Proxy n°11
Pulp fiction

- Qu'est-ce que les géniteurs de ZABA ont dit après avoir vu leur bébé pour la première fois ?
- La prochaine fois on fera mieux car on ne pourra jamais faire pire.

Salle Karthago - Palais de Courtage - Lundi 27 mai 2002

Hwidi l'air anxieux s'adresse à son tuteur "Trop c'est trop, monsieur le président à vie cette fois ils nous ont eu ces traîtres de l'opposition via leurs parrains occidentaux! J'ai dénombré pas moins de 500 articles de presse et dépêches d'agences qui ironisent de notre score au référendum, je pense qu'on est allé trop loin cette fois ci !"
ZABA affiche son air pince-sans-rire habituel "Qu'ils aillent au diable 99.61% n'est pas loin du pourcentage de mon ami Chirac pourtant eux votaient contre la xénophobie et nous pour la tolérance et les droits de l'homme ! Ça explique tout non ?"
GUNSoui n'arrivant pas à retenir sa nausée s'adresse fougueusement à ZABA sans peser son verbe grossier coutumier "Bordel de merde, tu vas arrêter ton cirque ou non ? Droit de l'homme mon cul, tu voulais ton immunité de merde et tu l'as eue et c'est moi qui ai payé la rançon, maintenant il faut que tu nous trouves une parade pour sortir de cette impasse ? Nous sommes la risée du monde maintenant bouffon !" Un silence monstre règne pour quelques interminables secondes sur la salle Karthago mais ZABA l'interrompt vite avant que l'un de ses ministres pisse dans son froc et sans recourir à son Uzi " Hwidi, veux tu du Kiwi ? Goujat, un verre de Muscat ? M'henni va coucher il est 22h00 ta mère va s'inquiéter mon petit" Abasourdit par la légèreté de ZABA, GUNSoui fait un bond spectaculaire, comme s'il était sur un "autre" siége éjectable, et se dirige vers le premier obstacle et commence à cogner sa tête à tout va sur une colonne de marbre vieille de 2000 ans ! Non soucieux le moindre du monde ZABA pousse la comédie plus loin et demande au peintre bâtiment mosaïque de GUNSoui de faire attention à la colonne romaine en ajoutant " C'est pas bien ce que tu fais GUNS cette colonne est un patrimoine national, tu vas la fissurer avec ta tête de turc comme l'autre fois où tu as presque démoli mon château de Sidi Bou Saïd, maintenant même ce squatteur de Belhassen refuse de nicher dedans " Goujat court au secours de GUNS et l'invite à retenir sa colère "T'en fais pas GUNS personne ne va faire attention outre mesure à l'aboiement de ces vendus à l'occident, la tempête passera dans quelques jours et on retrouvera le nirvana d'antan pour 14 années de plus" GUNS réplique sur le vif "Non je ne crois pas cette fois on est tous cuits "
La cuisson est devenue depuis le 11 avril 2002 le thème favori des blagues qui circulent lors des conseils ministériels et Goujat ne rate pas l'occasion et invite tout le monde à écouter la dernière " Vous savez que feu Skik et 4 de ses lieutenants qui ont brûlés vifs lors de l'accident de l'hélicoptère étaient diabétiques ?" Mmmhoney qui était sur le point de partir revient à la charge et balance sa question "Et comment tu l'as su avant moi ?" ZABA se met débout et emmène son ministre dehors en lui chuchotant dans l'oreille "Honey, il est temps que tu nous quitte et n'oublies pas d'apprendre par cœur les chiffres que je t'ai communiqué par fax hier, les vrais oublies les pour toujours ils sont très décevants pour un homme de ma stature" Mmmhoney rassure son patron "Tu peux compter sur moi, je ne suis pas comme ce Kobbi lui il est vraiment con, allez bonne nuit capo"
ZABA retourne en courant à la salle pour ne pas perdre la suite de la farce mais ses sinistres étaient déjà par terre morts de rire !!! "Alors connards vous oubliez que je suis votre empereur ou quoi ? Vous omettez que vous me devez un peu plus de respect depuis le référendum ?" Personne ne fait attention aux grondements de la gourde de ZABA et tout le monde répète sans cesse le mot "Caramel" Vexé ZABA prend Goujat en otage et enfonce son Uzi dans la bouche du pauvre scribouillard "Si vous ne me racontez pas la suite de la blague j'exécute votre clown sur le champ" Bokassa court vite vers sa petite amie de Goujat et balance tout à ZABA "Voilà mon chef comment il a su que les militaires étaient diabétiques. C'est simplement parce que les habitants du lieu du drame ont senti le caramel pendant 2 jours consécutifs" Une hystérie générale s'empare du groupe pendant que le malheureux Goujat court vers les vestiaires changer son pantalon mouillé alors que le rire dantesque de ZABA était audible à 7 kilomètres.
Après une bonne demi-heure de gaieté ZABA rouvre les hostilités "Pour un moment j'ai pensé que vous avez su de mon schéma diabolique car l'odeur du caramel émanait du combustible de l'hélico que j'ai mixé avec du sucre et non des dépouilles de ses putschistes qui voulaient me refaire le coup du certificat médical" GUNS s'adresse à ZABA " Mais pourquoi tu racontes ça aux autres ? On s'était pourtant mis d'accord afin de garder ce secret entre nous " Non perturbé du tout ZABA répond "Moi je peux dire tout ce qui me plait et devant tout le monde, depuis hier j'ai l'immunité et l'impunité" Par pure jalousie et convoitise GUNS réplique "Monsieur le président, toi qui sais tout, peux tu me dire qu'est ce qui mesure 50 centimètres et qui pend devant un trou du cul ?" ZABA intrigué par la question piége commence à se gratter les couilles comme s'il cherchait quelque chose alors que GUNS fonce vers la porte à toute vitesse sans même attendre la réponse en criant "Ta cravate ZABA, ta cravate connard"

ettounsi de tunezine
mardi 28 mai 2002

Les Zabacteurs classés analphabétiquement :
Les parents de ZABA : On s'en fiche ils sont tous morts
ZABA empereur d'outre merde : Zine el Abidine Ben Ali
Belharsia Troublesi : Belhassen Trabelsi
GUNSoui GUNS : Mohamed Ali Ganzoui
Bokassa : Abderrahmane Guesmi
Mallah Kobbi : Abdallah Kâabi
NonRSF Goujat : Moncef Gouja
MmmHoney : Hédi M'henni
Hwidi Kiwi : Fethi Houidi

Fond sonore - Pulp fiction.

