LE COMMANDANT NEFZAOUI
LE HEROS DU CIEL

Mohamed Nefzaoui est un citoyen ordinaire. Il ne s'est jamais intéressé à la politique et la police politique ne s'est jamais intéressée à lui. Sa fiche numéro deux à la section S du ministère de l'intérieur n'indique rien de spécial : 47 ans, commandant de bord a Tunis Air, marié, 3 enfants, non pratiquant, boit occasionnellement, deux villas, l'une à la Cité la Gazelle, l'autre à Hammamet, deux voitures, une Mercedes blanche et une BMW noire. Tendance politique : aucune. Vie sexuelle, rien de spécial. Pas d'aventures extraconjugales depuis septembre 1995.
Apparemment, rien ne prédisposait le commandant Nefzaoui à devenir "un héros de notre temps". Il menait la dolce vita d'un commandant de bord paisible et sans problèmes. Il avait obtenu des qualifications sur tous les appareils de la flotte de Tunis Air, du vieux Boeing 727 au plus récent A-340. Sa carrière a atteint sa vitesse de croisière depuis quelques années et il grimpait aussi doucement les échelons de la compagnie que ses appareils les couches de la troposphère. Il passait la saison estivale avec sa famille dans sa villa de Hammamet et n'avait d'autres distractions que la baignade en mer et quelques soirées modérément arrosées, passées en compagnie de quelques amis intimes, pilotes pour la plupart. Ses lectures se limitaient presque aux textes techniques liés à son domaine. Il lui arrivait de lire quelques revues et journaux étrangers, mais il se méfiait de la politique comme de la peste. Il suivait à la lettre les instructions "d'en haut" et après chaque vol, il inspectait son appareil et remettait au commissaire de l'aéroport tous les journaux "suspects" que les passagers avaient laissé traîner sur les sièges.

Pourtant, un petit article changea sa vie. Ce n'était même pas un article, juste un encadré de 22 lignes. C'était un certain jour d'octobre 2001. Le commandant Nefzaoui avait effectué, tôt le matin, un vol régulier Tunis-Paris. Comme d'habitude, avant de quitter son Airbus, il inspecta tous les sièges de l'avion. Un journal plié en deux et ouvert sur la page 7 gisait sur l'un des sièges de la classe économique :


Pour Mohamed Msedi

Commandant de bord de Tunis Air au moment de son arrestation le 29 juillet 1993, M. Mohamed Msedi est l'un de ces détenus dont le sort est emblématique Marié, père de deux garçons, pratiquant sa religion, il a été interpellé en plein nuit à son domicile à l'époque de la grande vague de répression contre les opposants du régime. Tenu au secret et torturé pendant trente-sept jours d'affilée, il a été condamné à vingt-sept ans de prison le 4 septembre 1993 pour " appartenance à un mouvement subversif (Nahdha) et complot contre l'Etat ".
Dans un véritable SOS récemment parvenu à Paris, M. Msedi fait état de l'alarmante dégradation de sa santé : difficulté de se tenir debout et à se servir de sa main droite, complications cardiaques et rénales mettant sa vie en danger. Deux comités de soutien se sont constitués en France pour réclamer des soins et la libération du prisonnier. L'un est composé d'intellectuels et de syndicalistes (SUD aérien) français et tunisiens résidant en France, l'autre rassemble les syndicalistes retraités de l'Union du personnel navigant d'Air France, qui entendent manifester activement leur solidarité professionnelle, comme ils l'ont déjà fait en faveur d'autres pilotes étrangers victimes de la répression.
Le cas de Mohamed Msedi n'est pas isolé. Son nom figure sur la liste publiée en France de 344 détenus torturés pendant la garde à vue ou en prison, dont 31 sont décédés. Non exhaustive, cette liste s'accompagne d'une énumération provisoire des noms de 133 tortionnaires du ministère de l'intérieur, responsables ou exécutants, ayant sévi de 1990 à 2000. (Cf. " Torture en Tunisie 1987 2000 : plaidoyer pour son abolition et contre l'impunité ", publié par le CDLDHT.)

Le commandant Nefzaoui tombait carrément des nues. Il hésita un instant, regarda autour de lui, puis cacha le journal sous sa veste. Avant de rejoindre son copilote qui l'attendait en bas, il regagna la cabine de pilotage pour dissimuler le journal parmi ses cartes de navigation.

Il avait hâte de rentrer chez lui. Il voulait lire et relire la triste histoire de ce collègue qu'il avait connu pour la première fois à l'Ecole de l'aviation civile de Borj El Amri. Il n'était pas un ami à lui, mais il le connaissait de vue. Depuis la "disparition" de Mseddi, aucun de ses collègues n'osa téléphoner à sa femme pour s'enquérir de l'état de santé de son mari. Pour la première fois de sa vie, Nefzaoui prit conscience de sa lâcheté. Son sentiment de culpabilité était d'autant plus grand que Mseddi était son voisin à la cité la Gazelle.
Il était à la fois affligé et révolté. Affligé par le triste sort de son collègue et révolté contre une injustice flagrante. Peut-il dorénavant dire qu'il ne savait pas ?

Un changement profond s'opéra aux tréfonds de son âme. Le changement était à peine perceptible. D'ailleurs personne ne le remarqua, à part sa femme qui lui posa la question qu'il attendait depuis sa "métamorphose" : "qu'est-ce qui se passe?". Il se contenta de lui dire qu'il était un peu fatigué et qu'il avait peut être besoin de vacances.

Le commandant Nefzaoui, profondément touché par le cas de son collègue, voulait faire quelque chose. Mais quoi? Il n'était qu'un pilote et il avait toujours laissé la politique aux politiciens. Comment pouvait-il concrètement répondre au SOS du commandant de bord Mohamed Mseddi? Il ne sut que faire. Il attendait les signes du ciel.

Un jour, en effectuant le vol Tunis-Zurich, le commandant Nefzaoui, profitant du temps mort entre son atterrissage et son prochain décollage, quitta son appareil pour faire une petite promenade à l'intérieur l'aéroport de Zurich. En s'arrêtant devant un kiosque à journaux, un titre de première page du quotidien La Tribune de Genève attira son attention :

LE JUGE ZURICHOIS GERLACH EMET UN MANDAT
D'ARRET CONTRE LE DICTATEUR TUNISIEN BEN ALI.

Il acheta le journal et lut l'article en entier. C'était à peine croyable. Le bourreau de son collègue Mseddi était demandé par la justice suisse suite à une plainte déposée par des réfugiés politiques tunisiens torturés sur les ordres de Ben Ali. Le commandant Nefzaoui n'avait pas encore un plan en tête, mais cette nouvelle lui procura une satisfaction qu'il ne pu partager avec personne. Il savait déjà qu'il avait une mission à accomplir, mais son heure n'était pas encore venue.

Le commandant Nefzaoui appartenait à une catégorie privilégiée des commandants de bord, celle des "pilotes présidentiels". Il ne suffit pas d'être un ancien commandant de bord de Tunis Air pour devenir un pilote du Président. La sécurité présidentielle établit périodiquement une liste de pilotes de confiance, seuls habilités à piloter l'avion du Président. De prestigieux commandants de bord figurent sur cette liste : Arfaoui, Bargaoui, Becheikh, Brahem, Youssef et Nefzaoui. A la veille de chaque voyage présidentiel à l'étranger, la Présidence communique, à la dernière minute, au pilote élu son "ordre de mission".

Depuis la lecture de l'article de la Tribune de Genève le commandant Nefzoui avait un plan en tête, mais le plan ne dépendait pas seulement de lui. D'ailleurs, il n'avait révélé son plan secret à personne, même pas à sa femme.
Le jour où on lui annonça qu'il allait, le lendemain, piloter l'avion présidentiel, le commandant Nefzaoui prononça presque les mêmes mots proférés au Caire en octobre 1981 par Khaled Islambouli : "Que la volonté de Dieu soit faite !".

Ben Ali devait rendre à Alger pour une visite officielle de deux jours. Un Airbus A-320 avait été déjà réquisitionné par la Présidence et la police présidentielle tenait l'appareil sous son contrôle 24 heures avant l'heure prévue du décollage.
Après la fin de la cérémonie d'adieux, Ben Ali monta sur la passerelle de l'avion et serra la main au comandant Nefzaoui et à son copilote. A Alger, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, se préparait déjà à quitter le palais présidentiel pour aller accueillir son hôte à l'aéroport Haouari Boumedienne.

Dès que l'avion présidentiel décolla de la piste A2 de l'aéroport de Tunis Carthage, le commandant Nefzaoui emprunta le couloir aérien qui longe le Cap Bon et passe par Kélibia. Les aiguilleurs du ciel à Tunis n'avaient rien compris à la manœuvre du pilote et demandèrent des explications au commandant de bord. Celui-ci se contenta de dire que, pour des raisons inconnues, les services de sécurité de la présidence lui avaient demandé de faire un long détour avant de mettre le cap sur Alger. Pour réaliser son plan secret, le commandant Nefzaoui avait dû mentir non seulement aux aiguilleurs du ciel tunisiens mais aussi à son copilote, surpris par le brusque changement du plan de vol.

Il ne lui révéla son plan que lorsque l'avion pénétra l'espace aérien italien. Lorsqu'il entra en contact avec les contrôleurs aériens italiens, il s'identifia comme le pilote du vol régulier Tunis-Zurich et continua sans problèmes son chemin à travers la péninsule italienne.

