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Référendum : Une partie de noufi mal foutue
Ben Ali est maître dun pouvoir au delà de toute
constitution. Le texte fondamental prévoit son départ en 2004.
Vraisemblablement il est partant pour une présidence à vie. Lartifice :
le nouveau projet de réforme constitutionnelle qui a été approuvé début
avril par la chambre des députés. Il sera soumis, fin mai, au peuple. Mais
apparemment le peuple sen moque comme de lan quarante
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Les guetteurs de nuages tunisiens, ces joueurs invétérés,
auront cette année vainement scruté le ciel. Ni les sacrifices, ni les
prières des fellahs et des éleveurs nauront réussi à le fléchir. Hormis
quelques averses hivernales, la majeure partie du pays na reçu que très
peu de pluie. « Mars le pisseur », qui aurait encore pu sauver les
récoltes compromises par un automne sec et un hiver aux allures estivales,
na pas été à la hauteur de sa réputation. Deux mois avant les moissons de
Juin, les fellahs ont été nombreux à baisser les bras et à abandonner
leurs champs de blé ou dorge grillés par le soleil. «Quand la terre
bronze, les hommes nont quà faire la sieste, se tourner les pouces et
chasser les mouches !», dit un proverbe tunisien. Ouled Guilan, célèbre
tribu errant du Centre Ouest Tunisien, est aujourdhui au complet : tous
les costauds de la smala chôment. Un évènement qui ne se produit que tous
les dix ans ! En des temps plus cléments, les membres de cette tribu des
steppes sont dispersés dans les champs des quatre coins du pays à la
recherche dun gagne-pain. Les trois dernières années de sécheresse les
ont sédentarisés. Oum saâd est mère de six gaillards spécialisés dans
larrachage de lalfa et du jonc et dans la cueillette des olives, des
dattes et des oranges. Depuis trois ans quil ne se déplacent plus pour
faire de largent, dit-elle, ses fils nont pas arrêté de faire des
enfants. Et pour ne pas mourir dennui, on oublie, pour un temps, le pain
et on dévore les jeux : Noufi (baccara local) au petit déjeuner, belote au
déjeuner et dominos au dîner. - Pile ou face ? - Pile
lâche Saâd,
laîné dOum Saâd. La pièce de monnaie voltige et tournoie dans lair
avant de rouler par terre comme une toupie pour simmobiliser enfin,
montrant sa face. Saâd pousse un grognement et Habib rafle la
mise. «Vous aimez le Noufi ? alors vous prenez sur votre gauche et
là-bas, vous tombez sur un grand portail vert. Je vous attends dans une
demi-heure.» A elle seule, la maison dOum Saâd mériterait un livre. Cest
une incroyable maison arabe, construite au début du XIXème siècle et
aménagée spécialement pour recevoir des joueurs de noufi. Le portail
franchi, on accède directement à une vaste terrasse, où une foule
hétéroclite joue. Mais les joueurs ont de plus en plus de mal à se
concentrer sur les cartes, comme si le déferlement des informations
assiégeaient leur table. Ici, le jeu de carte est propice au bavardage
vague et sans logique. On parle mais on ne dit rien Il y a une règle de
silence à ne pas violer : on joue avec les mots au kilo mais on permet pas
que les mots prennent le dessus sur le jeu. Une partie de noufi sur
laquelle planent encore le 11 Septembre, le démembrement annoncé de
lIraq, la réoccupation des territoires occupés en Palestine, le
référendum qui permet à Ben Ali de se succéder à lui-même en 2004, ne peut
être réussie. Ce qui nempêche pas les joueurs de faire de leur mieux
pour suivre le fil et ne pas devenir schizophrènes. Là, maintenant, les
joueurs ont lair énervés. Je mets ça sur le compte de la sécheresse, de
laugmentation du chômage, de lérosion du dinar, de la désertion des
touristes algériens et libyens et dune tenace pénurie de vin
rouge. Les paris sont ouverts sur la planque de Ben Laden, sur les
jours comptés dArafat, Chirac ou Jospin
, mais sur Ben Ali et sa
réélection programmée à coup de modification de la constitution personne
ne se hasarde à parier. Nada. «Cest pour rire jespère
Il ny a pas de
pari à faire là-dessus. Cest comme parier sur une récolte de cette année.
Tout le monde sait que la terre, cette année, ne va donner de la terre. Et
Ben Ali, cest de la terre ». Lhomme qui parle ainsi, sinterrompt pour
cracher un long jet de salive, en signe de dédain. Puis il se renfrogne et
se met en colère : « Dans mon pays, le pouvoir va au plus coriaces, à ceux
qui ont le cuir endurci. Ben Ali gardera le pouvoir non pas parce quil a
su remettre à leur place les islamistes, les syndicalistes, les
universitaires, les avocats, les journalistes et les commerçants, mais
parce quil a réussi à transformer le pouvoir en argent. Nous tous, nous
mangeons dans son râtelier ». Un autre joueur, à la voix à peine
audible rétorque : « Dans un bled où le pouvoir est indu - on ne sait doù
il tire sa légitimité - on assimile le président au chef. Il règne à
perpétuité et les élections ne peuvent rien y changer ». Le joueur à la
voix peu audible a fini de mélanger les cartes et laisse ses mains en
suspens au-dessus de la table, tel un cuisinier devant sa spécialité : «
Si vous voulez parler du référendum, ne comptez pas sur moi. Et,
dailleurs, moi, je soutiens Ben Ali. Quel crédit accorder à quelquun qui
va lutter contre le chef ? Ce nest pas sérieux ? si on sengage à ses
côtés et quil échoue, on aura chaud ». Saâd plus hardi dénonce : « Aïe
! Mais regardez-le ! vous voyez bien quil a la trouille et quil dit
nimporte quoi. » Lhomme vers qui Saâd pointe un index méprisant, cest
Bouzarda, un chanteur de mariage. Loin de contredire ces propos arrogants,
le chanteur confirme le verdict et dit : « Il faut toujours quil y ait un
chef, puis un autre et un autre. Il y a toujours quelquun pour vous
écraser. Même au bas de léchelle, il y a un petit merdeux pour te gâcher
le paysage. Ne donne-t-on pas facilement le titre de chef au moindre
fonctionnaire ? ». Pourquoi les gens supportent-ils toutes ces choses,
la peur qui couve, le quotidien bouffé à petites doses, la misère qui
sagrandit chaque jour, les humiliations répétées, sans jamais réagir
? Bon prince, Saâd étire ses pieds sous la table, appuie la nuque
contre ses mains croisées et concède : « parce que nous avons grandi avec
lidée que le père de la Nation, le guide, éclaire, montre le chemin et
que les enfants écoutent. Ils finissent par saccommoder et trouver des
combines pour survivre. Quand ils arrivent à obtenir quelques petits
privilèges, à en opprimer dautres à côté, ils y trouvent une forme de
compensation ». Le coucou de la pendule ne sort pas son cou. Mais il
sonne trois heures du matin. Il est temps de fermer boutique et son
clapet. Dailleurs, Saâd na guère le cur à placer des mots entre deux
mises. Il a perdu le peu dargent quil a. « Le pain de ses enfants »,
dira Oum Saâd qui lui cherchera noise et lui fera regretter de ne pas
penser aux lendemains. « En temps de disette, cest elle qui porte la
culotte », dit le chanteur dans un rire gras, mais qui ne pense pas moins
que Saâd quil est piégé par la malchance
même sil a refait des fonds sur
son dos. «La malchance est comme une conspiration, une ombre sans
profil. Et nous, qui la poursuivons par à-coups comme des enfants qui
courent à laveuglette et trébuchent, sommes lombre de cette ombre.»
Lâche le chanteur.
