Il y a un an, et tous les ans...

La fête défaite



C'est dur les jours de fête comme ce 25 juillet quand on est loin de sa famille, ses proches et ses amis ça tourne souvent au chagrin et aux larmes. On se culpabilise et on se demande pourquoi on a pas fait comme le reste du troupeau ? Pourquoi on défend des gens qui se désintéressent de notre calvaire ? Pourquoi on a refusé cette maudite carte du RCD ? Pourquoi on a parlé mal de ce dictateur qui empoisonne notre existence ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? La réponse est toujours et restera toujours la même C'EST PARCEQUE ON EST DES ETRES HUMAINS et un homme né libre n'a pas trop de choix dans ce bled pourri ou bien il part à ses risques et périls vivre là où il y a un semblant de liberté ou bien il reste ici et lutte jusqu'au jour où il fait le pas qui mène de la grande prison qu'est la Tunisie vers une prison ordinaire. On parle ici des exilés qui ont peur de téléphoner chez eux pour dire bonnes fêtes car ils savent que quelques minutes après leur coup de téléphone des policiers vont tabasser les membres de leurs familles et saccager la maison de leur enfance !!! On parle d'un prisonnier politique qui pleure comme un gosse réveillé chaque jour par l'hymne national surgit de la radio de la Mercedes du directeur du pénitencier. On parle de la pauvre Zakia Jhinaoui qui fait la navette entre les prisons tunisiennes pour voir ceux qui restent encore en vie de ses 9 enfants...

On parle de 10 millions de Tunisiens qui croient encore que la Tunisie est indépendante ?!!!

ettounsi de TUNeZINE

mercredi 25 juillet 2001
Retour vers le futur

Répression anticipée


TUNIS – TNA- Le 23 juillet 2002, la plus jeune opposante au régime de Ben Ali, Sarra Hammami, 3 ans, a été empêchée par la police des frontières de prendre l’avion pour Paris. A sa sortie de la salle d’embarquement de l’aéroport de Tunis Carthage, Sarra a été entourée par une centaine de journalistes. La première question posée à Sarra concernait sa position devant l’acharnement de régime contre sa famille. Sarra s’est refusée à tout commentaire. Un journaliste lui a demandée ce qu’elle pensait du référendum du 26 mai. Sarra s’est contentée de répéter : « redondum, redondum, redondum… ». Un correspondant suisse lui a demandée de commenter la situation des droits humains en Tunisie. Il a eu comme seule réponse : « Maman, papa », puis la jeune Sarra a éclaté en sanglots.

Il faut faire un flash-back ou plutôt un flash-forward dans le futur pour comprendre l’hostilité du régime envers la dernière-née de la famille Hammami-Nasraoui. Sarra Hammami, militante du Parti Communiste Ouvrier de Tunisie, mènera à partir d’avril 2024 une campagne farouche contre le référendum pour la révision de la constitution. Selon la constitution tunisienne, révisée par un référendum populaire de 2014, l’âge limite pour les candidats à l’élection présidentielle sera fixé à 85 ans. Le président Zine El Abidine Ben Ali, 88 ans en 2024, sera à son huitième et dernier mandat. Mais le peuple lui réservera une surprise. Des dizaines de milliers de télégrammes émanant des organisations populaires de base et des cellules de son parti, le RCD, appelleront le président à poser sa candidature pour l’élection présidentielle d’octobre 2024. Selon la nouvelle constitution, qui sera soumise au verdict du peuple durant le référendum du 31 mai 2024, l’âge limite pour les candidats à la présidentielle sera plafonné à 99 ans. Ben Ali pourra théoriquement rester au pouvoir jusqu’a octobre 2039. A cette date Ben Ali aura 103 ans. Sera-t-il tente par un nouveau mandat ?

Malgré les 7 voitures de police qui encercleront sa maison et aux 11 policiers en civil qui la suivront comme son ombre, Sarra appellera au boycott de la farce électorale du 31 mai 2024 et à la destitution du dictateur sénile. Cloîtré dans son nouveau palais de Kélibia, l’acariâtre dictateur acceptera, après de longues tergiversations, de ramener le taux de réussite de son nouveau référendum de 99,52% à 99, 51%. Après 37 années de règne absolu, la popularité de Ben Ali chutera de 0,01%. Le combat de Sarra risquera d’être long et plein d’embûches. Elle comptera surtout sur le réveil du peuple. Les signes de l’exaspération de manqueront pas en 2024 : 711 émigrés illégaux morts par noyade en pleine mer au large de la Sicile, 117 morts durant une partie de foot opposant l’Espérance au Kef. L’année 2024 marquera-t-elle la fin d’un si long règne ?

Wait and see!

Omar Khayyâm

25 juillet 2002
Ben Ali, le plus ......... du monde ! (Le lecteur peut remplacer les pointillés par ce qu'il souhaite).