C'est seulement en franchissant l'espace aérien helvétique qu'il révéla aux aiguilleurs du ciel suisses l'identité de l'avion et la nature de sa cargaison. Les contrôleurs aériens alertèrent, sans tarder, les autorités de l'aéroport de Zurich. Les policiers de l'aéroport informèrent, tout de suite, le juge Gerlach qui donna l'ordre d'arrêter le dictateur dès sa descente d'avion.

En descendant de l'avion, Ben Ali s'attendait à voir les bras ouverts de son ami Boutef en bas de la passerelle. En fait, c'était des policiers zurichois qui se préparaient à lui enfiler des menottes suisses, de loin plus confortables que celles tunisiennes.
C'était la première fois dans l'histoire moderne qu'un dictateur fut arrêté alors qu'il était au pouvoir.

Omar Khayyâm

Mardi 7 mai 2002.

Un clan puissant dirige
le royaume de Ben Ali

Accusations de corruption
dans la société tunisienne

Beat Stauffer

Slim Bagga - L'Audace

Ce n'est pas uniquement dans le domaine des droits de l'homme que la Tunisie a mauvaise réputation. Des accusations émanant de l'opposition à l'étranger se font de plus en plus nombreuses, laissant entendre que le pays souffre de la domination économique et du pillage systématique des familles liées directement au président Ben Ali.

Le sujet lui-même est tabou en Tunisie et ceux qui violent ce tabou peuvent s'attendre à de graves sanctions. Mais les médias qui échappent au contrôle direct des autorités tunisiennes sont friands de ce sujet sensible: corruption à grande échelle, népotisme, fraudes fiscales et douanières. C'est surtout "L'Audace", un mensuel basé à Paris, qui essayait de prouver depuis des années que la Tunisie n'est pas seulement un Etat policier, mais aussi un pays économiquement dominé et pillé par des familles influentes faisant partie du cercle restreint qui entoure président Zine el-Abidine Ben Ali. Dans sa rubrique spéciale intitulée "Le jeu des sept familles," le directeur du journal Slim Bagga publie périodiquement des informations détaillées touchant ce sujet explosif, qui préoccupe le public tunisien en général et le passionne comme aucun autre.

Expropriation

Les histoires rapportées dans cette rubrique du journal sont si extravagantes qu'elles sont à peine croyables. Par exemple, cette histoire, racontée dans le moindre détail, d'un propriétaire d'une carrière de marbre qui, après son retour d'un bref voyage à l'étranger, trouve confortablement installé dans son propre bureau un membre du fameux clan Trabelsi qui lui dit qu'il n'a plus rien à avoir avec ce lieu. On rapporte que de telles expropriations, qui se font du jour au lendemain, sont devenues monnaie courante en Tunisie. En tout cas, Slim Bagga possède un stock inépuisable de ces histoires. Selon ses articles, il est pratiquement impossible de porter plainte contre ces appropriations "beylicales", car le pouvoir judiciaire tunisien a totalement perdu son indépendance et il est maintenant au service des puissants clans qui dirigent les affaires du pays.

En réalité, ce sont 60 et non sept familles qui se sont partagé entre elles l'économie du pays, d'après les allégations de Slim Bagga. Au centre de l'édifice se trouve le clan du président Ben Ali, de sa femme Leila Trabelsi et des Chiboub, une famille extrêmement riche à laquelle Ben Ali est lié par le mariage de l'une de ses filles. Selon cette version des choses, les familles Ben Ali, Trabelsi et Chiboub connues sous l'abréviation BTC constituent le coeur de l'empire économique qui entretient des liens avec le reste des puissantes familles du pays.

Messieurs Dix pour cent

Belhassen Trabelsi
Belhassen Trabelsi

D'après Slim Bagga, ces clans familiaux Il leur colle dédaigneusement le titre de "gang de hooligans" ne tiennent pas seulement entre leurs mains les leviers du pouvoir économique en Tunisie, de façon directe ou à travers des intermédiaires. Mais ils sont en train d'amasser des fortunes faramineuses, utilisant les moyens les plus louches, drainant littéralement les richesses du pays. Prenant plusieurs exemples, Bagga explique en détail comment le pillage fonctionne. On rapporte que les membres de ces puissantes familles contractent souvent des prêts bancaires qui se chiffrent par des millions de dinars, mais ne les remboursent jamais. Ainsi des montagnes de dettes douteuses se sont accumulées dans les bilans des plus importantes banques tunisiennes. Ces clans ont aussi la réputation de prendre des commissions sur tous les plus importants investissements étrangers et sur les marchés de l'Etat, ils se procurent des licences d'importation exclusive de produits de consommation, ou importent ces produits de façon illégale. Enfin, on rapporte qu'ils jouent l'intermédiaire dans toutes les procédures administratives en matière d'autorisations et d'agréments et touchent à cet effet des pots-de-vin dont les montants sont loin d'être négligeables.
Selon Bagga, les pratiques du clan Trabelsi sont particulièrement insolentes. Il y a 20 ans, les Trabelsi appartenaient à la classe pauvre, maintenant ils sont l'une des familles les plus riches au pays, avec des participations substantielles dans les domaines du tourisme, de la vente au détail e de l'immobilier. Depuis mars 2002, Belhassan Trabelsi, considéré comme le chef du clan, possède sa propre compagnie aérienne, qui porte le nom de Carthago Airlines. Au mois de juin dernier, la journaliste Sihem Ben Sedrine a évoqué, au cours d'une émission de la chaîne de télé Al-Mustaquilla, une grande opération d'arnaque douanière perpétrée par Moncef Trabelsi, qui avait privé le trésor public de $450,000 de recettes. Dernièrement, son clan était le seul à avoir ouvert un bureau de consultation venant au secours des hommes d'affaires en matière de problèmes douaniers et fiscaux.

Corruption visible à l'oeil nu

Mais y a-t-il des preuves solides et dignes de foi pour corroborer ces accusations? Slim Bagga tient à préciser que la famille du président avait essayé une fois de porter plainte contre lui, mais la plainte a été retirée au dernier moment. Il dit que Ben Ali craignait sans doute que le procès fasse beaucoup de publicité autour de sa famille. Mais le fait le plus important, soutient-il, est que ces crimes sont si flagrants que les accusés auraient toutes les difficultés du monde à prouver leur innocence.

Moncef Marzouki, ex-président de la Ligue Tunisienne des droits de l'Homme, qui vit à Paris depuis fin novembre 2001, soutient les déclarations de Bagga. Le pillage du pays par les puissantes familles, dit-il, a atteint des proportions ahurissantes. "C'est un pillage à grande échelle, visible à l'oeil nu," déclare Marzouki. Il dit que ceux qui en sont responsables ne se soucient même plus de cacher leurs magouilles. C'est la raison pour laquelle, affirme-t-il, que le peuple tunisien rejette Ben Ali et son régime.

Pourtant, Marzouki admet que dans plusieurs cas les preuves de ces activités criminelles ne seraient pas suffisantes pour être recevables par un juge. Cela est en partie dans la nature des choses, dit-il, car les pratiques de corruption ne laissent généralement aucune trace matérielle. Mais ceci est aussi en partie dû au fait que la Tunisie manque de transparence politique et économique. Marzouki cite l'exemple du "Compte 26-26," dont la raison d'être théorique est de financer les projets sociaux et les oeuvres de charité. Ce compte est, cependant, sous le contrôle direct du président et ne fait l'objet d'aucun audit parlementaire. Pour démontrer l'étendue de la corruption et du népotisme en Tunisie, explique Marzouki, il avait appelé, il y a quelques années, à la création au d'une commission d'enquête parlementaire. Mais les autorités n'ont jamais autorisé une telle chose. Pourtant, Marzouki et Bagga ont tous les deux convaincus que les documents et les témoignages déjà disponibles sont suffisants pour servir de preuves contre les activités illégales des puissants clans familiaux.

La pointe de l'iceberg?

Que pensent les Tunisiens vivant en Suisse de ces accusations? Aucun n'est prêt à prendre une position sous son nom propre; le sujet est, tout simplement très sensible, disent-ils. Un spécialiste de sciences politiques dit que le journal "L'Audace" est connu pour son style agressif et exagère peut-être un peu. Mais, ajoute-t-il, selon lui ses articles sont basés, pour la plupart, sur des fait réels. En plus, poursuit-il, aucun ne peut savoir à l'heure actuelle si les cas cités par le journal ne représentent, en fin de compte, que la pointe de l'iceberg. Les entreprises tunisiennes sont d'accord, dit-il, qu'aujourd'hui sur le fait qu'aucun projet ne pu être réalisé sans le concours de ces clans - ce qui ne pu être que catastrophique pour la moralité publique. Un économiste tunisien admet que "Rien ne peut se faire sans ces familles." Mais il dit que de telles pratiques sont monnaie courante partout dans le monde arabe.

Transparency International, une organisation non-gouvernementale basée à Berlin qui s'occupe de toutes les formes de corruption à travers le monde, indique qu'elle n'a pas de bureau en Tunisie. Raison: pratiquement aucune activité indépendante du gouvernement n'est possible. Ceci cadre parfaitement avec l'image que donne aujourd'hui la Tunisie de Ben Ali.

Juge révoqué

Il y a quelques mois, Mokhtar Yahyaoui, un juge de Tunis, avait écrit une lettre ouverte au président Ben Ali, lui déclarant qu'il était dans l'impossibilité d'accomplir sa tâche parce que le pouvoir judiciaire était contrôlé par le pouvoir exécutif. Le magistrat avait exigé l'indépendance de la justice, garantie par la constitution tunisienne. A cause de cette lettre, Yahyaoui a été révoqué. Selon Amnesty International, depuis sa révocation, ses droits fondamentaux ont subi des restrictions. Début avril, les autorités tunisiennes l'ont bloqué à l'aéroport et l'ont empêché d'embarquer pour Genève, où il avait programmé une rencontre avec le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme.

