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 Proxy
n°11 Pulp fiction
- Qu'est-ce que les géniteurs de ZABA ont dit après avoir vu leur
bébé pour la première fois ? - La prochaine fois on fera mieux car on
ne pourra jamais faire pire.
Salle Karthago - Palais de Courtage - Lundi
27 mai 2002
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Hwidi l'air anxieux s'adresse à son tuteur "Trop c'est
trop, monsieur le président à vie cette fois ils nous ont eu ces traîtres
de l'opposition via leurs parrains occidentaux! J'ai dénombré pas moins de
500 articles de presse et dépêches d'agences qui ironisent de notre score
au référendum, je pense qu'on est allé trop loin cette fois ci !" ZABA
affiche son air pince-sans-rire habituel "Qu'ils aillent au diable 99.61%
n'est pas loin du pourcentage de mon ami Chirac pourtant eux votaient
contre la xénophobie et nous pour la tolérance et les droits de l'homme !
Ça explique tout non ?" GUNSoui n'arrivant pas à retenir sa nausée
s'adresse fougueusement à ZABA sans peser son verbe grossier coutumier
"Bordel de merde, tu vas arrêter ton cirque ou non ? Droit de l'homme mon
cul, tu voulais ton immunité de merde et tu l'as eue et c'est moi qui ai
payé la rançon, maintenant il faut que tu nous trouves une parade pour
sortir de cette impasse ? Nous sommes la risée du monde maintenant bouffon
!" Un silence monstre règne pour quelques interminables secondes sur la
salle Karthago mais ZABA l'interrompt vite avant que l'un de ses ministres
pisse dans son froc et sans recourir à son Uzi " Hwidi, veux tu du Kiwi ?
Goujat, un verre de Muscat ? M'henni va coucher il est 22h00 ta mère va
s'inquiéter mon petit" Abasourdit par la légèreté de ZABA, GUNSoui fait un
bond spectaculaire, comme s'il était sur un "autre" siége éjectable, et se
dirige vers le premier obstacle et commence à cogner sa tête à tout va sur
une colonne de marbre vieille de 2000 ans ! Non soucieux le moindre du
monde ZABA pousse la comédie plus loin et demande au peintre bâtiment
mosaïque de GUNSoui de faire attention à la colonne romaine en ajoutant "
C'est pas bien ce que tu fais GUNS cette colonne est un patrimoine
national, tu vas la fissurer avec ta tête de turc comme l'autre fois où tu
as presque démoli mon château de Sidi Bou Saïd, maintenant même ce
squatteur de Belhassen refuse de nicher dedans " Goujat court au secours
de GUNS et l'invite à retenir sa colère "T'en fais pas GUNS personne ne va
faire attention outre mesure à l'aboiement de ces vendus à l'occident, la
tempête passera dans quelques jours et on retrouvera le nirvana d'antan
pour 14 années de plus" GUNS réplique sur le vif "Non je ne crois pas
cette fois on est tous cuits " La cuisson est devenue depuis le 11
avril 2002 le thème favori des blagues qui circulent lors des conseils
ministériels et Goujat ne rate pas l'occasion et invite tout le monde à
écouter la dernière " Vous savez que feu Skik et 4 de ses lieutenants qui
ont brûlés vifs lors de l'accident de l'hélicoptère étaient diabétiques ?"
Mmmhoney qui était sur le point de partir revient à la charge et balance
sa question "Et comment tu l'as su avant moi ?" ZABA se met débout et
emmène son ministre dehors en lui chuchotant dans l'oreille "Honey, il est
temps que tu nous quitte et n'oublies pas d'apprendre par cur les
chiffres que je t'ai communiqué par fax hier, les vrais oublies les pour
toujours ils sont très décevants pour un homme de ma stature" Mmmhoney
rassure son patron "Tu peux compter sur moi, je ne suis pas comme ce Kobbi
lui il est vraiment con, allez bonne nuit capo" ZABA retourne en
courant à la salle pour ne pas perdre la suite de la farce mais ses
sinistres étaient déjà par terre morts de rire !!! "Alors connards vous
oubliez que je suis votre empereur ou quoi ? Vous omettez que vous me
devez un peu plus de respect depuis le référendum ?" Personne ne fait
attention aux grondements de la gourde de ZABA et tout le monde répète
sans cesse le mot "Caramel" Vexé ZABA prend Goujat en otage et enfonce son
Uzi dans la bouche du pauvre scribouillard "Si vous ne me racontez pas la
suite de la blague j'exécute votre clown sur le champ" Bokassa court vite
vers sa petite amie de Goujat et balance tout à ZABA "Voilà mon chef
comment il a su que les militaires étaient diabétiques. C'est simplement
parce que les habitants du lieu du drame ont senti le caramel pendant 2
jours consécutifs" Une hystérie générale s'empare du groupe pendant que le
malheureux Goujat court vers les vestiaires changer son pantalon mouillé
alors que le rire dantesque de ZABA était audible à 7 kilomètres. Après
une bonne demi-heure de gaieté ZABA rouvre les hostilités "Pour un moment
j'ai pensé que vous avez su de mon schéma diabolique car l'odeur du
caramel émanait du combustible de l'hélico que j'ai mixé avec du sucre et
non des dépouilles de ses putschistes qui voulaient me refaire le coup du
certificat médical" GUNS s'adresse à ZABA " Mais pourquoi tu racontes ça
aux autres ? On s'était pourtant mis d'accord afin de garder ce secret
entre nous " Non perturbé du tout ZABA répond "Moi je peux dire tout ce
qui me plait et devant tout le monde, depuis hier j'ai l'immunité et
l'impunité" Par pure jalousie et convoitise GUNS réplique "Monsieur le
président, toi qui sais tout, peux tu me dire qu'est ce qui mesure 50
centimètres et qui pend devant un trou du cul ?" ZABA intrigué par la
question piége commence à se gratter les couilles comme s'il cherchait
quelque chose alors que GUNS fonce vers la porte à toute vitesse sans même
attendre la réponse en criant "Ta cravate ZABA, ta cravate connard"
ettounsi
de tunezine mardi 28 mai 2002
Les Zabacteurs classés analphabétiquement
: Les parents de ZABA : On s'en fiche ils sont tous
morts ZABA empereur d'outre merde : Zine el Abidine Ben
Ali Belharsia Troublesi : Belhassen Trabelsi GUNSoui GUNS : Mohamed
Ali Ganzoui Bokassa : Abderrahmane Guesmi Mallah Kobbi : Abdallah
Kâabi NonRSF Goujat : Moncef Gouja MmmHoney : Hédi M'henni Hwidi
Kiwi : Fethi Houidi
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| Fond sonore - Pulp fiction. |
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Ben Avi la momie
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Maintenant que le référendum sur le maintien du président
Ben Ali au pouvoir
jusquà la mort, est terminé, y a-t-il une urgence
sur laquelle doit se porter notre vigilance ? Le poète des poètes,
Pouchkine, nous fusille : «Hé, seigneur, cria le cocher, pauvres de
nous : cest la tempête !». Il existe ce que lon appelle
«lattitude pendant lorage». Quand on est pris sous une averse soudaine,
on peut, soit courir le plus possible, soit sélancer pour sabriter sous
les avancées des toits des maisons qui bordent le chemin. De toutes
façons, on sera mouillé. Vous avez passé probablement la journée du 26
Mai à réfléchir, assis sur le perron de votre demeure ? Vous avez le
nouveau projet de réforme étalé devant vous, à même le sol ? Vous avez
découpé tous les articles de la presse locale analysant lengouement des
Tunisiens pour la République de demain ? Non ? Eh bien, moi non plus.
