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Je continue ma grève de la faim
Plus que jamais je suis déterminée à continuer
ma grève de la faim, entamée le 26 Juin 2002.
Cette grève, j’y étais poussée
par l’arbitraire des autorités politiques tunisiennes qui
continuent à ignorer mes revendications légitimes
: -libération immédiate et sans conditions
de mon mari Hamma Hammami. -Cessation des actes de harcèlement de mes filles
Sarra,3 ans et Oussaima, 13 ans. Celle-ci a été empêchée, lors de la dernière visite hebdomadaire à la prison civile de Tunis, d’embrasser son père.. Quant à Sarra, elle attend toujours de voir son père qu’elle n’a jamais connu. Ni la détérioration de ma santé,
ni l’attitude odieuse des autorités politiques ne m’empêcheraient
de continuer mon combat Ma détermination est d’autant plus forte que je me vois soutenue par les partis politiques d’opposition, les représentants du mouvement associatif et un grand nombre de militants du mouvement politique et humanitaire en Tunisie et à l’étranger. Je remercie aussi les organisations mondiales de défense des droits humains, qui, dès les tout premiers jours, m’ont adressé leur soutien. A tous, je dis mes remerciements, sûre que mon combat pour la libération de Hamma est un combat pour la liberté.
Radhia Nasraoui Contact : Radhia Nasraoui, Résidence Hallouma Bent El Fakhri, Rue des Coings. Immeuble C3, Appartement No6, 2è étage. El Manar1 (en face de Delta Médical) Tél. : 00 216 98 33 99 60 (en Tunisie) et 00 33 1 48 86 36 20(en France) Email : nasraoui_ra@netcourrier.com |
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| Fait à Tunis, le 30 juin 2002 | |
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Quand Zaba part à la chasse des « Lions » !
Quelques jours avant la farce du 26 mai, un informateur de TUNeZINE, basé au Cap Bon, réussit à localiser la conseillère la plus spéciale auprès de Zaba: El-Hajja Zohra, une voyante qui accompagna la fulgurante ascension du dictateur depuis ses débuts et qui exerça sur lui une influence égalée seulement par celle de son inséparable Ab-Ab. Ettounsi, sachant ma prédilection pour les enquêtes sur le terrain, me tendit l’hameçon. Il n’avait pas besoin de signer un ordre de mission pour que je me je me plonge dans l’affaire. Les visites discrètes de Zaba à Beni Khiar étaient un secret de polichinelle pour les Khiariens. Chacun des ses déplacements nocturnes, effectués à partir de son palais de Hammamet, devenaient le lendemain le thème du jour dans les cafés et chez les coiffeurs de cette petite ville du Cap Bon. Pourtant la dernière visite de Zaba, effectuée en début d’avril 2002, plongea la ville dans un tel état d’agitation et de stupeur que la Police Politique, paniquée, envisagea sérieusement de couper Beni Khiar du reste du monde. En interrogeant les Khiariens, j’entendis les histoires les plus extraordinaires et les plus abracadabrantes que l’on puisse imaginer. Chaque table de chaque café de Beni Khiar avait sa propre version de la rencontre agitée entre Zaba et la Madame Soleil du Cap Bon. Pourtant, une chose est sûre : pendant ce funeste jour d’avril, Zaba et El Hajja Zohra venaient de consommer leur « divorce » pour l’éternité. Que s’est-il vraiment passé entre la voyante du Cap Bon et le voyou de Carthage ? Nul ne saurait le dire. Zaba rencontrait sa conseillère très spéciale toujours en tête-à-tête. Mais, je ne sais comment, l’énigmatique phrase d’el-Hajja Zohra étaient sur toutes les langues à Beni Khiar. Sur ce point tous les Khiariens sont d’accord. Cette phrase, je l’ai entendu une centaine de fois pendant mes deux jours d’enquête. El Hajja Zohra aurait dit à Ben Ali : « sidd’t essid w’essid bechi yessidek » ( Tu a chassé un Lion et un Lion te chassera). Malgré son intelligence très moyenne, Zaba comprit ce que el Hajja Zohra voulait dire : « Tu as chassé un natif du signe du Lion (Bourguiba) et un autre natif du Lion te chasseras ». Zaba, fou de rage et pris de panique, accusa la vénérable dame de sénilité et quitta les lieux en cognant tout ce qui se trouvait sur son chemin. Depuis cette nuit, rien ne va plus entre Beni Khiar et Carthage. Désormais, la maison de la voyante octogénaire est encerclée par des policiers en civil qui interdisent toute visite, à part celle de ses fils et petit-fils. Les membres de la famille d’el-Hajja Zohra furent convoqués un à un au commissariat de Nabeul et sommés de garder un silence absolu sur le « grand secret d’Etat ». L’ordre du général Zaba était formel : el-Hajja Zohra vivra en résidence surveillée jusqu’au dernier jour de sa vie. Ma rage devant la condamnation d’ettounsi me donna le courage de passer outre les ordres de Zaba. Pour