Ben Avi la momie

Charlie Chaplin

Maintenant que le référendum sur le maintien du président Ben Ali au pouvoir … jusqu’à la mort, est terminé, y a-t-il une urgence sur laquelle doit se porter notre vigilance ? Le poète des poètes, Pouchkine, nous fusille : «Hé, seigneur, cria le cocher, pauvres de nous : c’est la tempête !».
Il existe ce que l’on appelle «l’attitude pendant l’orage». Quand on est pris sous une averse soudaine, on peut, soit courir le plus possible, soit s’élancer pour s’abriter sous les avancées des toits des maisons qui bordent le chemin. De toutes façons, on sera mouillé.
Vous avez passé probablement la journée du 26 Mai à réfléchir, assis sur le perron de votre demeure ? Vous avez le nouveau projet de réforme étalé devant vous, à même le sol ? Vous avez découpé tous les articles de la presse locale analysant l’engouement des Tunisiens pour la République de demain ?
Non ? Eh bien, moi non plus. Puis-je vous donner en avant première le résultat : 99,61% … la marque déposée des despotes. Il y en a quand même qui se sont abstenus. Une poussière d’individus.
Nous savons et vous savez, qu’il importe peu de savoir l’issue courue d’avance de ce référendum. N’avez-vous jamais l’impression de regarder un combat de pure forme alors que la bataille se déroule ailleurs ?
Seulement, il y a des votes de pure forme qui sont importants. Ce 26 Mai, les Tunisiens, assure-t-on, ont voté en masse (98% de participation) pour une refonte de leur texte fondamental. La grande toilette du printemps : sur les soixante dix-huit articles qu’il contient, trente sont modifiés.
Le bourrage des urnes, donne en fait un coup d’arrêt à la vie politique du pays pour au moins dix ans. On sait que jusqu’à présent un président en exercice ne pouvait prétendre qu’à trois mandats. La nouvelle constitution permet que «le président de la République est rééligible». Résultat, Ben Ali dont le troisième mandat se termine en 2004, pourra se présenter au moins encore deux fois.
Ainsi Ben Ali nous condamne à supporter son Olympe. Il s’est muré vif et nous avec, dans ce sarcophage qui lui donne les suprêmes pouvoirs et une immunité intemporelle. UN SURPRESIDENT. EL PRESIDENT. L’immortalité au bout.
Désormais tout est clos. Sans issue. La seule soupape de sécurité, c’est la Securitate. Sur l’échiquier les pièces maîtresses sont comme pétrifiées. Un coup de berger qui neutralise et suspends la partie. Le temps pris en otage, confisqué.
Sur quoi va-t-on déboucher ? Un romancier d’une autre contrée, Mikhaïl Boulgakov, est l’auteur d’un jugement terrible. Ce romancier préfigure Tunis city de demain dans sa narration : «Oh ! seul celui qui a déjà été vaincu sait ce que signifie ce mot. Il ressemble à une chambre dont le papier est mangé par une moisissure verte… Il ressemble à du beurre rance, à un petit monstre rachitique, à des injures obscènes lancées par des voix de femmes dans l’obscurité. En un mot : il ressemble à la mort».
Je veux juste rappeler la question posée par les Anciens : peut-on réveiller quelqu’un qui dort sans le fâcher ? ce n’est plus d’une fiole scellée que s’échappent les djinns, et si on s’en tient aux contes de schéherazade, les bouteilles mortelles sont disséminées sur tous les sentiers.
La porte qui vient d’être enfoncée ne va pas se refermer de sitôt. Car, comme le dit si bien Octavio Paz : «Dans un monde clos et sans issue, où tout est mort, l’unique chose qui vaille, c’est la mort !».
Depuis ce 26 Mai meurtrier, je pense à ce qui nous attend, et cela me donne envie de pleurer. Mais aussitôt je peste contre moi-même et je résiste toute la journée, participant et m’acquittant de mes devoirs quotidiens de journaliste du samizdat Kaws El Karama (l’Arc de la Dignité). Mais tous les soirs, sans faute, je sens s’effondrer d’autres pierres sur lesquelles repose mon espoir. Mon amie Sihem Bensedrine, mon frère, Jalel, mon épouse, Azza me retiennent et je les retiens. Nous nous refusons à partir, même s’il est de plus en plus difficile de vivre ici. Je leur dis que quelqu’un doit rester pour soutenir les poutres du toit, puis je m’endors pour ne pas pleurer.
Demain, j’essuierai mes larmes et je me convaincrai que l’heure est venue de sortir les griffes et de serrer les dents, pour s’attaquer à LA CREATURE qui s’est octroyé un droit de vie et de mort sur le pays qui est le mien.
Sans un sou et malmenés, mais tenaces et toujours debout, nous sommes encore beaucoup à refuser de nous rendre.

Taoufik BEN BRIK

Sophie - Lundi 27 mai 2002.

"Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate " Dante Alighieri, Inferno, Canto III

Voyage dans la tête de
16 420 aliénés

16 420 Tunisiens ont voté NON au dernier référendum. Un chiffre qui m'inquiète. Ces individus marginaux méritent toute notre attention. Je suis bien curieux de savoir ce que se passe dans la tête de ces aliénés. Ont-ils été intoxiqués par la propagande mensongère diffusée par certains médias étrangers, connus pour leur parti pris et hostiles à la Tunisie ? Sont-ils des obsédés, des accros des sites pornographiques de l'opposition ? Etaient-ils, le jour du scrutin, en possession de leurs pleines capacités physiques et morales ? Souffrent-ils de distraction chronique ou d'absence mentale sporadique ? Ont-ils voté NON par conviction ou par simple coup de tête qu'ils regrettent maintenant ?
Ce chiffre ahurissant m'amène à l'amère conclusion qu'il existe encore des poches de résistance qui représentent une menace permanente à l'hygiène mentale de notre peuple. Je tire le premier la sonnette d'alarme. Une poignée d'individus marginaux, excentriques, désaxés, désorientés, déboussolés, bref aliénés risque de contaminer notre saine société. Que faire ?
On doit tout d'abord isoler cette catégorie d'individus, éviter qu'elle entre en contact avec les gens sains d'esprit. On doit soumettre ces brebis égarées à une quarantaine dont la durée dépendra de l'évolution de l'état psychique de chacune d'elles. Mais il ne suffit pas d'isoler, il faut aussi rééduquer. Je propose la création d'un centre de rééducation par gouvernorat. Les aliénés politiques y seront hébergés aux frais de l'Etat. Dieu merci notre pays ne manque pas de personnel compétent spécialisé dans la rééducation. Comme lecture, les internés n'auront droit qu'aux deux quotidiens du Parti. Ils seront exposés aux discours du Président au moins 7 heures par jour. Des tests oraux et écrits, effectués au moins une fois par semaine, serviront à étudier l'évolution de l'état mental de chaque rééduqué. Il n'est pas exclu que certains médicaments soient associés aux cours théoriques dispensés aux internés. Certaines catégories de médicaments peuvent aider énormément les têtes dures à assimiler les matières qui leur sont enseignées. Les discussions entre aliénés se feront toujours en présence d'au moins un rééducateur. Si les ressources budgétaires le permettent, des caméras et des microphones seront placés dans les dortoirs des centres de rééducation. Ces moyens permettront de suivre de près l'évolution du comportement et des pensées des rééduqués. Aucun contact avec le monde extérieur ne sera toléré. Les visites familiales seront bannies, car elles risquent de saboter le travail des rééducateurs. Les directeurs des centres de rééducation sont les seuls habilités à signer une décision de libération d'un aliéné politique. Les psychiatres donneront, bien sûr, leur avis, mais la décision finale revient à l'Administration.