Puis-je vous donner en avant première le résultat : 99,61%
la marque
déposée des despotes. Il y en a quand même qui se sont abstenus. Une
poussière dindividus. Nous savons et vous savez, quil importe peu de
savoir lissue courue davance de ce référendum. Navez-vous jamais
limpression de regarder un combat de pure forme alors que la bataille se
déroule ailleurs ? Seulement, il y a des votes de pure forme qui sont
importants. Ce 26 Mai, les Tunisiens, assure-t-on, ont voté en masse (98%
de participation) pour une refonte de leur texte fondamental. La grande
toilette du printemps : sur les soixante dix-huit articles quil contient,
trente sont modifiés. Le bourrage des urnes, donne en fait un coup
darrêt à la vie politique du pays pour au moins dix ans. On sait que
jusquà présent un président en exercice ne pouvait prétendre quà trois
mandats. La nouvelle constitution permet que «le président de la
République est rééligible». Résultat, Ben Ali dont le troisième mandat se
termine en 2004, pourra se présenter au moins encore deux fois. Ainsi
Ben Ali nous condamne à supporter son Olympe. Il sest muré vif et nous
avec, dans ce sarcophage qui lui donne les suprêmes pouvoirs et une
immunité intemporelle. UN SURPRESIDENT. EL PRESIDENT. Limmortalité au
bout. Désormais tout est clos. Sans issue. La seule soupape de
sécurité, cest la Securitate. Sur léchiquier les pièces maîtresses sont
comme pétrifiées. Un coup de berger qui neutralise et suspends la partie.
Le temps pris en otage, confisqué. Sur quoi va-t-on déboucher ? Un
romancier dune autre contrée, Mikhaïl Boulgakov, est lauteur dun
jugement terrible. Ce romancier préfigure Tunis city de demain dans sa
narration : «Oh ! seul celui qui a déjà été vaincu sait ce que signifie
ce mot. Il ressemble à une chambre dont le papier est mangé par une
moisissure verte
Il ressemble à du beurre rance, à un petit monstre
rachitique, à des injures obscènes lancées par des voix de femmes dans
lobscurité. En un mot : il ressemble à la mort». Je veux juste
rappeler la question posée par les Anciens : peut-on réveiller quelquun
qui dort sans le fâcher ? ce nest plus dune fiole scellée que
séchappent les djinns, et si on sen tient aux contes de schéherazade,
les bouteilles mortelles sont disséminées sur tous les sentiers. La
porte qui vient dêtre enfoncée ne va pas se refermer de sitôt. Car, comme
le dit si bien Octavio Paz : «Dans un monde clos et sans issue, où tout
est mort, lunique chose qui vaille, cest la mort !». Depuis ce 26
Mai meurtrier, je pense à ce qui nous attend, et cela me donne envie de
pleurer. Mais aussitôt je peste contre moi-même et je résiste toute la
journée, participant et macquittant de mes devoirs quotidiens de
journaliste du samizdat Kaws El Karama (lArc de la Dignité). Mais tous
les soirs, sans faute, je sens seffondrer dautres pierres sur lesquelles
repose mon espoir. Mon amie Sihem Bensedrine, mon frère, Jalel, mon
épouse, Azza me retiennent et je les retiens. Nous nous refusons à partir,
même sil est de plus en plus difficile de vivre ici. Je leur dis que
quelquun doit rester pour soutenir les poutres du toit, puis je mendors
pour ne pas pleurer. Demain, jessuierai mes larmes et je me
convaincrai que lheure est venue de sortir les griffes et de serrer les
dents, pour sattaquer à LA CREATURE qui sest octroyé un droit de vie et
de mort sur le pays qui est le mien. Sans un sou et malmenés, mais
tenaces et toujours debout, nous sommes encore beaucoup à refuser de nous
rendre.
Taoufik BEN BRIK
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| Sophie - Lundi 27 mai 2002. |
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"Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate " Dante
Alighieri, Inferno, Canto III
Voyage dans la tête de 16
420 aliénés
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16 420 Tunisiens ont voté NON au dernier référendum. Un
chiffre qui m'inquiète. Ces individus marginaux méritent toute notre
attention. Je suis bien curieux de savoir ce que se passe dans la tête de
ces aliénés. Ont-ils été intoxiqués par la propagande mensongère diffusée
par certains médias étrangers, connus pour leur parti pris et hostiles à
la Tunisie ? Sont-ils des obsédés, des accros des sites pornographiques de
l'opposition ? Etaient-ils, le jour du scrutin, en possession de leurs
pleines capacités physiques et morales ? Souffrent-ils de distraction
chronique ou d'absence mentale sporadique ? Ont-ils voté NON par
conviction ou par simple coup de tête qu'ils regrettent maintenant ? Ce
chiffre ahurissant m'amène à l'amère conclusion qu'il existe encore des
poches de résistance qui représentent une menace permanente à l'hygiène
mentale de notre peuple. Je tire le premier la sonnette d'alarme. Une
poignée d'individus marginaux, excentriques, désaxés, désorientés,
déboussolés, bref aliénés risque de contaminer notre saine société. Que
faire ? On doit tout d'abord isoler cette catégorie d'individus,
éviter qu'elle entre en contact avec les gens sains d'esprit. On doit
soumettre ces brebis égarées à une quarantaine dont la durée dépendra de
l'évolution de l'état psychique de chacune d'elles. Mais il ne suffit pas
d'isoler, il faut aussi rééduquer. Je propose la création d'un centre de
rééducation par gouvernorat. Les aliénés politiques y seront hébergés aux
frais de l'Etat. Dieu merci notre pays ne manque pas de personnel
compétent spécialisé dans la rééducation. Comme lecture, les internés
n'auront droit qu'aux deux quotidiens du Parti. Ils seront exposés aux
discours du Président au moins 7 heures par jour. Des tests oraux et
écrits, effectués au moins une fois par semaine, serviront à étudier
l'évolution de l'état mental de chaque rééduqué. Il n'est pas exclu que
certains médicaments soient associés aux cours théoriques dispensés aux
internés. Certaines catégories de médicaments peuvent aider énormément les
têtes dures à assimiler les matières qui leur sont enseignées. Les
discussions entre aliénés se feront toujours en présence d'au moins un
rééducateur. Si les ressources budgétaires le permettent, des caméras et
des microphones seront placés dans les dortoirs des centres de
rééducation. Ces moyens permettront de suivre de près l'évolution du
comportement et des pensées des rééduqués. Aucun contact avec le monde
extérieur ne sera toléré. Les visites familiales seront bannies, car elles
risquent de saboter le travail des rééducateurs. Les directeurs des
centres de rééducation sont les seuls habilités à signer une décision de
libération d'un aliéné politique. Les psychiatres donneront, bien sûr,
leur avis, mais la décision finale revient à l'Administration.
