ZABA PARK

Studio Mansouri

Comme le 8 mars 2002 approche (le 9 mars aussi) j'ai voulu savoir ce qui a changé depuis que ZABA est au pouvoir et j'ai découvert en lisant le premier numéro du Badil, qui date du 8 mars 1990, que la Tunisie a fait un bond extraordinaire… en arrière.
C'est peut être ça le miracle tunisien que ne cessent d'alléguer les pions de ZABA car la "République d'hier" est de loin plus civilisée et humaine que la république tant promise de demain car il y a 12 ans Hamma Hammami et ses camarades étaient libres, ne faisaient pas recours à des grèves de la faim, pouvaient voir leurs femmes et même plus et que le PCOT avait un journal qui traitait les mêmes idées pour lesquels ces séquestrés sont condamnés à des peines dépassant les 11 ans… en 30 secondes.
Partant de cette logique et en prenant en considération le fait que l'histoire se répète sans cesse et qu'elle est un éternel recommencement et si ZABA s'agrippe au pouvoir jusqu'à la fin de nos jours en continuant à répondre sans gêne son miracle je peux vous attester dés à présent que la Tunisie se transformera en un gigantesque pâturage jurassique où les tunisiens ou plutôt les dinosauriens mèneront une vie végétarienne paisible loin des tracasseries démocratiques et droithomiennes.
Bien sur ceux qui ne veulent pas finir leurs jours comme attraction touristique pour homo sapiens peuvent protester devant le palais de la justice le samedi 9 mars 2002 en attendant des lendemains meilleurs.

ettounsi de tunezine

Tunis, mercredi 6 mars 2002.
Non à l'immunité, non à l'impunité

Un diplomate tunisien
recherché par la justice
française pour tortures

Par Amélie Bottollier Depois

Un diplomate tunisien accusé de tortures par une de ses compatriotes fait l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré par un juge d'instruction strasbourgeois, grâce à une convention internationale donnant "compétence universelle" à la France en matière de tortures.
"C'est la première fois qu'un diplomate fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, sur le principe de la compétence universelle, dans le cadre de tortures", a souligné Me Eric Plouvier, avocat de Mme Z., qui a déposé plainte à Paris en mai dernier contre Khaled Ben Said, vice-consul au consulat de Tunisie à Strasbourg, en fuite depuis fin 2001.
"En application de la convention de New York de 1984 contre la torture, l'auteur de tels faits (de tortures, ndlr) peut être poursuivi et jugé par les juridictions françaises, s'il se trouve en France, même si le fait a été commis en dehors du territoire de la République", a précisé la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) dans un communiqué.
La FIDH s'est félicitée également que "la lutte contre l'impunité des crimes commis en Tunisie franchisse ainsi une étape historique", notant que la plainte "vise tous les responsables de la chaîne de commandement, incluant le cas échéant le général Zine Abidine Ben Ali, actuel président de la République tunisienne".
Mme Z., Tunisienne qui a rejoint en France en 1997 son mari réfugié politique, accuse M. Ben Said d'avoir pratiqué sur elle des actes de torture alors qu'il était fonctionnaire de police en Tunisie.

Posture du "rôti"

En octobre 1996, elle a été arrêtée par des agents de la DST tunisienne, qui voulaient des informations sur son mari, suspecté d'appartenir à un "cercle religieux", selon son avocat.
Elle aurait ensuite été retenue pendant deux jours au commissariat de Jendouba, subissant des actes de torture comme la posture du "rôti": pieds et mains attachés, suspendue à une barre de fer posée entre deux tables, puis frappée à coups de bâtons sur tout le corps, y compris sur les parties génitales.
En novembre dernier, après le transfert de la plainte à Strasbourg, la police strasbourgeoise a envoyé des convocations à M. Ben Said, qui ne s'est pas présenté, et a probablement quitté la ville, a indiqué le procureur de la République de Strasbourg Edmond Stenger.
"Il a été alerté qu'il allait être arrêté. Ils (le parquet et les policiers) ont été négligents et maladroits" dans cette affaire, révélée par le Monde de mardi, a regretté Me Plouvier.
L'avocat, qui a par ailleurs salué le travail du juge d'instruction Jean-Louis Jacob, qui a délivré le mandat le 15 février, a également demandé le 1er mars l'ouverture d'une enquête complémentaire pour recel de malfaiteur, pour déterminer si M. Ben Said avait bénéficié d'aides pour échapper à la justice française.
"J'ai également fait au juge une demande d'actes qui vise à faire entendre en Tunisie les témoins et complices" du vice-consul, a-t-il ajouté, précisant que la convention de Vienne sur les relations consulaires ne conférait pas d'immunité particulière aux diplomates pour les "crimes les plus graves".

Source - Lundi 4 mars 2002.
Biographie sommaire d'un tortionnaire

و لا نامت أعين الجبناء
Qui est Khaled Ben Said ?

