«كلمة لا ما تجيب بلاء»

• عـــلاش تـــضـــرب فـي الـرّاجــل بالــصـنـدوق؟
• ظـــروف .. شـفّــافـة .. ســـيّــــدي الــــرّئـــيــــس!


ettounsi - Tunis, mercredi 22 mai 2002

Petite chronique
de l'autre côté

Nous sommes assis sur un banc près des fleuristes, derrière l'horloge de la place du 7 novembre, à proximité de la sinistre Dakhilia. Il est bientôt minuit. Tout est calme, paisible et mon ami me dit: "Tu as vu, il y a des moments où on se croirait presque en démocratie".

Sans commentaire

Voilà une semaine exactement que je suis rentrée de Tunis et déjà j'étouffe. Là-bas, je voulais rentrer mais ici, je me sens démunie. Après trois semaines de silence, j'ai téléphoné à Sahbi El Amri dont le harcèlement s'aggrave et touche maintenant la femme et les enfants. Trois voitures le suivent en permanence, son permis de conduire lui a été de nouveau retiré, et sa ligne de mobile est régulièrement coupée. J'en ai fait l'expérience moi-même ce matin, après quinze minutes de conversation, quand la conversation a été brusquement coupée, au moment où j'allais lui expliquer comment effacer toute trace de son passage sur l'ordinateur d'un publinet. Il faut dire que j'ai pris de très bonnes habitudes dans les publinets tunisois! La censure m'a beaucoup pesé, quand bien même un gérant me glissa à l'oreille comment accéder à Yahoo sans remarquer que j'y étais arrivée toute seule. Un peu plus tard, ce sont ses coordonnées qu'il me glissa avec un regard plein d'attente.

D'une certaine manière, Tunis me manque. Les chats, les cireurs de chaussures, les taxis qui font semblant de ne pas comprendre où je veux aller, le leblabi, et les sandwichs tellement forts que même mon ami, pourtant habitué, se lamente à chaque bouchée, comme moi. Je devais compter les stations quand je prenais le métro car il n'y a pas toujours d'écriteau visible à la station. En attendant à Hammam-Lif le train pour Tunis, le panneau indicateur dont la pendule marquait 20h20 afficha tout à coup l'arrivée du train de 20h11 qui était déjà passé, à l'heure d'ailleurs. J'écarquillai les yeux et je ris avec mon compagnon. Je me serais sentie vraiment perdue si j'avais été seule. Je sais que j'avais l'air d'une touriste, et j'ai appris ce que signifie "être étranger". Par chance, il arrivait parfois qu'on me demande l'heure en arabe et que je réponde en tendant mon poignet (je comprenais la question mais ne savais pas répondre). Parfois, au bout de plusieurs tentatives, j'arrivais à arracher des sourires à des visages fatigués et fermés.

Malgré tout les Tunisiens ont un sens de l'humour fantastique, et le juge Mokhtar Yahyaoui en a souvent fait usage avec moi. Je l'ai rencontré à plusieurs reprises, et il aimait jouer de mes habitudes européennes: " Vous savez, ici la politesse veut qu'on dise qu'on n'a pas faim, mais l'hôte doit insister le plus possible, et on est obligé de manger. Je sais bien que vous êtes pressée mais vous allez quand même rester dîner n'est-ce pas? Et prendre le thé? Ne vous inquiétez pas, on va passer à table d'ici deux heures ! ...". Plus il me voyait gênée, plus il insistait, fier de sa facétie.

Aujourd'hui j'en veux à tous les complices actifs du système instauré par Ben Ali, ceux qui, au mépris de la justice la plus élémentaire, celle qui devrait être la plus instinctive, gâchent de façon définitive la vie de milliers d'hommes et de femmes. Je leur en veux d'autant plus qu'ils me gâchent la vie à moi aussi.

Il y a deux jours, au meeting du CRLDHT, j'ai rencontré Khemaies Ksila dont le chagrin m'a paru lourd, si lourd dans son regard. J'ai repensé à ceux qui croupissent en prison, dont le seul crime est d'avoir été ce qu'ils sont et de l'avoir dit, simplement dit. Ceux dont j'aimerais guérir les blessures. Ceux que l'opposition, bien qu'admirable, oublie parfois en se déchirant. Qu'elle se rassemble donc! Que les islamistes mettent de l'eau dans leur vin et se renomment musulman-démocrates! Que chacun cherche en l'autre des ressemblances, elles sont si nombreuses ! D'aucuns me diront que ce sont des mots faciles à dire, et je le reconnais. Pourtant j'essaye chaque jour de les appliquer, de ne pas céder à la haine. J'ai compris que la vengeance ne guérirait jamais mes plaies, que chacun avait le droit de choisir sa voie, et que c'est par hasard que je suis ce que je suis. C'est par un effort que j'oppose la Justice à la violence, et les points communs aux différences. Et c'est avec découragement que je vois le monde partir à la dérive...

Pourtant ils sont là, ceux qui espèrent, résistent, vivent et me rappellent régulièrement mes propres dires. Omeyya Seddik au manque d'organisation chronique, ettounsi à l'humour ravageur, Omar Khayyâm dont l'imagination fait trembler Carthage, l'amertume des uns, les rires des autres, et tous ceux à qui je pense dès je me décourage.

D'autres dictatures ont vécu, puis sont tombées. Celle-ci est déjà en train de s'auto-détruire, et crèvera de sa propre médiocrité.

صـــــــوفــــــــي الـــــوردة
مــراســلـة تونــيــزيــن بــفـرنــسـا
‏الإثنين‏، 09‏ ربيع الأول‏، 1423.


Sophie - Lundi 20 mai 2002.