Dans son rapport annuel, le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) - organisation non reconnue par le gouvernement - exige l'application effective de la séparation des pouvoirs en Tunisie. Durant en cérémonie de présentation du rapport annuel, un porte-parole du CNLT a déclaré que les actes des tribunaux contiennent des instructions du gouvernement relatives au verdict suggéré et que les juges sont obligés de prononcer des jugements dictés par le pouvoir exécutif.

Blasphème

Dans un article publié novembre dernier par Le Monde, Kamel al-Taief, un ancien conseiller du président Ben Ali, a déclaré que la Tunisie était gouverné par une "mafia" constituée de personnes appartenant au cercle familial du président. A cause de cette déclaration, al-Taief a été condamné à une année de prison ferme, officiellement pour "blasphème" et insulte à l'égard d'un membre du gouvernement. Cette condamnation a été accueillie avec consternation et incrédulité. Al-Taief vient lu même d'une famille riche qui, d'après ce qu'on rapporte, prospérait depuis des décennies grâce à la manne des marchés publics.

Traduit de l'anglais par
Omar Khayyâm
www.zzn.ch

Lundi 13 mai 2002.

Du tennis

J'aime le tennis. D'ailleurs, je ne saurai pas où donner de la tête en juin prochain: à Roland Garros ou au Japon?

Les vrais amoureux du tennis se souviennent sans doute du grand Björn Borg. Son jeu n'était pas très spectaculaire mais, du fond du court, il faisait ce qu'il voulait de son adversaire, lui lançant des balles dont il savait la direction du retour. Il paraissait défendre mais, en réalité, il dirigeait le jeu de son adversaire, à sa guise, l'occupant par des balles assez semblables pour, à la fin, mieux en finir avec lui. Les volleyeurs sont un autre genre tout à fait différent, tel Pete Sampras : il ne laisse jamais un échange s'éterniser et est tellement sûr de lui qu'il n'hésite pas à attaquer en montant au filet.

Notre opposition me donne l'impression de n'être ni l'un ni l'autre : elle est de cette race de joueurs voués à être vaincus. Il n'est pas nécessaire d'avoir un gros Q.I. pour s'apercevoir qu'elle est en train de se laisser mener par le bout du nez. Il ne s'agit pas de comparer zaba à Borg mais ce que le "système zaba" est en train de faire y ressemble étrangement : à chaque fois, il envoie à notre respectable opposition un os à mâchouiller pour l'occuper tout en préparant la sauce à laquelle il va la manger. Ben Brik fait une grève de la faim, tout le monde se met à réclamer qu'on lui rende son passeport, mettant en veilleuse des "réclamations" (l'amnistie, par exemple, et non pas celle des PV) plus importantes. Moaada est en prison, idem : sortez Moaada de prison (les autres peuvent bien attendre: ils y sont habitués, à la prison). Idem pour Sihem, Mehdi Zougah, Haroun Mbarak, Najib Hosni ... autant d'os (ou de balles) qui reviennent toujours d'une façon "téléphonée", c'est-à-dire plus que prévisible (avec toutes mes excuses à notre charmante Sihem et les autres qui n'ont aucune raison de se sentir visés, bien au contraire!)

Le référendum n'est qu'un autre petit os qui sert à amuser la galerie et à "amortir" les "attaques" de l'opposition. Tout le monde sait que le référendum aura lieu, que son résultat, falsifié ou pas (il ne le sera pas car le bon petit peuple votera "oui", tellement est enracinée en lui la peur du gendarme et la certitude que tout ce qu'il fait est connu par les services de renseignement) est connu d'avance, qu'il n'y aura pas de boycott (pour les mêmes raisons) Que fait l'"opposition"? Exactement ce que "la bande à zaba" attend: elle "calcule", essaie de marquer des points, fait des réunions, bénit qui elle veut, discrédite qui elle veut,... pour les beaux yeux de qui? De la démocratie? De la liberté? D'un projet réformateur, réunificateur, "rassembleur"? J'en doute. Fortement.

Regardez Yasser Arafat, vous y verrez une image de notre "opposition" qui est prête à toutes les infamies pourvu qu'elle soit assurée d'une part du gâteau que zaba et consort sont en train de préparer. Non, je ne suis au courant de rien mais c'est comme qui dirait une prémonition.

Je sais qu'il existe des gens comme Sihem, Marzouki, Hosni, Yahyaoui qui sortent du lot et je suis sûr que "ما يبقى في الواد كان حجرو". Mais cessons de nous leurrer, appelons un chat un chat, cessons de ménager ceux dont on croit avoir besoin : l'essentiel est de bâtir sur des bases solides et saines. Ca prendra plus de temps mais au moins il n'y aura pas de regrets, pas de mauvaises surprises. Il ne faut pas craindre de ne plus écouter les spécialistes en "retournement de veste" : ils sont les bienvenus dans la lutte contre la dictature mais ils devront oublier de penser à autre chose ... (si je me fais bien comprendre)

Il s'agit de savoir ce qu'on veut et où on va : c'est seulement alors que la partie a des chances d'être gagnée, qu'on opte pour la technique de Sampras (mais cela veut dire avoir la force et la rapidité avec soi) ou pour celle de Borg (avec tout son corollaire de souffle, de patience et d'intelligence)

Decepticus

Lundi 13 mai 2002.
Syndicalisme

SYNDICAT TUNISIEN DES MEDECINS LIBERAUX
16, Rue de Touraine - 1082 Le Belvédère
Tél & Fax : 71 79 24 73

Tunis, le 26 Avril 2002

Circulaire N0 1/V1I./avril 2002

Chers ami(es),

En début du mandat le nouveau Bureau Exécutif issu du VII Congrès, vous fait parvenir première circulaire.
Notre VII Congrès a tenu ses assises les 2 et 3 mars 2002 en présence de 126 Congressistes sur un nombre total de 168 (taux de participation 80 %) et sous la présidence du Dr Farouk CHARFI aidé par deux vice présidents les docteurs Chebil BEN DHIA et Farhat GUETAT. Les travaux se sont déroulés d'une façon démocratique avec des débats passionnants, passionnés, houleux parfois mais surtout positifs et responsables.
Sept dossiers ont été traités et discutés en commissions puis amendés en séance plénière.
1/ L'exercice médical libéral et les difficultés qu'il rencontre
2/ La dynamisation qui permet aux médecins quelques avantages professionnels, sociaux, économiques et de plaisir.
3/ Les affaires syndicales qui tentent d'encadrer les médecins et de ne pas les laisser seuls face aux difficultés quotidiennes et face à l'administration.
4/ La formation médicale continue centrale ou régionale qui mettra le médecin à la page concernant les nouvelles techniques; et les récentes données scientifiques pour lui permettre d'assurer à ses patients une médecine de qualité et de le préserver des fautes médicales.
5/ La fiscalité avec la préparation d'un guide fiscal actualisé qui sera distribué à tous les médecins libéraux.
6/ Soutien aux peuples Palestinien et Irakien avec une série de mesures pour les aider (aides matérielles et motion adressée aux médias à l'Ambassade de Palestine, de l'Iraq, des U.S.A, aux Ministères des Affaires Etrangères)
Concernant cette question, Dr Mohamed Rabeh CHAIBI en tant que Secrétaire Général du STML et Dr Mokhtar BEN ISMAIL en tant que vice Président de l'Union Arabe des Syndicats des Médecins ont accordé le 24/4/2002 une interview à la télévision Irakienne. Ils ont affirmé le soutien du STML au peuple Palestinien et Irakien et sa disposition à sensibiliser les organisations sanitaires internationales à leurs causes.
7/ La réforme de l'Assurance maladie qui a retenu l'attention de tous les congressistes.

Le VII Congrès a réaffirmé son attachement aux principes du Conseil Ministériel du 16 février 1996 et sa volonté de faire réussir ce projet de réforme ambitieux et courageux pour le bien de toutes les parties et surtout du malade en considérant que la vocation originelle de ce Projet est de faciliter l'accès aux soins privés à tous les Tunisiens en améliorant le niveau de remboursement des prestations.
Le STML en est sorti avec une vision claire, basée sur une analyse réaliste globale et crédible en préparant un projet réalisable dénué de tout risque inutile qui tient compte de l'intérêt général du pays et de l'intérêt de toutes les parties concernées.
Le VIIème Congrès a refusé la capitation en attirant l'attention sur les dangers qu'elle pourra représenter.
• sur tout le système de santé et la qualité de soins
• sur les malades
• sur les prestataires de soins
• sur les caisses elles-mêmes

Le rapport du STML a insisté sur la précarité du contrat qui va lier une méga-caisse à un petit médecin (surtout le généraliste) qui va subir tout seul les contraintes économiques et les exigences administratives. Il se soumet ou on le démet.
Le projet syndical est basé sur le payement à l'acte et le libre choix du malade pour son médecin. Le tiers payant et le ticket modérateur sont acceptés pour les classes démunies. Ils pourront être généralisés à toutes les franges sociales si l'administration s'engage à rembourser les médecins dans un délai ne dépassant pas un mois et ceci dans le but de faciliter l'accès des citoyens à la médecine libérale et donner plus de travail pour les nouveaux médecins.
Pour maîtriser les coûts, il est à envisager des plafonds "mobiles" pour les malades en médecine générale et des plafonds des actes en médecine spécialisée.
Les hospitalisations seront remboursées sur des forfaits par groupes de pathologies en séparant les honoraires des frais d'hospitalisation.