Omar Khayyâm

Lundi 27 mai 2002.
Référendum du 26 mai : Communiqués

المؤتمر من أجل الجمهورية
حتى تتحقق السيادة للشعب والشرعية للدولة والكرامة للمواطن

Le Congrès pour la République
Communiqué

Le 27 Mai 2002

Le régime tunisien a organisé le 26 Mai une parodie de consultation populaire, baptisée pompeusement référendum et ayant pour seul objectif de jeter un voile de légitimité sur les prétentions de M Ben Ali, à l’immunité à la présidence à vie et à la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains.
Considérant que
• Les modifications les plus importantes introduites dans la constitution sapent les fondements du régime républicain et de la citoyenneté.
• La procédure d’appel aux urnes était non conforme aux lois en vigueur.
• L’absence des condition minimum d’une consultation démocratique.
• L’appel au boycott de tout ce que compte le pays comme forces politiques et associatives crédibles et représentatives.
• La non participation de la population à ce pseudo-référendum qui a surpris par son ampleur.
• L’échec patent du pouvoir, malgré ou à cause des scores imaginaires affichés à cacher l’étendue du boycott populaire.
Le C.P.R.
• Se félicite de l’attitude des Tunisiens, qui ont répondu par un boycott franc et massif ; à ce qui était aussi bien une insulte à leur intelligence, qu’une confiscation de leurs droits,.
• Considère comme nul et non avenu ce pseudo référendum et tient pour illégitime et illégal tout ce qui en découle.
• Demande à ce que se réunissent, dans les plus brefs délais, les représentants de tous les partis politiques de l’opposition réelle, ceux de la société civile, ainsi que personnalités indépendantes ; dans le cadre de la conférence nationale démocratique , pour jeter les bases d’une constitution instaurant la République et l’Etat démocratique , et devenant la base du combat du peuple tunisien pour sa liberté.
• Décide de saisir les instances compétentes des Nations Unis en vue de trouver une réponse juridique et le cas échéant politique invalidant la confiscation de la souveraineté populaire, en violation de L’article 25 du Pacte des droits civiques et politiques, l’article 2 de la déclaration du droit des peuples à l’autodétermination de décembre 1960.
• Appelle les démocrates du monde entier à soutenir le peuple tunisien dans sa lutte pour ses droits en refusant de reconnaître tout ce qui peut découler d’une pseudo constitution imposée par la force et la falsification.

Le Congrès pour la République
Le président
Dr Moncef Marzouki

حزب المؤتمر من أجل الجمهورية
حتى تتحقق السيادة للشعب والشرعية للدولة والكرامة للمواطن

بلاغ
27 ماي 2002

أقدمت السلطة في تونس يوم 26 ماي على تنظيم مهرجان جديد من التزوير المفضوح لإرادة الشعب أسمته استفتاء حول الدستور وهو مجرّد تمثيلية لإضفاء غطاء من الشرعية على سعي السيد بن علي وراء الرئاسة مدى الحياة والحصانة المؤبدة وتجميع كل سلطات الدولة بين يديه.
واعتبارا للعوامل التالية
• أن أهمّ التنقيحات المدخلة على الدستور تتنافى مع مبادئ الجمهورية وحقوق المواطنة.
• أن الدعوة للتصويت كانت غير قانونية حسب القوانين المعمول بها في البلاد.
• أن الشروط الدنيا لاستفتاء ديمقراطي كانت مفقودة تماما .
• أن كل القوى السياسية والمجتمعية الممثلة وذات المصداقية و الفعالية قرّرت المقاطعة ودعت الشعب لذلك .
• أن الشعب قاطع الاستفتاء المزعوم بصفة فاقت كل التوقعات.
• أن الأكاذيب المعهودة للسلطة وأرقامها الخيالية فشلت في التغطية على عمق وانتشار المقاطعة الشعبية.
فإن حزب المؤتمر من أجل الجمهورية:
• يسجّل بفخر واعتزاز موقف شعبنا الذي واجه عملية تسخر من ذكائه وتعتدي على حقوقه وكرامته بما يتطلبه مثل هذا الاعتداء من رفض صريح وشامل.
• يعتبر لاغيا وغير شرعي هذا الاستفتاء المزعوم وكذلك جميع ما سيتمخض عنه.
• يطالب القوى السياسية والمجتمعية والشخصيات المستقلة بدعوة المؤتمر الوطني الديمقراطي في اقرب الآجال لإعداد مسودّة دستور يبني الجمهورية ويؤسس الدولة الديمقراطية، ويكون الأرضية التي تتوحد حولها قوى الشعب في المستقبل للنضال من أجل الحرية.
• يعلن عن عزمه القيام بالإجراءات اللازمة اتجاه الهيئات الأممية المختصة في سبيل إيجاد الحلول القانونية - وإن اقتضى الحال السياسية- التي من شأنها إبطال هذا الاستفتاء المزعوم بما يمثله من عدوان على السيادة الشعبية لأهل تونس.
• يتوجه بنداء حار لكل الديمقراطيين في العالم لمساندة الشعب التونسي في نضاله من أجل استعادة سيادته وكرامته وعدم الاعتراف بشرعية كل ما ينبثق عن استفتاء مزيف فرض على الشعب التونسي بالقوة والتزوير.

عن المؤتمر من أجل الجمهورية
الرئيس
د. منصف المرزوقي


Lundi 27 mai 2002.
Mouvement Ettajdid

Mouvement Ettajdid
Secrétariat
5, rue Métouia, 1069 Tunis
Tel./Fax : 00216 71 240 981

COMMUNIQUE DE PRESSE

Après le scrutin du 26 mai 2002 et la proclamation des résultats du référendum sur les amendements apportés à la Constitution,
Le Mouvement ETTAJDID considère que ce référendum s’est déroulé dans les conditions caractérisées par la précipitation et l’absence de tout débat, toute opinion divergente ayant été réduite au silence par divers moyens tels que la saisie d’Attariq Al Jadid et les obstacles à sa diffusion, la décision illégale d’exclure notre Mouvement de la campagne référendaire et la monopolisation de tous les espaces par le parti au pouvoir et les partis qui ont soutenu inconditionnellement le « oui ».
Tant pour les conditions de son déroulement que pour ses résultats, ce référendum ne saurait donc être considéré comme une expression authentique des aspirations de la société. Il n’a été tenu compte, en effet, ni des revendications du mouvement démocratique et des larges secteurs de l’opinion publique, ni de la nécessaire évolution effective de la vie politique dans le sens de la détente et de l’abandon des pratiques dont l’expérience a montré les effets néfastes pour le pays.
Aujourd’hui comme avant le référendum, tous les problèmes politiques demeurent entiers, notamment ceux qui concernent les libertés et le pluralisme.
Cela impose aux partisans de la Démocratie et du Progrès d’assurer leur responsabilité historique dans la construction d’un mouvement démocratique fort et unifié, capable de peser sur le rapport des forces en vue de réaliser le tournant démocratique qu’attend notre pays

Fait à Tunis, le 27 mai 2002
Pour le Secrétariat du Mouvement Ettajdid
Le Responsable de l’Information
Adel Chaouch


 
O.M.C.T.

L'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) est gravement préoccupée pour l'avenir des droits de l'homme en Tunisie

COMMUNIQUE DE PRESSE

Aux représentants de la presse
Genève, le 27 mai 2002

L'Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) est très vivement préoccupée par l'avenir des droits de l'homme en Tunisie, suite au
référendum constitutionnel qui vient d'être approuvé par plus de 99% des votants, selon le Ministère de l'Intérieur.
En effet, il est à craindre que cette nouvelle constitution ne soit utilisée par le Président de la République pour museler davantage, si
faire se peut, les voix discordantes dans le pays, et institutionnaliser un pouvoir personnel déjà largement exercé dans
les faits.
De plus, en violation du code électoral en vigueur (articles 136 et suivants), le Président Ben Ali s'est approprié par décret le
contrôle des opérations de vote, allant jusqu'à définir la couleur des bulletins : blanc pour le OUI, noir pour le NON.
Par ailleurs, alors que le décret présidentiel ne prévoit que la ville de Berne comme lieu de vote pour les Tunisiens vivant en Suisse, l'OMCT a pu constater que plusieurs bureaux de vote ont été
installés à Genève et Lausanne, ce qui laisse planer un doute important quant à la régularité des résultats.
L'OMCT, dont la lutte contre l'impunité est une priorité, constate que celle-ci est désormais constitutionnalisée par le nouvel article
41 par. 2, qui prévoit que le Président de la République bénéficie de l'immunité juridictionnelle durant l'exercice de ses fonctions et après l'exercice de ses fonctions. Ceci signifie qu'il bénéficie d'une impunité totale face à l'ensemble du corpus législatif de son pays, pour n'importe quel crime ou délit, et ceci jusqu'à sa mort.
Enfin, puisque selon les concepteurs et défenseurs de la nouvelle constitution, les droits humains et les libertés individuelles seront renforcées grâce à ce texte, l'OMCT sera donc particulièrement attentive dans l'avenir à la situation des droits de l'homme en Tunisie.