ne pas éveiller les soupçons des SS, je choisis comme base opérationnelle la ville de Maâmoura, située à 3 kilomètres de Beni Khiar. Aidé par des amis khiariens, j’effectuai un débarquement secret à Beni Khiar durant la nuit du 23 au 24 juin. Je n’avais qu’un but en tête : rencontrer el-Hajja Zohra pour en savoir plus sur sa fracassante rupture avec Zaba. Ma descente nocturne de Beni Khiar n’avait rien à envier à celle de nos vaillants SS : je parvins à la demeure d’el-Hajja Zohra en escaladant les murs des maisons voisines et en rampant à plat-ventre sur les toits ! A l’aide d’une torche, un des petits-fils d’el-Hajja Zohra guida mon atterrissage à visibilité réduite. Voir el-Hajja Zohra est un événement en soi. Cette voyante, presque aveugle, a une force d’attraction qui dépasse toute imagination. Son aura invisible, mais fortement perceptible, me plongea dans un état de saisissement et d’envoûtement que les mots ne saureraient décrire. A part la majuscule, je n’ai aucun moyen de décrire sa Présence. J’avais préparé des dizaines de questions à l’intention d’el-Hajja Zohra et avant même de l‘interviewer, je commençais à me frotter les mains pour mon scoop. Hélas, la voix du Destin ne parla guère. Quelle que soit la question que je lui posai, elle répondit par cette phrase sibylline : « jaffet al-aqlam we touiyet al-souhouf » (Le destin est tracé, plus rien à redire). Depuis la phrase prémonitoire de sa voyante, Zaba se mit à la tâche pour apprendre un nouveau hobby : la chasse aux « Lions ». Il demanda aux Renseignements Généraux de lui fournir la date de naissance de tous ceux qu’il considérait comme possibles successeurs. Il élabora une base de donnée sous le signe du Lion. Il créa une équipe spéciale dont le seul but était de débusquer les Lions. Il ordonna aux SS de surveiller 24H sur 24H tous les ministres, officiers supérieurs et opposants qui avaient la malchance d’être nés sous le signe du Lion. Combien de natifs du Lion sont-ils morts dans le crash de l‘hélicoptère militaire du 30 avril mai 2002 ? Combien de Lions vont-ils être envoyés comme ambassadeurs en Amérique Latine et en Asie ? Y a-t-il des Lions déguisés sous d’autres signes ? Faut-il aussi compter les Lionnes ? La chasse aux Lions est semée d’embûches. Zaba sait-il qu’un certain pharaon d’Egypte, suite à la prédiction de ses mages, ordonna l’assassinat de tous les bébés juifs alors qu’un petit Moïse était en train d’être élevée par sa femme sous son propre toit ?
Omar Khayyâm |
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| le 27 juin 2002 | |
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N'est-il pas le moment pour que la nuit parte ?
Cher amis ; C'est la première fois que j'écrive publiquement.Pourtant,
ça m'a toujours passionné. Pour être honnête,
je vais dire que j'ai beaucoup hésité avant de le faire,
mais j'ai toujours suivi les nouvelle de la Tunisie. Je pense qu'on
est arrivé aujourd'hui à TUNISIENS : N'est il pas le moment pour que la nuit parte ! !
Qu'est ce qu'on attend pour repousser la nuit qui attaque toutes les belles choses?! Qu'est ce qu'on attend pour briser les menottes autour de nos cous?! Est ce qu'on attend ce que tous nos jeunes soient en prison, en chômages ou au ventres des poissons méditerranéens sur le chemin de l'Europe?? Est ce qu'on attend qu'il soit en chaque maison une mère qui pleure son fils ou son mari ou un enfant qui s'élève loin de tous les valeurs familiales manque de son père ou sa mère?? Est ce qu'on attend que tous les vrais hommes et les vraies femmes tombent comme les feuilles d'automne?! Soyons une seule main, un seul esprit, un seul cœur. Soyons un seul homme, pour combattre le cauchemar qui nous empêche de rêver depuis quinze ans. Soyons un seul corps pour faire taire les corbeaux qui nous empêchent de bien entendre les canards en plein printemps. Soyons un seul homme pour la sourire de nos enfants et de nos petits frères ; pour construire leurs future brillants… Ce n'est pas ce sabot de militaire, ce ne sont pas ces chiens de garde ou leurs dresseurs qui vont nous faire des leçons dans l'adoration de patrie et ce sont pas eux non plus qui vont mettre en cause notre amour infini pour la Tunisie. Laissons eux faire de nous ce qu'ils veulent; l'histoire sait distinguer entre le bien et le mal , et elle l'a fait toujours, mais disons NON pour ce qu'ils font pour la Tunisie. Elle n'a jamais été l'héritage d'une personne ou d'une minorité. Elle était et elle restera l'éternité pour tous les tunisiens ! ! ! Les journées difficiles vont sans doute venir, mais c'est
à nous d'en choisir l'issu : la liberté, la démocratie,
la justice.. ou la haine, la pauvreté et dictature absolue.
