Fond sonre : Police - Every breath you take !!!


Hamma Hammami :
la tête de turc du gardien-chef

© Mansouri 2002

Si le purgatoire existe, il doit ressembler à ça. Un endroit hors du temps et de l'espace, baigné d'une lumière blafarde de février. Un endroit dont l'horizon est barré par une épaisse muraille et où ont poussé quelques arbres dont il ne reste que quelques squelettes.
Tunis city 2002 est une ville de pierre au milieu d'un paysage de pierre. D'ici surgit l'histoire du dernier desperados d'El bled : Hamma Hammami dit "le beau gosse". Né hors la loi dans un pays où il est interdit d'autoriser, mais où on permet d'interdire. Ce chef de bande s'est permis tous les luxes : parler, écrire, penser et changer de trottoir lorsqu'il veut se payer ses propres ennemis.
Hamma a tout connu : bagnes, clandestinité, poursuites infernales. Mais il est toujours prêt. La peur est toujours présente et il en va de même du courage, le courage terrible des têtes brûlées. Il sait que le courage n'est pas une humeur mais une confrontation quotidienne, avec la tentation d'abandonner, de se retirer et de laisser à d'autres le soin d'empêcher le gâchis.
Chez lui, tout est nu, sauvage. Il sait trouver la force de mordre même quand il est sûr d'y laisser son dentier. Il est chacun de nous après une nuit de sexe et de vin. Il est chacun de nous avant la douche, dans les WC, fatigué, le cœur brisé sur le chemin des écoliers. Il n'est pas moins momifié de certitude. Il se fait du souci à cause de son loyer, de ses vêtements qui tombent en lambeaux, de la difficulté de trouver son prochain repas. Il souffre. Il manque devenir lâche. Il n'est jamais à plus d'un pas de l'effondrement.
Pourtant, il tient bon. L'homme n'est peut-être pas fait du même bois que nous et on s'en rend bien compte. Il diffère un tout petit peu de ceux qui ont échoué ici, avant la ligne d'arrivée.
Il n'est peut-être pas moins vulnérable, mais Ben Ali ne l'a pas eu. Comment s'est-il arrangé pour passer au travers ? Possible que Ben Ali n'ait pas réussi à l'asservir assez tôt, comme cela s'est passé avec bien d'autres. Possible que, à force de courir par monts et vaux, de bûcheronner, de faire les "quat' cent' planques", il n'a jamais donné prise. Il est malaisé de faire mouche sur une cible mouvante. C'est Joe de Bukowski : "Il y a des types qui ne se laissent jamais casser. Même le trou, ça ne les guérit pas. Prenez Joe Statz : on aurait dit qu'il a passé sa vie au trou. C'est la tête de turc du gardien-chef. Si le gardien-chef était arrivé à casser Joe, il aurait pu tenir un peu mieux les autres taulards."

Taoufik Ben Brik

Kakwselkarama - Tunis, mercredi 6 février 2002 .
Mise au point


Rectificatif à l'intention de
Mr Moncef Gouja

Paris, le 5 février 2002.

Monsieur Gouja,

Je n'avais pas eu jusque là la preuve directe et évidente de votre absence totale de professionnalisme, et de déontologie. Le titre du papier que vous avez commis dans La Presse du 4 février ("Tentative d’occupation de l’Office du Tourisme à Paris") est tout simplement faux. Sachez monsieur que je suis bien placée pour en parler puisque j'étais là-bas.

Je vous cite : "(...) Avec une dizaine de ses mercenaires, il [Robert Ménard] a essayé cette fois vainement de le réoccuper."

Permettez-moi de vous signaler plusieurs choses. Tout d'abord, je ne suis pas mercenaire, ni même journaliste et j'y étais. De surcroît, ne vous en déplaise, nous étions bien plus qu'une dizaine, pas seulement de RSF, et il y avait beaucoup de Tunisiens. Ensuite, il n'a jamais été question d'occuper l'OTT, personne n'est stupide au point de vouloir occuper une agence quelconque un dimanche, alors qu'elle est FERMÉE. Enfin, notre volonté était de couvrir la vitrine de portraits de Hamma Hammami ce qui fût fait avec rapidité et succès.

(...) Son objectif déclaré : porter atteinte à l’image et aux intérêts de la Tunisie, pour dissuader les touristes français de visiter notre pays (on a atteint 1 million de visiteurs après son dernier coup !).

Honnêtement, je crois que l'Etat tunisien s'en sort très bien seul pour porter atteinte à l'image de la Tunisie et à ses intérêts.