BEN ALI
Le recordman le plus connu dans l’histoire du Guinness !!!

Depuis quinze ans, le président Ben Ali ne cesse de réaliser des records. Après avoir tourné le dos à la déclaration de 7 /11/1987 et toutes les promesses qu'il a fait depuis concernant la démocratie, la liberté d’expression, la justice et les droits de l’homme, Ben Ali est devenu par excellence le plus grand menteur dans le monde. Par la même occasion, Ben Ali a battu tous les records des promesses non respectées.

Avec plus de 130 milles policiers pour une population qui ne dépasse pas les 10 millions, il a réalisé le taux de "policialisation" jamais connu ! Avec ce système policier, Ben Ali a pu construire la dictature la plus sauvage de l’Afrique mais il cherche encore à battre le record mondial qui ne va pas tarder à se réaliser !
Avec ce même système policier, il a pu réalisé le plus grand "taux d’emprisonnement politique". Loin de la politique Ben Ali a pu faire la plus grande vente en enchère dans l’histoire.

Dernièrement ; j’ai entendu d’un ami qui est à son tour l’ami du cousin du voisin du jardinier d’un conseiller d’état que Ben Ali a entendu parler d’un magicien sénégalais qui a un pouvoir extraordinaire et qui peut réaliser tout ce qu’on lui demande. Ben Ali l’a alors invité du Sénégal. Le jour de son arrivé, Ben Ali a été dans son attente à l’aéroport de Tunis-carthage. Sous une surveillance extrême, Ben Ali et son invité sont rentré à carthage et sans attente, expliquait Ben Ali le but de l’invitation:

Ben Ali: Monsieur GriGri, je vous ai invité pour vous demander une faveur…

Le magicien: Monsieur le président j’ai l’honneur d’être à votre disposition...

Ben Ali: En fait, vous savez bien qu’il y a en Tunisie comme ailleurs, comme tous les pays démocratiques, des traîtres qui cherchent à nous mettre le bâton dans la roue. Pour se protéger de leur violence si jamais un jour ils arrivent au pouvoir, j’ai construit un petit coin en Argentine. Donc, je vous ai invité pour me donner une astuce pour construire un pont jusqu’au argentine s’ils réussissent un jour.

Le magicien : Ah…!! Un pont!! Mais monsieur le président...un pont de Tunisie en argentine ca dépasse mes pouvoirs...

Alors Ben Ali rougit soudainement et disait en criant comment ?!.. Et tes pouvoirs dont tout le monde en parle?! Je t’ordonne de construire ce pont!

Le magicien : Excusez-moi monsieur le président…ca me dépasse vraiment ! Pourquoi ne cherchez-vous pas une autre solution ? !

Ben Ali était pour une fois convaincu d’une idée différente, il convoquait alors immédiatement ses ministres et ses conseillers pour chercher quoi faire face au "traîtres" qui empêchent Ben Ali de dormir!...

Apres quelques heures de discussion, donne un conseiller une idée qui plaisait à Ben Ali:

Excusez-moi monsieur le président, à la place de s’enfuir, pourquoi vous ne demandez pas au magicien de transformer les "traîtres" en "alliés" ? !

Soudain brillaient les yeux de Ben Ali et il frappait sur son front: AHH…Oui…Ca C’est plus facile!! Et sortait en courant, il entre dans la chambre de magicien:

Ben Ali: Alors, J’ai trouvé une solution! Vous faîtes taire les opposants et vous les transformez en alliés! C’est plus simple non ? ! Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas pensé à ca avant !! Combien de temps avez vous besoin pour réaliser ça…...

A ce moment le magicien l’interrompait : Monsieur le président combien de voies voulez-vous pour votre pont ?

ettounsi ou noss

26 juillet 2002
Petit murmure deviendra grand ...

A force de réprimer mes hurlements de rage, j'ai fini par ne plus faire que murmurer. Je ne peux plus continuer comme ça. Je ne peux plus continuer à me taire sous peine de me rendre malade. Je suis prête à affronter tous ceux qui m'en voudront, tous ceux que je dérangerai par mes cris.

Dès l'arrestation de Zouhair, j'ai passé une semaine à me démener et me débattre, sans manger, sans dormir, en oubliant de me laver, en pleurant tout en attendant d'avoir de ses nouvelles. Les premières nouvelles que j'ai eu ont été qu'il avait été torturé. J'ai imaginé le sadisme de ses tortionnaires, je les ai vus le frapper, le gifler, lui ne portant que ses sous-vêtements. Je les ai vus faire leur boulot, le suspendre par les poignets à un crochet au plafond et attendre qu'il n'en puisse plus. J'ai vu Zouhair allongé au sol, le corps endolori et l'âme en souffrance, loin de l'humanité.

