hôtes de la Tunisie et devant des
caméramans incrédules le prototype de la République de
demain. Dans ce projet ambitieux il y aura seulement 2 classes, une première
classe dirigeante composée uniquement de flics qui exercent plusieurs
fonctions en même temps, exemple : flicjuge, flicmédecin, flicjournaliste,
flicministre, flicflocflac
et une deuxième classe baptisée tout
simplement LA CLASSE composée de gens qui ont échoué très tôt leur CACA
(certificat d'aptitude à la connerie ambiante) ces derniers ont
généralement les distinctifs suivants : ils ont osé dire non au moins une
fois dans leurs courtes vies, ils ont un quotient intellectuel largement
supérieur à la moyenne constatée chez les primates possesseurs de CACA et
ils sont très bavards avec les ONG internationales. P.S. 1 : Avis à la population Tout le monde est au courant que le directeur de La Presse est
vachement avare mais peu de gens savent qu'il est pédophile aussi.
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| Tunis, mercredi 6 février 2002 . | |