Contact OMCT : Christine Ferrier +4122 809.49.39

Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)
World Organisation Against Torture (OMCT)
Organización Mundial Contra la Tortura (OMCT)
8 rue du Vieux-Billard
Case postale 21
CH-1211 Geneve 8
Suisse/Switzerland
Tel. : 0041 22 809 49 39
Fax : 0041 22 809 49 29
E-mail : omct@omct.org
http://www.omct.org

 

لا نبالي بهكذا استفتاء

كثر نعيق النظام في الأيام الأخيرة عن جدوى و استحقاقات تحوير الدستور من حيث هو تأسيس لجمهورية الغد المنشودة زعموا!! وانبرت أطراف من النظام نفسه لترحب و تبارك هذه الخطوة التي ستدخل بتونس إلى مصاف الدول الكبرى سياسيا على الأقل ما دامت المسالة الاقتصادية خارج سيادة النظام و يشرف عليها سماسرة رأس المال العالمي و صندوق نقدهم عجل الله بكسره, و لعل حزب الدستور صدق و لو للحظة أن مهزلة الاستفتاء ستملك شغاف قلب المواطن التونسي و تشغله عن مكابدة العذاب اليومي في رحلة بحثه عن قوت عياله و تجعله يشرأب بعنقه و يطير شوقا ليوم الاستفتاء الموعود ليخرج في فلق الصبح جريا إلى مراكز الاقتراع و يمسك بالورقة السحرية ليلقي بها في غياهب الصندوق ذي القفلين و يهز بالورقة الأخرى التي كتب عليها كلمة لا فتتساقط عليه أموالا و رخاء و مواطن شغل جديدة بعد هذا الفتح المبين الذي عاد علينا بدستور جديد و برئيس أعيد طلائه ليتناسب مع إحداثيات المرحلة لنكمل سوية المشوار الذي جمعنا به منذ فجر الملحمة ذات فجر من شهر نوفمبر سنة سبع و ثمانين و تسعمائة و ألف ميلادية. لعل هذا ما يداعب خيال الطاغية و حاشيته و لكن المؤكد و الذي لا يحتمل النقاش أن هذا الاستفتاء سيمر غير مأسوف عليه كالذي سبق من الانتخابات دون أن تتحرك للمواطن التونسي العادي- لا المتواطئ مع إرهاب الدولة- و لو شعرة فالتونسي فقد الثقة في حاكميه منذ فجر الاستقلال المزعوم و سيطرة حزب الدستور على الحكم دون أدنى اعتبار لرأي المواطن و دون استشارته اللهم إلا في مناسبات كاستفتاء الغد المعلوم النتائج مسبقا حيث التزوير و الغش و شراء الذمم سمته الغالبة و ديدنه الذي لا يحيد عنه ولو قيد أنملة.
.إن المواطن التونسي لا يعنيه بقي بن علي في الحكم أو جاء غيره بقدر ما يعنيه أن يعيش كريما عزيزا في أرضه آمنا على ماله و عرضه لا يخاف أن يرى رأيا فيما يجري حوله و ينتقد و يفضح كل ظالم أو طاغية كائنا من كان. ليعلم الجميع إن هذا الاستفتاء المزعوم لا يستحق كلمة تقال عنه أو حبرا يسكب فيه أو كل هذه الفرقعة الإعلامية التي تدور رحاها كل يوم فنظام السابع من نوفمبر و حزب الدستور نظام غير شرعي و كل ما يأتي منه غبر ملزم و غير شرعي بالضرورة السببية بما في ذلك ديون تونس الخارجية التي لم يكن للمواطن التونسي فيها ناقة و لا جمل و لا عقد ملزم فكل عقود النظام مع أطراف خارجية و خاصة مع البنك الدولي تسقط بسقوط النظام اللاشرعي. حياة التونسي هي نفسها بالاستفتاء أو من دونه و لا أضنها ستتغير من بعده اللهم إلا نحو الأسوأ فليقيموا الولائم و لينحروا الذبائح و ليحتفلوا بتأبيد حكم كبيرهم ما شاء لهم ذلك فلهم صولة و لنا بعون الله صولات.
عش عزيزا أو مت و أنت كريم
بين طعن القنا و خفق البنود

حـــــســـــونـــــــه
السبت 25 ماي 2002.


 

Tunisie - Pas de débat public autour du référendum sur la révision de la constitution.

Ben Ali, ou la vraie fausse
présidence à vie

Plus de trois millions et demi de Tunisiens doivent prendre part ce dimanche au premier référendum de l’histoire du pays. Enjeu : une réforme de la constitution qui doit permettre au président Zine el-Abidine Ben Ali de rester à son poste jusqu’en 2014.