Les rapports des différentes commissions seront rassemblés comme d'habitude dans une brochure syndicale du VII Congrès qui sera distribuée à tous les adhérents du STMIL.

Les mesures de soutien au peuple palestinien sont en cours actuellement et tout adhérent peut contacter le bureau de sa section pour accomplir son devoir.

A la fin des travaux, les congressistes ont élu les 8 membres de la commission de discipline, les 27 membres de la Commission Administrative qui, à leur tour ont élu les 9 membres du Bureau Exécutif dont suit la composition :

FONCTION MEDECIN ADRESSE CABINET
Secrétaire Général Mohamed Rabah CHAIBI 24 Rue bn Khaldoun 4000 Sousse 73 233 437
Trésorier Général Mokhtar BEN ISMAIL 14 Rue Achtart Nord Hilton Tunis 72 464 071
Chg/Rel. avec les Sections du Nord/Spécialité Raouf OUESLATI 8 Rue de Hiver Tunis 71 336 905
Chg/de F.M.C Yassine BEN CHEIKH 35 Rue Jamel Abdennasser Tunis 71 321 839
Chg/de Exercice de la Médecine Mounir BEN SLAMA AV. Bourguiba 8080 Menzel Temime 72 344 052
Chg/Rel. avec les Sections du Centre et du Sud Samir BRAHAM AV. Senghor 4000 Sousse 73 211 055
Chg/des Affaires Syndicales Mohamed DJAIT 38 AV. H. Bourguiba 2000 Le Bardo 71 581 601
Chg/de la Dynamisation Mohamed Moncef MAHFOUDHI Rue de la Mosquée 1140 El Fahs 72 670 343
Chg/de l'information Mohamed FARHAT 7 Rue Khaled ibn Walid 4000 Sousse 73 226 348

Le Point sur la Réforme après le Congrès :

Monsieur le Ministre des Affaires Sociales sortant de son impartialité a tenu de déclarations devant un Forum du RCD le 8/3/2002 et a répondu aux questions des députés au parlement le 13/3/2002 qui se résument ainsi

• La Commission Nationale de l'Assurance maladie a trouvé des compromis avec presque toutes les parties (?!)
• Il y a blocage au niveau des médecins généralistes et spécialistes, que se disputent les malades? et qui refusent tout contrôle (?!)
• Il termine par un petit exemple de capitation dans un petit village(?!) (voir la Presse du 9/3/2002)

Les réactions :

1 - Le Secrétaire Général du STML a fait une mise au point sur le quotidien du 11/3/2002
2 - L'intersyndicale avec le STML, - le Syndicat des Pharmaciens, le Syndicat des Pharmaciens de nuit,- le Syndicat des Pharmaciens Grossistes répartiteurs,- le Syndicat des Dentistes,- le Syndicat des Biologistes et- la Chambre Syndicale des Cliniques se sont réunis et ont adressé une lettre à Monsieur le Premier Ministre pour lui faire part de l'échec et l'enlisement des négociations et lui demander son arbitrage ordonnant conformément à la décision de Monsieur le Président du 19/4/2001 , l'ouverture de négociations profondes et non de consultations alibi.
3 - La réunion de la Commission Nationale de l'Assurance maladie s'est tenue le 25/3/2002 et c'était une bonne occasion pour mettre les points sur les "i". Docteur Mohamed CHAIBI Secrétaire Général et Docteur Zied BEN LAMINE représentaient le STML. Ils ont tiré la sonnette d'alarme sur le danger du projet de l'administration. Les interventions des Secrétaires Généraux et des présidents des Ordres, des professionnels de la santé ont été concordantes. A la fin de la réunion Monsieur le Ministre a tenu à approfondir les débats en ouvrant pour la première fois des contacts entre les parties concernées.
4 - Deux réunions avec l'UGTT ont eu lieu
• le Samedi 30/3/2002 entre le Secrétaire Général du STML et le responsable des caisses à 1'UGTT
• le Mercredi 17/4/2002 entre le Bureau Exécutif et une délégation de I'UGTT

Ces réunions ont permis de mieux connaître la position de chacun et dissiper beaucoup d'incompréhensions entretenues par l'administration et de se mettre d'accord sur plusieurs points surtout pour le bien du malade.

5. Le Secrétaire Général du STML a reçu le 28/3/2002 deux Emissaires de la Communauté Européenne Mr Brunet et Mme Keiko experts en Assurance-Maladie qui sont venus s'enquérir de la position du STML. Par ailleurs ils ont assuré que la Communauté Européenne
• n'imposait rien à la Tunisie et que la relation entre eux et celle d'un partenariat
• admettait que la solution de la réforme ne peut être que Tunisienne en ce qui concerne la prise en charge des malades et la rémunération des médecins
• reconnaît que l'aide qui sera octroyée à la Tunisie dépendrait uniquement du fait que la réforme doit respecter les points suivants:
- le libre choix du malade pour son médecin
- l'indépendance technique et l'intégrité morale du médecin
- l'équilibre financier des caisses
- l'accord de toutes les parties

6. Le Secrétaire Général a accordé une interview le 1/4/2002 au journal Jeune Afrique entrant dans le cadre d'une analyse globale faite par cet hebdomadaire concernant le projet de la réforme de l'assurance-maladie en Tunisie. Cet article analytique paraîtra fin Avril ou début Mai.

Chers amis (es), nous sommes sorties de notre VIIème Congrès plus unis et plus forts avec une vision claire, réaliste et réalisable de la réforme.
Les accélérations de ces derniers jours nous ont réconfortés dans nos positions et nous pensons que nous sommes sur la bonne voie:
• pour défendre une médecine libérale de qualité qui, en complémentarité et en compétitivité intelligente avec celle du public, pourra assurer à nos malades les meilleures prestations...
• pour défendre les intérêts de nos adhérents.

Nous comptons sur votre soutien et votre adhésion au STMIL pour mener à terme nos revendications.

Syndicalement vôtre
Le Bureau Exécutif


T.N.A. - Lundi 13 mai 2002.

فتحي الهويدي

أخيرا عاد فتحي الهويدي إلى المكان الذي دفع ثمنا لمغادرته إصابته بذبحة صدرية كاد يفارق على إثرها الحياة غير مأسوف عليه, ومن الضروري التذكير بالآتي :
1 - لم يشهد الإعلام التونسي فترة أحلك من الفترات التي قضاها هذا المرتزق "الجيعان" على رأسه ففي زمنه صعد نجم نجيب الخطاب"الله يرحمو" وبفضله قام بفرش الاستوديوهات التي صرفت عليها المجموعة الوطنية "حتى العظم" قام بفرشها بالحرير أمام فنانات الليل وأشباه النفافين اللذين تحولوا بقدرة الخطاب إلى نجوم المجتمع وفي عهده كذلك غادر مؤسسة الاذاعة والتلفزة ألمع العناصر الشريفة وفي عهده صعد نجم "الحاج فقوسة" وحتى الرياضة لم تسلم من جهله المدقع بالإعلام فاعتزل الجديون وبقي رازي "المخنان" ومن معه.
2 - الشيء الوحيد الذي يشفع لهذا الهويدي هو مرضه اللهم لا شماتة فعندما تلقى خبر نقله من كتابة الدولة للإعلام قبل أعوام تلقى ذبحة صدرية سرعان ما دفعت أعرافه إلى منحه الإشراف على الإذاعة و التلفزة بنفس امتيازات كاتب الدولة وهو ما حاكاه فيه الجلاد سيئ الذكر عبدالله القلال الذي كاد يموت بعد سماعه بخبر اقالته.
3 - عندما تحول هذا الجاهل الذي يحمل درجة الدكتوراه ودرس بفضلها في معهد تكوين المسعفين في شهادة الباكالوريا المسمى معهد الصحافة, عندما تحول إلى الإذاعة و التلفزة كانت هذه المؤسسة أفضل على الأقل لولا غضب "عرفه" من عدم وصول الصورة إلى إيطاليا ثم عودته وإقالته لعبد الحفيظ الهرقام.
4 - سجلت فترته انهيارا رهيبا لهذه المؤسسة التي باتت عاجزة حتى عن استقطاب العاملين فيها لمشاهدتها بل وأصبحت وكالة تشغيل كل من هب ودب ولا تختلف في شيء عن الحضائر الجهوية التي تستعبد الآلاف من شباب وكهول تونس.
5 - في فترته الأخيرة في هذه المؤسسة شهدت هجرة الكثير من الأسماء التي عرفت بقدر حتى ولو كان ضئيلا من المصداقية والشرف أبرزهم محمد كريشان أفضل مذيعي قناة الجزيرة وفي فترته الأولى في التلفزة غادرت ليلى الشايب إلى ال "BBC" بعد أن قضت فترة صغيرة جدا في القناة المغاربية وفي نفس تلك الفترة أيضا غادر مالك التريكي المذيع الجديد بقناة الجزيرة بعد فترة بسيطة قضاها بهذه المؤسسة وفي زمنه غادر الحبيب الغريبي أفضل مذيعي قناة أبو ظبي وكذلك عبد الدايم الصماري أفضل صحافيي أبو ظبي وكذلك المعلق والصحفي عمار بن عزيز الذي غادر إلى قناة الجزيرة ثم بات من الصحافيين الأوائل اللذين تعاقدت معهم قناة "CNN" الأمريكية وفي نفس فترته تلك غادر كذلك محمد الهادي الحناشي الحائز مؤخرا على جائزة الصحافة العربية في دبي بعد أن عانى التهميش الفظيع في بلاده و الغريب حقا أن نفس هذا الشخص هو الذي أمضى وثائق الاستغناء عن هؤلاء اللذين باتوا الآن محل تنافس كبير بين القنوات المحترفة الحقيقية.
6 - تحول هذا الشخص إلى لبنان في خطة سفير ويحسب له أنه مثل تونس أحسن تمثيل في استقبال الفنانة أمينة شاخت عندما ذهبت للاسترزاق في بيروت ولا نعلم هل استغل تلك الفترة في تعلم أصول مهنة الإعلام التلفزيوني من القنوات اللبنانية أم إنه أخذ دروسا في فن التسيير التلفزيوني من غازي العريضي الوزير اللبناني أم إنه وسع شبكة العلاقات مع صحافيين مأجورين بعد أن تم منح المرتزق اللبناني غازي طعمة جوازا تونسيا.
7 - في وزارته الجديدة سيجد إلى جنبه أفضل منافس له في كل هذه الصفات وهو الذي فشل في القيام بنفس الدور الذي قام به الهويدي في لبنان وذلك عندما كان في الدوحة ثم في السودان, اكتملت الحلقة و عالعالم خلاص.

goujist mercenairegoujist

Lundi 13 mai 2002.