FIÉVRE
ÉLECTORALE
À TUNIS


Correspondance spéciale de Tunis

© Sophie el Warda

Lorsque le taxi me dépose au milieu de la Place Jeanne d’Arc aux alentours de quatre heures de l’après midi, il me faut quelques minutes pour réaliser ce qui est en train de se passer sous mes propres yeux. Un meeting improvisé se tient dans le petit jardin public devant l’ambassade tchèque. Un orateur juché sur l’un des bancs publics harangue une foule de plus en plus dense de curieux. Comme il fallait s'y attendre, le thème de son discours est le référendum populaire du 26 mai. Il appartient au «front du refus» et il essaye de convaincre son auditoire de voter NON à l’amendement de la Constitution.

Débarquant directement de la paisible ville de Mahdia, jamais je ne me serais attendu à voir Tunis aussi animé et agité par la fièvre constitutionnelle. La scène de la Place Jeanne d’Arc n’est qu’une petite goutte de ce gigantesque océan électoral dans lequel nage notre glorieuse capitale. Le parc du Belvédère m’offre un spectacle grandiose. Presque à chaque coin de notre Hyde Park se tient une réunion spontanée. Des tribuns, juchés sur des tabourets ou des troncs d’arbre interpellent les petits groupes de curieux qui se forment autour d’eux. Les orateurs partisans du OUI sont aussi nombreux que ceux du NON et leurs discours improvisés donnent lieu à des discussions on ne peut plus animées.

Tunis vibre intensément au rythme du carnaval préélectoral. Presque à chaque coin de rue de la capitale, des militants du RCD et de l’opposition distribuent aux passants des manifestes et des contre-manifestes. Dans les grandes stations de bus et de métro des militants des deux camps offrent des T-shirts gratuits portant des slogans anti- ou pro-Ben Ali, selon la tendance politique des ces militants. L’avenue Habib Bourguiba est l’épicentre du tremblement de terre référendaire qui fait bouger toute la ville. Des dizaines de stands aux couleurs des partis de l’opposition et du parti au pouvoir sont alignés le long de cette artère-symbole de Tunis. Les représentants des différents partis utilisent des mégaphones pour se faire entendre au milieu des dizaines de milliers de Tunisois venus prendre leur bain de foule préélectoral.

Une banderole gigantesque surplombe le stand de kaws el karama : BEN ALI 15 ANS BASTA! Le stand du P.C.O.T. - Parti communiste ouvrier tunisien, quant à lui, distribue aux passants un brûlot signé Hamma Hammami portant le titre provocant : BEN ALI OUT! A quelques mètres du stand « rouge », le RCD a dressé une tente mauve dont l’entrée est décorée par une banderole démesurée : BEN ALI POUR L’ETERNITE.

J’entends des cris de manifestants qui viennent de loin, accompagnés de chants et de musique. Je cours pour rejoindre la manifestation qui rassemble des dizaines de milliers de participants. L’avenue de la Liberté est pleine à craquer. Des vagues humaines successives inondent l’avenue fermée à la circulation automobile. La foule scande à l’unisson un slogan improvisé: «لا, لا و ألف لا» ( NON, NON ET MILLE NON). Je vois des dizaines de portraits de Ben Ali en tenue rayée de prisonnier, d’autres montrant un Zine coiffé d’un sombrero mexicain avec l’inscription : ADIOS GENERAL! Des étudiants de la faculté des lettres chantent en espagnol : EL PUEBLO UNIDIO JAMAS SERA VENCIDO (le peuple uni ne sera jamais vaincu). A la tête du cortège une camionnette diffuse des chants révolutionnaires de cheikh Imam et de Marcel Khalifa.

Quelques centaines de mètres plus loin se tient le grand rassemblement du RCD à l’avenue de Carthage. Des milliers de béni-oui-oui répètent OUI OUI à l‘infini. Une voiture de couleur mauve diffuse le grand hit de la campagne pro-benalienne «يا لايمي عالزّين ما نصبرشي». Sept photos géantes de Ben Ali regardent les RCDdistes des quatre coins de l’avenue. Des militants en transe chantent à plein gosier : «بن علي إلى الأبد, بن علي ما كيفو حدّ».

Les deux flots humains qui sillonnent la capitale, comparables à deux fleuves géants qui suivent des cours différents, coulent avec fluidité mais ne se heurtent pas. Les services d’ordre des deux camps, ceux du OUI et ceux du NON, sont impeccables. Pas le moindre débordement. La police se contente d’observer de loin les participants à ce grand carnaval printanier. Un tableau lumineux placé au milieu de l’Avenue Bourguiba indique en permanence les derniers résultats des sondages d’opinion gouvernorat par gouvernorat. Les cafés, les bars, les restaurants et même les hammams sont le théâtre de discussions politiques interminables et passionnées. La radio nationale consacre les deux tiers de ses programmes à des confrontations en direct entre les tenants du OUI et ceux du NON. Chaque soir la télé diffuse une série de sketches électoraux, financée par l’opposition, qui porte le titre : «كلمة لا ما تجيب بلاء». Des millions de téléspectateurs attendent impatiemment un débat en direct qui opposera le président sortant Ben Ali au chef de l’opposition Moncef Marzouki.

A mesure que le jour J approche, la fièvre monte à Tunis et il suffit d’un oui ou d’un non pour que les résultats des sondages penchent dans une direction ou l‘autre. Certains observateurs n’écartent pas un scénario comparable à celui de la dernière élection présidentielle américaine où quelques centaines de voix peuvent déterminer le résultat du scrutin.

D’après les journaux d’aujourd’hui, si la révision de la constitution est refusée par le peuple, le général Ben Ali annoncera son départ dès le 27 mai. Qui sera, dans ce cas, le nouveau locataire de Carthage ? Certainement, c’est le peuple qui en décidera.