REPORTAGE
BAUDOUIN LOOS
À Tunis

La «démocratie» tunisienne a ceci de particulier que tout score en faveur du régime qui passerait sous la barre des 99% - même 98,7%, par exemple - serait ici considéré comme une surprise énorme, impensable. C’est donc dire si, écrasés par la chaleur de ces derniers jours, les Tunisois ne semblent guère passionnés par le référendum organisé dimanche dans le pays sur la révision de la constitution.
Le pouvoir n’a pourtant pas ménagé sa peine dans la «campagne explicative » qu’il mène depuis deux semaines. Ministres et dirigeants du RCD (le parti hégémonique) parcourent ainsi le pays pour porter la bonne parole, comme le rapportent avec zèle les comptes rendus publiés dans les journaux. «M. Chédli Neffati, membre du bureau politique du RCD et ministre des Affaires sociales », écrivait par exemple «La Presse» jeudi, «a indiqué devant les membres des cellules professionnelles relevant de son ministère que le référendum offre une nouvelle occasion pour que les Tunisiens attestent une nouvelle fois de leur cohésion autour du guide de la réforme et du dirigeant de la marche victorieuse de la Tunisie.»
En l’occurrence, la réforme introduit dans la constitution une série d’articles pour garantir les libertés fondamentales et les droits de l’homme, créer une seconde chambre (dite «des conseillers»), renforcer le rôle du conseil constitutionnel. Mais il y a beaucoup plus. «Sous le rideau de fumée de la quarantaine d’articles révisés se cachent quatre modifications majeures », nous déclare chez lui Mohamed Charfi, le juriste renommé, ministre de l’Education de Ben Ali entre 1989 et 94 : «le nombre de mandats présidentiels n’est plus limité (avec l’actuelle constitution, le président ne pouvait plus se représenter en 2004), l’âge limite pour postuler à ce poste passe de 70 à 75 ans, le texte procure une immunité pénale à vie au chef de l’Etat pour ses actes commis pendant ses mandats et, enfin, les activités «antinationales» seront désormais punissables… Le seul espoir qu’on pouvait avoir, celui du verrou de 2004 qui aurait dû voir le président s’effacer, va donc sauter !»
Au sommet de la tour flambant neuve qui abrite désormais le quartier-général du RCD, Ali Chaouch, le secrétaire général du parti, balaie ces assertions. « Les limites de mandats et d’âge, pour un président, sont rarissimes de par le monde, et on ne peut empêcher les électeurs tunisiens, avec qui le président a noué une relation de confiance, de le réélire comme cela se ferait dans d’autres pays. Tout le monde, sauf les observateurs de mauvaise foi, peut constater l’unanimité autour du choix du président – qui n’a pas encore d’ailleurs pas encore indiqué sa décision –, ce qui témoigne d’une œuvre de redressement extrêmement bien réussie. »
L’assurance affichée par le régime paraît contredite par son comportement, qui a consisté à verrouiller à double tour l’statement d’opinions contraires. « Je défie quiconque, nous assène Khadija Cherif, sociologue et membre éminent de l’Association des femmes démocrates tunisiennes, de montrer une ligne d’un journal quotidien ou une phrase en radio ou en télévision qui critique le référendum. Il n’y a pas eu un seul débat public contradictoire et même le petit parti d’ opposition reconnu Ettajdid (5 sièges) qui voulait poliment recommander la non-participation, s’est vu privé de temps de parole.»
Ali Chaouch ne conteste pas ce dernier point. « Ettajdid s’est exprimé en commission ad hoc de la chambre et dans son mensuel (le numéro qui expliquait sa position a été interdit, NDLR). De toute façon, ils s’abstiennent, ce qui équivaut au boycott, donc ils s’excluent de la campagne référendaire. » Au siège d’Ettajdid, le trésorier admet avoir touché les subventions pour la campagne, une campagne que le parti n’a donc pourtant pas pu mener…
«Ce régime n’est pas amendable, tranche l’«expert» Mohamed Charfi. Il est miné par trop de corruption, trop de népotisme ; Ben Ali, qui n’est entouré que de béni-oui-oui, a fait disparaître les libertés et les contre-pouvoirs.» Un avis que partage Sihem Bensedrine, un petit bout de femme, journaliste de son état, membre du Conseil national des libertés en Tunisie dont l’intitulé même suffit à expliquer ses gros ennuis avec le régime : « Ben Ali ne peut plus gouverner comme avant car la société civile émerge enfin de sa torpeur, ce qui l’oblige à réadapter son arsenal de répression ; le fameux article 41 qui va lui assurer l’immunité à vie en atteste, son existence même témoigne d ’un terrible aveu de faiblesse. En fait Ben Ali perd de sa superbe !»
Membre du conseil économique et social, un organe consultatif, l’avocat Samir Labidi s’effraie des critiques contre le régime, bien qu’il dise ne pas faire partie du RCD. «La démocratie ne se décrète pas, plaide-t-il, et je me sens frustré quand j’entends toutes ces critiques. Le pays avance pas à pas, et seul l’avenir nous dira si le référendum engendrera plus de libertés, je suis optimiste car il n’y a pas d’autre choix. Il existe beaucoup de vrais démocrates au RCD, mais les acquis se gagnent sur le terrain, pas par décrets.»
Sur le terrain, justement, les libertés s’arrachent avec difficultés, pour dire le moins. «La majorité du peuple souffre du manque de liberté, mais seule une petite élite ose en parler, diagnostique un journaliste qui préfère l’anonymat. Les autres ont peur et refusent le régime… passivement. En tout cas, ils savent : à l’ère d’internet et, surtout, des télévisions par satellite, les chapes de plomb ont leurs failles (1). Mais, même quand la base renâcle, comme celle du syndicat UGTT (quasiment unique dans le paysage) ou celles des petits partis d’opposition légale, les directions n ’en tiennent pas compte et s’alignent sur le RCD.»
Cela dit, la Tunisie officielle s’enorgueillit d’indices économiques favorables confirmés par l’Union européenne qui a conclu avec Tunis un accord d’association dès 1995. Ce «miracle tunisien» souffre toutefois ces dernières années de divers maux, comme la sécheresse qui affecte l’agriculture ou l’après-11 septembre qui frappe le tourisme. La classe moyenne, fierté et exception locale depuis trente années, voit son pouvoir d ’achat érodé depuis longtemps et, dans les conversations privées, un certain ras-le-bol paraît prendre le dessus.
Mais qu’on ne s’y trompe pas, rien n’empêchera le référendum d’afficher en fin de compte les 99% d’acceptation attendus. Ce taximan, qui aurait pu être un vrai opposant, résume : «Avec le maillage de la société à travers les innombrables cellules du parti, le régime sait que tout le monde, ou presque ira voter, et bien voter. Moi qui aime le foot et suis chauvin, j’hésite à pavoiser quand la Tunisie gagne, car je sais qu’«ils» en tireront toute la gloire.»

Le Soir - Belgique

(1) Mercredi soir, la chaîne qatarie par satellite Al Jezira a diffusé en direct une longue interview d’un opposant, Nejib Chabbi, qui a mobilisé beaucoup de Tunisiens devant leurs téléviseurs.

 

(SOURCE:TAGESZEITUNG, BERLIN)

Tunisie: La nouvelle constitution
du président

Après trois mandats successifs, le président Ben Ali veut se porter candidat de nouveau. La constitution le lui interdit. Le peuple approuvera cette nouvelle candidature par voie de référendum

MADRID -taz - Le président tunisien Zine al-Abidine Ben Ali est insatiable. D’après la constitution en vigueur, cet ancien chef de la Sécurité arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1987, devrait prendre sa retraite en 2004. La constitution plafonne les mandats présidentiels à trois. Ben Ali, qui règne en dictateur aux pouvoirs illimités, n’est pas d’accord. Sans tarder, il fait modifier, la constitution.
Bientôt, l’âge limite pour la candidature à la présidence sera ramené à 75 ans. Ben Ali a 65 ans. Avec la nouvelle constitution, il pourra occuper le Palais de Carthage pendant deux mandats supplémentaires. 3,6 millions d’électeurs seront appelés, dimanche prochain, à approuver la nouvelle constitution par voie de référendum.
Ben Ali dit qu’il veut démocratiser son pays. Ainsi l’élection présidentielle sera-t-elle pluraliste et à deux tours, comme en France, du moins sur le papier. En plus de la prolongation de la durée son règne, la novelle constitution prévoit la création d’une deuxième chambre, où seront représentés les régions et les corps des métiers. Le parti de Ben Ali, le RCD, dominera cette chambre avec une majorité absolue, comme c’est le cas au sein du parlement actuel. L’opposition légale est pratiquement inexistante. Autre nouveauté, le personnel du Conseil Constitutionnel sera rationalisé. Cette institution devrait veiller au respect des fondements de la constitution. Pour que ce contrôle soit toujours en harmonie avec l’esprit du président, Ben Ali nomme six parmi les neufs membres qui le composent. Les trois autres sont les présidents des plus hautes cours du pays. Eux aussi sont nommes par le président.

Certes, les quelques opposants qui ne sont pas derrière les barreaux ou en exil, font front commun contre la nouvelle constitution. Mais personne ne doute de la victoire du Oui. Durant les quinze dernières années, Ben Ali a gagné toutes les élections avec des scores supérieurs a 99%. Et si quelqu’un a, un jour, l’idée de juger Ben Ali pour fraude électorale et répression? La nouvelle constitution pense à tout : "Le président jouit de l’immunité durant et après la fin de ses fonctions."

REINER WANDLER
taz Nr. 6756 du 24.5.2002, page 9, 75 TAZ-Bericht

Traduit de l’allemand par
Omar Khayyâm

Samedi 25 mai 2002.