Je vais régulièrement en Tunisie, en touriste, et rien ne me découragera d'y aller. Moi monsieur, ce dont je rêve, c'est de pouvoir un jour avoir une relation équilibrée avec les Tunisiens. Je rêve d'échange, de dialogue, d'égalité. Je rêve de ne plus rencontrer tous ces jeunes fantasmant à l'eldorado européen, qui sont prêts à tout pour s'enfuir de cette prison que représente leur pays. Je continuerai à passer mes vacances en Tunisie mais il est possible que je ne reste plus silencieuse. Et mon souhait le plus cher, c'est que chaque touriste fasse comme moi. Que chaque touriste qui a une âme essaie enfin de ne plus accepter qu'à quelques mètres de la plage où il se prélasse, des gens crèvent de désespoir, d'ennui, de harcèlement, de silence ou de torture. Que chaque touriste, par un geste, ou un mot seulement, affirme son indignation dès qu'il met les pieds sur le sol tunisien. Pour cette raison, j'agis pour les informer, les sensibiliser, mais certainement pas pour les dissuader.

Monsieur Gouja, sachez enfin que lorsque vos protecteurs s'en iront, vous n'aurez plus d'autres choix que de fuir votre pays. Pour rejoindre le Hezbollah peut-être ?

Sophie Elwarda
Correspondante permanente
de TUNeZINE à Paris - France

TUNISNEWS 628 du mardi 5 février 2002
O.K. TAPe toujours là où ça fait mal


Goujat fait de la résistance

© Mansouri 2002

TUNIS (TAP) - Le directeur du quotidien indépendant La Presse™ Moncef Goujat a presenté sa demission aujourd'hui 4 février 2002. Monsieur Goujat, exaspéré par les exactions israëliennes en Palestine, a decidé de prendre les armes contre l'ennemi sioniste.
Il a fait ses adieux à tous les journalistes de la Presse avant de prendre l'avion pour Beirout. Dans un communiqué de presse, le parti libanais Hezbollah a confirmé l'arrivée de Moncef Goujat au Sud Liban.
Un correspondant de l'agence Gamma® a pris la première photo de Moncef Goujat en tenue militaire, tenant une kalachnikof en main.
Le peuple tunisien est fier du futur martyr tunisien qui sacrifiera sa vie pour la cause palestinienne.

Omar Khayyâm - Mahdia, mardi 5 février 2002 .
C'est la vie !


Decepticus

Vous nous avez promis
La vraie Démocratie
La liberté de dire

Notre avis librement
Sur les évènements
Que peuvent nous décrire

Des médias désormais
Libres de tout montrer
Libres de tout nous dire

Sur le triste présent
D'un pays baignant
Dans le sang des martyrs

Ces pauvres misérables
Qui n'étaient coupables
Que de ne pas rougir

De dire la vérité
Que vous voulez masquer
Par vos méchants sourires

Vous nous avez menti!
Pour ça, soyez maudits!
Puissiez vous en périr!

Restez plutôt en vie
Pour écouter les cris
Des enfants des martyrs

Les chants des prisonniers
Qui ne peuvent que prier
Sans cesse et vous maudire

Et les cris de colère
Des épouses et des mères
Fatiguées de souffrir

Vous connaîtrez alors
Peut-être le remords
Si vous pouvez sentir

Mais non! Car votre coeur
Ne sent que la rancoeur
Il ne sait pas frémir

Aux chagrins, aux malheurs
Des êtres, à leurs douleurs
Leurs larmes, leurs soupirs

Restez vivants pour voir
De vos yeux la victoire
Que nous voyons venir...

Poème vieux de 11 ans, composé aux géôles de la Dakhilia à Tunis.

Reposté le mercredi 6 février 2002 .

JERBA L'AMÈRE

"Jerba la douce" ? Peut-être l'est-elle, mais pas pour les dictateurs. Le maître de Carthage regrettera jusqu'au dernier jour de sa vie d'avoir mis les pieds dans l'île d'Ulysse. Son exil doré au Panama ne lui fera jamais oublier l'affront qu'il subit à Jerba.

Le 7 février 2002, Ben Ali atterrit à Jerba pour présider le congrès de l'UGTT. L'île est déjà en état de siège et le cordon ombilical qui la relie au continent est provisoirement coupé par les blindés de la Garde Nationale. Les brigades anti-terroristes quadrillent depuis l'aube la petite île d'à peine 500 km2. Des vedettes de l'armée, des douanes et de la Garde Nationale encerclent le fameux paradis touristique. La police présidentielle, ayant passé au peigne fin l'hôtel où doit se tenir le congrès, contrôle tous les accès et vérifie les identités de tous les présents. Munie de détecteurs de métal, elle procède à la fouille de tous les congressistes. Seuls les diplomates et les invités étrangers y échappent. La surprise qui attend Ben Ali ne sera détectée ni par sa police, ni par ses chiens renifleurs, ni même par son "Secret Service"

La salle du congrès est archi-comble. S'ajoutant aux centaines de délégués syndicaux, sont aussi présents des dizaines de journalistes tunisiens et étrangers, des représentants des organisations syndicales soeurs et amies ainsi que les leaders des partis d'opposition.