Taoufik BEN BRIK
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| Envoi de Sophie. Jeudi 25 avril 2002. |
لا صـــلـــــح لا
إعــــــتـــــراف لا تــفـــــاوض |
دعوة إلى تنظيم
مسيرة مليون متظاهر

الجمعيات والأحزاب
التونسية تواصل تظاهراتها المساندة للشعب الفلسطيني
تونس - خدمة قدس برس (16 -04 - 2002)
دعا بشير الصيد عميد المحامين التونسيين
الجمعيات والأحزاب السياسية التونسية إلى القيام بدور حقيقي وفعّال في دعم
صمود الشعب الفلسطيني, وعدم الاكتفاء بالتعبير عن الغضب والتأثر. وقال إن
عديد الجمعيّات التونسية كلفته بالدعوة إلى مسيرة المليون تونسي, من أجل
الضغط أكثر, بهدف وضع المجتمع التونسي في وضع متحفز للمساهمة في المعركة ضدّ
العدو الصهيوني, بحسب قوله. ولم تحدد الجمعيات الداعية إلى هذه المسيرة
موعدها إلى حد الآن. وندّد عميد المحامين ورئيس اللجنة الوطنية لمساندة
الانتفاضة الفلسطينية بمواصلة السلطة التونسية لقمع المظاهرات المساندة للشعب
الفلسطيني, مما أدى إلى وفاة طالب في كلية الآداب والعلوم الإنسانية في مدينة
القيروان أمس الأول, متأثرا بجراح أصيب بها أثناء تفريق الأمن لمظاهرة طلابية
يوم الجمعة الماضي 12 نيسان (أبريل) 2002, تضامنا مع الشعب
الفلسطيني. ووصف رئيس لجنة مساندة الانتفاضة الفلسطينية الشعب الفلسطيني
بأنه الخطّ الأوّل المدافع عن كرامة الأمّة. وقال إن الشعوب العربية مغلوبة
على أمرها, ولن تستطيع المساهمة في تحرير فلسطين, قبل أن تعيش بكرامة
وديمقراطيّة. من جهة أخرى قال الأستاذ يوسف الرزقي رئيس الجمعيّة التونسية
للمحامين الشبان, خلال حديثه في تظاهرة مساندة للشعب الفلسطيني, إن كلّ فئات
الشعب التونسي منتصرة وبكل حماس لنضال وجهاد المقاومة الفلسطينية. وأضاف أن
المحامين تمكنوا من جمع 40 ألف دينار تونسي (الدولار يعادل 1.48 دينارا),
وسيواصلون جمع التبرعات الماديّة وإرسالها إلى الأرض المحتلّة. وكانت
جمعيّة المحامين الشبان نظمت تظاهرة ثقافية كبيرة لحشد الرأي العام, وتعبئته
ضدّ المصالح الإسرائيلية والأمريكية في تونس, كما دعت مع جمعيات تونسية أخرى
إلى مقاطعة شاملة لكل السلع والبضائع الأمريكية. وتم توزيع قائمة بهذه السلع
تحتوي على أكثر من 60 اسما, أهمّها المشروبات والملابس والأحذية والسجائر
والسيارات والأجهزة المنزلية والبنوك والبطاقات والحواسيب. واعتبرت
النقابات التونسية والتيارات الطلابية والجمعيات الناشطة في المجال الثقافي
والحقوقي أنّ تأييد أمريكا المعلن للجرائم الإسرائيلية, التي "ترتكب في حق
شعبنا في فلسطين هو دليل آخر على عدائها لأمتنا العربية, ولذلك فمقاطعة جميع
منتجاتها هو واجب قومي وإسلامي", بحسب ما جاء في بعض المنشورات. وقد كثفت
الجمعيات والنقابات والمنظمات نشاطها من أجل الوصول إلى مقاطعة حقيقية للسلع
الأمريكية, من خلال توزيع قائمات المواد المطلوب مقاطعتها, وتعليقها في
مقرّات الأحزاب والمنظمات. وكانت أهم الشعارات المكتوبة على هذه القائمات
"كل مليم تدفعه في هذه البضائع يساوي رصاصة في قلب طفل فلسطيني", أو "قاطع ما
استطعت لتنقذ أهلنا في فلسطين". من ناحية أخرى ندّد الحزب الديمقراطي
التقدمي (معترف بها قانونيا ومغضوب عليه سياسيا من قبل السلطة) بمواجهة
المسيرات السلمية بالقمع, وتكرار ذلك في العديد من المؤسسات الجامعية وفي عدد
من المدن الداخلية. وقال بيان المكتب السياسي للحزب, الذي تحصلت وكالة
"قدس برس" على نسخة منه, إنه "يطالب السلطة بالكفّ عن هذا الأسلوب, وإفساح
المجال أمام الشعب التونسي للتعبير عن مواقفه التضامنية إزاء أشقائه
الفلسطينيين". وقد تواصلت خلال الأسبوع الماضي مظاهر التضامن مع الشعب
الفلسطيني, من خلال نشاط النقابات والجمعيات والأحزاب. فقد عقد أساتذة
التعليم العالي في عدّة مؤسسات جامعية اجتماعات عامة مشتركة مع الطلبة في
الساحات, مطالبين بجمع التبرعات, ومحتجين على تعرض الطلبة والأساتذة للعنف من
قبل البوليس. وقد شهدت كلية الآداب بمنوبة (ضواحي العاصمة تونس) والمركب
الجامعي بتونس العاصمة (يضم كليات الحقوق والعلوم الاقتصادية والعلوم
والهندسة) أهم هذه الاجتماعات, التي خطب فيها الأساتذة الجامعيون والطلبة
جنبا إلى جنب, مؤكدين العزم على المساهمة بكلّ الطرق لدعم صمود الشعب
الفلسطيني.
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الثلاثاء 16 أفريل 2002. |
لا صـــلـــــح لا
إعــــــتـــــراف لا تــفـــــاوض |
اللجنة الشعبيّة لنصرة الشعب
الفلسطيني و مقاومة التطبيع بتونس
تونس في أفريل 2002
بـــلاغ
إعلامــي
نحن المناضلات والمناضلون
التونسيون تعبيرا منّا عن:
1 - تضامننا المطلق مع كفاح
الشعب الفلسطيني الشقيق ضد الهجمة الصهيونية الامبريالية الغاشمة ومع صموده
البطولي في مواجهة الحصار والملاحقة والتصفية الجسدية لقياداته ومناضليه
ونسائه وأطفاله وشيوخه وضد مشاريع التهجير الجماعيّة. 2 - تنديننا
اللاّمحدود بالأنظمة العربيّة الرجعيّة المتواطئة والمشاركة مشاركة مباشرة في
الجريمة الشنيعة ضدّ الانسانيّة التي تمارس ضدّ الشعب الفلسطيني على مرأى
ومسمع من الجميع. 3 - مطالبتنا الدولة التونسيّة بقطع كلّ العلاقات مع
الولايات المتّحدة الأمريكيّة حامية الارهاب الصهيوني وراعيته وبالغاء كلّ
المعاهدات العسكريّة الموقّعة معها وكافة التسهيلات الميدانيّة المقدّمة لها
على التراب الوطني. 4 - رفضنا التاريخي القطعي لكلّ أشكال التطبيع
السيايسي والاقتصادي والثقافي... مع العدوّ الصهيوني ومطالبتنا باخلاء التراب
الوطني من كلّ ممثّليه. 5 - مطالبتنا برفع كلّ الحواجز القائمة أمام
تجسيد حقّنا وواجبنا في الكفاح المشترك مع الشعب الفلسطيني بكلّ الوسائل
الداعمة للمقاومة والصمود على أرض فلسطين، واستنكارنا لما تعرّضت له
التحرّكات الشعبيّة والمدنيّة من محاصرة وايقافات ومحاكمات
6 - اكبارنا
للهبّة النضاليّة العارمة لجماهير شعبنا من شغّالين وطلبة وتلاميذ ... التي
شملت كلّ مدن وقرى تونس ودعوتنا لها الى تحدّي كلّ القيود التي تحاول تكبيلها
والجامها والى رفع صوتها عاليا عبر مواصلة المسيرات وكافة أشكال الاحتجاج.