A nous de choisir entre parler et sacrifier pour le bon issu ou se
taire et assumer le Mais tunisiens;il n'est pas encore le moment pour que la nuit parte
? ! ! Le premier pas a été fais depuis longtemps ; à nous de continuer avant qu'il ne soit écraser ! Juges, travailleurs, étudiants, universitaires,agriculteurs,
hommes d'affaires, chômeurs, enseignants, médecins…
: La Tunisie n'a aucun future avec Ben Ali autre que la haine et la
misère ! On a tous apprit à l'âge de Six ans
: On meurt, On meurt pour que la patrie vive ! ! ! C'est le moment
pour que nous passions du parole à l'exécution ! C'est
le moment pour que nous assumions nos responsabilités envers
notre Tunisie ! ! Sachons que l'histoire ne pardonne pas les lâches ! Sachons que la patrie ne pardonne pas les traîtres ! Sachons que les enfants ne pardonnent pas ceux qui détruisent
leur future, leurs rêves ! Soyons donc actifs pour arrêter la descente rapide vers l'enfer ! Révoltons nous ! Descendons nous dans les rues ! Faisons nous entendre notre voix à ceux qui ne veulent pas l'entendre ! Disons nous NON ! Muerons nous, s'il faut, plusieurs l'en fait déjà pendant des années, pour combattre le mal !pour combattre ces chauves-souris ! AAAAH ! Tunisiens mais n'est il pas encore le moment pour que la
nuit parte ! ! ! ! N'est il pas encore le moment pour que les menottes se brisent ! ! ! !
ETTOUNSI OU NOSS |
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| reçu par mail, le 24 juin 2002l | |
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C’est inévitable un jour ou l’autre le régime changera en Tunisie. On ne peut pas savoir quand, même si on veut que cela arrive vite . On ne peut pas savoir comment, même si on veut que cela soit le plus pacifiquement possible afin que cesse enfin la souffrance et les privations trop longtemps endurés. La colère est palpable et on comprend parfaitement les raisons de la colère. Mais elle ne doit pas guider ni nos actions, ni nos propos. Nous ne devons pas laisser aller nos instincts. On réagit avec nos tripes mais on doit penser avec nos têtes, voir nos cœurs. Il faut tirer la Tunisie vers le haut pas hypothéquer son avenir par nos rancœurs.
Pour ma part, je ne crois pas que cela suffise de dire que ceux qui sont responsables de crimes, de tortures ou de détournements de fonds publics seront jugés. Ils le seront assurément. Et par une justice indépendante et lors de procès honnêtes. Mais on ne saurait construire l’avenir d’un pays sur des procès. Les droits de l’homme et les libertés fondamentales seront rétablies et ils devront concernés tous les tunisiens sans exception. Alors comment appréhender la transition ? Cette transition doit se faire dans l’intérêt général. Cela implique que les partis d’opposition, la société civile, les intellectuels comme les citoyens s’investissent pour préparer ce changement et cette transition. Je n’ai pas les ingrédients d’une transition idéale. Mais ce que je sais c’est que la Tunisie de demain doit se préparer maintenant. Que ceux qui prétendent représenter des tendances idéologiques se mettent au travail rapidement pour être prêts à assurer leurs responsabilités. Cela veut dire construire un projet de société, réfléchir, trouver des femmes et des hommes compétents pour assurer la direction des grands secteurs du pays. Communiquer, échanger, lancer des réflexions sur les grands problèmes du pays (éducation, santé, eau, …). Il est temps que les responsables de l’opposition prennent la mesure de leur avenir immédiatement et se mettent au travail en consultant les tunisiens sur leurs besoins, leurs attentes. Qu’ils proposent ensuite des solutions sans démagogie ni langue de bois, c’est à dire en mettant en face des solutions proposées les moyens d’y parvenir. Pour réaliser ce changement, l’opposition doit prouver
qu’elle est légitime, qu’elle est capable de gouverner
et qu’elle a un projet de société. Il est inconcevable
dans le cadre d’un changement d’imaginer immédiatement
des élections qui porteraient tel ou tel tendance au pouvoir
exécutif. Ma position sur le sujet est qu’il est urgent
que l’opposition créaient un premier gouvernement d’union
nationale où seront représenter l’ensemble des
formations politiques. Ce gouvernement d’union nationale aura
pour tâche de gérer les affaires courantes en attendant
des élections présidentielles, d’organiser des
élections législatives pour une assemblée
constituante dont le premier travail sera (par définition)
de proposer au peuple tunisien par référendum une
nouvelle constitution. Celle ci acceptée, des élections
présidentielles pourraient alors être organisées.
Hasni
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| Le 14 juin 2002 | |
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26-26, le Fonds du bonheur garanti
Pour préserver leur anonymat, nous leur avons donné
deux noms imaginaires : Marie-Lila Benghazi et Ezzeddine Bou Ali.