عودة الأوثان إلى بلاد العربان

فيما يشبه سجع الكهان نعود كرة أخرى لنكتب للأصدقاء و الخلان عن واقع ينضح بالذل و الخذلان لما آل إليه امرنا في سائر الأوطان, في تونس شعبنا حيران بين استفتاء على دستور يشرع للطغيان و وعود بالأطنان عن النمو الاقتصادي و انحسار الفقر و الحرمان و ابشروا يا تونسيين فجواز سفركم سيكون له وزن في قادم ألازمان تدخلون به أمريكا بدون تأشيرة و في كل أوان.
فصبر جميل على ما يفتري البهلوان ممنوع عليكم رثاء إخوانكم في فلسطين و لو سرا من دون الإعلان فذلك من المحرمات في شريعة سلم الشجعان حسبكم لا تسيئوا الظن بابي عمار فانه ما سلم المقاومين إلا عندما وفر لهم سجنا حراسه من الأنقليز و الأمريكان و لجماعة بيت لحم سياحة في بلاد الفرنجة عبدة الصلبان يا ليت شعري انه و الله عين الدهاء و الحنكة لا ينتطح في حكمته عنزان.
لكل بلاد من بلاد العربان و ثن يعبد كل يوم في شريط الأنباء مرة في الصباح و في المساء مرتان فبوحي من سيادته سالت الأمطار كالفيضان و ارتوت الأرض و شرب العطشان فالشكر كل الشكر لفخامة الأمير أو الجنرال أو القمندان بفضله زدنا خصوبة بعد ما كنا في عداد الخصيان اسألوا إن شئتم زوجاتنا فان عندهن الدليل و البرهان فلا يفتنكم المرجفون عن جنتكم و لا عن زعمائكم فهم أبرياء مسالمون كالأهلي من الحيوان فعضوا على رقابهم بالنواجذ و الأسنان و ارجموهم بحجارة الصوان و افضحوهم على رؤوس الأشهاد و أشيروا عليهم بكل بنان فهم سبب بلائنا فمتى طردناهم خرج من بلادنا كل محتل جبان طوعا بلا مقاومة و لا نيران يومها يكون يوما للمهرجان تحرق فيه الأوثان و يرعى فيه الذئب جنبا لجنب مع الحملان.

حسونه
السبت 11 ماي 2002.

 

Cinquième anniversaire du décès
du cheikh Mabrouk Zran

Le lundi 5 mai 1997, cheikh Mabrouk Zran nous a quitté. Il était le prisonnier politique le plus âgé de la Tunisie (67 ans). Il est mort à l'hôpital annexé à la prison civile de Tunis. Il a souffert du diabète et de l'hypertension. L'une de ses jambes a été amputée deux mois avant sa mort.
Le cheikh était et restera un symbole de résistance, lui qui a rassemblé les études dans l´université zeitounienne et la rigueur par le militantisme dans les rangs des opprimés, sans fléchissement ou doutes, mais plutôt une résistance farouche. Il n´a cessé de revendiquer le droit à prêcher dans les mosquées sans des permissions préalables de la dictature, ce qui aboutira chaque fois à des batailles rangées entre les agents de ZABA et ses fidèles. Il a connu la plupart des prisons de la Tunisie du temps de Bourguiba et ensuite de son disciple le général.
Cela fait cinq ans de ton départ vers l'absolu et l'infini, vers l'unique et le tout puissant, alors que nous avons besoin de toi dans ces moments les plus difficiles de notre histoire.
Tu nous a quitté mais sans faire de concessions comme tous les grands de ta sorte. Tu nous a quitté malgré toi, toi qui nous a toujours donné d´avantage du souffle et de persévérance. Nous avons besoin de toi plus que jamais. Ils vont détruire nos rêves d'un autre jour meilleur, la constitution va être dénaturée par l'abrogation d'articles en faveur de la république et le remplacement par ceux de la tyrannie. Ne nous laisse pas seuls avec les disciples de Chaytan, ton esprit devra nous soutenir dans notre combat pacifique contre le fascisme du despote de la Tunisie actuelle.
Mon cheikh je n´oublierai jamais la date de ton départ, j'essaierai de la fêter de ma manière jusqu'à ce que jour vienne et on nommera une rue en ta mémoire et à la mémoire des victimes succombées dans la bataille de la liberté et à leur tête le commandant Mansouri.

Mqas

Lundi 6 mai 2002.

Je ne vais pas y arriver

Je ne vous ai pas habitué à ça mais là j'avoue que je ne me berce plus d'illusions quant à l'avenir de ce pays.
Parfois je me sens bien ici mais aujourd'hui, alors la pluie tombe sans arrêt, qu'il y a de l'orage et que le ciel est jaune, probablement chargé de sable, j'ai le mal de mon pays. La France me semble tout à coup accueillante, souriante.
Comment vous expliquer... Je ne supporte plus ces regards inquisiteurs, je ne supporte plus de devoir être méfiante en permanence, et je ne supporte plus de voir la tête de Ben Ali partout, dans les journaux, dans les cafés, dans la rue, dans les vitrines. On aurait pu écrire: "Ne pensez plus, Ben Ali pense pour vous".
L'autre jour, un chauffeur de taxi a commencé à se plaindre de la fatigue, il avait peu dormi, il avait travaillé la nuit, et puis de nouveau le matin, "il faut travailler beaucoup pour vivre". Alors j'en ai profité pour lui demander si la vie était dure ici, s'il avait l'impression que ça empirait et là il m'a répondu: " Nooonnn, la vie n'est pas dure !". L'absence de vie politique va jusque là.

Il y a plus d'une semaine, c'est à une tentative de racket que j'ai assisté. J'étais accoudée à une fenêtre un soir assez tard, un vieil homme a entrepris de demander de l'argent à un algérien qui avait garé sa voiture dans la rue. Bien entendu celui-ci a refusé alors le vieux racketteur a sifflé pour appeler ses acolytes officiant dans la rue voisine et ceux-ci ont accouru avec des bâtons pendant que le vieux allait lui-même s'armer. Ils se sont ensuite mis à trois pour menacer de coups le propriétaire de la voiture. La scène me semblait extrêmement violente comparé à l'enjeu. Finalement l'algérien a déplacé sa voiture plutôt que de payer.

Un tunisien de ma connaissance a encore trouvé le moyen de se comporter en salaud avec moi. Je ne suis pas comme lui alors je ne citerai pas son nom, mais il mériterait des insultes publiques. Encore un pour lequel je ne bats pas.
Les Tunisiens que j'aime sont-ils les exilés ? Les seuls à être conscients de quelque chose sont-ils ceux qui veulent à tout prix partir ?

Aujourd'hui, Tunis me rejette. Et je ne sais pas si je serais assez forte pour résister.

Sophie

Tunis, mardi 7 mai 2002.

DEVOIR DE MEMOIRE
8 mai 1991-8 mai 2002

LE ONZIEME ANNIVERSAIRE
DU MASSACRE TERRIBLE
DU CAMPUS UNIVERSITAIRE

Comme chaque année, nous commémorons l´anniversaire du printemps de l'université tunisienne, fait marquant de l'histoire de l'ère post-Bourguibienne. C'était une fusillade éclatée dans l'enceinte du campus universitaire de Tunis, un massacre perpétré par les agents de la néo-dictature.
Personnellement je ne veux pas reproduire les événements et la description des développements qui ont aboutit à ce massacre (pour les intéressés, je leur donne comme référence TUNISNEWS de l'année dernière ou le livre de l'UGTE : le massacre du 8 mai : le printemps de l'université tunisienne) mais je veux rappeler de nouveau qu'il y a des victimes de cette répression qui ne cesseront jamais de revendiquer leur droit comme la création d'un comité indépendant pour établir la vérité et désigner les responsables de la machine infernale qui a détruit l'organisation la plus représentative des étudiants et au même temps condamné le mouvement estudiantin à s'aliéner à la dictature et de quitter les rangs de la dissidence, sans pour autant que la procédure soit légale ou légitime.
Onze années sont passées depuis ces événements tragiques, un grand nombre d'entre les étudiants arrêtés croupissent encore dans les geôles du caporal, des centaines ont quitté les lieux d'incarcérations, je cite notamment le dernier président de cette organisation Abdellatif El Mekki qui a quitté la prison après avoir purgé dix ans.
Maintenant que la situation sociopolitique est dans l'impasse et la dénaturation du rôle que devrait jouer la constitution avec préméditation est en exécution, on ne peut qu´affirmer que le massacre n'était pas un événement hasardeux, mais plutôt un plan bien préparé et à long terme.
Chose sûre est que nos militants ont riposté par leurs corps et âmes au despote. Ils sont encore incarcérés et ceux qui voient la lumière en quittant les lieux de détentions ne sont pas des demandeurs du pardon, ou des reconnaissants de la gloire du chef du changement, ils sont bel et bien des résistants qui ont passé leur peine infligée par la dictature et sortis têtes hautes.
Quand je me rappelle de Abdelkerim Harouni, ce leader historique je ne peux que me prosterner devant cette figure emblématique. Je me rappelle très bien quand il a déclaré après une longue grève contre une nouvelle loi promulguée par le ministre de l'enseignement supérieur en ce temps là Abdelaziz Ben Dhia, que l'arrêt de la grève est liée à l'abrogation de cette nouvelle loi, sinon à la destitution du ministre. Ce qui est arrivé après, c´était l´abrogation de la nouvelle loi à peine proclamée et au même temps la destitution du ministre.