7 - تحيّتنا للجماهير العربيّة التي انطلقت من موريتانيا الى البحرين
مرورا بالمغرب ومصر والاردن ولبنان والعراق متحدّية أدوات قمع الأنظمة
الرجعيّة العربيّة ومقدّمة الشهداء عربونا للأخوّة النضاليّة مع الشعب
الفلسطيني. 8 - اعتزازنا بكلّ التحرّكات الجماهيريّة المتضامنة مع الشعب
الفلسطيني التي عمّت أرجاء المعمورة والتي جسّدت التضامن الأممي الكفاحي
المشترك بين كافة شعوب وأمم العالم المضْطَهَدَة ضدّ الامبرياليّة الأمريكيّة
وضدّ الكيان الصهيوني رأس حربة النظام الرأسمالي العالمي الاستغلالي
والعدواني.
نعلن عن :تأسيس اللجنةالشعبيّة
لنصرة الشعب الفلسطيني ومقاومة التطبيع بتونس المتركّبــة مـــن:
شكـري لطيـف: ( كاتب ) منسّــقا
. فــوزي بـن مــراد : ( محامي ) مكلّفا بالاتّـصال بالأحـزاب والجمعيـات
الوطنيّة. عبد المؤمن بلعانس: ( سجين سياسي سابق) مكلّفا بالاتّصال
بالأحزاب والجمعيات الوطنيّة. محمّد عبد اللاوي: (ممثل للاتحاد العربي
للمكتبات والمعلومات بتونس)مكلّفا بالدعاية والاعلام. عـبد القـادر
المهذبي: (نقــابي) مكلّـفا بالدعــايـة والاعلام. أعضــاء: احمــد
القلـعي : الرابطة التونسيّة للدفاع عن حقوق الانسان محـمّد معـالـي :
صحــفي. الجيـلاني الهمــّامي: نقـّــابي. نــزار عمـامــي:
نقــابي. عبد الناصــر العــويني: مناضـل طـلاّبي. الصـادق العمــراني:
مناضــل طــلاّبي. حلــيمـة الجويــني: نقابية ونسـويّة. منجـــيّة
الهـادفي:نقابية ونســويّة. فــوزي الهذبــاوي: ( أستاذ )
نقـــابي. أحـمد المعــروفي: جــامعي- نقّــابي طيّـب معــلّىّ:
باحـــث.
وتتوجّه اللجنة بنداء الى كافة
القوى الديمقراطيّة والتقدّميّة لتنسيق جهودها من أجل دعم كفاح الشعب
الفلسطيني وصموده.
عـــن اللـجنــة شكـري
لطيـف
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Othman Ben Mahmoud
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Aujourd'hui, le 18 avril 2002 et avant 16 ans, le martyr
Othman Ben Mahmoud nous a quitté pour que son âme retrouve son
créateur. Othman Ben Mahmoud est né en 1961. En début de cette année de
1986, il était étudiant à l'École Nationale des Ingénieurs de Tunis
(ENIT). Ce jour là il avait une rencontre avec d'autres étudiants pour des
activités dissidentes dans l'université. Seulement la police secrète a
découvert le lieu de la rencontre et a envahi la maison où était prévu le
déroulement de cette rencontre. La maison était devenue un piège dans
lequel les participants vont être arrêtés et soumis à la torture pour
dévoiler leurs intentions. Othman Ben Mahmoud est arrivé sur une
motocyclette à ce lieu qui se situe prés de la mosquée de la cité
Ezzouhour (Tunis) et quand il est descendu, il a remarqué la présence
d'une voiture de la DST (police politique secrète), donc il a réagi
rapidement en s'enfuyant sur sa motocyclette. Les agents de la sécurité
l'ont aperçu et ont essayé de le rattraper. La poursuite dans les ruelles
de la cité ressemblait à un film hollywoodien décrivant les conflits
mafieux des années 20, seulement cette fois ci la scène est réelle et se
passe à Tunis mettant un étudiant à la proie d'un régime sanguinaire.
L'étudiant Othman a été blessé par balle au genou, mais il a continué sa
fuite bien qu'il a beaucoup saigné, jusqu'à ce qu´il est tombé entre les
mains de ses bourreaux. On a pu compter cinq balles dans son
corps. Dans la morgue on a pu photographier le regretté et le lendemain
des centaines d'affiches étaient collées et attachées sur les murs de
l'enceinte du campus universitaire de Tunis. La réaction était spontanée
avec le choc de la mort qui ne s'était jamais produite de cette manière
(avec préméditation et par balles). Les batailles rangées corps à corps
avec les policiers sur les chevaux et menée de chiens n'ont cessé qu'à dix
heures du soir par l'arrestation de centaines d'étudiants qui ont été
emportés dans des bus vers le ministère de l'intérieur. Le 22 avril,
Othman Ben Mahmoud a été enterré à 6 heures du matin dans le cimetière de
Sidi Yahya, du district d'El Omrane sans que sa famille prenne
part. Moins d'une semaine après cet assassinat, le général Ben Ali, qui
était alors directeur de la sûreté nationale fut désigné ministre de
l'intérieur au sein du gouvernement de Bourguiba.
Mqas
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| Jeudi 18 avril 2002. |
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الهروب إلى
الهاوية
ما يسمى بالمواطن التونسي الآن أبله,
أخرس, أعمى, أطرش, أفقر, أجوع, أملس, أعطش, أعرج, أفلس, أهبل, أقذر, أعقر...
و قل أعوذ برب الفلق من شر ما خلق. و ما يعرف بالنظام التونسي يسخر من
شعبه, يضحك من ذقوننا, يقلب الحقائق, يستهزأ بمواطنيه, يضرب بالمواثيق عرض
الحائط, يقتل و يعذب, يشجب و يندد, يبذر و يبدد, يتوعد و يهدد, يرغي و يزبد,
حماقاته تتعدد... آما آن لنسله أن يتحدد أو يتبدد؟
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هل عاد لقرطاجة الروم و بني هلال للقيروان ؟ أم حصل
ما لم يكن في الحسبان و عدنا جميعا لمرتبة الحيوان نحن لسنا تونسيين نحن
للمخابر وللمخابرات بيض الفئران قطعان ماعز و لو طرنا... جحافل ناموس بقر
و خرفان حثالة شعب يحكمنا النذل الجبان عميل صهيون و الأمريكان يرأسنا
الجاهل و المعتوه و نصبناه بالإستفتاء و دونه سلطان مجاهد أكبر و صانع
تغيير وسيد أسياد وبطل تحول وغدا سوبرمان هل أصابنا العقم ونقص المناعة أم
نخرنا السرطان ؟ متى يخرج من رحم تونس الإنسان ؟ إنسان لا يرضى الذل و
الهوان لا سيد له لا عبيد لا أعيان معزز مكرم حقه مصان متعلم واع حليم
صوته مسموع رنان... كفى هذيان... متى إحتاج الإنسان لوصف أو تبيان ؟ هل
نصبح كغيرنا بشرا بعد أن غطتنا المهانة وعادت كثبان و نقبر جبننا وخوفنا
ونرزق ماضينا جميل الصبر والسلوان أم نفنى كقوم ثمود و عاد وتلعننا
التوراة والإنجيل والقرآن
رواه أبو حيوان التوحيدي عن التونسي متاع
التونيزين الأربعاء، 05 صفر، 1423.
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Aucune odeur
d'enfer sur la plage ensoleillée
Le déluge de feu de Djerba est considéré maintenant comme un attentat -
c'est officiel -. Mais les touristes veulent qu'on leur épargne les
détails.
Par Axel Veiel - Frankfurter Rundschau (Er-Riadh,
Djerba)
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Une demi douzaine de policiers, quelques barrières, c'est
tout ce qu'il y a à voir. Rien de plus n'indique ici à la sortie
d'Er-Riadh que l'enfer est passé par là. Même la présence de policiers et
de barrières rappelle plus à un petit coin de villégiature qu'à une
garnison qui monte la garde d'un lieu touché par les flammes de l'enfer.