Je les Omar Khayyâm : Racontez-nous votre histoire avec le Fonds 26-26. Marie-Lila : Ce fonds a carrément changé ma vie. Je vais commencer par le début. J’ai commencé ma vie professionnelle en tant qu’apprentie coiffeuse chez Madame Fadwa [nom modifié par la rédaction] au début des années quatre-vingt à Tunis. Puis, j’ai ouvert mon propre salon de coiffure. Mais, vu les charges sociales et les impôts, mes revenus n‘étaient pas suffisants pour l’acquisition ou la construction d’un logement décent. O.K : Le 26-26 vous a aidée à construire votre propre maison ? M.L : Oui, c’est grâce à ce fonds que j’ai pu acheter un petit lot de terrain situé dans la banlieue populaire de Sidi Bou Saïd et y construire un logement social. O.K : Je suppose que le Fonds 26-26 ne vous a pas donné la possibilité de choisir la banlieue et le quartier? M.L : Non, mais quand même ! Il ne faut pas être très exigeant. Pour moi, l’important c’était de posséder mon propre logement. O.K : Et le remboursement du prêt, comment ça se passe ? M.L : Les responsables du 26-26 sont les gens les plus cool que j’aie jamais connus. Parfois j’oublie de rembourser pendants des années et le Fonds ne m’envoie même pas une petite lettre de rappel. Le 26-26 n’est pas un fonds social pour rien. Ils savent que si un citoyen ne paie pas c’est qu’il est dans le pétrin et eux ils ne veulent en aucun jouer le rôle d’usuriers sans âme. O.K : Est-ce vrai que le Fonds 26-26 vous a aidée même à meubler votre modeste maison de Sidi Bou Said? M.L : En effet, le Fonds m’a aidé à acheter quelques meubles à Paris, mais c’est mon mari qui s’est chargé du transport aérien. Comme le dit le proverbe tunisien : « Si ton ami est fait de miel, ne le mange pas en entier ». J’essaye de ne pas abuser de la générosité de cette caisse populaire. O.K : Votre dernier mot aux lecteurs de TUNeZINE. M.L : Je suis fière d’appartenir à ce pays qui ne souffre d’aucun préjugé social et qui offre une égalité totale et absolue entre tous les citoyens. Que vous soyez une modeste coiffeuse ou l’épouse du Président de la République, l’Etat vous garantit la dignité et l’égalité des chances… [profondément émue et ne pouvant plus contrôler ses larmes, Mme Marie-Lila me pria de mettre fin à l’interview.] Je dois avouer aux lecteurs de TUNeZINE que j’ai été profondément touché par la modestie, la spontanéité et la sincérité de Mme Marie-Lila. Je suis fier, exactement comme elle, d’pppartenir à un pays où le rêve de changer de vie n’est pas interdit et où la mobilité sociale a atteint une vitesse qui donnerait de vertige à toute personne qui ne connaît pas la réalité tunisienne. Mon deuxième interlocuteur a du mal à s’exprimer. Certes, il est sorti de la pauvreté économique, mais sa pauvreté linguistique reste intacte. J’ai essayé de simplifier les questions au maximum et je l’ai parfois aidé à trouver le mot juste pour exprimer ses pensées, un peu confuses. Malgré les cours de lecture, de compréhension et de diction [financés par le 26-26] qu’il a suivis, il trouve encore des difficultés énormes à répondre aux questions posées. O.K : Vous êtes le caporal Ezzeddine Bou Ali, n’est ce pas ? E.B.A : Oui, tout à fait. O.K : Le 26-26 ça vous dit quelque chose ? E.B.E : Oui, bien sûr c’est lui qui a construit mon logement social à Hammamet. Mon salaire de caporal ne m’aurait jamais permis de posséder mon propre logement. O.K : Vous êtes content ? E.B.E : Oui, ma femme aussi. O.K : Est ce vrai que le 26-26 a construit pour vous un raccourci relié à l’autoroute Tunis-M’saken pour vous éviter les embouteillages de Barraket Essahel ? E.B.E : C’est une agréable surprise du 26-26. J’ai rien
demandé. J’étais profondément ému le
jour où le Fonds National de Solidarité me manifesta
sa solidarité par ce geste… [Le caporal Ezzeddine Bou Ali
était incapable de contrôler ses larmes, j’étais
obligé de mettre finn à l’interview]
Omar Khayyâm |
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| le 28 Juin 2002 | |
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Les facéties de l'Histoire
L’histoire est bien facétieuse L’être humain est tellement amnésique qu’il
en est vraiment drôle. Il s’agirait de sa mémoire propre
que ça n’intéresserait Un petit voyage dans le temps ne fera du mal à personne (sauf, j’espère, à zaba) 500 000 av JC : Les habitants de ce qu’on appelle maintenant la Tunisie vivaient en pleine ère quaternaire. Les Tunisiens savaient tailler la pierre 200 000 av JC : L’ère acheuléenne voit les Tunisiens
façonner les deux faces des pierres 10 000 av JC : La fin de la dernière glaciation voyait se
développer l’ère capsienne avec un développement
technique (sous une influence orientale ?) important de l’art de
façonner les pierres. 3000 av JC : L’ère de bronze touche nos ancêtres 1100 av JC : Les phéniciens montrent le bout du nez sur nos côtes 814 : Carthage : des phéniciens s’installent chez nous en
apportant leur civilisation. 264 à –241 av JC : Première guerre punique et première défaite de Carthage, suivie d’une guerre civile de 4 ans. 237 à 218 av JC : Règne de la famille des Barca (dont Amilcar)
202 à 148 av JC : 54 années de règne du numide
Massinissa, fidèle de Rome, sur l’Afrique du nord, grignotant
petit à petit les domaines de Carthage. 111 à 105 av JC : Révolte de Jugurtha (Bourguiba aimait