A dix heures du matin, Ben Ali monte sur la tribune pour prononcer son discours. Il met ses lunettes et se prépare à la lecture de son discours fleuve. "Bismillah…" ( au nom de Dieu ). C'est le seul mot que Ben Ali prononcera à Jerba. Avant même qu'il ne récite "Arrrahmane Arahim" (le clément et le plus miséricordieux), des centaines de délégués se lèvent comme un seul homme et commencent à scander un slogan qui le fait vaciller de la tribune : "kilma wahda ya rajjala, Ben Ali el istikala" (un seul mot, braves hommes, Ben Ali la démission).
Les gardes du corps de Ben Ali se précipitent vers leur "boss" pour le couvrir et l'entourent de tous côtés. Bien qu'ils brandissent leurs armes menaçantes, les congressistes continuent à mitrailler Ben Ali de leur slogan subversif et de leurs cris de révolte, ignorant les signes désespérés qui agitent le patron de l'UGTT. C'est le plus grave affront que Ben Ali n'ait jamais subi depuis son accession au pouvoir. Il quitte la salle précipitamment, le visage congestionné par la colère, ne cessant de proférer les injures les plus ordurières à l'encontre des syndicalistes présents

Dans l'avion qui le ramène en catastrophe à Tunis, il n'est obsédé que par une chose: le journal télévisé du soir! Tous les médias ont annoncé la présence de Ben Ali au congrès de la centrale syndicale et les téléspectateurs sont supposés le voir discourir devant les délégués syndicaux. Que faire?

L'éminence grise de Carthage, Abdewahab Abdalah, trouve une solution : Il faut en quelques heures, avant le début du journal du soir, créer un décor identique à celui de l'hôtel où se déroule le congrès. Un public trié sur le volet et constitué de destouriens purs et durs est emmené par des bus spéciaux au Palais de Carthage. Ils doivent tenir le rôle des congressistes. Les meilleurs spécialistes en décor et en mise en scène de la RTT se mettent à l'œuvre pour " cloner " le congrès de Jerba. Les spécialistes en montage vidéo doivent coller les vraies images de Jerba aux fausses images de Carthage. Après de longues répétitions, l'enregistrement commence. Tout est parfait : Ben Ali monte sur la fausse tribune de Jerba et prononce finalement son discours. Toutes les quinze minutes, il est interrompu par les applaudissements des faux congressistes et leurs enthousiastes et sincères "yahia Ben Ali" (vive Ben Ali). A la fin du discours le metteur en scène de la RTT qui a dirigé le spectacle ne peut cacher sa satisfaction et applaudit ses " acteurs ". Il monte sur une chaise et remercie tous les participants : "Bravo ! Vous avez fait du beau travail, félicitations".

Tout est prêt pour le journal de 20h00. Les techniciens de la RTT ont réussi à coller les "bonnes" images de Jerba aux images fabriquées à Carthage. En visionnant le reportage avant sa transmission, Abdelwhab Abdallah est ravi de voir son idée géniale concrétisée en quelques heures seulement. Le bluff est sans faute. Ce qui s'est passé le matin à Jerba serait effacé à jamais de la mémoire télévisuelle du pays.

Le congrès de l'UGTT est à la une du téléjournal : "Le Président Zine El Abidine Ben Ali a présidé aujourd'hui l'ouverture du congrès extraordinaire de l'UGTT, tenu à l'île de Jerba. Nous débuterons ce reportage par la diffusion du discours magistral et méthodique du Président prononcé devant les délégués syndicaux."

Tout se passe bien. Tout, sauf un petit détail : l'ingénieur du son a oublié d'effacer la bande sonore originale de Jerba. Les cris des faux congressistes de Carthage se mêlent aux véritables slogans de Jerba. Les téléspectateurs ont alors droit au " clip " vidéo le plus amusant de l'année. A la foule qui scande : "yahia Ben Ali" répond en canon une foule non moins nombreuse "kilma wahda ya rajjala, Ben Ali el istikala !".

Omar Khayyâm

Mercredi 6 février 2002 .

02 - 02 - 02
L'attentat de la casbah
est le prélude de la
République de demain


- Pourquoi les juges et les avocats portent le noir chaque fois qu'ils entrent dans un tribunal ?
- Ils portent le deuil de la Justice tunisienne.