Mqas

Mercredi 8 mai 2002.
Un article de Moncef Gouja traduit par Omar Khayyâm

Les dépositaires
du "patriotisme"

Par Moncef GOUJA

On croyait le fascisme définitivement éliminé de la scène de l'histoire, depuis la chute de Mussolini et la défaite de Hitler et voilà qu'il resurgit à travers le pseudo referendum visant à assurer la présidence à vie pour Ben Ali. L'on sait, en effet, que certaines "associations indépendantes" qui ont appelé Ben Ali à se présenter aux élections de 2004 sont depuis quelque temps contrôlées par les cellules du parti destourien, mais jusque-là on avait espoir que la gangrène n'avait pas touché les têtes pensantes du pays. Ces associations soi-disant indépendantes gardent un silence assourdissant sur les crimes de Ben Ali.
Mais voilà que des pratiques dignes du 3ème Reich qui excommuniait les partis récalcitrants resurgissent. Ainsi le bureau politique du RCD, dont le siège est à Tunis, a-t-il tracé les lignes de "l'ouverture d'une campagne de diffamation contre les partis et les associations qui ne soutiennent pas a candidature de Ben Ali". Ce néofascisme d'un autre âge confirme, si besoin est, que le bureau politique du RCD n'est qu'un instrument aux mains des familles mafieuses qui n'hésitent pas à recourir aux méthodes les plus arbitraires et les plus répressives contre ceux qui osent contester la ligne imposée par le dictateur de Carthage dont la ligne est définie par les nouveaux clercs du "benalisme".
Cette attitude dénote une mentalité anachronique de tutelle, de censure et d'intolérance, car les dirigeants du CPR, du PDP et du CNLT n'ont fait qu'exercer un droit élémentaire et ont agi selon ce que leur dictait leur conscience.
D'ailleurs, être affilié à un parti légal n'impose nullement une soumission et n'implique pas que l'on perde son indépendance de jugement. Ce sont là les principes de base du travail associatif et notamment de la démarche démocratique.
Ce comportement interventionniste du RCD est scandaleusement irresponsable et c'est un comble pour une organisation politique qui se targue de défendre la Constitution ! Mais avec le RCD, l'absurde est devenu la norme et Kafka lui-même y perdrait ses repères ! La vraie nature de certains de ses dirigeants éclate au grand jour. Ces gens-là foulent au pied les principes les plus élémentaires qui régissent les rapports entre organisations indépendantes, en vue d'assouvir de supposées vengeances personnelles et régler leur compte avec un la conscience vivante du pays, en l'occurrence la société civile tunisienne, qui a eu le courage de leur renvoyer à la face les leçons qu'ils voulaient lui donner en matière de droits de l'homme. Aux préjugés et aux modèles "Ere Nouvelle" du "benalisme" bon chic, bon genre, ainsi qu'au paternalisme suspect en matière de libertés, la société civile tunisienne a répondu par des revendications concrètes et des initiatives appréciables que des gens honnêtes et désintéressés, comme l'écrivain Gilles Perrault, membre de l'association Collectif Tunisie, n'ont pas manqué de relever et de saluer. Les dirigeants tunisiens veulent donc réduire au silence ces hommes libres qui ne partagent pas leurs préjugés et leurs calculs mesquins !
Ces messieurs veulent ainsi devenir les dépositaires du "politiquement correct", un système qui consacre la politique de deux poids, deux mesures et qui vise à réduire au silence ceux qui osent ne pas penser comme eux et qui veulent s'affranchir des partis pris et les diktats des nouveaux "prêtres" du "benalisme". Le RCD ne doit pas monopoliser la vie politique en Tunisie, bien que beaucoup de ses membres appartenaient souvent au défunt PSD de Bourguiba ou même aux Services Spéciaux, n'ont jamais hésité à infiltrer les organisations de masse et même les partis politiques !! Quand le RCD utilise même la terminologie fasciste en parlant de démarche "fractionnelle" du PDP, du CPR et du CNLT, elle suppose qu'il existe un "centralisme démocratique" à la mussolinienne, ce que, ni la loi, ni sa nature de ne l'autorisent à faire. Au nom de ce "centralisme", elle se permet d'excommunier les Femmes Démocrates, les avocats et les membres du CPR et du PDP.
Cette décision est un affront à tous les militants des droits de l'homme tunisiens. C'est la preuve tangible que la démocratie pour ces nouveaux zélotes n'est qu'un prétexte.
Qui resterait alors au RCD, en dehors des quelques inconditionnels et les quelques "chargés de mission".

Traduit de la langue de bois par
Omar Khayyâm


 

Agressions du
premier mai 2002

Abdennaceur Lâaouni

Pour voir d'autres photos

Ces photos sont de Abdennaceur Lâaouni, étudiant en Droit et leader syndicaliste étudiant. (Tabassé avec d'autres syndicalistes et militants le 1er mai 2002: La date est très symbolique).
Nasser, Partriote Démocrate (Watad) est né le 29 juin 1970. Il a été partie prenante des luttes estudiantines de ces dix dernières années au campus universitaire.
Sa première arrestation à Bir Ali Ben Khlifa (région de Sfax) a eu lieu alors qu'il n'avait pas 17 ans.
Même si personnifier des luttes est une mauvaise chose, je peux témoigner que Nasser a largement contribué au sursaut du mouvement démocratique tunisien dans les moments les plus difficiles (le milieu des années 1990).
Les AG sur les campus universitaires étaient interdites et les "intellectuels" réduits au silence.
Un jour, l'histoire retiendra que la grève contre le projet du CAPES (novembre 1998) a été le déclenchement d'un mouvement qui a abouti à ce que l'élite relève la tête (la création du CNLT a eu lieu quelques jours plus tard).
La plus grande manifestation estudiantine (de soutien à l'Intifadha) depuis la guerre du golfe a eu lieu le vendredi 13 octobre 2000) et Abdennaceur était un de ses principaux animateurs.
Pour tout ça, je me permets de lui envoyer une : "Tahya Nithalia cher camarade et néanmoins ami" et de lui dédier des vers de poésie qu'il aime :

يا حبايبنا

يا حبايبنا فين وحشتونا
لسه فكرينا ولا نسيتونا ؟
داحنا في الغربة من الهوى دبنا
ونتوا في الغربة جوا في قلوبنا
اوعوا تفتكروا اننا تهنا
مهما فرقونا ولا شردونا
يا حبايبنا

نجم


Lecteur Assidu - Lundi 13 mai 2002.

Dernière invention tunisienne
Le badge du prieur

Le nouveau ministre de l'intérieur, le docteur Hedi Mhenni a invité aujourd'hui les journalistes tunisiens et étrangers à une conférence de presse, au cours de laquelle il a exposé son nouveau plan pour l'organisation des prières dans les mosquées.
Il dit que pour éviter l'anarchie et rationaliser la visite des mosquées, son ministère va délivrer à tous ceux qui en font la demande un badge leur permettant d'accéder à la mosquée la plus proche de leur domicile (le cas échéant, de leur lieu de travail).
Dorénavant chaque Tunisien ou résident musulman sur le sol tunisien qui désire fréquenter une mosquée doit remplir une demande de carte de prieur "بطاقة مصلّي" et la déposer auprès du poste de police ou de la Garde Nationale le plus proche. Le badge portera la photo du prieur, son adresse et le nom de la mosquée choisie.
Selon la nouvelle réglementation, le prieur doit obligatoirement choisir la mosquée la plus proche de son domicile ou de son lieu de travail. Si la mosquée indiquée sur son badge n'organise pas de prière du vendredi, le prieur doit demander une carte " spéciale prière du vendredi ".
A partir du 1 juillet 2002, les imams des mosquées seront tenus de s'assurer que tous les prieurs présents à l'intérieur de la salle de prière sont badgés. Chaque imam sera tenu d'expulser tout prieur non badgé ou dont le badge mentionne le nom d'une autre mosquée. Les badges sont strictement individuels et ne peuvent être ni cédés ni prêtés.
Si le détenteur du badge décide de cesser de prier, il doit restituer le badge au poste de police le plus proche. Sauf autorisation spéciale du gouverneur, chaque prieur aura droit, pour faire ses cinq prières, à la visite d'une mosquée et une seule. Si la mosquée qu'il fréquente ne célèbre pas la prière du vendredi, un deuxième badge "spécial prière du vendredi" lui sera délivré sur demande.
Les touristes musulmans peuvent demander un badge de prieur au poste de police des frontières. Ces badges touristiques de prière seront valables pour toutes les mosquées tunisiennes. Ils doivent être restitués à la police de frontière avant le départ définitif du sol tunisien.
Toutes les mosquées seront dotées de machines de pointage. Chaque prieur sera tenu de pointer à l'entrée et à la sortie de la mosquée, A la fin de chaque mois l'imam devra transmettre les fiches de pointage à la brigade de renseignement "فرقة الإرشاد" dont dépend la mosquée où il dirige les prières. Les étrangers non-résidents seront exempts de l'obligation de pointage.