Omar Khayyâm
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| Lundi 27 mai 2002. |
Référendum du 26 mai : Communiqués |
المؤتمر من أجل
الجمهورية حتى تتحقق
السيادة للشعب والشرعية للدولة والكرامة للمواطن
Le Congrès pour la République Communiqué Le 27 Mai 2002
Le régime tunisien a organisé le 26 Mai une parodie de
consultation populaire, baptisée pompeusement référendum et ayant pour
seul objectif de jeter un voile de légitimité sur les prétentions de M Ben
Ali, à limmunité à la présidence à vie et à la concentration de tous les
pouvoirs entre ses mains. Considérant que Les modifications les
plus importantes introduites dans la constitution sapent les fondements du
régime républicain et de la citoyenneté. La procédure dappel aux
urnes était non conforme aux lois en vigueur. Labsence des condition
minimum dune consultation démocratique. Lappel au boycott de tout
ce que compte le pays comme forces politiques et associatives crédibles et
représentatives. La non participation de la population à ce
pseudo-référendum qui a surpris par son ampleur. Léchec patent du
pouvoir, malgré ou à cause des scores imaginaires affichés à cacher
létendue du boycott populaire. Le C.P.R. Se félicite de
lattitude des Tunisiens, qui ont répondu par un boycott franc et massif ;
à ce qui était aussi bien une insulte à leur intelligence, quune
confiscation de leurs droits,. Considère comme nul et non avenu ce
pseudo référendum et tient pour illégitime et illégal tout ce qui en
découle. Demande à ce que se réunissent, dans les plus brefs délais,
les représentants de tous les partis politiques de lopposition réelle,
ceux de la société civile, ainsi que personnalités indépendantes ; dans le
cadre de la conférence nationale démocratique , pour jeter les bases dune
constitution instaurant la République et lEtat démocratique , et devenant
la base du combat du peuple tunisien pour sa liberté. Décide de
saisir les instances compétentes des Nations Unis en vue de trouver une
réponse juridique et le cas échéant politique invalidant la confiscation
de la souveraineté populaire, en violation de Larticle 25 du Pacte des
droits civiques et politiques, larticle 2 de la déclaration du droit des
peuples à lautodétermination de décembre 1960. Appelle les
démocrates du monde entier à soutenir le peuple tunisien dans sa lutte
pour ses droits en refusant de reconnaître tout ce qui peut découler dune
pseudo constitution imposée par la force et la falsification.
Le Congrès pour la République Le président Dr Moncef
Marzouki
حزب المؤتمر من أجل
الجمهورية حتى تتحقق السيادة للشعب والشرعية
للدولة والكرامة للمواطن
بلاغ 27 ماي 2002
أقدمت السلطة في تونس يوم 26 ماي
على تنظيم مهرجان جديد من التزوير المفضوح لإرادة الشعب أسمته استفتاء حول
الدستور وهو مجرّد تمثيلية لإضفاء غطاء من الشرعية على سعي السيد بن علي وراء
الرئاسة مدى الحياة والحصانة المؤبدة وتجميع كل سلطات الدولة بين
يديه. واعتبارا للعوامل التالية أن أهمّ التنقيحات المدخلة على
الدستور تتنافى مع مبادئ الجمهورية وحقوق المواطنة. أن الدعوة للتصويت
كانت غير قانونية حسب القوانين المعمول بها في البلاد. أن الشروط الدنيا
لاستفتاء ديمقراطي كانت مفقودة تماما . أن كل القوى السياسية والمجتمعية
الممثلة وذات المصداقية و الفعالية قرّرت المقاطعة ودعت الشعب لذلك . أن
الشعب قاطع الاستفتاء المزعوم بصفة فاقت كل التوقعات. أن الأكاذيب
المعهودة للسلطة وأرقامها الخيالية فشلت في التغطية على عمق وانتشار المقاطعة
الشعبية. فإن حزب المؤتمر من أجل الجمهورية: يسجّل بفخر واعتزاز موقف
شعبنا الذي واجه عملية تسخر من ذكائه وتعتدي على حقوقه وكرامته بما يتطلبه
مثل هذا الاعتداء من رفض صريح وشامل. يعتبر لاغيا وغير شرعي هذا
الاستفتاء المزعوم وكذلك جميع ما سيتمخض عنه. يطالب القوى السياسية
والمجتمعية والشخصيات المستقلة بدعوة المؤتمر الوطني الديمقراطي في اقرب
الآجال لإعداد مسودّة دستور يبني الجمهورية ويؤسس الدولة الديمقراطية، ويكون
الأرضية التي تتوحد حولها قوى الشعب في المستقبل للنضال من أجل الحرية.
يعلن عن عزمه القيام بالإجراءات اللازمة اتجاه الهيئات الأممية المختصة في
سبيل إيجاد الحلول القانونية - وإن اقتضى الحال السياسية- التي من شأنها
إبطال هذا الاستفتاء المزعوم بما يمثله من عدوان على السيادة الشعبية لأهل
تونس. يتوجه بنداء حار لكل الديمقراطيين في العالم لمساندة الشعب
التونسي في نضاله من أجل استعادة سيادته وكرامته وعدم الاعتراف بشرعية كل ما
ينبثق عن استفتاء مزيف فرض على الشعب التونسي بالقوة والتزوير.
عن المؤتمر من أجل الجمهورية
الرئيس د. منصف المرزوقي
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| Lundi 27 mai 2002. |
Mouvement Ettajdid |
Mouvement Ettajdid Secrétariat 5, rue Métouia, 1069
Tunis Tel./Fax : 00216 71 240 981
COMMUNIQUE DE
PRESSE
Après le scrutin du 26 mai 2002 et la proclamation des
résultats du référendum sur les amendements apportés à la
Constitution, Le Mouvement ETTAJDID considère que ce référendum sest
déroulé dans les conditions caractérisées par la précipitation et
labsence de tout débat, toute opinion divergente ayant été réduite au
silence par divers moyens tels que la saisie dAttariq Al Jadid et les
obstacles à sa diffusion, la décision illégale dexclure notre Mouvement
de la campagne référendaire et la monopolisation de tous les espaces par
le parti au pouvoir et les partis qui ont soutenu inconditionnellement le
« oui ». Tant pour les conditions de son déroulement que pour ses
résultats, ce référendum ne saurait donc être considéré comme une
expression authentique des aspirations de la société. Il na été tenu
compte, en effet, ni des revendications du mouvement démocratique et des
larges secteurs de lopinion publique, ni de la nécessaire évolution
effective de la vie politique dans le sens de la détente et de labandon
des pratiques dont lexpérience a montré les effets néfastes pour le
pays. Aujourdhui comme avant le référendum, tous les problèmes
politiques demeurent entiers, notamment ceux qui concernent les libertés
et le pluralisme. Cela impose aux partisans de la Démocratie et du
Progrès dassurer leur responsabilité historique dans la construction dun
mouvement démocratique fort et unifié, capable de peser sur le rapport des
forces en vue de réaliser le tournant démocratique quattend notre
pays
Fait à Tunis, le 27 mai 2002 Pour le
Secrétariat du Mouvement Ettajdid Le Responsable de
lInformation Adel Chaouch
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O.M.C.T. |
L'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) est gravement
préoccupée pour l'avenir des droits de l'homme en Tunisie
COMMUNIQUE DE
PRESSE
Aux représentants de la presse Genève, le 27 mai 2002
L'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) est très
vivement préoccupée par l'avenir des droits de l'homme en Tunisie, suite
au référendum constitutionnel qui vient d'être approuvé par plus de
99% des votants, selon le Ministère de l'Intérieur. En effet, il est à
craindre que cette nouvelle constitution ne soit utilisée par le Président
de la République pour museler davantage, si faire se peut, les voix
discordantes dans le pays, et institutionnaliser un pouvoir personnel déjà
largement exercé dans les faits. De plus, en violation du code
électoral en vigueur (articles 136 et suivants), le Président Ben Ali
s'est approprié par décret le contrôle des opérations de vote, allant
jusqu'à définir la couleur des bulletins : blanc pour le OUI, noir pour le
NON. Par ailleurs, alors que le décret présidentiel ne prévoit que la
ville de Berne comme lieu de vote pour les Tunisiens vivant en Suisse,
l'OMCT a pu constater que plusieurs bureaux de vote ont été installés
à Genève et Lausanne, ce qui laisse planer un doute important quant à la
régularité des résultats. L'OMCT, dont la lutte contre l'impunité est
une priorité, constate que celle-ci est désormais constitutionnalisée par
le nouvel article 41 par. 2, qui prévoit que le Président de la
République bénéficie de l'immunité juridictionnelle durant l'exercice de
ses fonctions et après l'exercice de ses fonctions. Ceci signifie qu'il
bénéficie d'une impunité totale face à l'ensemble du corpus législatif de
son pays, pour n'importe quel crime ou délit, et ceci jusqu'à sa
mort. Enfin, puisque selon les concepteurs et défenseurs de la nouvelle
constitution, les droits humains et les libertés individuelles seront
renforcées grâce à ce texte, l'OMCT sera donc particulièrement attentive
dans l'avenir à la situation des droits de l'homme en Tunisie.