Des hommes, qui ont trouvé refuge dans l'ombre d'un olivier, sont
accroupis devant l'entrée de la synagogue. Deux parmi eux ont l'air de
somnoler, un autre homme est en train de lire, les autres causent et
rigolent. En face d'eux, au bout de la rue menant au lieu de culte juif,
les grillages ont la forme, plus ou moins, d'un carré qu'on peut
contourner facilement. Le vent apporte des bruits d'enfants. C'est la fin
des cours à l'école. Garçons et filles quittent la cour de l'école en
courant vers la rue. Un des policiers dit que la synagogue va être
rouverte aux visiteurs dans deux, trois jours et tout sera comme
avant. La majorité des victimes meurt quelque part plus loin, très loin
d'ici. Elles succombent à leurs brûlures dans un pays lointain,
l'Allemagne. Ici sur l'île de Djerba, une île qui vit, presque
exclusivement, par le tourisme, les gens veulent tirer un trait sur le
passé, refouler oublier. Certes, le fait que, dix jours auparavant, un
chauffeur kamikaze se fasse sauter en l'air avec son camion plein de
bonbonnes à gaz provoquant la mort de 17 personnes ne peut plus être
expliqué par un accident, comme le laissaient entendre les autorités au
début. Mais, pour les habitants du lieu, comme lors d'un accident, la
tragédie ne concerne que ceux qui ont eu le malheur d'être impliqués dans
l'attentat. Et exactement comme dans le cas d'un accident de voiture, les
riverains pensent que le prochain accident de la route n'aura certainement
pas lieu devant chez eux.
La Tunisie est une terre de tolérance, c'est ce qu'a
déclaré le président Ben Ali après l'attentat. La tolérance de ses
concitoyens envers les gens d'autres confessions n'était elle pas
jusqu'ici exemplaire ? Juste en face de la synagogue d'El-Ghriba brillent
les coupoles blanches d'une mosquée baignée par le soleil de midi. "Maison
de prière musulmane", c'est ce qu'on peut lire sur une pancarte placée à
côté du portail. Ces pancartes n'ont de sens que dans les lieux où
existent des maisons de prière appartenant à d'autres confessions.
Jusqu'ici, des milliers de Juifs d'Afrique du Nord se sont déplacés chaque
année à Djerba pour célébrer les Pacques juives, et ont longé les murs de
cette mosquée.
Les pèlerins vont-ils revenir ? L'imam de la mosquée en
est convaincu. L'homme de religion, ferme bruyamment la porte en fer
encastré, regarde en direction de l'énorme silhouette du temple juif, à la
forme carrée et dont l'architecture diffère de celle de la mosquée. Il
pointe du doigt l'amas de gravats et de sable devant la synagogue et dit :
"Les travaux de rénovation sont presque achevés." Rénovation ? Les
ouvriers ne sont-ils pas en train d'éliminer les traces de l'incendie ?
Non, dit l'imam, ce sont des travaux de rénovation prévus depuis
longtemps.
Mais quelqu'un a perturbé la marche collective vers la
normalité. Otto Schily est arrivé lundi, pour rendre hommage aux victimes
et poser des questions incongrues. Deux actes qui ont indisposé ses hôtes.
Le ministre l'a, d'ailleurs, remarqué. Il avait du déposer le bouquet de
fleurs, préparé en l'honneur des victimes, contre un grillage rouillé
placé à l'entrée de la synagogue, loin du lieu de l'explosion. A
l'intérieur du lieu de culte, il a vu des braves artisans perchés sur des
échelles ou des échafaudages. Le chef de la communauté juive, Perez
Trabelsi, lui expliquait les insignes, lui traduisait les inscriptions
murales et lui donnait des explications sur le calendrier juif. Malgré
l'empressement de Trabelsi, l'hôte de Berlin a réussi quelques fois, à
évoquer "le terrible événement ". "Le véhicule se trouvait où ?" a-t-il
demandé, ou encore : "Le feu est parvenu jusqu'où ?"
Seulement pendant son entrevue avec le président Ben Ali
à Tunis, que les choses étaient tirées au clair, derrière les portes
fermées du palais. Après cette entrevue, le responsable allemand était en
mesure de déclarer, en son nom et même au nom du chef de l'Etat tunisien :
"La certitude fait maintenant place aux doutes quant à la thèse de
l'attentat." Schily a dit aussi, clairement, que l'enquête resterait entre
les mains des enquêteurs tunisiens. L'enquête se fera dans le calme, sans
trop de détails pour ses concitoyens et pour les touristes, dans le but de
ne pas nuire à l'image du pays où règne une paix céleste au milieu d'un
Maghreb agité par les troubles. Plusieurs touristes à Djerba ne
veulent pas que la joie des vacances soit troublée par des souvenirs
insupportables. Dans l'hôtel Royal Garden Palace les touristes se
précipitent, comme toujours, vers la plage, la piscine ou le buffet. De
vendeurs ambulants déambulent entre les corps luisants oints de crème de
bronzage et offrent aux touristes des plants de palmier ou des roses du
désert. L'attentat à la synagogue n'est pas à l'ordre du jour. "Si nous
nous laissons influencer par de tels actes, nous ne pourrions plus aller
nulle part", dit une touriste qui joue à la pétanque. Tous les présents
acquiescent. Selon elle, la Tunisie est un pays pacifique, accueillant
Elle assimilerait l'attentat, plutôt, à un crash d'avion, qui pourrait se
passer n'importe où dans le monde même à Djerba. Brigitta Göring,
aussi, trouve cet attentat "absolument atypique pour ce pays, où le mode
de vie occidental a pu s'intégrer mieux qu'ailleurs au Maghreb". Ce qui
irrite cette touriste de Francfort "C'est la politique de camouflage
adoptée après l'attentat". Mais, cette Allemande essaye d'être
compréhensive. Si le tourisme disparaît à Djerba, ce serait comme si l'île
était engloutie par la mer, pense cette femme de 68 ans. S'il y a un autre
attentat . . ., a t-elle ajouté, absorbée par ses pensées, laissant
ouverte la question de ce qui se passerait alors.
Mais il n'aura pas d'autre attentat, le coiffeur
d'Er-Riadh en est sûr à 100%. "Car, il y un peu de police partout en
Tunisie", C'est ce qui explique la certitude de ce jeune homme 26 ans aux
cheveux bouclés. Alors comment expliquer que le premier a pu avoir lieu ?
L'homme au tablier blanc dit qu'il n'a jamais entendu parler d'un attentat
et qu'il n'est pas prêt à en parler. Puis il ajoute, en souriant, qu'en
Tunisie il vaudrait mieux ne rien entendre, ne rien dire, car il y a un
peu de police partout en Tunisie. Pourtant, il dit quelque chose. La
faute est au journal Le Quotidien, lu et relu par ses clients et laissé
sur l'un des deux fauteuils. Presque la moitié du journal est consacrée
des souffrances des Palestiniens. Les photos du journal montrent des corps
déchiquetés, des yeux d'enfants qui reflètent toutes les horreurs de la
guerre, des femmes qui essayent d'évacuer des blessés ou des corps en
lambeaux.
Ce que font les Israéliens révolte même quelqu'un comme
lui, dit le coiffeur, qui tient à la tolérance religieuse. Même un
Chrétien doit être révolté par ça. Chacun réagit à sa manière à cette
situation pleine de souffrances et d'injustice. Il dit qu'il a donné son
sang aux Palestiniens à l'hôpital de Houmt Souk. Sa sur a fait un don en
espèces. "Et peut être", ajoute-t-il, "en voyant ces images, un islamiste
perd-t-il la raison et sème-t-il la pagaille."