عــــــــمـــر الــخــــــيّــــــــام
‏الثلاثاء‏، 10‏ ربيع الاول‏، 1423


Omar Khayyâm - Tunis, mardi 21 mai 2002.


Bureau Libéral Et Démocratique - BLED - Tunisie
Adresse électronique : bledtunisie@yahoo.fr
REF/BLED/SML/ COM01-05/2002
Jeudi 16 mai 2002
Communiqué # 01

Pour une République Libérale
et Démocratique en Tunisie

Le réveil soudain de la société civile tunisienne et des forces vives de l’opposition démocratique a redonné l’espoir au peuple tunisien pour aspirer à un avenir meilleur sous le règne d’une République Libérale et Démocratique où tous les citoyens recouvriraient leur dignité confisquée par le régime dictatorial de Tunis. Pour réaliser le rêve de tous les Tunisiens d’une république moderne dirigée par des gouvernants démocratiquement élus, il devenait impératif de bien coordonner les activités de l’opposition démocratique.

Dans un souci de :

• de rassembler toutes les branches de l’opposition démocratique tunisienne,
• d’éviter l’éparpillement des structures de l’opposition démocratique,
• de définir un projet commun qui répondrait aux revendications du peuple tunisien et qui aiderait à une transition douce et pacifique vers la démocratie,
• de faire échec à tout projet de la dictature tunisienne visant à violer les droits des citoyens de se prononcer librement sur l’avenir de leur pays sans contrainte et sans peur,
• de hisser le niveau du combat pacifique des opposants démocrates contre la dictature à
un rang qui aura l’estime et le soutien populaire.

Il est annoncé la création du Bureau Libéral Et Démocratique (BLED).

Rôle du BLED :

Le BLED se veut une structure d’information et de coordination entre toutes les sensibilités politiques de l’opposition démocratique. Le BLED dépendra directement d’un Conseil Exécutif de l’Opposition (CEO) en Tunisie regroupant le plus large nombre des forces démocratiques de l’opposition représentées par leurs partis respectifs. Le CEO représentera le pivot central de l’opposition démocratique tunisienne à la dictature. Le CEO sera formé d’un nombre maximal de seize (16) membres dont les trois-quarts sont permanents. Les membres restants sont des observateurs qui seront choisis par tirage au sort et selon l’ordre de priorité de dépôt de leur candidature. Le CEO sera opérationnel quand il atteindra un nombre minimal de huit (8) membres. Le CEO sera formé dans un délai de trente (30) jours à partir de la publication de ce communiqué. Le mandat du CEO sera établi dans un prochain communiqué.

Direction du BLED :

La direction du BLED sera assurée par une personne reconnue pour son dévouement à la cause de la promotion de la démocratie en Tunisie et de la lutte contre la dictature, pour son expérience dans la coordination des activités associatives ou tout autre organisme et de préférence ne se sympathisant avec aucun parti de l’opposition tout en s’engageant à demeurer neutre. La candidature à la direction du BLED sera déposée au CEO qui se prononcera dans une quinzaine de journées après sa constitution sur le candidat choisi par vote secret. Le CEO décidera du maintien du BLED en activité ou de sa cessation dès lors que les objectifs fixés par ses membres soient atteints.

A l'expiration du délai de 30 jours et advenait que le Conseil Exécutif de l’Opposition (CEO) ne serait formé comme décrit précédemment, le BLED portera le titre de Branche Libérale Et Démocratique (BLED) et elle sera ouverte à toutes les sensibilités politiques démocratiques tunisiennes qui luttent pacifiquement contre la dictature.

Mohamed Larbi Saïdi
Fondateur du BLED - Tunisie
et Porte-parole provisoire

 