Contact OMCT : Christine Ferrier +4122 809.49.39
Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) World Organisation
Against Torture (OMCT) Organización Mundial Contra la Tortura (OMCT)
8 rue du Vieux-Billard Case postale 21 CH-1211 Geneve 8
Suisse/Switzerland Tel. : 0041 22 809 49 39 Fax : 0041 22 809
49 29 E-mail : omct@omct.org http://www.omct.org
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لا نبالي بهكذا
استفتاء
كثر نعيق النظام في الأيام الأخيرة عن
جدوى و استحقاقات تحوير الدستور من حيث هو تأسيس لجمهورية الغد المنشودة
زعموا!! وانبرت أطراف من النظام نفسه لترحب و تبارك هذه الخطوة التي ستدخل
بتونس إلى مصاف الدول الكبرى سياسيا على الأقل ما دامت المسالة الاقتصادية
خارج سيادة النظام و يشرف عليها سماسرة رأس المال العالمي و صندوق نقدهم عجل
الله بكسره, و لعل حزب الدستور صدق و لو للحظة أن مهزلة الاستفتاء ستملك شغاف
قلب المواطن التونسي و تشغله عن مكابدة العذاب اليومي في رحلة بحثه عن قوت
عياله و تجعله يشرأب بعنقه و يطير شوقا ليوم الاستفتاء الموعود ليخرج في فلق
الصبح جريا إلى مراكز الاقتراع و يمسك بالورقة السحرية ليلقي بها في غياهب
الصندوق ذي القفلين و يهز بالورقة الأخرى التي كتب عليها كلمة لا فتتساقط
عليه أموالا و رخاء و مواطن شغل جديدة بعد هذا الفتح المبين الذي عاد علينا
بدستور جديد و برئيس أعيد طلائه ليتناسب مع إحداثيات المرحلة لنكمل سوية
المشوار الذي جمعنا به منذ فجر الملحمة ذات فجر من شهر نوفمبر سنة سبع و
ثمانين و تسعمائة و ألف ميلادية. لعل هذا ما يداعب خيال الطاغية و حاشيته و
لكن المؤكد و الذي لا يحتمل النقاش أن هذا الاستفتاء سيمر غير مأسوف عليه
كالذي سبق من الانتخابات دون أن تتحرك للمواطن التونسي العادي- لا المتواطئ
مع إرهاب الدولة- و لو شعرة فالتونسي فقد الثقة في حاكميه منذ فجر الاستقلال
المزعوم و سيطرة حزب الدستور على الحكم دون أدنى اعتبار لرأي المواطن و دون
استشارته اللهم إلا في مناسبات كاستفتاء الغد المعلوم النتائج مسبقا حيث
التزوير و الغش و شراء الذمم سمته الغالبة و ديدنه الذي لا يحيد عنه ولو قيد
أنملة. .إن المواطن التونسي لا يعنيه بقي بن علي في الحكم أو جاء غيره
بقدر ما يعنيه أن يعيش كريما عزيزا في أرضه آمنا على ماله و عرضه لا يخاف أن
يرى رأيا فيما يجري حوله و ينتقد و يفضح كل ظالم أو طاغية كائنا من كان.
ليعلم الجميع إن هذا الاستفتاء المزعوم لا يستحق كلمة تقال عنه أو حبرا يسكب
فيه أو كل هذه الفرقعة الإعلامية التي تدور رحاها كل يوم فنظام السابع من
نوفمبر و حزب الدستور نظام غير شرعي و كل ما يأتي منه غبر ملزم و غير شرعي
بالضرورة السببية بما في ذلك ديون تونس الخارجية التي لم يكن للمواطن التونسي
فيها ناقة و لا جمل و لا عقد ملزم فكل عقود النظام مع أطراف خارجية و خاصة مع
البنك الدولي تسقط بسقوط النظام اللاشرعي. حياة التونسي هي نفسها بالاستفتاء
أو من دونه و لا أضنها ستتغير من بعده اللهم إلا نحو الأسوأ فليقيموا الولائم
و لينحروا الذبائح و ليحتفلوا بتأبيد حكم كبيرهم ما شاء لهم ذلك فلهم صولة و
لنا بعون الله صولات. عش عزيزا أو مت و أنت كريم بين طعن القنا و خفق
البنود
حـــــســـــونـــــــه السبت 25 ماي
2002.
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Tunisie - Pas de débat public autour du référendum
sur la révision de la constitution.
Ben Ali, ou la vraie
fausse présidence à vie
Plus de trois millions et demi de Tunisiens doivent
prendre part ce dimanche au premier référendum de lhistoire du pays.
Enjeu : une réforme de la constitution qui doit permettre au président
Zine el-Abidine Ben Ali de rester à son poste jusquen 2014.
REPORTAGE BAUDOUIN LOOS À Tunis
La «démocratie» tunisienne a ceci de particulier que tout
score en faveur du régime qui passerait sous la barre des 99% - même
98,7%, par exemple - serait ici considéré comme une surprise énorme,
impensable. Cest donc dire si, écrasés par la chaleur de ces derniers
jours, les Tunisois ne semblent guère passionnés par le référendum
organisé dimanche dans le pays sur la révision de la constitution. Le
pouvoir na pourtant pas ménagé sa peine dans la «campagne explicative »
quil mène depuis deux semaines. Ministres et dirigeants du RCD (le parti
hégémonique) parcourent ainsi le pays pour porter la bonne parole, comme
le rapportent avec zèle les comptes rendus publiés dans les journaux. «M.
Chédli Neffati, membre du bureau politique du RCD et ministre des Affaires
sociales », écrivait par exemple «La Presse» jeudi, «a indiqué devant les
membres des cellules professionnelles relevant de son ministère que le
référendum offre une nouvelle occasion pour que les Tunisiens attestent
une nouvelle fois de leur cohésion autour du guide de la réforme et du
dirigeant de la marche victorieuse de la Tunisie.» En loccurrence, la
réforme introduit dans la constitution une série darticles pour garantir
les libertés fondamentales et les droits de lhomme, créer une seconde
chambre (dite «des conseillers»), renforcer le rôle du conseil
constitutionnel. Mais il y a beaucoup plus. «Sous le rideau de fumée de la
quarantaine darticles révisés se cachent quatre modifications majeures »,
nous déclare chez lui Mohamed Charfi, le juriste renommé, ministre de
lEducation de Ben Ali entre 1989 et 94 : «le nombre de mandats
présidentiels nest plus limité (avec lactuelle constitution, le
président ne pouvait plus se représenter en 2004), lâge limite pour
postuler à ce poste passe de 70 à 75 ans, le texte procure une immunité
pénale à vie au chef de lEtat pour ses actes commis pendant ses mandats
et, enfin, les activités «antinationales» seront désormais punissables
Le
seul espoir quon pouvait avoir, celui du verrou de 2004 qui aurait dû
voir le président seffacer, va donc sauter !» Au sommet de la tour
flambant neuve qui abrite désormais le quartier-général du RCD, Ali
Chaouch, le secrétaire général du parti, balaie ces assertions. « Les
limites de mandats et dâge, pour un président, sont rarissimes de par le
monde, et on ne peut empêcher les électeurs tunisiens, avec qui le
président a noué une relation de confiance, de le réélire comme cela se
ferait dans dautres pays. Tout le monde, sauf les observateurs de
mauvaise foi, peut constater lunanimité autour du choix du président
qui na pas encore dailleurs pas encore indiqué sa décision , ce qui
témoigne dune uvre de redressement extrêmement bien réussie.