ZABA a pété les plombs ce samedi 2 février 2002 et a inconsciemment offert à la communauté internationale une pièce à conviction qui va s'ajouter à son lourd dossier de crimes commis contre le peuple tunisien en particulier et contre l'humanité en général, le palais de la "Justice" a été le lieu de son macabre chef d'œuvre où ses inféodés de juges et de policiers ont exhibé aux honorables hôtes de la Tunisie et devant des caméramans incrédules le prototype de la République de demain.
Téléguidés depuis le palais de courtage, les zélateurs de l'ère cédée n'ont ménagé aucun effort pour montrer à un public, non acquis à leur cause à vrai dire, les prouesses inexhaustibles de l'équipe qui gagne tout même les procès perdus d'avance !
Abasourdis par un miracle tunisien qui était entrain de se dessiner devant leurs yeux les présents ont été emmenés dans une transe collective et n'arrivaient plus à faire la distinction entre un officier de police en civil et un magistrat en uniforme, certains n'ont rien compris à la pastiche de justice car il y avait certes un verdict à la fin mais sans procès, d'autres ont vu un semblant de procès surréaliste où il n'y avait ni juge ni avocats ni débat non plus !!!
Voici quelques enseignements que les experts internationaux présents au palais des exhibitions de la casbah ont retenu en examinant attentivement le prototype montré au grand jour de la République de demain :

• Dans ce projet ambitieux il y aura seulement 2 classes, une première classe dirigeante composée uniquement de flics qui exercent plusieurs fonctions en même temps, exemple : flicjuge, flicmédecin, flicjournaliste, flicministre, flicflocflac… et une deuxième classe baptisée tout simplement LA CLASSE composée de gens qui ont échoué très tôt leur CACA (certificat d'aptitude à la connerie ambiante) ces derniers ont généralement les distinctifs suivants : ils ont osé dire non au moins une fois dans leurs courtes vies, ils ont un quotient intellectuel largement supérieur à la moyenne constatée chez les primates possesseurs de CACA et ils sont très bavards avec les ONG internationales.
• Une baisse draconienne des dépenses publiques puisque les fonctionnaires du service public sont polyvalents, exemple : rien n'empêche un flicàlafolie comme Valet Bel Azure (Walid Bellazreg le chef du district de bar Souika) de présider une chambre au palais de la justice quand son collègue de flicjuge Estafette K-bâchée (Mustapha Kaabachi, je présume) est absent ou atteint d'une constipation cérébrale aiguë.
• Les masques sont définitivement tombés, exemple : Les flicjournalistes de canette 7 et de la presse inféodée au pouvoir peuvent désormais porter leurs uniformes comme tout autre flicflic ordinaire, Municef Goujat le simien flicdirecteur qui chausse du 32 aux 4 extrémités cherche désespérément deux paires de brodequins sur mesure en attendant il s'adonne à cœur joie à la rédaction d'articles pornographiques pour le compte du régime français !
• Une simplification et un allégement du code des procédures pénales, exemple simple : l'outrage à un flicflic est passible de deux ans de prison ferme exactement comme l'outrage à un flicjuge ou à un flicéboueur, le pauvre cobaye Abdejabbar Madouri n'a pas été averti par ses avocats.
• Devant la réussite universelle du procès au nom de code 020202 ZABA va sûrement organiser ses référendums et ses suffrages à huis clos en décrétant à chaque fois un couvre-feu général en Tunisie.
• Bon nombre d'observateurs étrangers ont entendu les dignitaires de LA CLASSE murmurer en quittant les lieux du crime : " La Tunisie c'est pas la peine ".

P.S. 1 :
J'ai observé 3 jours de deuil comme le veut la tradition suite au coup létal porté à la Justice en Tunisie le 2 février 2002. Les avocats quant à eux vont refuser de porter le noir le jeudi 7 février 2002 car une rumeur incessante prétend que la Justice est en coma profond et qu'elle est maintenue artificiellement en vie par un collectif de juges anonymes contraires à l'euthanasie de la belle aux bois dormants. Affaire à suivre de prés chez ZeitounaTV.
P.S. 2 :

Avis à la population

Tout le monde est au courant que le directeur de La Presse™ est vachement avare mais peu de gens savent qu'il est pédophile aussi.
ZABA vient de donner carte blanche le 4 février 2002 à ce malade mental de Municef Goujat. Ce dernier fait la sortie des jardins d'enfants à l'instant même... Signe particulier, il demande sans vergogne aux enfants : "Bonjour. Tu veux acheter un bonbon ?"


ettounsi

Tunis, mercredi 6 février 2002 .