Avant la conférence...

En tant que simples citoyens, nous devons nous atteler à des tâches qui soient utiles et réalistes.
Nous ne sommes pas un parti d'opposition mais nous formons un groupe très hétérogène que je pense représentatif de la population intellectuelle tunisienne.
Quelles sont les priorités à l'heure actuelle?
Faisons, d'abord, un état des lieux.

En premier lieu, nous avons l'hégémonie d'un parti-état - autour d'un dictateur auto-proclamé et auto-plébiscité - sur tous les aspects de la vie de la société civile.

En second lieu, nous avons la masse des moutons qui ferment les yeux, se bouchent les oreilles et se laissent de plus en plus devenir otages du système (par le surendettement, par exemple, suite à l'encouragement de la consommation sans modération etc.) ; ils ont bien envie que ça change mais sans que ça leur coûte quoi que ce soit.

En troisième lieu, nous avons une opposition qui commence à se structurer et à avoir des idées, un programme, une tactique qui se profilent. Je pense notamment au CPR. Les autres composants de la société civile libre sont aussi importants mais sont appelés à clarifier leur position, comme l'ont fait les perspectivistes qui, faute d'avoir le mérite de la constance, ont au moins celui du courage d'afficher leurs convictions.

Il n'y a pas de recette miracle pour le changement. « En vérité, Dieu ne modifie point l'état d'un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes » (Coran 13 – 11) et « Lorsque le Peuple aura envie de vivre, le destin ne pourra qu’accéder à Sa demande » (Aboulkacem Chebbi) C'est donc au peuple que revient le devoir de changer les choses.
Nous, tunisiens, sommes un peuple pacifiste. Il est hors de question qu’on s’attende à une révolution du type iranien ou même roumain.
Je serai toujours contre une solution militaire. Un Siwar Aldhahab (qui s’en souvient ?) qui fait un putsch et qui, presque immédiatement après et de très bon cœur, rend le pouvoir aux civils (qui n’ont pas su en faire bon usage : à méditer) pour se retirer dans sa caserne, je ne pense pas qu’il en existe beaucoup. D’ailleurs, les services du ministère de l’intérieur me semblent plus puissants que notre armée.
Espérer un changement qui vienne du haut de la pyramide, ce qui est possible, pour ne pas dire probable, revient à se protéger de la pluie en se plaçant sous une gouttière (passer de Charybde en Scylla ou, mieux,كمن يحتمي من الرّمضاء بالنّار) Il est aussi hors de question que le RCD procède à des élections libres, démocratiques et transparentes. Par définition, un démocrate peut devenir un dictateur autocrate mais l’inverse ne s’est jamais produit et ne se produira jamais.

Que nous reste-t-il ? Une seule solution : forcer le peuple à ouvrir les yeux, à entendre les cris des prisonniers torturés, à écouter d’autres voix que celles qui chantent les louanges d’un régime hors du temps. Un peuple informé saura trouver la voie qui le mènera vers la liberté. Nous devons trouver l’antidote qui le réveillera de sa léthargie, de l’état d’hypnose dans lequel il vit depuis 15 ans, hypnose entretenue par le matraquage, au propre comme au figuré, continu par les différents moyens de contact avec le citoyen : presse, radio, télévision, réunions organisées, portraits du leader maximo qui persistent imprimés sur la rétine, même si on essaie de fermer les yeux. Bref, le combat à mener est celui de l’information et de l’éducation. Seul un peuple conscient, bien imprégné d’un minimum de culture civique pourra répondre présent aux appels de la lutte pacifique préconisée par presque toute la classe soi-disant politique d’opposition.

Ce n’est pas une solution que je propose ; encore moins un moyen. On aura beau labourer, arroser, semer, chouchouter une terre aride, rien n’y poussera. Il s’agit donc de préparer le peuple, non pas à être digne de la démocratie, énormité dont nous saoule le régime RCD, mais à se rendre compte de son état de santé tellement précaire mais pourtant superbement ignoré (les médecins appellent cet état, Dr Marzouki me corrigera si je me trompe, l’anosognosie), puis lui conseiller de s’en remettre aux médecins de son choix, lesquels devront être unanimes et ne pas se contredire afin de lui offrir le maximum de chances, pour discuter ensemble de la meilleure thérapie : sans la coopération médecin-malade, aucune chance de guérison n’est à espérer.

Je pense donc que notre lutte qui s’annonce de longue haleine devrait, dans un premier lieu, se focaliser sur l’information, j’entends le matraquage par l’information. Tout le monde n’a pas internet. Tout le monde n’a pas les moyens de contourner la censure. Délier les langues de ceux qui croient en l’existence de micros dans leurs propres maisons, qui se croient sous écoute 24/24, qui se croient épiés même par leur plus proche famille, qui s’empressent de brûler tout tract retrouvé dans leur boîte aux lettres avant même de l’avoir lu, n’est pas chose aisée.

La télévision reste la solution de choix pour porter l’information au maximum de personnes, sans omettre les autres solutions, bien entendu.

La chaîne Almustakillah est à oublier. ZeitounaTV est en train de faire du bon travail mais c’est un travail d’amateurs, mal préparé, mal élaboré, mal ciblé. Les points positifs sont sa réception en analogique par la plupart des tunisiens et son ouverture aux autres parties de l’opposition. J’ai bon espoir que le parti Ennahdha ne cherchera pas à récupérer l’action des «autres» démocrates grâce à sa chaîne. Une émission quotidienne est absolument nécessaire. Des programmes élaborés par des professionnels de tout bord ayant en commun l’idéal démocratique républicain contribueront à éclairer le citoyen tunisien. Il faudra s’adresser non seulement aux cœurs des tunisiens mais aussi à leur quotidien, à leurs problèmes de la vie de tous les jours. Il faudra savoir choisir les mots et proposer les solutions pratiques. Du concret.

Que pouvons-nous faire ?

- D’abord, tirer les oreilles des parties de l’opposition qui s’entre-déchirent, à la grande joie de nos adversaires, afin de les amener à remettre à plus tard leurs règlements de comptes ;.
- Renforcer l’action des différents organes de presse et d’information de l’opposition, spécialement internet (Tunisnews, Tunisie2000, Tunisie, Tunezine, RAID etc.), les chaînes de télévision ZeitounaTV, Aljazeera etc. en leur apportant notre contribution, sans relâche. Pour ZeitounaTV, une aide financière sous forme de matériel, plages satellitaires à louer, publicité etc. est nécessaire : l’information de qualité a un prix !
- Faire bon usage de la banque de données du CPR (adresses, téléphones, E-mails) en faisant parvenir une information juste et crédible ; ceci englobe aussi la participation aux différents forums tunisiens de façon responsable et, de préférence, concertée ;
- Etre sur le qui-vive afin d’empêcher toute instrumentalisation de notre action et nous rendre compte le plus précocement possible des éventuels « accords » que pourraient être tentés de faire certains avec le pouvoir en place. Ne pas pactiser avec le diable (qui n’est ni Ennahdha ni le POCT ni Charfi ni Moaada ni Bagga ni TBB ni aucun tunisien sincère… jusqu’à nouvel ordre) : un tel acte serait une trahison à notre cause et mettrait ceux qui le feraient sur le même banc que la bande à zaba ;

En résumé, pas de discussions partisanes qui ne sauront que nous éloigner et détourner notre attention des vrais problèmes ; personne n’a le droit de donner ou de refuser des sauf-conduits à untel ou tel autre ; ne faisons pas de procès d’intention :les gens sont liés par leur parole, à défaut d’actes. Ne mettons pas la barre plus haut que nous ne pouvons sauter : fixons-nous des tâches réalisables afin d’atteindre des objectifs spécifiques qui seront autant de pierres qui jalonneront le chemin de la démocratie.