Traduit de l'allemand par Omar
Khayyâm
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| Vendredi 26 avril 2002. |
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اللجنة الدولية للدفاع عن
المساجين السياسيين في تونس 25 - 04 - 2002
نداء عاجل
تشهد السجون التونسية إضرابات جوع احتجاجية عديدة من
أهمها :
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1) إضراب الجوع الذي شنه أكثر من إحدى
وعشرون سجينا سياسيا في سجن صفاقس منذ أسابيع تضامنا مع زميلهم السجين
السياسي جلال مبروك الذي يعاني من الإهمال الصحي الذي تمارسه عليه سلطات
السجن والذي يعرض حياته إلى خطر الموت. 2) إضراب الجوع الذي شنه السجين
السياسي السيد عبد الرزاق مزقريشو منذ نهاية شهر ماي 2002 مطالبا بمداواته
فكه المصاب في أحداث المداهمات العنيفة التي كان ضحيتها المساجين السياسيون
يوم 26 ديسمبر 2001 عندما هاجمهم أعوان السجن من أجل إرغامهم على فك إضراب
الجوع الذي كانوا يشنونه وقتها. والسيد مزقريشو لا يزال يعاني من آلام شديدة
للإصابة التي كان ضحيتها في فكه, بسبب التعنيف الشديد الذي تعرض له في ذلك
الهجوم, مع العلم أن فكه الذي يعاني منه ينزف مادة "قيحية" بشكل شبه متواصل.
كما أنه يطالب في إضرابه بتمكين ابنته من حقها الدستوري والقانوني في امتلاك
جواز سفر إذ أن السلطات التونسية حرمتها من حقها ذاك بسبب كون أبيها معارضا
سياسيا مغضوب عليه من طرف سلطة الحكم. 3) إضراب الجوع الذي شنه الأمين
العام الأسبق للإتحاد العام التونسي للطلبة السيد عبد الكريم الهاروني منذ 04
- 04 - 2002 داخل السجن تضامنا مع نضال الشعب الفلسطيني, مصحوبا بكل من
السجين السياسي صابر الحمروني ومحمد المغيربي مع العلم أن كل واحد منهم يعاني
من السجن الإنفرادي. 4) إضراب الجوع الذي شنه السجين السياسي زبير الشهودي
(سحن الهوارب) منذ 11 - 04 - 2002 بعد أن تعرض إلى اعتداء بالعنف الشديد من
طرف إدارة السجن وبعد أن هشمت نظارته. 5) إضراب الجوع الذي شنه (في سجن
المهدية) كل من عبد الرحمن إدريس منذ اكثر من شهر وحسن الغضبان احتجاجا على
الإهمال الصحي, مع العلم أن السيد عبد الرحمن إدريس يشكو من آلام في
المعدة.
ونظرا لحالات التدهور الذي بلغته صحة عدد
من المضربين وحفاظا على سلامتهم الصحية وخشية على حياتهم فإن اللجنة الدولية
للدفاع عن المساجين السياسيين في تونس تناشد المساجين السياسيين المضربين عن
الطعام أن يفكوا إضرابهم.
وتتعهد اللجنة بمواصلة النضال من أجل
الدفاع عن حقوقهم ومن أجل تحسين ظروفهم الصحية. تطالب السلطات التونسية
بوضع حد للإنتهاكات المتكررة التي يتعرض لها المساجين السياسيون في سجون تونس
ما يعرض صحتهم وحياتهم للخطر. تطالب السلطات التونسية بالكف عن سياسة
الإنتقام والقتل البطيء التي تنتهجها في حق المساجين السياسيين في
سجونها.
المنسق سيد
الفرجاني
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Le poète égaré
«Dans un monde clos et sans issue, où tout est mort,
lunique chose qui vaille cest la mort», écrit Octavio Paz. Quiconque
a des liens avec la Palestine éprouve aujourdhui une sourde colère. Une
colère rouge, «Un coup de sang !», se disent ceux qui nont dautres rôles
à jouer que celui du tambour qui répercute les lamentations.
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Au lieu de poser des bombes, au lieu de lancer des
pierres ou de se coucher en travers des routes, au lieu de senchaîner aux
arbres, Ouled Ahmed, le poète tunisien du vin et de lamour, écrit de la
poésie, vraiment ! La poésie est-elle jamais parvenu à faire tomber les
injustices ou à libérer les opprimés ? Pas en un seul jour, certes, mais
au bout du compte peut-être. Du moins, après que lécho de leurs vers aura
fait son chemin dans les esprits, surtout si la musique même de ses
phrases résonne comme une forme de subversion. Mieux quun épais bâton
de dynamite, ses poèmes font voler en éclats les frontières des préjugés
imposées par la culture dominante, celle des blancs. Cet espoir de
libération par la poésie a ses limites, ses failles, ses heures
creuses. « A quoi bon la poésie ? A quoi bon se trouver au cur de la
blessure ? A quoi bon dire, sinon dans la vanité de la bonne conscience,
que toutes ces vilenies ne feront quajouter à ma condition de vaincu, le
linceul de la honte ». Cest donc dans un quelconque restaurant bar
clinquant de Tunis, que les gens pressent Ouled Ahmed, décrire sur le
vécu de braise des Palestiniens. Le voilà picorant des calamars frits,
au fond dune grande assiette. Saisissant délicatement les mets du bout
des doigts, Ouled Ahmed évoque le chagrin de son grand-père en 48, les
larmes de son père et de sa mère en 67, la honte qui le poursuit après
Sabra et Chatila en 82, et la mort dans lâme depuis la déroute de lIraq
« Jappartiens à la génération des vaincus.» dit-il. Faut-il devenir un
martyr pour laver dans le sang un siècle de capitulation et de reddition ?
Soupirs, lamentations, le poète senfuit dans une jungle peuplée de vent
qui poursuit le vent, darbres qui marchent la nuit, dhommes qui
pétrifient léclair, et déclame : «Je vais à la mort. Pour aller
jusquà toi, jai épuisé, dans le désert, mes chevaux, mon viatique et mon
eau. Tu peux me mettre à lépreuve. Jai une âme de lion sous une allure
humaine.» Dans une lettre ouverte à Sharon, lécrivain
sud-africain, Breyten Breytenbach écrit : «Maintenant, les gens ont la
répression dans la peau et ils nont plus rien pour se défendre que leur
peau. Doù les bombes humaines. » Sans doute la poésie est-elle la peau
dâne des Arabes, ce peuple dhumiliés et doffensés ? Ouled Ahmed dit : «
Nous les Arabes, nous sommes comme ce clown des feux de la rampe, de
Charlie Chaplin. On est fasciné par la mort de cet homme qui a perdu la
faculté de faire rire et qui, un jour, par maladresse, tombe dans le
tambour et se casse léchine : lhilarité emplit la salle. On est de ceux
qui nont rien à gagner . On a rien à perdre.» - Tu es dans lexcès,
poète. « Non, rétorque Ouled Ahmed. Depuis quarante ans, on narrête
pas de dire aux gardiens du zoo que nous sommes humains. Le jour où ils
sapercevront que nous ne sommes pas des bêtes, il sera trop tard. On sera
devenu des créatures envoûtées par la lune. Les poils nous auront poussé
sur la langue
Combien de fois me suis-je surpris à désirer devenir à mon
tour, un mangeur de soldats Israéliens ? Je rêve de leur couper les
oreilles, de percer leurs yeux avec des tiges de fer rouge, de leur couper
un bras, de remplir leurs narines de bitume, juste pour quils sachent ce
quest le désarroi dun homme déshabillé de sa dignité ». Et, nous sommes
tentés dajouter : « Quant aux poètes, décrète le Seigneur, dans une
sourate qui porte le même nom, seuls les égarés les suivent. Ne vois-tu
pas quen tout val ils dérivent, quils disent ce que point ils ne
réalisent
».
Taoufik BEN BRIK
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| Envoi de Sophie. Jeudi 25 avril 2002. |
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« La démocratie est totalement
parodiée »
Le régime tunisien réprime lopposition par une main de fer. Le
militant des droits humains Moncef Marzouki soppose à cette
politique.