» Lassurance affichée par le régime paraît contredite par son
comportement, qui a consisté à verrouiller à double tour lstatement
dopinions contraires. « Je défie quiconque, nous assène Khadija Cherif,
sociologue et membre éminent de lAssociation des femmes démocrates
tunisiennes, de montrer une ligne dun journal quotidien ou une phrase en
radio ou en télévision qui critique le référendum. Il ny a pas eu un seul
débat public contradictoire et même le petit parti d opposition reconnu
Ettajdid (5 sièges) qui voulait poliment recommander la non-participation,
sest vu privé de temps de parole.» Ali Chaouch ne conteste pas ce
dernier point. « Ettajdid sest exprimé en commission ad hoc de la chambre
et dans son mensuel (le numéro qui expliquait sa position a été interdit,
NDLR). De toute façon, ils sabstiennent, ce qui équivaut au boycott, donc
ils sexcluent de la campagne référendaire. » Au siège dEttajdid, le
trésorier admet avoir touché les subventions pour la campagne, une
campagne que le parti na donc pourtant pas pu mener
«Ce régime nest
pas amendable, tranche l«expert» Mohamed Charfi. Il est miné par trop de
corruption, trop de népotisme ; Ben Ali, qui nest entouré que de
béni-oui-oui, a fait disparaître les libertés et les contre-pouvoirs.» Un
avis que partage Sihem Bensedrine, un petit bout de femme, journaliste de
son état, membre du Conseil national des libertés en Tunisie dont
lintitulé même suffit à expliquer ses gros ennuis avec le régime : « Ben
Ali ne peut plus gouverner comme avant car la société civile émerge enfin
de sa torpeur, ce qui loblige à réadapter son arsenal de répression ; le
fameux article 41 qui va lui assurer limmunité à vie en atteste, son
existence même témoigne d un terrible aveu de faiblesse. En fait Ben Ali
perd de sa superbe !» Membre du conseil économique et social, un organe
consultatif, lavocat Samir Labidi seffraie des critiques contre le
régime, bien quil dise ne pas faire partie du RCD. «La démocratie ne se
décrète pas, plaide-t-il, et je me sens frustré quand jentends toutes ces
critiques. Le pays avance pas à pas, et seul lavenir nous dira si le
référendum engendrera plus de libertés, je suis optimiste car il ny a pas
dautre choix. Il existe beaucoup de vrais démocrates au RCD, mais les
acquis se gagnent sur le terrain, pas par décrets.» Sur le terrain,
justement, les libertés sarrachent avec difficultés, pour dire le moins.
«La majorité du peuple souffre du manque de liberté, mais seule une petite
élite ose en parler, diagnostique un journaliste qui préfère lanonymat.
Les autres ont peur et refusent le régime
passivement. En tout cas, ils
savent : à lère dinternet et, surtout, des télévisions par satellite,
les chapes de plomb ont leurs failles (1). Mais, même quand la base
renâcle, comme celle du syndicat UGTT (quasiment unique dans le paysage)
ou celles des petits partis dopposition légale, les directions n en
tiennent pas compte et salignent sur le RCD.» Cela dit, la Tunisie
officielle senorgueillit dindices économiques favorables confirmés par
lUnion européenne qui a conclu avec Tunis un accord dassociation dès
1995. Ce «miracle tunisien» souffre toutefois ces dernières années de
divers maux, comme la sécheresse qui affecte lagriculture ou laprès-11
septembre qui frappe le tourisme. La classe moyenne, fierté et exception
locale depuis trente années, voit son pouvoir d achat érodé depuis
longtemps et, dans les conversations privées, un certain ras-le-bol paraît
prendre le dessus. Mais quon ne sy trompe pas, rien nempêchera le
référendum dafficher en fin de compte les 99% dacceptation attendus. Ce
taximan, qui aurait pu être un vrai opposant, résume : «Avec le maillage
de la société à travers les innombrables cellules du parti, le régime sait
que tout le monde, ou presque ira voter, et bien voter. Moi qui aime le
foot et suis chauvin, jhésite à pavoiser quand la Tunisie gagne, car je
sais qu«ils» en tireront toute la gloire.»
Le Soir - Belgique
(1) Mercredi soir, la chaîne qatarie par satellite Al
Jezira a diffusé en direct une longue interview dun opposant, Nejib
Chabbi, qui a mobilisé beaucoup de Tunisiens devant leurs
téléviseurs.
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(SOURCE:TAGESZEITUNG, BERLIN)
Tunisie: La nouvelle
constitution du président
Après trois mandats successifs, le président Ben Ali veut
se porter candidat de nouveau. La constitution le lui interdit. Le peuple
approuvera cette nouvelle candidature par voie de référendum
MADRID -taz - Le président tunisien Zine al-Abidine Ben
Ali est insatiable. Daprès la constitution en vigueur, cet ancien chef de
la Sécurité arrivé au pouvoir par un coup dEtat en 1987, devrait prendre
sa retraite en 2004. La constitution plafonne les mandats présidentiels à
trois. Ben Ali, qui règne en dictateur aux pouvoirs illimités, nest pas
daccord. Sans tarder, il fait modifier, la constitution. Bientôt,
lâge limite pour la candidature à la présidence sera ramené à 75 ans. Ben
Ali a 65 ans. Avec la nouvelle constitution, il pourra occuper le Palais
de Carthage pendant deux mandats supplémentaires. 3,6 millions délecteurs
seront appelés, dimanche prochain, à approuver la nouvelle constitution
par voie de référendum. Ben Ali dit quil veut démocratiser son pays.
Ainsi lélection présidentielle sera-t-elle pluraliste et à deux tours,
comme en France, du moins sur le papier. En plus de la prolongation de la
durée son règne, la novelle constitution prévoit la création dune
deuxième chambre, où seront représentés les régions et les corps des
métiers. Le parti de Ben Ali, le RCD, dominera cette chambre avec une
majorité absolue, comme cest le cas au sein du parlement actuel.
Lopposition légale est pratiquement inexistante. Autre nouveauté, le
personnel du Conseil Constitutionnel sera rationalisé. Cette institution
devrait veiller au respect des fondements de la constitution. Pour que ce
contrôle soit toujours en harmonie avec lesprit du président, Ben Ali
nomme six parmi les neufs membres qui le composent. Les trois autres sont
les présidents des plus hautes cours du pays. Eux aussi sont nommes par le
président.
Certes, les quelques opposants qui ne sont pas derrière
les barreaux ou en exil, font front commun contre la nouvelle
constitution. Mais personne ne doute de la victoire du Oui. Durant les
quinze dernières années, Ben Ali a gagné toutes les élections avec des
scores supérieurs a 99%. Et si quelquun a, un jour, lidée de juger Ben
Ali pour fraude électorale et répression? La nouvelle constitution pense à
tout : "Le président jouit de limmunité durant et après la fin de ses
fonctions."
REINER WANDLER taz Nr. 6756 du 24.5.2002, page
9, 75 TAZ-Bericht
Traduit de lallemand par Omar
Khayyâm
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| Samedi 25 mai 2002. |
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Avant la
conférence...