ثلاثة أسباب
لمقاطعة الإستفتاء

لقد قرأت ما خطته أنامل الشيخ العلامة و البحر الفهامة جميل شاكر حيث عدد لنا ثلاثة من الأسباب تجعله كما يزعم يصوت بنعم لترقيع الدستور و تحويره حيث يواتي مقاس سيادته بعد ما يقارب الخمسة عشر سنة من النهب و السلب و تحويل أموال الدولة إلى الحسابات الخاصة خارج تونس و داخلها حيث تكرّش فخامته و لم يعد يجيد الحركة و هو يرتدي دستور 88 فحق له التحوير.
كيف لا و رعاياه من أمثال هذا الصحفي المتخرج من دار الحزب في شارع 9 أفريل لا يرى أبعد من أخمص قدميه و لعله يحتفظ بصورة ملهمه و معلمه الأول في غرفته حتى لا يخفى و لو برهة من الوقت عن ناظريه فيما يشبه الوثنية الجديدة تحاكي و ثنية قريش و سائر أحياء العرب من أهل المدر والوبر على السواء يقول صديقنا إن أول الأسباب التي تدفعه إلى التصويت بنعم هو إحساسه بأنه وسائر التونسيين شاءوا أم أبوا مرتبطون عضويا ببن علي كما ارتباط الجسد الواحد بأعضائه و لم ينورنا بأي عضو يرتبط هو مثلا ببن علي!!!
أنا شخصيا أرتبط ببن علي إرتباط أحدنا بالمغص في بطنه يسارع إلى التخلص منه في أقرب مرحاض مما يدفعني لا أن أصوت بلا بل أن أقاطع مثل هكذا استفتاء أنا الذي لم يحصل في حياته على بطاقة ناخب قط اللهم إلا يوم ذهبت لأصوت نيابة عن أخ لي ذات يوم من القرن المنصرم.
يقول صاحبنا الولهان انه حتى لو كان معارضا فانه سيصوت بنعم انتصارا منه للجمهورية و إصلاحاتها الموعودة بقطع النظر عن أفكاره و أنا أحاول أن أكون مثله دستوريا أول ما يخطر على بالي هو كيفية الحصول على رخصة سيارة أجرة مثلا أو مقهى أو قاعة أفراح مقابل خدماتي للحزب و الدولة في رصد المعارضين و المارقين عن حزب الدستور و أعداء النظام من الضلاميين والمستنيرين على حد سواء و لا يضيرني أن أصوت بنعم في هذا الاستفتاء و أن أساهم في ملأ الصناديق الخشبية بآلاف الأوراق ذات الثلاث حروف السحرية النون و العين و الميم.
و يتمادى منظر العهد الجديد في إجتراح الأسباب الوجيهة ليبرر تصويته بنعم من حيث المبدأ القائل برد ما هو أخلاقي إلى ما هو سياسي أو ترشيد السياسة بالأخلاق لان صانع العهد الجديد و لا احد غيره قرر بشكل مفاجئ تغيير المعايير و القواعد في التعامل مع المواطن المغلوب على أمره حيث اختار أن يكون و أعوانه أكثر لطفا و أدبا في قهرهم للقطيع و سياسته للرعية بغير ذات الشوكة و بما تيسر من لين و نعومة ما لا يتقنه لا هو و لا أتباعه فالطبع يغلب التطبع اللهم إلا إذا رأى الأمريكان أولياء النعم غير ما نرى على نحو ما فعلوا مع سلطة الحكم الذاتي المحدود و كرنفال الإصلاحات المزعوم من يدري لعل و عسى و ربما.
أنا شخصيا و انطلاقا من موقف أخلاقي صرف لن أتجرأ على التصويت أو المشاركة أصلا في التصويت لأني لا أريد أن أكون طرفا في ذبح الشعب و تأبيد الاستعباد و لو بشق تمرة أو ورقة تافهة من نبات الحلفاء كتب عليها نعم فلن أرضى لا أنا و لا الشرفاء من أبناء شعبي بخفر الذمم و بيع الضمير و الاسترزاق عبر تصوير المهزلة في حلة الملحمة أو أن أقف ذليلا تحت راية عمياء أما من باع نفسه فلا كرامة له و لن يكسب غير المهانة و الاحتقار كمن سبقه من المنافقين و المجرمين و الأفاقين ممن يعج التاريخ بأمثالهم لاكتهم الألسن و لعنهم اللاعنون مثلهم في ذلك مثل ابارغال او مصطفى خزندار فالوجهان القبيحان يتشابهان.
و ما أبلغ ما قال أبا الطيب في أمثال صاحبنا حين قال: و تراه أصغر ما تراه ناطقا و يكون أكذب ما يكون و يقسم.
لا نعلم من أين يخرج علينا هؤلاء القوم في كل يوم ينبري أحدهم ليسب و يشتم و ينال من أناس يمنعون حتى من الرد دفاعا منهم على الغلط.
ألا شاهت الوجوه, وجوه الانتهازيين و المتسلقين من حزب الدستور و من خان و من غدر و من باع و من إرتد من وسط الطريق و من ضعف و جبن و مــــــا أكــــــثـــــرهـــــــم...

حـــســــونـــه
‏الإثنين‏، 20‏ ماي، 2002
‏09‏ ربيع الأول‏، 1423.


 


Me, myself and I : A dialogue
& Ivan responding Maherbaal

PART 3 - Post 12th may deception

Part three

Maherbaal: So how do you feel, dear myself after the 12th of may? that fateful day seems to have passed without much trouble for Ben-Ali?
Myself: They came, they saw, and they buried their heads in the sand (instead of Veni-Vidi-Vici).
Ivan: Very confident, because I never thought that this kind of meetings can change the events of history, mainly when they held by Tunisians.

Maherbaal: What do you mean?
Myself: They gathered, they gave speeches, they applauded each other and then decided to proceed with the least risky strategy, the thing they know best, do nothing.
Ivan: As I said before, the meeting of the 12th may is an announced deception and its very naïf to think that they are going to propose something concrete to do against the regime.

Me: What do you mean by "do nothing"? they must have come to a certain conclusion? a final communiqué of a sort?
Myself: As for the communiqué I think you should wait until next week or so. These people don't feel the need to inform the "hordes" about the results of their so-called conference. those who needs to be informed were present at the meeting, so what's the fuss about communiqués!
Ivan: How can you talk about a final communiqué while you're dealing with an opposition of saloons which the only problem is to communicate with themselves and between themselves.

Maherbaal: That's fine, but did they agreed on any strategy for the future?
Myself: Yes, they did. The three thousands or so participants and sympathisers of the political left decided, unanimously, that the referendum on the constitution is unlawful and that some of the changes to the text (§39, §41...etc) are "Questionable".
Ivan: They agreed on what was agreed before them by every freethinking Tunisian that the change on the constitution is unconstitutional at the benefit of a dictatorship.

Maherbaal: they were not 3000 participants but 300.
Myself: I included their wives, husbands, children, chauffeurs, friends and relatives, and even their pets (dogs, cats..).
Ivan: May be, I wasn't invited to their party.

Maherbaal: Does the opposition amounts to this?
Me: No, of course not, there is the real opposition, the one which kept pace with the evolution of society and is making some efforts (not enough!) to create a united front against the regime, and the opposition described above, which is the total of what we can call the "one-issue" parties; human rights activists, feminists (with all respect), syndicalists, revolutionaries and even a few divas!
I call them "the gang of the three hundreds" the g.o.t.t.h.!
Ivan: No, of course not and it's very sad because this leftist bourgeoisie is the only alternative acceptable to the west while she hasn't any foundation among the Tunisian population, I call them "the Guests of the totalitarianism heir" the g.o.t.t.h.