Par Dominique Burckhardt - Basler Zeitung
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Lattentat de Djerba pourrait, cest ce que craint Moncef
Marzouki, être exploité par le président-dictateur Zine el-Abidine Ben Ali
et ses services de sécurité, pour serrer encore plus la vis dans sa
politique envers lopposition. Tout cela de façon officielle et en bonne
entente avec les USA, sous le couvert de la lutte anti-terroriste. «Nous
devons payer par notre propre liberté la liberté du peuple des
Etats-Unis». Cest en ces termes que lex-président de la Ligue Tunisienne
des Droits de lHomme, interdite entre-temps, critique la dictature
tunisienne. Devant cette réalité, les gouvernements européens préfèrent
fermer les yeux. Si de telles déclarations étaient faites en Tunisie en
public, elles ne pourraient rester impunies. Pourtant, ce médecin âgé de
55 ans, lutte depuis près de deux décennies pour la promotion des droits
de lhomme et de la démocratie dans son pays. Les seules armes dont
dispose Marzouki sont ses mots. Dans ses conférences et ses livres, il
fustige la «démocratie de façade» affichée par le régime : Il y a à Tunis
une «Place des droits de lhomme»; le président tunisien évoque
régulièrement dans ses discours son souci permanent pour la démocratie; on
enseigne les droits de lhomme dans les écoles; la Tunisie possède une
constitution, un parlement, plusieurs partis légaux (créés par initiative
présidentielle...), et on organise aussi des élections. «La démocratie»,
déclare Marzouki, qui sest arrêté jeudi à Bâle, «est parodiée et
pervertie de façon on ne peut plus flagrante». Les opposants vivent en
permanence dans la peur, car lappareil policier de Ben Ali est toujours
présent à leur côté. Daprès lui, seuls ceux qui arrivent à vaincre leur
propre peur sont en mesure de renverser la dictature. Na-t-il plus peur?
«Si, mais jai subi toutes les méthodes de répression du régime. Il ne lui
reste plus, au pire des cas, quà me tuer», a-t-il déclaré pendant un
entretien accordé au Basler Zeitung. Sa relative notoriété en Europe lui
accorde une centaine sécurité. Mais, encore selon lui, la situation dun
militant anonyme pour la démocratie en Tunisie est de loin plus
dangereuse.
Marzouki et sa famille étaient lobjet dintimidations,
de menaces et de chicaneries. Il a été condamné plusieurs fois, la police
la, une fois, kidnappé, Il a été plusieurs fois en prison, il ne pouvait
plus exercer sa profession de médecin. Pourtant, ce militant pour les
droits humains, aimerait retourner le plus tôt possible à son pays natal.
«La place dun chef est parmi ses combattants», a dit le fondateur et
président de lorganisation dopposition «Conseil National pour les
Libertés en Tunisie». [ le journaliste confond le CNLT avec le CPR, note
du traducteur]
Critiques au paradis touristique
Marzouki vit et travaille présentement à Paris. Il na pu
rejoindre la capitale française que le 8 décembre dernier, quelques jours
après la visite du président français en Tunisie. Depuis quil avait été
condamné, il y a un an, à une année de prison ferme pour «propagation de
fausses nouvelles susceptibles de perturber lordre public», il vivait
dans lattente de lexécution de la peine sous haute surveillance
policière. Marzouki pense que son départ de la Tunisie naurait été rendu
possible que par lengagement des médecins français, belges et suisses,
qui avaient fait des démarches auprès de Chirac.
Marzouki se félicite du soutien apporté par les citoyens
des pays démocratiques à lopposition tunisienne, surtout que plusieurs
gouvernements occidentaux soutiennent Ben Ali, le considérant comme garant
de la stabilité politique et économique de la Tunisie. Cette image est en
train de perde de son éclat en Europe, les critiques adressées au «
paradis touristique » deviennent de plus en plus fortes. Mais Marzouki
refuse dappeler au boycott touristique de son pays. «On ne peut pas
réduire le peuple à la misère dans le but de renverser Ben Ali», mettant
laccent sur limportance économique du tourisme. Marzouki appelle plutôt
à la «conscience morale» des touristes, et exhorte ces deniers à franchir
les «murailles de leurs hôtels » pour voir ce qui se passe à
lextérieur.
(Source: "Basler Zeitung", Journal suisse paraissant à Bâle le samedi
20 avril 2002)
Traduit de l'allemand par Omar
Khayyâm
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| Jeudi 25 avril 2002. |
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 Proxy n°10 Conseil ministériel très restreint
Vu la dégradation de la situation aux territoires occupés
et préoccupés (Jenine, Jerba, Campus universitaire
) et la gestion funeste
de l'attentat accidentel de Jerba un nouveau gouvernement de cohabitation
s'est réunit en conseil ministériel restreint sous le haut patronage de
ZABA, le roi des cons constitutionnels, et avec la présence de :
Otto Schilly, ministre de l'intérieur et de l'information. Perez
Trabelsi, ministre de l'équipement et de l'intégration. Philippe
Seguin, ministre par intérim des affaires étrangères. Abdelwahab
Abdallah, ministre sans portefeuille et sans utilité aucune. Mondher
Zenaïdi, invité d'honneur et ministre du tourisme et du terrorisme.
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Perez Trabelsi, le nouveau Goujat de la république, a
ouvert les ébats en soulignant : " la Tunisie demeure le pays de la
tolérance, de la sécurité et de la stabilité et cette action n'aura aucun
effet sur notre vie quotidienne, grâce à la sollicitude permanente et à
l'affection dont nous entoure le Président et à la protection dont nous
bénéficions auprès des services de sécurité... " Otto agacé
l'interrompt (avant qu'il ne soit trop tard) : " Pour une fois vous allez
arrêter votre cirque, je n'ai pas de temps à perdre en écoutent vos
banalités car j'ai un avion à prendre dans deux heures. " ZABA
intervient pour calmer les esprits en s'adressant à son nouveau ministre
de l'intérieur et de la communication avec les citoyens : " Faut que tu
m'expliques comment tu es arrivé à la conclusion que nos services secrets
sont infiltrés par des islamistes ? " Otto : " Ce n'est pas sorcier à
expliquer, vendredi dernier j'étais en compagnie de Abdallah Kâabi et des
chefs des services de sécurité à l'intérieur de la synagogue quand soudain
l'appel à la prière retentit de la mosquée voisine et à ce moment là tous
mes compères se sont éclipsés l'un après l'autre " ZABA : " C'est
dramatique ça ! Ne me dis surtout pas que mes gorilles sont redevenus
islamistes du jour au lendemain ? " Perez ajoute avec consternation : "
Selon un sondage préparé par un institut parisien, qui était de grande
renommée avant le premier tour des élections françaises, plus il y a de
morts en Palestine plus les mosquées sont pleines ! " Otto : " Tout ça
est de votre faute monsieur le président comment avez vous osé nommer un
Ghannouchi à la tête du gouvernement, c'est une offense à la démocratie et
une atteinte aux droits de l'homme ! " ZABA : " Ma femme m'a dit, avant
de se taire définitivement, que je suis très tolérant envers mes
subordonnés mais cette fois je vais sévir et ils vont me le payer très
cher cet accident de la Ghriba " Otto : " Ce n'est pas un accident,
c'est un attentat terroriste qui a fait coûté la vie à 3 personnes
innocentes " ZABA : " Trois ? Mais ils m'ont dit que 16 innocents ont
laissés leurs vies ! " Otto : " Les autres sont morts sous la torture
aux locaux de la Dakhilia car ils ont refusé d'admettre que c'était un
accident " ZABA : " Ah bon ! " Zenaïdi : " Eh oui, ils ont refusé de
collaborer avec la justice tunisienne " Otto : " Ce sont les risques du
métier on ne va pas en faire un drame, de toute façon dans cent ans on
sera tous morts " ZABA est terrorisé par l'idée qu'il va un jour ou
l'autre mourir et décide de changer de sujet : " Est ce que vous pensez
qu'il faut encore dévaluer le dinar pour attirer d'avantage de touristes ?