Omar Khayyâm

Mahdia, Jeudi 9 mai 2002.

Me, myself and I : A dialogue
& Ivan responding Maherbaal

End of part two

Myself : What are your objections to the constitutional reforms?
Me : Without going onto the details, which have been developed at length elsewhere, there is one change to the constitution which caught my attention and that is the following article : Article 28 "Les projets de loi présentés par les membres de la Chambre des députés ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence une réduction des ressources publiques ou une augmentation de charges, ou de dépenses nouvelles" this new law added to an already perverted constitution bear the print of the Brettonwood institutions; the World Bank and its sibling the international monetary fund. In practice, the new law will effectively paralyse the work of the government and kill once and for all the aspirations of the opposition to present alternative policies. To put it simply : it will be unconstitutional to raise taxes or lower them, the World Bank / IMF wants to be on the safe side, it wants to safeguard its interests "against" the aspiration of the people. Budget-deficits are perceived by WB/IMF as a black hole through which "their money" disappears.
Ivan: There are two changes to the constitution that caught my focus, the first one is related to the impunity of the regime to his deeds and achievements or mis-achievements during his reign and the second one is connected to the perversion to enclose the economic policy, budget and monetary policy, into the constitution. The first "reform" shows the naivety and lack of culture of the president who thinks that such a law will protect him from international laws of the International Penal Court or from the will of a successor aiming to show his real intention to change a despotic and moribund regime. The second "reform" is an application of a test case already applied elsewhere in the world which leads to the devastation of the country; see the state of Argentina that applied during the last decade the economic rules of the World Bank and the International Monetary Fund.

Myself : Tunisia is not the only country on earth which has adopted such drastic measures?
Me : That's true, Morocco is the only state, apart from Tunisia, which has adopted the same formula, it introduced this suicidal formula in a period of grave economic troubles much like the one we are witnessing in Tunisia. It was the last concession extracted from the late ruler (Hassan2) of morocco before he left this world. I think Mr Ghannouchi (not the real one!) should carefully analyse the situation in which his Moroccan counterpart has found himself and....resign, if he still have an atom of decency.
Ivan : With Morocco, Tunisia are the only countries who enclose them into their constitution however these drastic measures are applied else where in the world even in the European community where the budget and the monetary policy are coupled within the treaty of Maastrich. In the short-term this ultra-conservative situation will lead to the resignation of the prime minister.

Maherbaal : You must be dreaming!
Me : Yes, you're right, but I still can't believe this is happening to us.
Ivan : You're right, he'll be fired by the president.

Maherbaal : That's our fate as one "Arab intellectual" once said on Al-Jazeera.
Me : I don't believe in that stupid sh**
Ivan: There's no fate, there's only a will and a devotion to the International Institutions.

Maherbaal : Is there any similarities between this crisis and the one in which the Beys of the 19th century found themselves prior to the establishment of the protectorate?
Me : Yes, there are many similarities between the two periods, financial crisis is one, weak governments led by a click of ignorant aristocrats during the first period and an army of brain-washed provincials (with a game of Shkobba still visible on their foreheads) during our own period. The third similarities is of course globalisation. During the period of the Beys (may they burn in hell!) Great Britain ruled the world (almost) and had "interests on 80% of the earth surface, which meant that the sun never sets down on the union-jack (the British flag), GB ruled the seas and oceans (the trade routes) and tried by all means to "penetrate" closed markets". Gunboat diplomacy, opium wars and the boxer revolt were the events which shook the foundation of great civilisations of that period (China, India, Japan, the Ottoman Empire...etc) and humiliated others. In our period the USA has taken upon itself the "burdens" of policing the world according to its own set of moral values, economic interests and geo-political considerations. The USA is not using gun-boat diplomacy, although that's still an option, but is relying on "new and more humane methods" to accomplish the same goals, the Brettonwoods twins are but the most infamous institutions created to protect the interests of the USA and its allies.
Ivan : There are always similarities between what's happening now and what has happened before or else where. We are dealing with slavery, slaves and masters and what has changed is the personality and the methods of the master, but as you know slaves go from one master to an another depending on the wealth of each one of them.

Myself : Are they selling us again?
Me : I don't think the RCD's political and economic charlatans (nor the beys before them)are deliberately and consciously digging the grave in which they will bury their own nation.
Ivan : Yes, they are selling us without our will as they sold themselves before with there will, in order to have access to the power.

Maherbaal : How then would explain the behaviour of the current regime?
Me : Desperation.
Ivan : He's in a negative process.

Maherbaal : That's it?
Me : Of course its more complicated than that but I think desperation is the only word which encapsulate the state of being of the current regime.
Ivan: this regime can't stand by him and needs the complaisance of the international community in counter part he has to accept the rules of the international institutions.

Me, myself and I: A dialogue on Sunday, 28 April 2002 & Ivan responded the next day.

Part three.

Maherbaal: How do you interpret the awarding of Ben-Ali yesterday?
Me: Ben-Ali must be one of the most decorated leader on earth, he is professor emeritus, human rights champion, a pioneer in the work to eradicate poverty and inequality(26-26),at home and abroad...etc.
Ivan: The yesterday Award was a real offend to the Tunisian Human Right Federation, the International Human Right Federation and mainly to the victims of this fascist regime and to their families who are waiting from the international community a real condemnation of this regime and not an award bought by its misinformation services throughout the world as they did before for his title of professor emeritus.
Maherbaal: You must be kidding?
Me: Not at all! If you can act the way Ben-Ali does, totally unchallenged, then you can easily fool the whole world, titles and "trophies" comes then as a bonus.
Ivan: I don't joke with these disgusting things, otherwise how do you explain all these awards? The only way to get them is a world-wide misinformation taken by his propaganda services totally unchallenged by the different oppositions.
Myself: Unchallenged! you're alluding to the opposition again!
Me: Yes, whom else will challenge this leviathan regime, me? you?
Ivan: Yes, to these oppositions.

Maherbaal.: Why don't you give them a break, aren't they doing their best?
Me: Doing their best? They are struggling to produce the most basic thing, like setting up a decent info-centre, organising meeting, mingling with their sympathiser...etc.
Ivan: What a break are you talking about? Do you think that the regime is taking a break in his oppression and cruelty? Do you think that the prisoners are taking a break? This in a non sense, we have to stop with words now it's time for action.

Maherbaal: Aren't you asking too much from these leaders, after all they are human right activists and not opposition leaders as Dr Marzouki said on Al-Jazeera?
Me: I think he meant that he is both a human right activist and an opposition leader.
Ivan: Human right activists, opposition leaders, it's the same thing for me, they have to act otherwise they are useless.

Maherbaal: That's a wishful thinking from your part, he never mentioned, explicitly, that he's both an activist and a opposition leader.
Me : He was under pressure during that debate, and I think he was distracted from concentrating on the real issues because of the presence of that sub-human thing-his opponent in the debate-which in my view represent the stereotype of the eastern man as depicted in orientalist literature. I wonder how Professor Edward Said(author of "Orientalism", a great book by the way!) would have responded to that sub-human thing?
Ivan: If he's not both an activist and an opposition leader then he's nothing for Tunisians, but I don't think so.

Myself: That's not the issue here, let's talk about the rest of the opposition leadership, where are they? What are they doing?
Me: Well, during the past few days some figures of the opposition found the time appropriate to "reflect" on the election results in France (Dr Chokri Hamrouni), the "meaning of life" and a moral guide to righteousness (Dr Ghannouchi) and the "Jewish question" (Sayeed Ferjeni).
Ivan: They are disconnected from Tunisians problems and they are starting a phase of intellectual masturbation that will lead them to their defeat and the defeat of Tunisians and Tunisia by the same time.

Maherbaal : It would be better if you could save your harangues for another week, the time to see what will happen after the 12th of May.
Me: I don't believe in miracles, nothing will happen after that date, unless if the opposition unveil a secret weapon, it's an amusing thought but who knows!
Ivan : Nothing will happen after that date as nothing happened before that date, it's not a matter of dates but a matter of will, or may oppositions leaders have a secret weapon, who knows!!.

Maherbaal : What do you mean by secret weapon?
Me : A strategy for the future which will include, hopefully, answers to our questions, a vision of the future, a socio-economic alternative(a concrete one)to Ben Ali's catastrophic rule...etc.
Ivan : A strategy that in a first time counters the misinformation led by this regime and in a second time, gives a real alternative to this despotic regime.

To be continued.
Me, myself and I: A dialogue on Friday, 3 May 2002 & Ivan responded "them" the same day.

Maherbaal &
Ivan le terrible


Fond sonore : Queen - I want to break free

Que faire?

Quelqu'un a posé, il n'y a pas si longtemps, le problème du "comment" en insistant sur la nécessité de passer aux actes.

Je me demande souvent, moi aussi, comment faire pour sortir le peuple tunisien (qui a l'air de s'y plaire!) de la merde dans laquelle il vit. Qu'est-ce qui m'empêche de lever l'anonymat derrière lequel je me cache et de crier haut et fort ma soif de liberté, ma haine pour ce régime despote, inhumain et... bête comme ça ne devrait pas être permis! Qu'est-ce qui m'empêche d'intégrer un parti d'opposition digne de ce nom et de militer en son sein?