Maherbaal: So the g.o.t.t.h have no chance in making a difference in the battles to come?
Me: With their divisive political outlook revealed or "unveiled" they could only be but the cigarette which will cure cancer!
Its a very painful reality, at least to me personally.
Ivan: Not only they have no chance in making a difference in the battles to come but also they have no will to leave their saloons and go to the battlefield of democracy, the real one without any pre-selection. It was very painful to the Me of Maherbaal but not for me.

Maherbaal: What's the painful about it?
Me: Well, it may seem strange to some but I've, actually, always felt at home with the left!
Ivan: The sorrow becomes tougher when illusions follow illusions, this is very tough.

Maherbaal: And!
Me: And now they've decided to put an end to the ,much hoped for, united front against the regime of the RCD.
Myself: The ghosts of Ennahda are still haunting them, and even the hypothetical assumption that one day they will have to sit down and negotiate with those bearded men "disguised" in an "eastern dress" is still unacceptable.
Ivan: By adopting a such position, the Tunisian bourgeoisie opposition used the same discourse used by the regime toward the opposition who paid a strong price the repression of the actual dictator.

Maherbaal: A kind of leftist "Puritanism"?
Me: Obviously, yes.
Ivan: Leftist "snobbism", they snob democracy to avoid a transitory unification with a "religious" party.

Maherbaal: What about the CPR?

مـــــاهــــر بــعـل - ‏الـثلاثـاء‏، 03‏ ربيع الاول‏، 1423
إيــفــان الـرّهـيـب - ‏الأربعاء‏، 04‏ ربيع الاول‏، 1423

Maherbaal, me & I - Mardi 14 mai 2002 -- Ivan le terrible - Mercredi 15 mai 2002.

LE BENALISME EST MORT,
VIVE BEN ALI

Le certificat de décès du benalisme sera signé le 26 mai 2002. C’est le peuple lui-même qui constatera la mort naturelle du Changement. Ce sera la fin de Ben Ali telle que nous le connaissons. Un nouveau Ben Ali, notre Sphinx carthaginois, renaîtra de ses cendres. La métamorphose sera complète, totale, intégrale. L’Ere nouvelle aura sa place dans les poubelles. Adieu le 7 novembre, bienvenu le 26 mai. Si le paradis a une date, ce sera le 26 mai 2002. Si vous ne vous croyez plus aux miracles, attendez ce merveilleux jour de mai pour vous convaincre que «Ben Ali est avec vous». Je prie Dieu matin et soir pour qu’il ne me rappelle pas à lui avant la date fatidique de l’Evénement. Alléluia, Ben Ali est grand !

Dès que je pense à cette date sacrée, une fièvre mystique s’empare de mon corps et de mon esprit. Le jour de la Délivrance est proche, prosternez-vous. Que les Judas, les Antéchrist, les païens se taisent, la jour de la Vérité est proche. Le rêve est plus que possible, il est déjà là. Pas besoin de «I have a dream», puisque «The dream is already there». Alléluia, Ben Ali is Great.

Notre avenir est radieux, nos chemins sont éclairés, notre voie est lactée. Je suis déjà ivre des visions du futur : des caves réaménagées en centre de collecte de sang, les draps des prisonniers deviennent en soie, des «bagas» de police transformées en restos mobiles pour démunis et SDF, les Services Spéciaux métamorphosées en Soins et Secours, des centres d’écoutes réorganisés en centres à l’écoute.

Quelle est belle la Terre Promise! Le jour béni du Seigneur, il fera beau. Les signes du ciel sont déjà là : le chiffre 26 nous renvoie à un autre chiffre magique, emblème de la générosité, de la bonté et de la miséricorde. Les temps de la fertilité sont proches, l’ère de l’abondance n’est pas loin. Laudetur Zinus Benalis

Si le Malin vous tente, pensez que Ben Ali est là. Pensez surtout qu’Il est plus proche de vous que vous ne le croyez. Si votre âme est égarée, Lui seul est capable de la retrouver. Si vous êtes dans l’ignorance, les renseignements sont chez Lui. Si vous avez peur, vous ne retrouvez la sécurité qu’auprès de Lui. Ben Ali vous aime, ne vous éloignez jamais de Lui. Même si vous l’oubliez un jour, Il ne vous oubliera jamais. Car il est toujours avec vous.

Il faut être aveugle pour ne pas voir les agréables surprises que nous réserve l’avenir. Peu importe que vous votez OUI ou NON, le futur est déterminé. On n’échappe pas aussi facilement à son destin. Notre destin est déjà tracé, la liberté nous attend au bout du chemin. L’ordre de notre liberté est déjà signé. Nous sommes condamnés à être libres. Libres pour l’éternité.

L’Eternité, que c’est beau ce mot, ça me donne des frissons!