" Ab-Ab : " Surtout pas ça, la dévaluation du dinar n'a pour effet que
de nous attirer d'avantage de terroristes, de nos jours le tunisien est
prêt a faire le kamikaze pour un Leblebi chez Oueld Ebbà " ZABA fait
semblant de ne pas entendre et s'adresse à Perez : " J'ai oublié de vous
féliciter pour la rapidité avec laquelle vous avez maîtrisé le feu et
effacé les traces de l'attentat à la synagogue mais je n'ai pas compris
comment vous avez fait ? " Perez : " On a pulvérisé de la chaux vive
sur toute l'île à l'aide d'un Canadair israélien " ZABA : " Ah bon !
" Perez : " Eh oui, on a en plus découvert des câbles électriques sous
la synagogue lors des opérations de déblaiement du terrain " ZABA : "
Et alors ? " Perez : " Vu que la synagogue est vieille de 2500 ans ça
prouve que les juifs ont inventé l'électricité " Ab-Ab ajoute : " Nous
aussi ont a fait des fouilles sous la mosquée de Jerba l'année dernière et
on a rien trouvé " ZABA " Et pourquoi tu me dis ça connard ? " Ab-Ab
: " Non c'était juste pour vous rappeler qu'on utilisait l'infrarouge et
le sans-fil avant l'arrivée des juifs à Jerba " Otto : " Je proteste
c'est de l'antisémitisme ça, comment ose tu faire une allusion pareille ?
" Ab-Ab : " Ne te mêle pas de ce qui ne te regarde pas ! Nous aussi les
tunisiens musulmans on était sémites avant le changement du 7 novembre
1987 mais ZABA a décidé sous la pression du lobby sioniste américain de
n'octroyer ce privilège qu'aux juifs pour pouvoir faire souffrir le reste
de la population sans l'intervention agaçante de la communauté
internationale " ZABA : " T'en fait pas Otto, Ab-Ab à des fois un
sursaut d'orgueil chaque fois qu'il passe sa nuit à regarder Al-Jazeera et
consurs, il va se calmer et oublier dans quelques jours " Zenaïdi : "
Je vais vous raconter une histoire afin de détendre un peu l'atmosphère
: C'est une vipère qui croise une souris dans un tunnel tout noir... La
vipère commence par tâter la souris : - Heu tu as des poils partout, tu
as de longues moustaches, tu as une longue queue... tu doit être un Arabe
! - Heu tu est tout froid, t'as pas de cheveux, t'as pas de couilles...
tu doit être un Sioniste ! " Seguin : " Sale raciste ce n'est pas une
blague ça, c'est encore de l'antisémitisme ! Je vais te dénoncer à la Cour
pénale internationale et tu seras son premier inculpé de l'histoire
" Zenaïdi : " Vas te faire voir par un psychiatre, je n'ai pas dis juif
mais sioniste de toute façon tu n'es qu'une chèvre qui ne sais même pas
faire la différence entre le Canal de Suez , la rue de la liberté à Tunis
et Jerba " Perez : " Et qu'elle est la différence entre eux selon toi ?
" Ab-Ab intervient précipitamment " Au Canal de Suez les juifs sont de
l'autre côté, à la rue de la liberté ils sont des deux côtés et à Jerba,
ils sont des quatre côtés. " Otto : " Celle là est bonne, reste qu'à
Jenine ils sont des 5 côtés si on compte le ciel aussi " Seguin : "
Tais toi nazi et vas prendre ton avion, j'espère qu'un kamikaze te
conduira illico presto en enfer "
Irrité par le langage ordurier et obscène de ses subordonnés ZABA
décide unilatéralement de dissoudre pour la nième fois son gouvernement
dans un bain d'acide chlorhydrique et de traduire tous les "responsables"
devant le service d'embouteillage de la Dakhilia.
ettounsi
de TUNeZINE Tunis, jeudi 25 avril
2002.
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Me, myself and I A
dialogue
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Maherbaal : How do you asses the situation in Tunisia?
Me : Actually, there is nothing to asses in that country, there is one
man, Ben Ali, who put himself in charge with the approval of most of the
opposition at the time of the coup. He runs the country with the methods
he learned at the various institutions of war with (relatively) great
success. Maherbaal : What about the opposition? Me : What
opposition? Maherbaal : Well, there must be some kind of opposition in
that country, don't you think so? Me : At first sight, one is led to
believe that there is a rich and varied opposition groupings representing
the whole political spectrum, from left to right. Maherbaal : and !
Me : Well, it's just an illusion. Maherbaal : What do you mean by
that ? Me : I mean what I've just said, it's an illusion, there is no
opposition worth that name. Surely, we have plenty of individuals calling
themselves opposition leaders or dissidents but these peoples tend to go
on hiding or keep a (very, very) low profile whenever they are challenged
by the regime. Maherbaal : Aren't you a little bit harsh in your
judgement? Me : As we say in Tunisia "truth is bitter" Maherbaal :
Which means... Me : Which means that we have to accept our reality as
it is and not as we would like it to be. Maherbaal : You can't
seriously claim that figures like Marzouki, Ben Jaafar or Ghannouchi for
that matter do not represent the will and aspirations of most Tunisians?
Me : I am sure that they seriously believe that they do have the
backing of the "street". Maherbaal : That's very cynical of you, can't
you give us a strait forward answer to my question? Me : Deeds usually
follow words, unfortunately in the case of the above cited "figures",
words follow words, and when these words are emptied of their substance,
they get recycled and... used again. This is our reality, I didn't invent
it. Maherbaal : What's the alternative? Me : To turn the table on
the so-called opposition and try to build a new political platform on
which we will stand firm in our positions vis-à-vis the regime. This is a
daunting task for those who wants to create a new alternative from
scratch. Maherbaal : Don't you think it's a waste of time and
resources? is it a question of trust? Me : No it's not a question of
trust, it's not personal, I am simply trying to evaluate the political
achievement of the so-called opposition up to this day, that's all.
End of part one Maherbaal Monday, April
22, 2002.
Part two
Maherbaal : So you don't think that the opposition have
any chance of bringing about the changes our country is in acute need of ?
Me : I think it's too early to predict or prophesise about the future,
nevertheless I think the opposition does have one (last) chance of tilting
the balance to its favour and filling the vacuum it left when it deserted
the political scene. Myself : Could you be more specific? Me : I
am thinking about the referendum on the constitutional "reforms". I :
What about that? Me : The opposition have a golden chance of regaining
the legitimacy it had lost because of its incapacity to deal with the
problems plaguing our country for more than 15 years now. Maherbaal :
I would say 50 years! Myself : Yes, whatever! Me : The opposition
can use this opportunity to bounce forward and put itself in the forefront
of the battle between the people and its oppressive regime. Myself :
Isn't too late for that? the referendum is scheduled for the next month
(26). Me: No I don't think its too late, we are not talking about the
distant future but about the next weeks and days. In short, the opposition
need to converge on a very limited set of strategic actions (not words!)
which will ruin the RCD feast scheduled for the 26th of may. Maherbaal
: Any suggestions? Me : Well, I don't think there is any shortage of
ideas or suggestions, i.e. the opposition can declare that fateful day a
day of mourning, of civil disobedience, perhaps even declaring a "curfew"
during that day... etc. Maherbaal : Your suggestions are too radical
for my taste. Me : Everything is relative my dear. Myself : Do you
seriously believe that these strategic actions would topple the regime or
at least destabilise it? Me : No, I don't think it will topple the
regime but it will surely destabilise it if the actions are successful.
It's a short-term strategy with the purpose of regaining the legitimacy of
the opposition. That legitimacy was lost when the opposition took a
sabbatical leave from its responsibility. Maherbaal : I am sure you
are referring to the "illegal" opposition. Me : Its the only
opposition we have. Maherbaal : What about the "legal" opposition?