à dire qu’il était un Jugurtha qui avait réussi) 1er et 2e siècles : Prospérité de l’Afrique romaine An 313 : Le christianisme triomphe 439 à 533 : Les vandales nous envahissent (Ginseric roi de 439 à 477) 533 à 670 : Les byzantins prennent le relai. Plusieurs révoltes
berbères. 670 à 800 : Les arabes héritent de Ifriqyya non sans une énorme résistance des berbères qui embrassent l’Islam et le renient comme on change de veste (prémisses du Hamdisme ?) 800 à 909 : Première entité indépendante
avec les Aghlabides 909 à 973 : Les fatimides chiites règnent : - révolte sans conséquences des kharijites de 935 à
946 - les chiites préfèrent l’Égypte et s’y
installent en 973 973 à 1230 : - Les berbères Sanhajides règnent et rejettent le chiisme. - multiplication des petites principautés (Tunis, Mahdia etc.) 1016-à 1017: Massacres des chiites en Afrique du nord 1050 à 1052 : Expédition punitive : les Banou Hilal,
tribus affamées du Saaid égyptien, nous envahissent
et détruisent tout sur leur passage 1130 à 1160 : Les Normands imposent leur protectorat sur nos côtes 1228 à 1574 : La dynastie hafside berbère indépendante 1270 la 8e croisade et St Louis à Tunis 1277-1370 : guerres civiles, attaques extérieures, épidémie
de peste 1370-1488 : période de calme relatif et de stabilité
politique 1488-1569 : Crises sociales ; scission des tribus , les Ottomans et les Espagnols se relaient sur Tunis (1569-1574) 1574 à 1957 : Les Turcs ottomans étendent leur pouvoir sur l’Afrique du Nord (sauf le Maroc) 1574-1571 : les hauts officiers turcs dictent leur loi au Pacha 1591 : « putsch » et « démocratie militaire » entre 1591 et 1598 1598-1610 : Othman Dey gouverne en solo 1610-1637 : Youssef Dey et apparition des Beys indépendantistes 1637-1640 : Mourad Dey le génois 1640-1647 : Ahmed Khodja 1650-1675 : Les Beys Hammouda pacha et ses fils Mourad II et Mohammed 1675-1686 : Guerres civiles fratricides. : Dey Ahmed Chelbi (1683-1686), Mohammed Bey (1686-1696), Romdhan Bey (1696-1699), Mourad III (1699-1702), Ibrahim le Chérifien (1702-1705) 1705-1740 : Houssein ibn Ali Bey de Tunis jusqu’à son assassinat par son neveu Ali Pacha 1740-1756 : Ali Pacha dictateur. Guerres contre les français et contre les algériens 1756-1759 : Ali Pacha est tué et est remplacé par son cousin Mohammed Arrachid 1759-1782 : Ali Bey, fils de Houssein, prend le pouvoir. Révolte de Ismael, petit fils de Ali Pacha, sans conséquences. 1782-1814 : Hammouda Pacha au pouvoir 1814-1824 :Mahmoud Bey 1824-1835 :Houssein Bey 1835-1855 : Ahmed Bey et son célèbre premier ministre Mustapha Khaznadar 1855-1859 : Mohammed Bey et son « 3ahd al amen » en 1857 1859-1864 : Mohammed Sadoq Bey (et toujours Khaznadar premier ministre, puis Khaireddine puisMustapha ben Ismail). Ali Ben Ghedhahem se révolte en 1864 1881 : Protectorat français Le seul Bey qui vaille la peine d’être cité est le patriote Moncef Bey (1942), éloigné par la France en 1943, décédé en 1948 La suite, vous la connaissez : Bourguiba : 1956-1987 Ben Ali :1987-2125 On peut en retenir quelques enseignements : - Les révoltes n’ont jamais été la tasse de thé des tunisiens ; d’ailleurs, dans les rares cas où elles ont eu lieu, ça n’a mené à rien. - Tous ceux qui ont régné sur la Tunisie sont morts : le pouvoir est donc une maladie mortelle. - Aucun règne n’a duré : chacun a fini par le céder, de gré ou de force, au suivant. - Nous avons toujours été un peuple de conquis (pas de cons qui …) Il est normal que l’apprentissage de l’indépendance, de l’autodétermination et de la démocratie soit dur, surtout que le nombre de despotes le long de notre histoire dépasse de loin celui des sages et bons monarques. Zaba n’est pas une exception. - Je suis certain que l’histoire retiendra le nom de zaba comme elle a retenu les noms des beys qui ont suivi celui qui a livré la Tunisie au fançais, autrement dit, pas du tout. Et puis, à chacun d’en tirer ses propres leçons. Historien Junior |
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| le 21 Juin 2002 | |
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Pour « un droit d'ingérence démocratique » Une fois de plus, le président tunisien Ben Ali,vient d'humilier
son peuple par un référendum, dont le résultat
est en soit une honte : un oui à 99,52 °/°. Rappelons
que le but de ce "référendum" qualifié, à
juste titre, par l'opposition démocratique de "mascarade"
est d'amender la constitution pour permettre au maître de Carthage
de "respecter" les formes légales en vue d'une réélection
en 2004 puis en 2009 pour être président jusqu'en 2014
quand il aura 77 ans, avec à la clé une Pour avoir participé moi-même aux élections législatives
de 1999 en tant que candidat du parti d'opposition, le Rassemblement
socialiste progressiste (RSP, actuellement le Parti démocratique
progressiste, PDP) j'ai appris personnellement comment s'obtient
un tel score et me convaincre que le régime de M. Ben Ali,
comme se fût le cas de celui de feu Bourguiba, ne peut accepter
le déroulement d'un scrutin honnêtement, sans fraude
électorale dans le respect la volonté populaire. Durant
le déroulement du vote et au cours du dépouillement
des bulletins lors des élections présidentielles et
législatives de 1999, j'ai pu, avec les candidats de mon parti,
constater de mes propres yeux, comment les observateurs du RCD,
le parti au pouvoir, se substituer aux membres des nombreux bureaux
vote, pour accueillir les électeurs, choisir à leur place
le bulletin de vote et le déposer dans l'urne sans les inviter