عــــــــمـــر الــخــــــيّــــــــام

Omar Khayyâm - Mercredi 15 mai 2002


Extrait de "klam ellil" de Taoufiq Jebali
Les élections

أوّل مناسبة تجي، نجبدلو وخلّي فين ترصّي ترصّي.
حاجة كيف هاذي ما نسكتش عليها...
آه ما ثمّاش ... أوّل مناسبة تجي نجبدلو
نقلّو: بجاه الّلي يعز عليك و ما تاخوش في خاطرك منّي... أعفينا من هاذي هدرة الإنتخابات ... ماسطة موش متاعنا ما يخرجش علينا و ما هيش في سبرنا و عوايدنا
إشنية هي تونس؟ ... أربع حيار والنّاس الكل تعرف بعضها ...
حتّى الّلي يغضب و إلّا يعنطز ما عندو وين يمشي...ما إيلو :ان إللّي هو ... موت... عيد... وطيّة ...الصغير يكب على الكبير، هكّة نعرفو احنا من أوّل الدّنيا "هيّا تره بوس عمّك يزّي بلا ركاكة" ...
و لذا أنا أوّل مناسبة تجي نجبدلو.
نقلّو أعفينا من هاذي هدرة الإنتخابات ...
و إلّا أنت عمروش انسان جاء يتشكّى، وإلاّ سأل حد على حاجة اسمها انتخابات و إلأ وينكم أشبيكم لتوة النّهار راح على الإنتخابات و لا هم يحزنون ...
و لذا فاش قام ها البورقة الّلي تحلتلنا؟ و زيد على هذا و دونو اشكون ريت فينا برّاني، تبارك الّله، نحمدو ربّي و نشكروه، بكلنا توانسة، عرب، مسلمين، سنّة بين بعضنا، نركّبو الكيف. :سكسي بالفول راس العام، صحفة عصيدة في المولد، العيد الكبير هذاكة زايد نحكيلك ما هو يا جزّار و يا عمّار اذبحو بالرّاحة. لا الحق حتى الإذاعة موش مقصرة معانا بالكل، كل عام هاذيكة هي الندّابة ... عاد أمّلة فاش قام حملة و لافتات و كراهب تزمّر و تلفزة محلولة و هذاكة يفرش في هذاكة و هذاكة يتشومت في الآخر و زيدني دقيقة توّة نورّيكم فيه، و ما تسمعوش كلامو راهو يكذب و فضايح و حالنا مكشوف قدّام الخاص و العام و اللي يسوى واللي ما يسواش و هوما من أصلهم يسالونا مغيرفة أسمع ياللي ما سمعتش هوكة العرب عمرهم ما يتفاهمو بين بعضهم و النّهار الكل و هوما يتناحرو واحنا موش ناقصين فضايح.
بحيث أنا أوّل مناسبة تجي نجبدلو.
منّي ليه، نقلّو باسم تونس، و مصلحة تونس، و مستقبل تونس، و طقس تونس، و بيبان تونس، و جو تونس و مهرجان البركوس متاع تونس... أعفينا من هاذي الانتخابات.
خلّينا من آش يقولو علينا. هات ناخذوها من النّاحية الاقتصاديّة البحتة، التّبذير والمصروف الزّايد جاك شويّة؟ هاو غيرة باش تلصّق هاك الوريقات و اللافتات في الشّارع والأنهج ... و صنادق و مسامر و كوب و شقلالة ... و زيد هذا موش صنيدق و إلّا اثنين ... هاذي الآلاف المؤلّفة من الصّنادق. احسب أنت إذا كل صندوق ياكلّك كذا مسمار و كذا لوح و كذا دهن ... هاي ولّات حثيلة و هاك المدارس اللي يتحلّو و آش ينظّفهم من هاك الغبابر و القماش الأكحل و شويّة قهاوي فيلتر للجماعة ... آه؟ أمّالة، عيب مخرّج العباد من الفجّاري على ريقهم، بالقليلة قهيوة فيلتر ... موش حسبة ولّات؟ و لواش هذا بكلّو؟ باش يجي واحد تونسي عربي مسلم سنّي يعفّس في خوه المسلم السنّي العربي التونسي.
يا أخي حط سمّي الفرادي من الأول و سيّبو داخ و طاح راح و يا ناس ما كان باس... قعيدة صبحيّة في قهوة ... نقدّمولكم سي فلان ... آشكون باش يقول لا... النّاس بوجوهها... و يا أخي انت لازم اليوم، ماو مرّة عندي و مرّة عندك.
بحيث أنا أوّل مناسبة تجي نجبدلو.
و هات هاك الأربع صوردي نقضيو بيهم مصلحة، نعملو بيهم مشروع... أما خير و إلّا يمشيوفي المسامر المصدّدة و الغيرة الفارغة. يا أخي ابني بيهم حمّام... حاجة تعود بالنّفع على المجموعة ... يا سيدي لواش حمّام، بالك يقلّك بورجوازيّة و صابون و نظافة و كذا. نعملو بيهم ... ما نعرفش أنا، معمل شيش يا رسول الّله ... النذاس باش تتفلق من قلذة الجبّادات و أنت تقلّي انتخابات ... عيب. كيف نوفّرو لأولادنا و فلذات أكبادنا بعض التجهيزات الأساسيّة التّرفيهيّة اللي طال الزّمان أو قصر كذا و شيء و حاجة و إلّا ما نخمّمو كان في كروشنا... أمّالة لواش التكعرير، هاني أنا على الأقل تكلّمت و قمت بواجبي و هاو تشوفو إذا أوّل مناسبة تجي و ما نجبدلوش نقلّو بالحرف الواحد مصلحة تونس أبجل و فك علينا من الانتخابات... آه؟ تخاف لا ربّما يكعرروا الكعرارة؟ هاك اللي ما يعجبهم حتّى شيء؟ يا سيدي خلّيلهم الدّيموقراطيّة و نحّي علينا الانتخابات.
الدّيموقراطيّة كل حد يدبّر راسو أما الانتخابات، هاذي أمور تتكلّف غالي على الدّولة و ربّي يهدي ما خلق و هذا آش يقول ابن آدم.

الــمــتــشــائـــل

Decepticus - Jeudi 16 mai 2002.