Decepticus

Samedi 25 mai 2002.

"Une prison, un zoo, sinon rien"

La Tunisie a voté à 99,61 % en faveur de la réforme de la Constitution proposée par son président. Avec ce score plus que chiraquien, Zine el-Abidine Ben Ali se prépare une présidence à vie.
99,61 % des Tunisiens ont accepté par référendum la réforme de la Constitution tunisienne autorisant le président Zine el-Abidine Ben Ali, 65 ans, à se maintenir au pouvoir pour deux nouveaux mandats de cinq ans. Les Tunisiens, précise "Le Matin" d’Alger, "ont préféré le bulletin blanc du ‘oui’ au bulletin noir du ‘non’ dans les 15 000 bureaux de vote". Des bureaux de vote, semble-t-il, assiégés par les foules : 95,59 % des 3 406 830 inscrits se sont mobilisés. Une mobilisation d’autant plus phénoménale qu’elle inclut le vote de 208 383 Tunisiens de l’étranger malgré l’avis défavorable de quelques détracteurs.
Mais ce score massif répond, selon la presse tunisienne, à un défi "historique". "D’abord parce que la procédure référendaire est utilisée pour la première fois dans l’histoire de la Tunisie", explique "Réalités". Il est vrai que les précédents scores "historiques" de 99% et des poussières de Zine el-Abidine Ben Ali n’étaient réunis que lors des élections présidentielles pluralistes du successeur de Bourguiba, au pouvoir depuis 1987…

La langue de bois le dispute à la flagornerie

Cette réforme est accueillie par la presse locale comme une réelle avancée. Débordant d’enthousiasme béat, "Réalités" explique que "la Tunisie sera dotée d’une Constitution profondément remaniée, adaptée aux réalités de la Tunisie d’aujourd’hui et de ce qu’elle sera, et qui répond aux attentes et aux ambitions des citoyens".
"Mais ce n’est pas tout", poursuit "Réalités". "C’est le point de départ d’une nouvelle étape qui doit réaliser de nouveaux acquis sur les plans de la liberté de l’information, les libertés individuelles, les droits de l’homme et la séparation des pouvoirs." Ben Ali et Ubu ne semblent faire qu’un dans un pays où la langue de bois le dispute à la flagornerie.

"La démocratie à la tunisienne crèvera de sa propre médiocrité"

Cependant, pour certains irréductibles comme Mokhtar Triffi, le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme, cité par "Le Matin", "le dispositif de la fraude électorale est rodé depuis longtemps". Outre la fraude, la nouvelle Constitution proposée hérisse l’ensemble des opposants de la société civile. Cette réforme semble destinée à instaurer de nouveau la présidence à vie, à accorder une impunité à vie au président de la République et à nommer une seconde Chambre. Ainsi, Ben Ali pourra certes se représenter aux prochaines élections présidentielles, mais, une fois à la retraite, si retraite il y a, il ne pourra être poursuivi par la justice de son pays et peut-être se trouver une petite place dans la seconde Chambre.
Enfin, il faut aller sur le site "Tunezine.com" pour lire une voix tunisienne vraiment discordante. A sa une, "ce magazine en ligne gratuit copié et collé à Tunis" propose son propre référendum. A la question "Selon vous la Tunisie est ?", il propose cinq réponses, au choix : "Une république ; un royaume ; une prison ; un zoo ; rien". Puis, un peu plus loin, une journaliste se penche sur l’état de la démocratie à la tunisienne avant d’asséner : "D’autres dictatures ont vécu, puis sont tombées. Celle-ci est déjà en train de s’autodétruire, et crèvera de sa propre médiocrité."
Dans une vibrante tribune envoyée à "Courrier international", le journaliste Taoufik Ben Brik s’insurge contre les 99,61 % de vote en faveur du référendum de "la momie Ben Ali". Ce pourcentage est, selon le journaliste tunisien, "la marque déposée des despotes". Le président de nouveau éligible "a en fait donné un coup d’arrêt à la vie politique tunisienne pour les dix ans à venir". Pourtant, Ben Brik ne veut pas perdre la foi en son pays : "Sans un sou et malmenés, mais tenaces et toujours debout, nous sommes encore beaucoup à refuser de nous rendre."

Ph J

© Courrierinternational.com

Lundi 27 mai 20002.

Une histoire d'amour
pas comme les autres

Lui et moi, c'est une grande histoire d'amour.
Lui c'est l'unique, le roi, le soleil, le beau temps et la pluie... Il est à la fois mon meilleurs fils et mon seul père.
Je l'ai connu tout petit juste après ma puberté. On s'est rencontré pour la première fois le jour de sa naissance dans un bain maure pas loin de Sousse. Je passais par là par hasard mais le destin a fait que l'on se sépare rapidement. Il faut dire qu'en ce temps, je n'étais pas encore tout à fait libre. J'étais encore un enfant inexpérimenté et ignorant. Ainsi je n'ai pas pu me rendre compte que j'ai passé à côté de mon meilleurs fils. Vers 1956, je fais une fugue et je prends mon indépendance. Des milliers de personnes m'ont aidé pour avoir cette indépendance. L'histoire n'a voulu en garder qu'un : Bibi. Ce dernier, s'est vraiment occupé de moi. Il m'a gâté et il m'a bichonné. Il m'a été assez fidèle un certain temps. Il a été très intentionné. Mais vers les années 70, il ne pouvait plus m'honorer. Il est devenu vieux, sénile et impuissant. Mais le comble, c'est qu'il a commencé à faire des conneries. Il laissait ses amis et ses proches abuser de moi. Eh oui c'était dur.

Mais un jour il a eu la bonne idée de me présenter Benavie, et là j'ai vraiment vu l'homme de ma vie et j'ai craqué. Benavie, était très discret, très attentif et surtout très ambitieux. Moi j'étais en manque de tout mais surtout d'un homme. Notre relation était très secrète au début. Mais avec le temps et surtout avec l'absence croissante de Bibi, on a eu le temps de mieux se connaître. Tout se passait bien jusqu'au jour où le bruit sur notre relation commence à courir. Tout le monde commence à se douter qu'il y avait quelque chose entre nous. Alors Benavie et Moi nous avons décidé de ne plus cacher notre amour l'un pour l'autre. Pour tout vous dire, c'est moi qui ai voulu que notre relation soit officielle. Mes raisons à cette époque étaient très simples. En effet, Bibi ne pouvait rien faire et je me faisais sauter par n'importe qui de passage. J'avais l'impression que j'étais le dessert de tous les affamés et de tous les assoiffés. J'en avais vraiment marre et je me suis dis " quitte à être toujours sauté mais que ça soit bien fait et surtout pas par n'importe qui".