à passer par l'isoloir, sous le regard complice des agents
de police politique (la DST), police omniprésente dans les
bureaux de vote et du puissant Oumda (le représentant du
pouvoir administratif local). C'est dire dans quelles conditions
sont obtenus les 99,52°/° de OUI dont se glorifie M Ben ALI
. L'usage de subterfuges électoraux par l'appareil politico-policier
mis en place par Bourguiba et affiné à l'extrême
par Ben Ali a conduit celui-ci, à l'occasion de ce référendum,
à mettre en place des bulletins de couleur noire pour le "non"
et blanc pour le "oui". Le malheureux votant qui choisirait le bulletin
Voilà "La Tunisie martyre", pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de A. Thaalbi écrit du temps du Protectorat français, bien partie pour subir une seconde ère despotique, qualifiée par les observateurs étran gers de "dictature policière" qui se prolongera jusqu'en 2014, conduite par un militaire sans grande culture (Ben Ali, selon la biographie officielle fût renvoyé de tous les établissements scolaires), après avoir enduré 30 ans de dictature éclairée de l'avocat et intellectuel Bourguiba (1956-1987) à qui les tunisiens reprochent d'être rentré le 1er juin 1955 par la grande porte et d'avoir était éjecté du pouvoir, le 7 novembre 1987, pour avoir raté la démocratisation de la Tunisie. Ben Ali n'a fait, en effet, que continué l’œuvre anti-démocratique de Bourguiba. Il en est d'ailleurs le disciple. Il a érigé le mensonge en politique, toutes les informations sur les événements internes, même celle relatives aux faits divers, sont manipulées, les tunisiens n'ont pas droit à la vérité. Ainsi fût le cas pour l'accident ferroviaire qui a coûté la vie à quelques 300 à 400 victimes parmi les voyageurs des trains reliant Sfax-Tunis, les autorités n'ont avoué la mort que d'une trentaine de personnes. Le mensonge le plus flagrant est celui du récent événement de Djerba visant la synagogue. M. Ben Ali a commencé par soutenir la thèse de l'accident, il a fallu l'intervention du chancelier allemand et le déplacement du ministre allemand de l'intérieur pour faire admettre à Carthage la thèse de l'attentat. Ben Ali a imposé une chape de plomb sur la Tunisie en organisant le maillage de la population grâce à 8000 cellules destouriennes (cellules du RCD)qui scrutent les faits et gestes quotidiens de 9 millions de tunisiens). Le RCD, est une puissante machine dont la tâche est l'encadrement idéologique de la population qui s'ajoute à l'encadrement religieux organisé par les mosquées devenus un ustensile de propagande du pouvoir. Le RCD travaille en étroite collaboration avec l'appareil policier. L'Etat-RCD, ne fait aucune différence entre parti et pouvoir. Il puise ses finances dans la corruption, le racket des entreprises et des professions libérales et l'amalgame avec les finances publiques. Renforçant à l'extrême les pouvoirs de la police qui détient des fiches détaillées et informatisées sur tous les hommes et les femmes majeurs du pays, qui pour obtenir une carte d'identité munie d'un code à barres, sans laquelle aucun acte de la vie civile n'est possible, doivent déposer les empruntes de leurs dix doigts sur des fiches dans les postes de police en vue d'un traitement informatique constituant un fichier automatisé consultable à distance par tous les agents de police sur tout point du territoire. Les mécontents, les intellectuels, les démocrates etautres opposants à sa majesté présidentielle, Ben Ali a offert une panoplie de mesures sorties tout droit de l'ère stalinienne: à savoir jouer le rôle de figurants au parlement, des poursuites judiciaires avec un arsenal de lois répressives (le code de la presse), des tracasseries policières (les islamistes doivent passer toutes les heures signer un registre dans les postes de police), l'arrestation et la prison avec son lot de tortures, l'asile politique, enfin le chômage forcé. En comparaison avec la période du Protectorat (1881-1956), le qualificatif "martyre" appliqué à la Tunisie de 1956 à 2002, parait aujourd'hui très relatif voir exagéré. La Tunisie coloniale a connu avec la France son âge d'or de la "démocratie" et des libertés publiques. La période pré-coloniale beylicale, ignorait en effet la notion même de "liberté" encore moins de "démocratie". Régie par des droits musulmans, la Tunisie était à l'époque une société traditionnelle, patriarcale et archaïque. "Il faut rendre à César ce qui appartient à César", c'est en effet la France post révolutionnaire qui, en instaurant le Protectorat sur la Tunisie en 1881, a importé dans ce pays une réelle liberté d'expression et une relative "démocratie". Jusqu'en 1956, il existait en effet, dans la Régence, d'innombrables organes de presse en arabe et en français où tunisiens et français s'exprimaient librement en publiant des articles très critiques , qui ne ménageaient guère les autorités de l'époque. En outre, les réunions publiques étaient autorisées, la propagande politique tolérée, les associations et les partis politiques librement constitués. Le premier à bénéficier de ces libertés "coloniales" fût Bourguiba lui-même, qui sans elles n'aurait pu agir sur la scène politique, publier ses nombreux articles de presse enflammés dont l'un s'intitulait "misère de la justice" accéder au pouvoir au nom de l'indépendance nationale et, paradoxalement, y mettre fin au nom de la sacro-sainte "union nationale". Oubliant éclat cours de Libertés publiques, appris sur les bancs de la Faculté de droit de Paris, et ayant perdu le souvenir de la liberté de presse instaurée par le Protectorat le Combattant suprême" a condamné la presse à la servilité. Le successeur de Bourguiba, le général Ben Ali, déguisé en civil, qualifié de "Président bac moins trois" par J.