La "Réforme" et
les Boeing de l'Aouina

Bonjour à Toutes et à Tous,
Je me réjouis, un temps soi peu, d'être avec vous sur ce forum. J'ai essayé depuis des semaines à enfreindre la "loi" en vigueur ici en Tunisie, c'est à dire à aller au delà de l'hyper censure qui sévit. Cette censure sévit plus que jamais; jamais, je dis bien JAMAIS, sans exagération aucune, nous n'avons eu une telle poigne sur le réseau des réseaux (et bien sûr ailleurs). Je me pose cette question; sommes-nous si idiot de payer , en tant que contribuables, de nos poches, de nos maigres revenus, ces "zélés" du régime pour qu'ils puissent les dépenser, par des techniques raffinés, dans la censure, et nous bâillonner??? M. Ben Ali, juste en y pensant, doit rire rauque, et s'esclaffe en sautant sur les canapés en cuir du palais, en nous méprisant encore plus. Mais sait-il seulement que "يــرحـم والـــديـــه" il est en train de former une super génération de surfeurs et d'anti-censure par la même? L'arroseur arrosé quoi. Ceci dit, voici voilà que, après "certaines" recherches, j'aboutit au forum, censuré (faut-il le précisé).
J'aimerai écrire, écrire et écrire encore. Nous avons, j'ai une soif de liberté et de libre expression, virtuellement garantie par notre constitution. Notre constitution justement. Elle est en train d'être violée, profanée, pour ne pas employer une autre expression. Ce que vous pouvez voir ici à Tunis est du domaine du surnaturel. Des OUI "نـعــم" partout. Des banderoles, au frais du contribuables, partout. Nous vivons dans l'URSS brejnévienne, mais d'une façon bizarre et mesquine. Mais ce qui m'a plu c'est la PASSIVITE des gens, du peuple; personne n'en a rien à foutre de cette réforme... Même les partis politiques "légaux", à part bien sûr, le PUP et derrière l'UDU. Mais c'est seulement le PUP et le RCD qui ont accroché leur affiche de "campagne". Et puis la situation est délicate à Tunis, outre les récents accidents très très louches, il y'a ces 3 avions, apparemment de Tunisair, garé devant la sinistre caserne de l'Aouina, et ce depuis le dernier Aïd esseghir... Ces 3 boeing 737 sont apparemment prêt au décollage 24/24 h. serait-ce un signe? Je suivrais cette affaire, et vous avertirait. En attendant, il fait très beau sur Tunis. L'été s'annonce très chaud...

Samir

Tunis, mercredi 15 mai 2002.

لـــــــيـــــــلـــــــنــــا

موحش ليلنا بدون بدر التمام
مر ماءنا حين يكثر النيام
مضحك حـالنا حين نضيع بين الزحام
أرنب يأكل الخـس في قصر من الرخام
بوم يعشش في دنيا الأنام
ريح تذرو ترابا كرشق السهام
شعر يسأل أين البحتري بل أين أبي تمام
معتوه حرم الحلال و يحلل الحرام
سرداب يؤدي بنا إلى فناء كله ظلام
حبة قمح يكرها النمل ليأكلها بعد سنين من الصيام
صلاة جماعة في بلاد بلا إمام
هذيان يثقل الرأس جدا حين اذهب لأنام

حــسـونـه
‏الثلاثاء‏، 21‏ ماي، 2002

 

UNE IDÉE TRÈS SIMPLE

Est-il maintenant trop tard pour proposer une idée simple mais efficace? Je ne demande aux Tunisiens ni de voter NON ni de mettre des enveloppes vides dans les urnes. Une seule consigne suffit: restez chez vous le jour de la mascarade électorale. Faites vos provisions de pain, lait, légumes etc. le jour J-1.

Je voudrais voir des villes mortes, un Tunis sans Tunisois, une Sfax sans la moindre âme sfaxienne, une Sousse ou ne circulent que les touristes, les flics, et les chats des rues, un Kef casanier, branché à la télé algérienne, une Bizerte évacuée par les Bizertins, Un Gabès ou rien ne bouge sauf les palmiers, une Gafsa qui boude et fait mauvaise mine, un Tataouine désert comme le Sahara, une Jerba qui observe le Sabbat, une Mahdia qui contemple le silence de la mer, un Nabeul où les poteries ne tournent plus, une Kélibia dégustant son muscat et rivée sur les programmes de "Mamma Rai"…

Parfois il ne faut surtout pas bouger pour… faire bouger les choses!

عــــــــمـــر الــخــــــيّــــــــام

Omar Khayyâm - Lundi 20 mai 2002

وأمّا السّـائل فلا تنهر

غابة كلابها ذيابة و نازلين في الناس هـم
و اللّي ينام في الغابة راح يتاكل هـم
و اللّي يدوّر وجهـو في غمضة عين يتهم
و اللّي يغيب عن جحرو لأجل القوت و المم
يتخان من وراء ظهرو أو يتاخد خم
غابة بتاكل ميتة غابة بتشرب دم
غابة كلابها ذيابة نازلين بالناس هم
غابة و ناسها غلابة خيخة لا ناب و لا فم
متكلين عالصدفة متاكلين بالهم
و إحنا يا ملح الغابة هم يحرك هم
ضايعين وسط ذيابة مش فاضيين نهتم
فاهمين و بنتغابا مش راضيين نـتلم.
شعر: أحــمــد فــؤاد نـــجـــم
غنـاء: الشّـيـخ إمــام عـيسى