Une nouvelle réussite des opprimés de la Tunisie de l'après Bourguiba contre la nouvelle génération de fonctionnaires du ministère de l'intérieur, les produits de ZABA qui n'ont ni morale ni principes, seulement la prostitution organisée et légalisée, ainsi que l'égocentrisme à son niveau le plus primitif. Khaled Ben Said, vice-consul au consulat de Tunisie à Strasbourg, est le produit typique de cette nouvelle génération.
Il a obtenu sa licence en droit de la faculté de droit et de gestion de Ben Aknoun à Alger en 1990, alors qu'il était absent lors de quelques examens !! sans parler des fausses copies qu'il avait toujours dans ses poches. Les contacts douteux au sein de la communauté estudiantine de l´époque ou avec les responsables administratifs de l'université étaient remarquables.
Le trafic de Whisky chaque week-end dans le vol Alger-Tunis et vice versa, (pour l'objectivité il ne faisait pas l'exception) ainsi que les soirées nocturnes notamment celles de "Riadh el Fateh".
Khaled n'était pas un cas isolé et presque tout son entourage a été automatiquement introduit au ministère de l'intérieur, puisque l'offre d'emploi au début de l'année 1990 n'avait aucune limitation de place dans ce fameux ministère sauf si le candidat est connu pour ses idées oppositionnelles.
C'était clair depuis ce temps là, pourtant la nouvelle ère ne datait que de trois ans, et que l'avenir sera un bras de fer entre l'Etat représenté par le ministère de l'intérieur et l'opposition représentée par les quelques groupes institutionnalisés ou organisés, c'est à dire partis politiques ou l'UGTE qui était très actif et représentait bien les étudiants tunisiens dans plusieurs institutions ainsi que plusieurs villes.
Ce qui est bizarre, ou peut être pas, c'est que Khaled était un type qui a peur de son ombre et qui parlait d'autres gens mais jamais en face. Quand je lis maintenant qu'il faisait des pratiques pareilles avec des inculpés d'opinions ça me rappelle les descriptions de son plus haut patron ZABA, méchanceté, malhonnêteté, égoïsme à un degré sous humain, … et surtout peur des autres qui pensent.
À la fin monsieur Khaled as tu oublié tes compagnons de promotion qui ont été arrêtés et torturés et qui étaient très nombreux, je cite le nom de Ismail Saidi condamné à deux ans et demi de prison lors de son premier mois de travail non pas dans le fameux ministère mais au sein de la Banque Centrale. Ismail n'avait pas encore terminé sa peine et il s'est vu infligé une nouvelle peine de onze ans à la fleur de l'âge. Concernant ce cas vous pouvez lire le témoignage de son frère publié dans le livre du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie relatif à la torture en Tunisie.
Encore un autre exemple celui de Zine El Abidine Attia qui lui aussi condamné à perpétuité, il a été extradié par la junte militaire algérienne pour passer le reste de sa vie entre quatre murs sous ton règne et le règne de ton chef de Carthage alors qu'il était en quatrième année de droit à la même fac. Zine El Abidine Attia était aussi -pour l´Histoire- un candidat aux élections législatives de 1989 dans la ville de Sousse.
Tu vas être jeter dans les poubelles de l'Histoire, la tranquillité que tu croyais jouir va te quitter et pour l'infini, quant à nos victimes, ils vont te poursuivre dans tes cauchemars et dans tout ce qui tu entreprends. Surtout les femmes vont te mettre à nu comme tu as fait avec elles. Nos femmes notre honneur et notre fierté te poursuivent jusqu'à ce que le jour vienne où tu reconnaîtras, ainsi que tes chefs, votre culpabilité.

Mhef

Mardi 5 mars 2002.
9 mars 2002 ?

COMITE NATIONAL DE SOUTIEN
À HAMMA HAMMAMI (CNSHH)

COMMUNIQUÉ

Le CNSHH informe l'opinion, nationale et internationale, que Hamma Hammami et ses camarades Abdljabbar Maddouri et Samir Taamallah comparaîtront le samedi 9 mars 2002 devant la 14e Chambre correctionnelle de la Cour d'Appel de Tunis pour répondre des inculpations d' "appartenance à une association illégale, d'incitation à la désobéissance et de distribution de tracts". Il est évident que ces accusations cachent la triste réalité de la Justice tunisienne qui n'hésite pas à poursuivre des militants pour leurs idées en donnant à ses actes des justifications apparemment légales.

D'autre part, Hamma et ses camarades continuent à être privés de la visite normale de leurs avocats. Aujourd'hui encore, Maître Radhia Nasraoui qui recevait, pour la 1 ère fois depuis le 2 février, l'autorisation de rencontrer Hamma, en a été empêchée par l'autorité pénitentiaire.
Devant sa détermination à ne quitter les locaux de la prison qu'après l'avoir vu, le Bâtonnier de l'Ordre des Avocats est intervenu auprès du ministère de la Justice qui lui a donné l'assurance qu'elle pourrait le rencontrer demain.

Il est à rappeler que les militants du PCOT, incarcérés à la prison civile de Tunis, continuent à être privés du droit de rencontrer, d'une façon normale, leurs avocats et que Hamma Hammami a entamé, depuis le 26 février, une grève de la faim pour protester contre cette limitation illégale et les conditions de sa détention.

Maître Radhia Nasraoui qui a reçu, aujourd'hui et pour la première fois depuis le 2 février, une autorisation de visite de Hamma a été empêchée par l'autorité pénitentiaire de le rencontrer. Face à cette manœuvre, il y a tout lieu de craindre pour la santé de Hamma qui mène, comme il a été dit, une grève de la faim dans des conditions extrêmement dures et inhumaines. Pour ces raisons, elle refusa de quitter les locaux de la prison avant de le rencontrer. De son côté, le Bâtonnier de l'Ordre des Avocats dut intervenir auprès du ministère de la Justice pour protester contre cette entorse à la loi.

Le CNSHH qui exige la libération de ces militants proteste contre la situation qui leur est faite et appelle les militants des droits de l'Homme et les démocrates à venir nombreux, samedi prochain, au tribunal leur exprimer leur solidarité.

Pour le Comité, le Président :
Salah Hamzaoui

Tunis, lundi 4 mars 2002.
8 mars 1990 - 8 mars 2002


Scannée au Studio Mansouri
Premier numéro du Badil (alternative), organe du Parti Communiste Ouvrier Tunisien, PCOT
Paru le jeudi, 8 mars 1990, en hommage aux femmes à l'occasion de leur journée mondiale

TUNeZINE - Tunis, mercredi 6 mars 2002.