-P. Tuquoi, journaliste au Monde, dans son ouvrage "Notre ami Ben Ali" a trompé les tunisiens par sa célèbre "déclaration du 7 novembre" en promettant aux tunisiens, fin de la présidence à vie et démocratie. Naïfs, beaucoup de démocrates l'ont cru, certains ont même rallié son parti le PSD retouché en Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), cela était sans compter avec l'hypocrisie et la perfidie du nouveau Roi de Carthage. Ben Ali est en effet passé maître dans l'art de manipuler les concepts politiquesà la mode dans les pays démocratiques, toute la presse à sa solde tirent à grandes manchettes et regorgent d'articles rédigés par des nègres: "démocratie" "liberté de la presse", "droit à la différence", "État de droit", "droits de l'homme"" et le dernier cri "la république de demain . Ben Ali pousse le cynisme jusqu'à appeler les journalistes à abandonner l'autocensure dont ils seraient les seuls responsables, à exiger l'affichage de "la déclaration universelle des droits de l'homme" dans les postes de police et la programmation de cours sur les dits droits dans les facultés et même dans les collèges. Mais la réalité est tout différente. Ben Ali n'a, durant son règne autorisé aucun nouveau parti ni aucun nouveau organe de presse d'opposition. Ceux qui existent aujourd'hui détiennent une autorisation, délivrée, par ailleurs à titre personnel, du temps de Bourguiba. Pour publier un journal, un livre ou même une simple brochure, il faut patienter pour avoir l'autorisation du puissant Ministère de l'intérieur qui s'autorise le droit de censurer ou de refuser la publication. Munis de l'autorisation d'impression, l'imprimeur peut commencer l'impression du journal, mais la publication n'est autorisé qu'une fois le journal totalement imprimés est passé à la loupe par les "penseurs" du ministère de l'intérieur. L'organe du PDP, "al-mawqif", seul journal d'opposition réelle, avec quelques rares autres tolérés par Ben Ali, vivote sans moyens financiers et ne peut publier que des articles d'ordre général, jamais d'enquête, jamais de sondage d'opinions. Les autres libertés publiques, sont pour certaines strictement interdites comme la distribution de tracts, les manifestation de rue, la liberté de radiodiffusion, les caricatures du personnel politique, d'autres libertés sont sous haute surveillance comme l'accès à Internet, ou les lignes de téléphone mobile sans oublier les écoutes téléphoniques systématiques. Une atmosphère de peur règne en Tunisie. La population est terrorisée par la police, la torture est une monnaie courante non seulement contre les opposants politiques mais aussi contre les personnes accusés de délits de droit commun à qui on arrache des « aveux » présentés à une justice qui refuse d’en voire le fondement ; une justice qui n’est juste que dans les affaires opposant les communs des mortels. Même les ministres offrent le spectacle désolant de gens terrorisés face au « chef », ils sont présentés au journal télévisé comme des élèves bien sages en classe maternelle. La Tunisie est conduite d’ailleurs par Ben Ali comme une école primaire, seul la Corée du Nord peut être pire. L'état des libertés est tel que dire en public ou écrire aujourd'hui, que le Président se teint les cheveux vous coûte une peine de prison. Tout le monde a peur d'émettre la moindre critique. Le pauvre présentateur de télévision en sait quelque chose quand, dans une émission de télévision, il a demandé à une petite fille qui voulait devenir coiffeuse si elle ne voulait pas aussi épouser un président, l'allusion à la femme de Ben Ali qui exerçait ce métier avant de régner sur la Tunisie, a valu au présentateur une "peine" de plusieurs semaines de prison sans jugement. Le cas du courageux magistrat M.Yahyaoui, qui voulant imiter Bourguiba en dénonçant une justice aux ordres, en oubliant que le Protectorat français n'est plus, est tout aussi révélateur du martyre que subit la Tunisie en matière de libertés et de droits de l'homme sous le règne du dictateur Ben Ali après celui du Roi Bourguiba. Le magistrat a payé de son courage, sa fonction et sa liberté de quitter le territoire. Alors que de plus en plus de pays africains comme le Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire, beaucoup moins développés économiquement que la Tunisie, ont accédé à la Démocratie, le pays d'Hannibal, comme tous les pays arabes d'ailleurs, subit la loi et les caprices d'un seul homme qui lui dicte sa volonté et ses desiderata, faisant du pays, son fonds de commerce propre ainsi que celui de sa nombreuse famille, qui de nécessiteuse est devenue milliardaire en 14 ans. Ben Ali, lui, se taille une manne conséquente, qui rendrait jaloux Chirac ou Bush. Le budget officiel de la présidence de la République est en effet révélateur, il est de l'ordre de 40 millions d’euros. Mais pour ménager le chou et la chèvre, la soif du peuple tunisien en démocratie avec la soif des clans Ben Ali et compagnie en privilèges et argent, Les démocrates tunisiens sont disposé à renoncer au régime républicain, pour faire rentrer leur pays dans l’ère démocratique, toute