Studio TUNeZINE

توّه باهي اللّي قاعدين تعملوا فيه للرّئـيس متاعكم؟ النـّاس الكلّ مطفـّيينوا و باعـثـينو يشيّط وهو حارق أعصابو ما يرقدش اللّـيل و داز عليها ويسكي و حرابش و جونتات ثمّـاش ما يقـول فيه واحد منكم كليمة باهية ويشكرو على الخدمات الجليلة اللّـي قاعد يقدّم فيها للوطن من جيبو, ياخـي هو المياة ألف واش بوليس عاملهم لشكون؟ تي ماهو ليكم باش يسهروا على راحتكم و يتلهاو بيكم 24 ساعة على 24, والزّوز ملاين واشي دستوري ياخـي باش يهزّهم معاه للجبّانة؟ تي ماهو باش يخلّـيهملكم, بعد ما يهزّ ربّـي متاعو علينا, تتصرّفوا فيهم كيما تحـبّـوا و تشتهاو, والإستفتاء ياخي يزمّـر بيه هو تي ماهو عاملو ليكم باش يسنّـسكم بالسّـلوك الحضاري نهار اللّي لا قدّر الله بلادنا تولّـي فيها الدّيموقراطيّة عافانا و عافاكم الله, توّه بجاه ربّـي مش عيب عليه راجل قاري البرّة كيف القاضي المختار اليحياوي يصرّح بكلام كيف هذا عالشّـانطي الدّستوري متاع زعبع:"و يخرج المتأمل في المشروع بانطباع أوّلي بالسّـخافة و خيبة الأمل فهو نص خشبي موغل في التناقض مع حقيقة المضامين التي يدعي أنه يكرّسها بما يدفع أي حقوقي يحترم نزاهته العلمية إلى الترفع حتى عن مجرد الجدل الجدّي في شأنه." تشنوّة توّه نكركروا فيها على بعضنا؟ أربعطاش عام و بوخشم عاقدها ما عجبكمش توّه كيف ولّـى كراكوز تحبّـوا تضيّـقوهالو وتلعبوها جدّيين؟ عيب و الله عيب ياخي تحبّوا تحرمونا مالضّـحك ولا شنوّة؟ تي راهو الإستفتاء عبارة على سيرك بلّـوشي وفيه كلّ شيء حتّـى مالألعاب السّـحريّة تحطّ ورقة كحلاء في الصّندوق و مع الثمانية في الدّاخليّـة تلقاها بقدرة قادر بيضاء كالرّايب.
عيب و الله عيب عليكم يا جماعة ياخي نسيتوا اللّي زعبع يتيم مسكين شبيكم تحبّوا تقهروه؟ علاه مش ربّي قاللكم :"وأمّا اليتيم فلا تقهر"عيب عليكم تعملوا هكّه في ولد الهجّـالة سابقا واللّي زاد تهرد في خوه بالكرتوش هاك العام تالرّاجل السّلالة متاعو قريب تنقرض مالمحافل الدّوليّـة و أنتوما عاملين رواحمكم لا في علمكم ولا في دراكم؟؟؟ آش كان عليه كيف تجاوبوا على سؤال يحشم حتّى غشّـير صغيّـر باش يخوض فيه:"هـل تـوافـق عـلى مشروع القانون الدستوري المتعـلق بتـنـقيح بعض أحكام من الدستور الذي وافق عليه مجلس النواب في جلسة يوم الثلاثاء 02 أفريل 2002 والذي تم نشره بالرائد الرسمي للجمهورية التونسية" تي ماهو خوذوا بخاطرو بالرّغم اللّي إنتوما عمركم ما قريتوا الرائد الرسمي للجمهورية التونسية و إلا حطيتوه نهار بين يديكم كيف تسعة وتسعين بالميا مالتّـوانسة, حرام عليكم تحرموا واحد بوجادي و بهيليل كيف رئيسنا من مجرّد كلمة نعـم أو حتّـى كلمة لا راهو عهدي بيكم مسلمين وتمّـنوا بكلام ربّي وقت اللّي قاللكم:"وأمّا السّـائل فلا تنهر".
عيب و الله عيب يا جماعة الرّاجل خرّجتوه من عقلو و ولّـى شاكك في الوزراء و الجيش متاعو يستخايلهم ولاو رجال و ناويين يقفزولوا بالبليصة بالرّجوليّة عندو الحقّ آنا كان جيت في بقعتو نعمل كيفو و أكثر بعد اللّي واحد شلاكة موسّخ كيف محمّد علي القنزوعي مخلّي خدمتو و لاهيلي يبيّـض في معبد اليهود متاع جربة و جماعة الإنتماء تستنّـى فيه في الكاف متاع الدّاخليّـة ثلاثة أيّـام ثمّـاش ما يحنّ عليهم و يعذّبهم شويّـة, خلّـي عاد مالجربوع الآخر صلاح الدّين معاوي مسيّب الصحافيّين على هواهم يخرّجوا في تقرير أخطر مالكتاب الأسود متاع روبار مينار و ماشي يتلهمق في جائزة متاع حقوق الإنسان من عند جماعة المافية, بجاه ربّي شكون ينجّـم يلوم توّه الرّئيس بعد ما حطّ السكر في الكيروزين و هردنا في هيلوكبتر جديدة مالباكو باللّي فيها من جنود و ذخيرة و ماء معدني مازال مكشطي من قرطاسو.
علاه آش عملناكم تغشّشوا فيه و تعيّـشوا فيه على أعصابو في فترة إمتحانات و أنتوما تعرفو اللّي زعبع جاهل و قرايتو على قدّها بالرّغم اللّي هو موش مقصّـر ومواظب عالدّروس متاع محو الأميّـة اللّي يصبّلو فيهم بالقمع الأستاذ بلحسن الطرابلسي و الدكتورة أختو كلّ يوم, آش كان عليه تزيدو تصبر عليه دورتين أخريين ثمّـاش ما يجيبو ربّي في الصّـواب و يقلّـع شهادة ختم الدّروس الإبتدائيّـة بذراعو و نفرحولوا النّـاس الكلّ.

"فاهمين و بنتغابا مش راضيين نـتـلم"
التّـونـسـي مـتـاع التّـونـيـزيـن
الـــجـمـعـة 17 مــــــاي 2002


Fond sonre - Queen : We are the champions.