Me : Those free-rider will one day face justice. Maherbaal : Can
you further develop that argument? Me : No, I leave that to the
reader. Myself : What are your objections to the constitutional
reforms? Me : Well, without going into the details which have been
developed at length elsewhere, there is one change to the constitution
which caught my attention, and that is ....... (I can't find it
anywhere) Sorry.
To be continued Maherbaal Thursday,
April 25, 2002.
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Maherbaal : "Terrible stuff Ivan,I appreciate your
comments." |
Ivan responding Maherbaal
Maherbaal:How do you asses the situation in Tunisia?
Me:Actually,there is nothing to asses in that country,there is one
man,Ben-ali,who put himself in charge with the approval of most of the
opposition at the time of the coup.He runs the country with the methods he
learned at the various institutions of war with (relatively)great success.
Ivan: Critical, the country is governed by a despot, the people
doesnt has any dignity to assume his future, and the regime is supported
by the European governments against the will of the Non Governmental
Organisations RSF, Amnesty International, FIDH
who know the reality of
the situation and this until the blow happens, but it will be very late to
handle it. Maherbaal:What about the opposition? Me:what
opposition? Ivan: Which one? Maherbaal:Well,there must be some kind
of opposition in that country,don`t you think so? Me:at first
sight,one is led to believe that there is a rich and varied opposition
groupings representing the whole political spectrum,from left to right.
Ivan:The oppositon of the braves who died and are dying in the prisons
of the dictator because they are fighting for their human rights or the
opposition of the cowards who know the reality of the regime but are
accommodated with it until the following oppressor comes in power.
Maherbaal:and! Me:well,it`s just an illusion. Ivan: Its very
hard to call for freedom and dignity when you address to a majority of
people without any self-esteem. Poor Tunisia. Maherbaal:what do you
mean by that? Me:I mean what I`ve just said,it`s an illusion,there is
no opposition worth that name.Surely,we have plenty of individuals calling
themselves opposition leaders or dissidents but these peoples tend to go
on hiding or keep a(very,very) low profile whenever they are challenged by
the regime. Ivan:I mean that a majority of Tunisians are accommodated
with the state of slavery and humiliation they are living and dont hear
the voice of freedom coming out from the prisons of their master calling
them to stand-up and grasp their dignity. Maherbaal:are`nt you a
little bit harsh in your judgement? Me:as we say in tunisia "truth is
bitter" Ivan: not at all, but we have to change it. Maherbaal:which
means... Me:which means that we have to accept our reality as it is
and not as we would like it to be. Ivan: make slaves know that slavery
was forbidden and its not the condition of life for human beings and to
see around them whats really happening. Maherbaal:you can`t seriously
claim that figures like Marzouki,Ben Jaafar or Ghannouchi for that matter
do not represent the will and aspirations of most tunisians? Me:Iam
sure that they seriously believe that they do have the backing of the
"street" . Ivan: Tunisians themselves dont know their aspirations
thats the problem contrarily to these figures. Maherbaal:that`s very
cynical of you,can`t you give us a straitforward answer to my question?
Me:deeds usually follow words,unfortunately in the case of the above
cited "figures",words follow words,and when these words are emptied of
their substance,they get recycled and......used again.This is our
reality,I did`nt invent it. Ivan: these figures gave their lives for
freedom but I am not sure that Tunisians are able to sacrifice a little of
their freedom (if they have one !, but I am not sure) to have the entire
freedom Maherbaal:What`s the alternative? Me:to turn the table on
the so-called opposition and try to build a new political platform on
which we will stand firm in our positions vis-a-vis the regime.This is a
daunting task for those who wants to create a new alternative from scrach.
Ivan: we have to get rid of this regime as soon as possible in order
to save the little of dignity personalised by the opposition.
Maherbaal.Don`t you think it`s a waste of time and resources?is it a
question of trust? Me:NO it`s not a question of trust,it`s not
personal,Iam simply trying to evaluate the political achievement of the
so-called opposition up to this day,that`s all. End of part one.
Ivan: after the time, resources and lives we lost handling weakly with
this regime now its time to act.
Ivan Le terrible Monday, April 22,
2002.
Part 2
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Maherbaal:so you dont think that the opposition have any
chance of bringing about the changes our country is in acute need of?
Me:I think it`s too early to predict or prophesise about the
futur,nevertheless I think the opposition does have one (last) chance of
tilting the balance to its favour and filling the vaccum it left when it
deserted the political scene. Ivan: The opposition doesnt have any
chance to bring the changes the country needs * until shes dealing with
the actual regime without a real support from the European democracies and
their national public opinion * and until theres collective conscience
that Tunisians havent yet. Nothing else. Myself:could you be more
specific? Me:I am thinking about the referendum on the constitutional
"reforms". Ivan: if you think that theres a chance to seize by the
constitutional reform then youre completely wrong. I:what about that?
Me:the opposition have a golden chance of regaining the legitimacy it
had lost because of its incapacity to deal with the problems plaguing our
country for more than 15 years now. Ivan: Because this reform has
nothing constitutional on it and it doesnt bring any democratic reforms
to the country only what the regime thinks its reward to all the pain and
torture he brought and applied to all the country. Maherbaal:I would
say 50 years! Myself:yes,whatever! Me:the oposition can use this
opportunity to bounce forward and put itself in the forefront of the
battle betwen the people and its opressive regime. Ivan: the
opposition can seize this opportunity to bring in light the real
personality of this regime and its violation of human rights.
Myself:isn`t too late for that?the referundum is sheduled for the next
month(26). Me: no I don`t think its too late,we are not talking about
the distant futur but about the next weeks and days.In short,the
opposititon need to converge on a very limited set of strategic
actions(not words!)which will ruin the RCD feast sheduled for the 26th of
may. Ivan: its never to late when you are dealing with democracy but
you need to have a long term strategy not coup by coup strategy that leads
to nothing. Maherbaal:any suggestions? Me:well,I don`t think there
is any shortage f ideas or suggestions,ie.the opposition can declare that
fateful day a day of mourning,of civil disobedience,perhaps even declaring
a "curfew" during that day...etc. Ivan: Yes, the opposition can
declare that fateful day a day of mourning, of civil disobedience, perhaps
even declaring a "curfew" during that day...etc. But they need a lot of
courage and Tunisians to make some sacrifice. Maherbaal:your
suggestions are too radical for my taste. Me:eveything is relative my
dear. Ivan: This is the only way people have to regain their dignity
and you have only to read your history and see around you to be convinced.
Myself:do you seriously believe that these strategic actions would
topple the regime or at least destabilise it? Me:no,I don`t think it
will topple the regime but it wil surely destabilise it if the actions are
successful.It´s a short-term strategy with the purpose of regaining the
legitimacy of the opposition.That legitimacy was lost when the opposition
took a sabbatical leave from its responsabilty. Ivan: I repeat the
same thing, this is the only way people have to regain their dignity and
you have only to read your history and see around you to be convinced. I
dont know slaves freed by the one will of their master. Maherbaal:Iam
sure you are refering to the "illegal" opposition. Me:its the only
opposition we have. Ivan: In our country theres non opposition thats
not illegal. Maherbaal:what about the "legal" opposition? Me:
those free-rider will one day face justice. Ivan: you mean the
traitors who sold themselves to have a seat in a parliament.
Maherbaal:can you further develop that argument? Me:no,I leave
that to the reader. Ivan: its a wasting time, I have no consideration
for them. Myself:what are your objections to the constitutional
reforms? Me:Well,without going into the details which have been
developped at lengh elsewere,there is one change to the constitution which
caught my attention,and that is §????(I can`t find it anywhere) Sorry,
To be continued. Ivan: Ill answer you later.
Ivan Le terrible Thursday, April
25, 2002.
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| Fond sonore : Metallica - And nothing else matters. |
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