réforme politique en Tunisie ne passe pas nécessairement par l'existence d'une République. Si Ben Ali tient tellement à rester à la tête de l'Etat tunisien, il n’y aucun préalable dogmatique, une solution peut être trouvé avec l'instauration d'un régime monarchique constitutionnelle parlementaire dont il sera le régent à la seule condition de renoncer à l’effectivité de l’exécutif. Il est le seul à pouvoir réaliser cette alternative, lui qui est assoiffé de privilèges et sa famille de passe-droits. Bourguiba a osé abolir le beylicat en cédant au mythe de la République, Ben Ali trouvera son compte dans une l'instauration d'une vraie monarchie dotée d'une réelle démocratie, le peuple tunisien lui en sera redevable et l'Histoire lui en tiendra compte. La république n'a pas le monopole de la démocratie, de la justice sociale et du progrès économique. L'exemple des monarchies européennes peut nous le rappeler . Le système monarchique est en effet beaucoup plus adapté à la mentalité arabe paternaliste. L'ex-président syrien Assad, l'a si bien compris qu'il a placé son fils à la tête de l'Etat avant sa disparition ouvrant l'ère des "républiques monarchiques" et montrant la voie aux Saddam, Moubarak et autres Kadhafi. Quoiqu'il en soit, ce qui est inadmissible et choque le plus les démocrates tunisiens, c'est que le dictateur de Tunis trouve l'appui des États occidentaux ,français et américains en particulier, alors même qu'ils reconnaissent le délabrement de la situation des libertés des droits de l'homme en Tunisie (voir le rapport du Departement d'Etat américain en date de mars 2002) au nom de la stabilité régionale et de la lutte anti-terroriste et anti-islamiste dont Ben Ali s'est fait le chantre par les méthodes qui le ferait traduire devant un tribunal international de droitsde l'homme. M.Chirac emboîtant le pas à M. Séguin s'était dirigé, il y a quelques mois à Tunis pour faire l'éloge de Ben Ali et de sa politique économique qui justifierait à ses yeux les entorses aux droits de l'homme. Pire encore, alors que le Président Bush conditionne la Levée de l'embargo sur Cuba avec la démocratisation du régime castriste, l'organisation d'élections libres, l'instauration de la liberté de la presse et le respect des droits de l'homme, l'Administration américaine, tous présidents confondus, n'a jamais exercé la moindre pression sur la maître de Tunis pour lui donner les consignes qu'ils ne cessent de délivrer à Fidel Castro depuis plus de ans le contraindre à respecter les droits de l'homme et à démocratiser le régime politique, comme ils l'ont si bien fait avec l'ancien bloc communiste. L'état de grâce dont bénéficie Ben Ali de la part des démocraties occidentales et du "monde libre" cher à M. Bush, comme d'ailleurs tous les despotes du Monde arabe, signifie-t-elle, que les tunisiens et les arabes en général n'ont pas le droit à la liberté et à la démocratie comme ce fût le cas pour les peuples de l'Europe de l'Est depuis la chute du mur de Berlin? Je ne peux m'empêcher d'avoir un sentiment certain quand je voix avec quels égards les américains traitent leurs protégés saoudiens qui ne qui ne brillent pas par leur respect des droits de l'homme ou quand, eninsistant sur la juste nécessité de renverser Saddam Hussein , l'Administration américaine, n'évoque jamais sa volonté de voir lui substituer un régime démocratique . Les Arabes, tunisiens compris, sont-ils condamnés à subir les pires dictatures au nom de la lutte anti-terroriste et anti-islamiste et doivent-ils faire chez eux le deuil de la démocratie pour assurer l'approvisionnement en pétrole des économies occidentales. Les démocraties occidentales qui ont inventé lé notion de " droit d'ingérence humanitaire" afin de justifier leur intervention en ex-Yougoslavie pour débarrasser le peuples serbe et kosovar du dictateur Milosevic, pourraient rééditer leur exploit en aidant les peuples victimes "des dictatures douces" à l'instar de la Tunisie, en contraignant leurs despotes à réaliser des réformes politiques démocratiques ou à abandonner le pouvoir après l'organisation d'élections libres au nom du "droitd'ingérence démocratique. Me. Kamel Chaabouni |
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| reçu par mail, le 28 Juin 2002 | |
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TRADUCTION Réouverture des publinets en infraction après nettoyage des disques durs et arrestation des internautes indélicats. On croit savoir meuuuh on n’est pas surs parce que le tuyau nous a été communiqué par les canaux autorisés à le faire, que les centres surveillés d’internet (publinet) fermés récemment pour un gout trop prononcé pour la liberté de circulation de l’information ont été autorisés à rouvrir après s’être faits sévèrement tapés sur les doigts. Ces publinets avaient fait l’objet de décisions arbitraires
de fermeture à l’issue d’une traque sur Internet menée
par les
autorités incapables de les faire taire en vertu de plaintes
déposées après la fermeture et afin de justifier
l'arrestation
de Zouhair par des parents RCD d’élèves qui voulaient
vivre comme les autres et d’autres faux utilisateurs (du Raccing
Club Dégénéré) En plus d’avoir été
sévèrement contrôlé pour que leur situation
réponde aux exigences de la censure organisée Hasni |
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| Jeudi 29 Juin 2002 | |
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