Plein de questions semblables me hantent chaque jour que le Bon Dieu fait. Tu as déjà donné, me répond une voix venant du plus profond de mon être. Mes plaies ne seront jamais cicatrisées. La prison, je connais. Les humiliations n'ont fait que remplir mon coeur de sentiments que je croyais ne jamais connaître : la rancoeur, l'indifférence et la haine. Maintenant, j'essaie de mettre tout ça derrière moi. Je vis bien, presque dans le luxe. J'ai tout ce qu'un chacun rêve d'avoir. La cerise sur le gâteau : je n'ai pas d'amis. Je les ai tous "perdus" après mon arrestation. Je ne m'en plains pas, loin de là! Ca me fait des économies d'argent et de temps qui serait perdu à ne rien faire. En fait, je m'étais bêtement imaginé, lorsqu'ils "came for me" (what're you gonna do when they come for you!) que mes amis allaient tout faire pour m'en sortir, surtout que je n'avais absolument rien à voir avec Ennahdha ; que mes "connaissances' allaient intercéder en ma faveur auprès de "qui de droit" pour leur dire qu'ils s'étaient trompés; qu'il allait y avoir une véritable émeute pour me faire sortir de ce mauvais pas. Il m'a fallu près de trois mois pour redescendre sur terre, pour comprendre qu'il n'arriverait que ce que mes compagnons d'infortune, bien rompus au périlleux exercice de perdre sa liberté pour les autres, me disaient : "n'attends d'autre aide que celle de Dieu".

Que vais-je gagner alors à m'exposer à la vindicte de l'oppresseur ? Je ne suis ni unTBB ni un Marzouki pour que les regards du monde entier se dirigent vers moi si on me fait des misères. Je ne suis pas nanti au point de me permettre le luxe de perdre mon travail qui fait vivre ma famille. Et puis, ce peuple de rampants n'a que ce qu'il mérite. Grand bien lui fasse, si ça lui plaît de vivre dans la servilité! "إنّ الّله لا يغيّر ما بقوم حتّى يغيّروا ما بأنفسهم" Ceux qui sont en prison savaient bien à quoi ils s'exposaient en s'attaquant au despote ; ce n'est pas par mon action qu'ils vont être libérés. Et puis, c'est à cause d'eux si j'ai passé les plus belles années de ma vie derrière les barreaux etc.

Le "wasswass al khannass" qui fait tant rigoler un certain abou lahab est en train de faire du bon boulot dans ma tête! Heureusement qu'une toute petite voix se fraye un chemin dans toute cette cacophonie et me rappelle que tout n'est que vanité : Vanitas… Non, ce n'est pas pour ce peuple que je dois souffrir mais pour des idéaux qui font de moi un être humain et non un animal qui mange, boit, défèque, baise et meurt. Que mes idéaux reposent sur la religion ou sur la pensée de Marx ou Durkheim n'est pas important. Je pense, donc j'essuie la souillure occasionnée à mon pays par une bande d'opportunistes sans foi ni loi. Il est certes important que cette entreprise soit couronnée de succès mais même si tel n'était pas le cas, j'aurais au moins la fierté de m'être comporté en être humain, d'avoir trouvé le sens de ma vie, la raison de mon existence sur terre.

Il faut être lucide. Il n'y a pas mille moyens pour que "ça change". Un "coup" comme celui du 7 novembre, militaire ou de l'intérieur du sérail avec tout ce que celà comporte comme incertitudes, des élections démocratiques et libres mais il est totalement hors de question que zaba offre à l'opposition le couteau (la démocratie) qui servirait à l'égorger. La lutte doit toutefois se poursuivre ; l'arme unique et suprême dont nous disposons est l'information. Il faut informer le peuple. Oui, Il est au courant de tout mais c'est comme faire cesser de fumer un fumeur invétéré qui se rend très bien compte de la nocivité du tabac : le peuple est tout-à-fait conscient de la nocivité de zaba mais il lui faut des gens qui le lui répètent sans cesse. Nous sommes un peuple " guenguen " et nous ne comprenons que par le "ettguenguine " car sinon, on s'habitue rapidement : nous sommes un peuple caméléon qui change de couleur au gré des vents ; pire, nous nous accomodons à toutes les situations. Mais quand on nous rabâche la même histoire à longueur de journée, il y a un espoir que la passivité se change en activisme…peut-être.

Je garde l'espoir, quand-même. C'est ainsi que je perçois ce forum : une occasion unique d'échanger des idées, de rabâcher certains sujets et surtout d'informer, informer jusqu'à plus soif. Proposer des moyens d'en finir avec zaba n'est pas lucide mais nous y contribuons en apportant notre petite pierre à cet édifice, ce qui n'est pas négligeable.

Decepticus

Samedi 4 mai 2002.
Omar Khayyam répond à Decepticus

What a feeling!

Cher Decepticus,

Je suis aussi " decepticus " que toi. Je ne vois pas l'utilité de ce que j'écris. Je suis, pourtant, un Sisyphe heureux. La joie et la raison d'être d'un homme révolté sont de…se révolter. Je n'ai rien appris de mon ancien cheikh, qui nous apprenait les règles de la psalmodie coranique dans une petite mosquée de Mahdia. C'était à l'époque pré-benalienne. Il ne cessait de nous répéter, nous ses élèves, matin et soir, un vers de Lamiet Ibn al Ward : "جانِب السلطان وأحذر بطشه لا تعاند من إذا قال فعل"!! (Eloigne-toi du Sultan et évite sa vindicte, ne contredis jamais celui qui met en exécution ses menaces)

Mon père me répète chaque jour "أخطاك من المشاكل, depuis la mort du calife Othman rien n'a vraiment changé. "

J'ai honte d'avoir choisi l'anonymat. Je n'ai ni les reins solides d'une Radhia Nasraoui, ni le courage d'un Marzouki, ni la persévérance d'un Néjib Hosni, ni l'audace d'une Bensedrine , ni la "grande gueule" d'un Ben Brik.

Nous avons, bien sûr, tous des prétextes solides et irréfragables ! Decepticus ne veut pas laisser sa famille mourir de faim, Khayyâm ne veut pas que ses parents, ses frères et sœurs payent le prix de " sa folie ", ettounsi a peur de finir ses jours parmi les prisonniers anonymes de Borj Erroumi et Lecteur Assidu a peur qu'on les anges-gardiens du 9 avril ne le privent de ses lectures (quelle torture, surtout que la fac du 9 avril est à deux pas!)

Peut-on apprivoiser sa peur ? Peut-on s'habituer à elle comme on s'habitue à un mauvais conjoint ? Quel prix psychologique (et somatique) devrons-nous un jour ou l'autre payer ? Comment Ben Ali nous a-t-il inculqué cette peur ? Par les récits de ceux qui sortent des sous-sols ? Par l'omniprésence de la police ?

Le plus terrible ce n'est pas lorsque "they come", non c'est lorsque tu te mets dans la tête : "Ça y est, ils vont venir cette nuit" et ils ne viennent pas! La paranoïa s'installe subrepticement. Chaque voiture inconnue garée devant chez toi devient suspecte et chaque promenade se transforme en aventure.

La pire "crise" de peur, je l'ai connue pendant le mois d'octobre dernier. Un ami a commis la gaffe de m'envoyer le Monde diplomatique du mois d'octobre 2001 par la voie postale. J'ai reçu un avis émanant de la recette postale de Mahdia Hiboun, me notifiant l'arrivée d'un petit paquet de l'étranger. Lorsque le postier m'a remis l'enveloppe, j'étais interloqué. La grande enveloppe était ouverte et il y avait une autre enveloppe à l'intérieur, celle qui contenait le journal. La deuxième enveloppe était, elle aussi, déchirée. C'est ce qui a déclenché la crise de panique. Si les douaniers avaient ouvert l'enveloppe, pourquoi n'avaient-ils pas saisi le journal interdit ? Etait-ce un piège tendu par la police politique? Voulaient-ils m'attraper en flagrant délit? Envisageaient-ils une descente nocturne?

En rentrant chez moi, j'ai mis toute la littérature interdite (photocopies d'articles, journaux, revues, livres, dossiers etc.) dans un grand sac en plastique. A la tombée de la nuit, je suis monté sur le toit avec mon sac et je l'ai dissimulé au dessous d'un tas de vieux bois. Je n'ai pas soufflé un seul mot à ma famille et j'ai fait semblant d'être normal. Pourtant je tremblais à l'intérieur. Je m'étais en train d'imaginer leur descente brutale, leurs injures, leurs mots orduriers, leurs gifles… J'avais littéralement des sueurs froides dans le dos.
Dès que les aiguilles de l'horloge ont entamé leur inexorable marche vers minuit, mon cœur a commencé à battre la chamade. Le moindre bruit me faisait sursauter. Je ne pouvais ni dormir, ni lire, ni écrire ni même bouger.

J'avais, pourtant, une envie folle de fuir, mais fuir où? J'ai pris le burnous de mon père et je me suis réfugié sur le toit. La mer, qui se trouve à une de centaine de mètres de chez moi, était un peu agitée et le seul bruit perceptible était celui des vagues. J'ai passé toute la nuit à contempler la mer de loin et à attendre les "visiteurs de la nuit".
J'ai passé tout la semaine avec cette idée fixe : Ils vont venir à chaque instant, but they didn't come.
What a feeling!

Omar Khayyâm

Samedi 4 mai 2002.