En tant que simples citoyens, nous devons nous atteler à
des tâches qui soient utiles et réalistes. Nous ne sommes pas un parti
d'opposition mais nous formons un groupe très hétérogène que je pense
représentatif de la population intellectuelle tunisienne. Quelles sont
les priorités à l'heure actuelle? Faisons, d'abord, un état des
lieux.
En premier lieu, nous avons l'hégémonie d'un parti-état -
autour d'un dictateur auto-proclamé et auto-plébiscité - sur tous les
aspects de la vie de la société civile.
En second lieu, nous avons la masse des moutons qui
ferment les yeux, se bouchent les oreilles et se laissent de plus en plus
devenir otages du système (par le surendettement, par exemple, suite à
l'encouragement de la consommation sans modération etc.) ; ils ont bien
envie que ça change mais sans que ça leur coûte quoi que ce soit.
En troisième lieu, nous avons une opposition qui commence
à se structurer et à avoir des idées, un programme, une tactique qui se
profilent. Je pense notamment au CPR. Les autres composants de la société
civile libre sont aussi importants mais sont appelés à clarifier leur
position, comme l'ont fait les perspectivistes qui, faute d'avoir le
mérite de la constance, ont au moins celui du courage d'afficher leurs
convictions.
Il n'y a pas de recette miracle pour le changement. « En
vérité, Dieu ne modifie point l'état d'un peuple, tant que les [individus
qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes » (Coran 13
11) et « Lorsque le Peuple aura envie de vivre, le destin ne pourra
quaccéder à Sa demande » (Aboulkacem Chebbi) C'est donc au peuple que
revient le devoir de changer les choses. Nous, tunisiens, sommes un
peuple pacifiste. Il est hors de question quon sattende à une révolution
du type iranien ou même roumain. Je serai toujours contre une solution
militaire. Un Siwar Aldhahab (qui sen souvient ?) qui fait un putsch et
qui, presque immédiatement après et de très bon cur, rend le pouvoir aux
civils (qui nont pas su en faire bon usage : à méditer) pour se retirer
dans sa caserne, je ne pense pas quil en existe beaucoup. Dailleurs, les
services du ministère de lintérieur me semblent plus puissants que notre
armée. Espérer un changement qui vienne du haut de la pyramide, ce qui
est possible, pour ne pas dire probable, revient à se protéger de la pluie
en se plaçant sous une gouttière (passer de Charybde en Scylla ou,
mieux,كمن يحتمي من الرّمضاء بالنّار) Il est aussi
hors de question que le RCD procède à des élections libres, démocratiques
et transparentes. Par définition, un démocrate peut devenir un dictateur
autocrate mais linverse ne sest jamais produit et ne se produira
jamais.
Que nous reste-t-il ? Une seule solution : forcer le
peuple à ouvrir les yeux, à entendre les cris des prisonniers torturés, à
écouter dautres voix que celles qui chantent les louanges dun régime
hors du temps. Un peuple informé saura trouver la voie qui le mènera vers
la liberté. Nous devons trouver lantidote qui le réveillera de sa
léthargie, de létat dhypnose dans lequel il vit depuis 15 ans, hypnose
entretenue par le matraquage, au propre comme au figuré, continu par les
différents moyens de contact avec le citoyen : presse, radio, télévision,
réunions organisées, portraits du leader maximo qui persistent imprimés
sur la rétine, même si on essaie de fermer les yeux. Bref, le combat à
mener est celui de linformation et de léducation. Seul un peuple
conscient, bien imprégné dun minimum de culture civique pourra répondre
présent aux appels de la lutte pacifique préconisée par presque toute la
classe soi-disant politique dopposition.
Ce nest pas une solution que je propose ; encore moins
un moyen. On aura beau labourer, arroser, semer, chouchouter une terre
aride, rien ny poussera. Il sagit donc de préparer le peuple, non pas à
être digne de la démocratie, énormité dont nous saoule le régime RCD, mais
à se rendre compte de son état de santé tellement précaire mais pourtant
superbement ignoré (les médecins appellent cet état, Dr Marzouki me
corrigera si je me trompe, lanosognosie), puis lui conseiller de sen
remettre aux médecins de son choix, lesquels devront être unanimes et ne
pas se contredire afin de lui offrir le maximum de chances, pour discuter
ensemble de la meilleure thérapie : sans la coopération médecin-malade,
aucune chance de guérison nest à espérer.
Je pense donc que notre lutte qui sannonce de longue
haleine devrait, dans un premier lieu, se focaliser sur linformation,
jentends le matraquage par linformation. Tout le monde na pas internet.
Tout le monde na pas les moyens de contourner la censure. Délier les
langues de ceux qui croient en lexistence de micros dans leurs propres
maisons, qui se croient sous écoute 24/24, qui se croient épiés même par
leur plus proche famille, qui sempressent de brûler tout tract retrouvé
dans leur boîte aux lettres avant même de lavoir lu, nest pas chose
aisée.
La télévision reste la solution de choix pour porter
linformation au maximum de personnes, sans omettre les autres solutions,
bien entendu.
La chaîne Almustakillah est à oublier. ZeitounaTV est en
train de faire du bon travail mais cest un travail damateurs, mal
préparé, mal élaboré, mal ciblé. Les points positifs sont sa réception en
analogique par la plupart des tunisiens et son ouverture aux autres
parties de lopposition. Jai bon espoir que le parti Ennahdha ne
cherchera pas à récupérer laction des «autres» démocrates grâce à sa
chaîne. Une émission quotidienne est absolument nécessaire. Des programmes
élaborés par des professionnels de tout bord ayant en commun lidéal
démocratique républicain contribueront à éclairer le citoyen tunisien. Il
faudra sadresser non seulement aux curs des tunisiens mais aussi à leur
quotidien, à leurs problèmes de la vie de tous les jours. Il faudra savoir
choisir les mots et proposer les solutions pratiques. Du concret.
Que pouvons-nous faire ?
- Dabord, tirer les oreilles des parties de lopposition
qui sentre-déchirent, à la grande joie de nos adversaires, afin de les
amener à remettre à plus tard leurs règlements de comptes ;. -
Renforcer laction des différents organes de presse et dinformation de
lopposition, spécialement internet (Tunisnews, Tunisie2000, Tunisie,
Tunezine, RAID etc.), les chaînes de télévision ZeitounaTV, Aljazeera etc.
en leur apportant notre contribution, sans relâche. Pour ZeitounaTV, une
aide financière sous forme de matériel, plages satellitaires à louer,
publicité etc. est nécessaire : linformation de qualité a un prix ! -
Faire bon usage de la banque de données du CPR (adresses, téléphones,
E-mails) en faisant parvenir une information juste et crédible ; ceci
englobe aussi la participation aux différents forums tunisiens de façon
responsable et, de préférence, concertée ; - Etre sur le qui-vive afin
dempêcher toute instrumentalisation de notre action et nous rendre compte
le plus précocement possible des éventuels « accords » que pourraient être
tentés de faire certains avec le pouvoir en place. Ne pas pactiser avec le
diable (qui nest ni Ennahdha ni le POCT ni Charfi ni Moaada ni Bagga ni
TBB ni aucun tunisien sincère
jusquà nouvel ordre) : un tel acte serait
une trahison à notre cause et mettrait ceux qui le feraient sur le même
banc que la bande à zaba ;
En résumé, pas de discussions partisanes qui ne sauront
que nous éloigner et détourner notre attention des vrais problèmes ;
personne na le droit de donner ou de refuser des sauf-conduits à untel ou
tel autre ; ne faisons pas de procès dintention :les gens sont liés par
leur parole, à défaut dactes. Ne mettons pas la barre plus haut que nous
ne pouvons sauter : fixons-nous des tâches réalisables afin datteindre
des objectifs spécifiques qui seront autant de pierres qui jalonneront le
chemin de la démocratie.