Ainsi, j'en ai parlé à Benavie. Il a été très content. Il a pris le temps nécessaire pour la méditation et un beau jour d'automne, il a pris sa décision. Il a surpris Bibi et l'a obligé à me quitter et il m'a déclaré sa flamme devant tout le monde. Il a fait encore plus fort, il a pu me réconcilier avec toute ma famille, qui avait honte de moi. Ca, s'était très fort de sa part. Il a convaincu toute ma famille que je ne vais plus me faire sauter par n'importe qui, et que tout ce que j'ai fait après ma fugue n'était que des erreurs de jeunesse. Encore plus fort, il leur a promis de vivre en paix. Mais surtout il les a rassuré sur mon avenir. Tout le monde l'a cru même moi qui le connais si bien je l'ai cru. C'est à ce moment là que nous avons commencé à vivre nos meilleurs moments. Il m'offrait des bijoux, des voitures, des maisons, de l'argent, des téléphones portables et des fringues sans oublier les voyages. Mais je ne sais pas pourquoi il ne m'offrait pas de bons livres, ne me prenait pas voir les bonnes pièces de théâtre ou les bons films et il ne me laissait même pas lire les journaux étranger avant que lui ou un de ses amis le fasse. Mais, je me disais que tant que je mangeais bien et tant que je vivais bien ce n'était pas très important.

Mais comme le bonheur ne dure pas, cette lune de miel n'a pas duré. Il a repris les mauvaises habitudes de mes ex. En effet, au début il a commencé par me présenter sa famille et ses amis, mais après ces derniers ont commencé à abuser de moi. Je pensais qu'il n'était pas au courant, mais je me suis rendu compte que parfois il l'était et qu'il laissait faire. Alors tout le monde s'est servi. Je me suis rendu compte que je ne suis même plus qu'un dessert mais un repas entier avec entrée, plat et dessert. Pire encore, avec Bibi j'étais plus au moins respectée à l'extérieure et ce malgré ma débauche. Mais les amis de Benavie, m'ont ridiculisé, du coût je ne vais chez aucune de mes amies et aucune d'elles ne me rend visite. Il faut que je reconnaisse qu'à un moment j'ai aimé cette vie de débauche et je m'efforçais de servir le maximum de personne. Mais là je n'en peux plus car tout le monde veut se servir. En plus, je me suis rendu compte que les bijoux qu'il m'a offert étaient des faux, la voiture avait un moteur en plastique et une tôle en carton, les maisons étaient trop petites et en verre, l'argent ne me servait qu'à rembourser les crédit à la consommation, les portables ne me servaient qu'au vice et enfin les fringues qu'il m'offrait étaient transparents l'hiver et lourds l'été et comme c'est lui qui décide de tout je ne pouvais pas inverser les saisons. En ce qui concerne les voyages, il ne me faisait voir que des femmes qui sont dans une situation pire que la mienne. Aujourd'hui, j'ai envie de consommer autre chose. J'ai envie de rêver, de sortir, de côtoyer les gens qui sont mieux que moi, de voir les films que je veux et de lire les journaux et les livres que je veux. Mais il ne me laisse pas le faire.

Ca fait au moins 8 ans que je suis dans cette situation. J'ai essayé à plusieurs reprises d'en parler à mon Benavie mais on m'interdisait souvent de lui en parler. Les rares moments où j'ai pu le faire, il m'a fait comprendre que ça ne le dérangeait pas que je me fasse sauter et que je ne pourrais jamais trouver un mec comme lui. Parfois quand je lui en parle, il se montre très violent, il me bat, il me viole, il me torture. Alors j'ai essayé de faire entendre ma voix autrement. Mais chaque fois que quelqu'un prenne ma défense on le torture, on le bâillonne où on l'achète. J'ai essayé de voir du côté de ma famille. Mais à ma grande déception chacun des membres de celle-ci souffre de l'un de ces quatre handicaps : la peur, l'ignorance, l'arrivisme ou l'impuissance. En regardant de plus prés je me rend compte que ma famille est schizophrène. D'un côté elle n'arrête pas de se plaindre et de l'autre côté elle dit qu'elle est contente, épanouie et satisfaite.

Tenez, dernièrement, il a demandé l'avis de cette famille (la mienne) sur notre divorce mais cette dernière à osé dire non et ce d'une façon majoritaire. Ils veulent que je continue sa vie (je dis bien sa vie car moi, je suis immortelle) avec lui. A 99% ils sont d'accord pour que je continue à être usée et abusée au moins pour 10 ans encore. Mais moi je ne l'aime plus, il me dégoutte et il me fait peur. En plus je commence à être sûre qu'il ne m'aime pas non plus et qu'il ne m'a jamais aimé. Je pense même que ce qui le retient se sont ses amis car ils savent qu'ils ne pourront plus me tirer s'il me quitte.

Et puis d'un autre côté s'il me laisse tomber, qui me dis que le prochain ne fera pas comme lui, et là il faudrait que je me réadapte avec la nouvelle famille et les nouveaux amis et rebelote. Pour le prochain, je ne sais même pas si je pourrais compter sur ma famille (vous). Tout ce que je sais par contre c'est que aujourd'hui je ne suis fier ni de moi, ni de lui ni de ma famille donc de vous.

D'ici là je vais continuer à me prostituer moi et ma famille pour les beaux yeux de mon mec à moi Benavie, en espérant que ses amis vont se rassasier et vont arrêter d'abuser de moi un jour.

Devinez qui suis-je et qui êtes vous ?
J'ai honte de moi car j'ai honte de mon pays
Ecrit par un jeune tunisien : Je suis le CHE'T

Mardi 28 mai 2002.

Don't cry for us Tunisia

It won't be easy, you'll think it strange
When we try to explain how we sold you
But we still need your love after all that we've done

You won't believe us
All you see are Tunisians you once knew
But they're ready to vote
From eight to eight against you

We had to let it happen, but we had to change
Couldn't stay all our life down in the dumps
Looking from outside, staying out of the battle

We chose slavery
Leaving off freedom, giving up dignity
Everything exhorted us
But we never accepted it

Don't cry for us Tunisia
The truth is we never left you
All through our exiled days
Our senseless existence
We kept our engagement
Don't keep your dictator

And as for misfortune, and as for disaster
We never asked them to
But it seemed to them they were legal

They are deceptions
They are not the solutions they testified to be
The faith was here all the time
We love you and hope you love us

Don't cry for us Tunisia
The truth is we never left you
All through our exiled days
Our senseless existence
We kept our engagement
Don't cry for us Tunisia
The truth is we shall not run away
It would be fierce
For you to accept us
We're Tunisia
And always will be

We chose slavery
Leaving off freedom, giving up dignity
Everything exhorted us
But we never accepted it

Don't cry for us Tunisia
The truth is we never left you
All through our exiled days
Our senseless existence
We kept our engagement
Don't cry for us Tunisia
The truth is we shall not leave you
It would be fierce
For you to accept us
We're Tunisia
We're Tunisia

Don't cry for us

Ivan Le terrible

May 27, 2002.

SHAME ON YOU

Israeli exports to Arab countries down 39% in Q1
Imports from Arab countries also declined 2% in the first quarter of 2002.

Sapir Peretz 20 May 02
Published by Globes - May 20, 2002

Israeli exports to Arab countries plunged 39% in the first quarter of 2002, to $21.3 million, compared with the corresponding period last year, according to Israel Export Institute figures.
Imports from Arab countries also declined 2% in the first quarter to $16.4 million, compared with the first quarter in 2001. Imports from Jordan increased by 8% to $10.4 million, while imports from Egypt fell 5% to $4.7 million.
The Export Institute reported that imports from Morocco grew by 96% in the first quarter of the year to $670,000.
Imports from Lebanon amounted to a negligible $1,500. While Israel exported goods to Saudi Arabia, Bahrain, the United Arab Emirates, Tunisia, Kuwait, Oman and Qatar, there were no imports from these countries in the first quarter.
Israel Export Institute chairman Shraga Brosh said the deteriorating security situation in the first three months of the year had a detrimental effect on Israeli trade with Arab countries and was the main reason for its decline.


Lecteur assidu - May 26, 2002.