Decepticus
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| Samedi 25 mai 2002. |
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"Une prison, un zoo, sinon
rien"
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La Tunisie a voté à 99,61 % en faveur de la réforme de la
Constitution proposée par son président. Avec ce score plus que
chiraquien, Zine el-Abidine Ben Ali se prépare une présidence à
vie. 99,61 % des Tunisiens ont accepté par référendum la réforme de la
Constitution tunisienne autorisant le président Zine el-Abidine Ben Ali,
65 ans, à se maintenir au pouvoir pour deux nouveaux mandats de cinq ans.
Les Tunisiens, précise "Le Matin" dAlger, "ont préféré le bulletin blanc
du oui au bulletin noir du non dans les 15 000 bureaux de vote". Des
bureaux de vote, semble-t-il, assiégés par les foules : 95,59 % des 3 406
830 inscrits se sont mobilisés. Une mobilisation dautant plus phénoménale
quelle inclut le vote de 208 383 Tunisiens de létranger malgré lavis
défavorable de quelques détracteurs. Mais ce score massif répond, selon
la presse tunisienne, à un défi "historique". "Dabord parce que la
procédure référendaire est utilisée pour la première fois dans lhistoire
de la Tunisie", explique "Réalités". Il est vrai que les précédents scores
"historiques" de 99% et des poussières de Zine el-Abidine Ben Ali
nétaient réunis que lors des élections présidentielles pluralistes du
successeur de Bourguiba, au pouvoir depuis 1987
La langue de bois le dispute à la flagornerie
Cette réforme est accueillie par la presse locale comme
une réelle avancée. Débordant denthousiasme béat, "Réalités" explique que
"la Tunisie sera dotée dune Constitution profondément remaniée, adaptée
aux réalités de la Tunisie daujourdhui et de ce quelle sera, et qui
répond aux attentes et aux ambitions des citoyens". "Mais ce nest pas
tout", poursuit "Réalités". "Cest le point de départ dune nouvelle étape
qui doit réaliser de nouveaux acquis sur les plans de la liberté de
linformation, les libertés individuelles, les droits de lhomme et la
séparation des pouvoirs." Ben Ali et Ubu ne semblent faire quun dans un
pays où la langue de bois le dispute à la flagornerie.
"La démocratie à la tunisienne
crèvera de sa propre médiocrité"
Cependant, pour certains irréductibles comme Mokhtar
Triffi, le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de
lhomme, cité par "Le Matin", "le dispositif de la fraude électorale est
rodé depuis longtemps". Outre la fraude, la nouvelle Constitution proposée
hérisse lensemble des opposants de la société civile. Cette réforme
semble destinée à instaurer de nouveau la présidence à vie, à accorder une
impunité à vie au président de la République et à nommer une seconde
Chambre. Ainsi, Ben Ali pourra certes se représenter aux prochaines
élections présidentielles, mais, une fois à la retraite, si retraite il y
a, il ne pourra être poursuivi par la justice de son pays et peut-être se
trouver une petite place dans la seconde Chambre. Enfin, il faut aller
sur le site "Tunezine.com" pour lire une voix tunisienne vraiment
discordante. A sa une, "ce magazine en ligne gratuit copié et collé à
Tunis" propose son propre référendum. A la question "Selon vous la Tunisie
est ?", il propose cinq réponses, au choix : "Une république ; un royaume
; une prison ; un zoo ; rien". Puis, un peu plus loin, une journaliste se
penche sur létat de la démocratie à la tunisienne avant dasséner :
"Dautres dictatures ont vécu, puis sont tombées. Celle-ci est déjà en
train de sautodétruire, et crèvera de sa propre médiocrité." Dans une
vibrante tribune envoyée à "Courrier international", le journaliste
Taoufik Ben Brik sinsurge contre les 99,61 % de vote en faveur du
référendum de "la momie Ben Ali". Ce pourcentage est, selon le journaliste
tunisien, "la marque déposée des despotes". Le président de nouveau
éligible "a en fait donné un coup darrêt à la vie politique tunisienne
pour les dix ans à venir". Pourtant, Ben Brik ne veut pas perdre la foi en
son pays : "Sans un sou et malmenés, mais tenaces et toujours debout, nous
sommes encore beaucoup à refuser de nous rendre."
Ph J
©
Courrierinternational.com
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| Lundi 27 mai 20002. |
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Une histoire d'amour pas
comme les autres
Lui et moi, c'est une grande histoire d'amour. Lui
c'est l'unique, le roi, le soleil, le beau temps et la pluie... Il est à
la fois mon meilleurs fils et mon seul père. Je l'ai connu tout petit
juste après ma puberté. On s'est rencontré pour la première fois le jour
de sa naissance dans un bain maure pas loin de Sousse. Je passais par là
par hasard mais le destin a fait que l'on se sépare rapidement. Il faut
dire qu'en ce temps, je n'étais pas encore tout à fait libre. J'étais
encore un enfant inexpérimenté et ignorant. Ainsi je n'ai pas pu me rendre
compte que j'ai passé à côté de mon meilleurs fils. Vers 1956, je fais une
fugue et je prends mon indépendance. Des milliers de personnes m'ont aidé
pour avoir cette indépendance. L'histoire n'a voulu en garder qu'un :
Bibi. Ce dernier, s'est vraiment occupé de moi. Il m'a gâté et il m'a
bichonné. Il m'a été assez fidèle un certain temps. Il a été très
intentionné. Mais vers les années 70, il ne pouvait plus m'honorer. Il est
devenu vieux, sénile et impuissant. Mais le comble, c'est qu'il a commencé
à faire des conneries. Il laissait ses amis et ses proches abuser de moi.
Eh oui c'était dur.
Mais un jour il a eu la bonne idée de me présenter
Benavie, et là j'ai vraiment vu l'homme de ma vie et j'ai craqué. Benavie,
était très discret, très attentif et surtout très ambitieux. Moi j'étais
en manque de tout mais surtout d'un homme. Notre relation était très
secrète au début. Mais avec le temps et surtout avec l'absence croissante
de Bibi, on a eu le temps de mieux se connaître. Tout se passait bien
jusqu'au jour où le bruit sur notre relation commence à courir. Tout le
monde commence à se douter qu'il y avait quelque chose entre nous. Alors
Benavie et Moi nous avons décidé de ne plus cacher notre amour l'un pour
l'autre. Pour tout vous dire, c'est moi qui ai voulu que notre relation
soit officielle. Mes raisons à cette époque étaient très simples. En
effet, Bibi ne pouvait rien faire et je me faisais sauter par n'importe
qui de passage. J'avais l'impression que j'étais le dessert de tous les
affamés et de tous les assoiffés. J'en avais vraiment marre et je me suis
dis " quitte à être toujours sauté mais que ça soit bien fait et surtout
pas par n'importe qui".
Ainsi, j'en ai parlé à Benavie. Il a été très content. Il
a pris le temps nécessaire pour la méditation et un beau jour d'automne,
il a pris sa décision. Il a surpris Bibi et l'a obligé à me quitter et il
m'a déclaré sa flamme devant tout le monde. Il a fait encore plus fort, il
a pu me réconcilier avec toute ma famille, qui avait honte de moi. Ca,
s'était très fort de sa part. Il a convaincu toute ma famille que je ne
vais plus me faire sauter par n'importe qui, et que tout ce que j'ai fait
après ma fugue n'était que des erreurs de jeunesse. Encore plus fort, il
leur a promis de vivre en paix. Mais surtout il les a rassuré sur mon
avenir. Tout le monde l'a cru même moi qui le connais si bien je l'ai cru.
C'est à ce moment là que nous avons commencé à vivre nos meilleurs
moments. Il m'offrait des bijoux, des voitures, des maisons, de l'argent,
des téléphones portables et des fringues sans oublier les voyages. Mais je
ne sais pas pourquoi il ne m'offrait pas de bons livres, ne me prenait pas
voir les bonnes pièces de théâtre ou les bons films et il ne me laissait
même pas lire les journaux étranger avant que lui ou un de ses amis le
fasse. Mais, je me disais que tant que je mangeais bien et tant que je
vivais bien ce n'était pas très important.
Mais comme le bonheur ne dure pas, cette lune de miel n'a
pas duré. Il a repris les mauvaises habitudes de mes ex. En effet, au
début il a commencé par me présenter sa famille et ses amis, mais après
ces derniers ont commencé à abuser de moi. Je pensais qu'il n'était pas au
courant, mais je me suis rendu compte que parfois il l'était et qu'il
laissait faire. Alors tout le monde s'est servi. Je me suis rendu compte
que je ne suis même plus qu'un dessert mais un repas entier avec entrée,
plat et dessert. Pire encore, avec Bibi j'étais plus au moins respectée à
l'extérieure et ce malgré ma débauche. Mais les amis de Benavie, m'ont
ridiculisé, du coût je ne vais chez aucune de mes amies et aucune d'elles
ne me rend visite. Il faut que je reconnaisse qu'à un moment j'ai aimé
cette vie de débauche et je m'efforçais de servir le maximum de personne.
Mais là je n'en peux plus car tout le monde veut se servir. En plus, je me
suis rendu compte que les bijoux qu'il m'a offert étaient des faux, la
voiture avait un moteur en plastique et une tôle en carton, les maisons
étaient trop petites et en verre, l'argent ne me servait qu'à rembourser
les crédit à la consommation, les portables ne me servaient qu'au vice et
enfin les fringues qu'il m'offrait étaient transparents l'hiver et lourds
l'été et comme c'est lui qui décide de tout je ne pouvais pas inverser les
saisons. En ce qui concerne les voyages, il ne me faisait voir que des
femmes qui sont dans une situation pire que la mienne. Aujourd'hui, j'ai
envie de consommer autre chose. J'ai envie de rêver, de sortir, de côtoyer
les gens qui sont mieux que moi, de voir les films que je veux et de lire
les journaux et les livres que je veux. Mais il ne me laisse pas le
faire.
Ca fait au moins 8 ans que je suis dans cette situation.
J'ai essayé à plusieurs reprises d'en parler à mon Benavie mais on
m'interdisait souvent de lui en parler. Les rares moments où j'ai pu le
faire, il m'a fait comprendre que ça ne le dérangeait pas que je me fasse
sauter et que je ne pourrais jamais trouver un mec comme lui. Parfois
quand je lui en parle, il se montre très violent, il me bat, il me viole,
il me torture. Alors j'ai essayé de faire entendre ma voix autrement. Mais
chaque fois que quelqu'un prenne ma défense on le torture, on le bâillonne
où on l'achète. J'ai essayé de voir du côté de ma famille. Mais à ma
grande déception chacun des membres de celle-ci souffre de l'un de ces
quatre handicaps : la peur, l'ignorance, l'arrivisme ou l'impuissance. En
regardant de plus prés je me rend compte que ma famille est schizophrène.
D'un côté elle n'arrête pas de se plaindre et de l'autre côté elle dit
qu'elle est contente, épanouie et satisfaite.
Tenez, dernièrement, il a demandé l'avis de cette famille
(la mienne) sur notre divorce mais cette dernière à osé dire non et ce
d'une façon majoritaire. Ils veulent que je continue sa vie (je dis bien
sa vie car moi, je suis immortelle) avec lui. A 99% ils sont d'accord pour
que je continue à être usée et abusée au moins pour 10 ans encore. Mais
moi je ne l'aime plus, il me dégoutte et il me fait peur. En plus je
commence à être sûre qu'il ne m'aime pas non plus et qu'il ne m'a jamais
aimé. Je pense même que ce qui le retient se sont ses amis car ils savent
qu'ils ne pourront plus me tirer s'il me quitte.
Et puis d'un autre côté s'il me laisse tomber, qui me dis
que le prochain ne fera pas comme lui, et là il faudrait que je me
réadapte avec la nouvelle famille et les nouveaux amis et rebelote. Pour
le prochain, je ne sais même pas si je pourrais compter sur ma famille
(vous). Tout ce que je sais par contre c'est que aujourd'hui je ne suis
fier ni de moi, ni de lui ni de ma famille donc de vous.
D'ici là je vais continuer à me prostituer moi et ma
famille pour les beaux yeux de mon mec à moi Benavie, en espérant que ses
amis vont se rassasier et vont arrêter d'abuser de moi un jour.
Devinez qui suis-je et qui êtes vous ? J'ai honte de moi car j'ai
honte de mon pays Ecrit par un jeune tunisien : Je suis
le CHE'T
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| Mardi 28 mai 2002. |
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Don't cry for us Tunisia
It won't be easy, you'll think it strange When we try to explain
how we sold you But we still need your love after all that we've done
You won't believe us All you see are Tunisians you once knew
But they're ready to vote From eight to eight against you
We had to let it happen, but we had to change Couldn't stay all our
life down in the dumps Looking from outside, staying out of the battle
We chose slavery Leaving off freedom, giving up dignity
Everything exhorted us But we never accepted it
Don't cry for us Tunisia The truth is we never left you All
through our exiled days Our senseless existence We kept our
engagement Don't keep your dictator
And as for misfortune, and as for disaster We never asked them to
But it seemed to them they were legal
They are deceptions They are not the solutions they testified to be
The faith was here all the time We love you and hope you love us
Don't cry for us Tunisia The truth is we never left you All
through our exiled days Our senseless existence We kept our
engagement Don't cry for us Tunisia The truth is we shall not run
away It would be fierce For you to accept us We're Tunisia
And always will be
We chose slavery Leaving off freedom, giving up dignity
Everything exhorted us But we never accepted it
Don't cry for us Tunisia The truth is we never left you All
through our exiled days Our senseless existence We kept our
engagement Don't cry for us Tunisia The truth is we shall not
leave you It would be fierce For you to accept us We're
Tunisia We're Tunisia
Don't cry for us
Ivan Le terrible
|
| May 27, 2002. |
|
SHAME ON YOU
Israeli exports to Arab countries down 39% in
Q1 Imports from Arab countries also declined 2% in the first quarter of
2002.
Sapir Peretz 20 May 02 Published by Globes - May 20,
2002
Israeli exports to Arab countries plunged 39% in the
first quarter of 2002, to $21.3 million, compared with the corresponding
period last year, according to Israel Export Institute figures.
Imports from Arab countries also declined 2% in the first quarter to
$16.4 million, compared with the first quarter in 2001. Imports from
Jordan increased by 8% to $10.4 million, while imports from Egypt fell 5%
to $4.7 million. The Export Institute reported that imports from
Morocco grew by 96% in the first quarter of the year to $670,000.
Imports from Lebanon amounted to a negligible $1,500. While Israel
exported goods to Saudi Arabia, Bahrain, the United Arab Emirates,
Tunisia, Kuwait, Oman and Qatar, there were no imports from these
countries in the first quarter. Israel Export Institute chairman
Shraga Brosh said the deteriorating security situation in the first three
months of the year had a detrimental effect on Israeli trade with Arab
countries and was the main reason for its decline.
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| Lecteur assidu - May 26, 2002. |
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