Je l'ai vu, et j'ai eu mal, si mal. J'ai même perdu une de mes meilleures amies qui n'a pas compris que cette douleur supplantait tout le reste.

Qu'y avait-il à comprendre au fond ? Comment comprendre l'incompréhensible ?

Tout ce que moi j'ai fini par comprendre, c'est que je devais m'exprimer. J'ai enfin compris que la seule bonne manière de faire est d'être soi-même. Quand bien même il s'en trouvera toujours pour essayer de me déstabiliser, je resterai moi-même. J'assumerai mes choix et mes erreurs. J'assumerai de ne pas rester discrète dans mon coin. J'assumerai de penser à Zouhair 24h sur 24 quoi qu'on en dise. J'apprendrai à résister aux attaques, aux mots faits pour blesser, à ceux qui veulent nuire en prétendant aider.

Je serai plus forte parce que je ne cacherai rien. Je n'exposerai pas ma faiblesse, je n'exposerai que ce que je porte, mon coeur tout entier, l'amour immense que j'ai pour Zouhair et mes pensées qui sont avec lui tout le temps.

J'arrêterai d'avoir honte d'essayer de l'aider pas seulement parce qu'il est un être humain mais aussi parce que je l'aime. J'arrêterai de me faire toute petite, de bafouiller ma souffrance en quelques rires nerveux, de me baillonner.

Le politiquement correct, ce n'est pas pour moi si ça fait mal. La politique ne m'intéresse pas si elle se désintéresse de l'Homme. L'argent ne m'intéresse pas si c'est pour l'accumuler et en admirer la quantité en oubliant que les milliards n'ont jamais empêché quiconque de souffrir, encore moins de mourir.

Je me servirai des mots, de ma voix, de mes larmes, de mon corps, de tout ce que je peux pour que Zouhair sorte de prison. Non je ne peux pas être patiente, non je ne peux attendre que quelqu'un nous donne la permission de vivre. Non je ne peux pas accepter qu'on dispose comme cela de la vie des hommes. Non je ne peux pas rester immobile et laisser des soi-disants "amis" m'expliquer que je m'y prends mal, que je suis nulle, ou moche. Désormais, de ceux-là, je m'en fous.

Je redirai le plus souvent possible à quel point je souffre jusqu'au plus profond de moi. A quel point la monstruosité de ces minutes qui s'écoulent, perdues à jamais, peut-être fatales, me plonge dans un effarement qui décuple ma volonté et mes forces.

Aux executants de l'Injustice tunisienne, j'ai envie de dire ceci: Zouhair et moi sommes toujours ensemble. Lorsque vous l'avez arrêté, vous m'avez arrêtée moi aussi. Lorsque vous l'avez torturé, vous m'avez moi aussi torturée. Lorsqu'il a soif, mes lèvres se craquèlent ; s'il étouffe, je peine à respirer ; s'il s'inquiète pour moi, alors je m'inquiète pour lui.

En le condamnant à se taire, vous m'avez condamnée à parler deux fois plus fort.

Sophie

Borj El Amri, le 25 juillet 2002
Tant dit la perruche "es bueno..." qu'à la fin elle s'épuise...

Une si fragile dictature



La force a souvent plus peur de la victime que la victime de la force .
Stefan Zweig

Dans une démocratie, on peut dire que la politique est pour les politiciens, que c’est quelque chose de méprisable, qui nous ennuie. Mais dans un pays où la politique est faite par des gangsters, par des criminels, où la politique est tout, parce que ( …) votre survie dépend vraiment des décisions politiques, alors la politique c’est l’air que vous respirez, et il n’y a pas moyen de s’en débarrasser.
Mario Vargas Llosa


La dictature tunisienne est basée sur un mythe. C’est le mythe de son omnipotence. Certains commentateurs étrangers y croient aussi et parlent du « régime fort de Ben Ali.» Le régime a, bien sûr, intérêt à entretenir le mythe de sa puissance. D’ailleurs, il ne survit, malgré les fortes secousses qu’il a subies, que grâce à cette légende. Le régime de toutes les polices (police présidentielle, police politique, police postale, police touristique, cyber-police, police secrète, police mobile, police montée, police des plages, police anti-émeutes, police avec chiens [brigade canine], police antiterroriste, police antigang etc.) a, apparemment, de quoi faire peur au commun des citoyens. Pourtant, toutes ces polices n’ont pour but que de faire croire aux Tunisiens que le régime est invincible. Il suffit que les Tunisiens y croient pour que le système fonctionne. Je ne vais pas jusqu’à prétendre que les 150 000 policiers sont en carton, mais un fait est là : Ben Ali a les mains liées. Il ne peut plus jouer aux Pol Pot ni aux Suharto, c’est-à-dire liquider les opposants et les mécontents par milliers. Le contexte mondial actuel, l’ouverture économique du pays et sa vocation touristique interdisent à Ben Ali de mener la répression à une échelle stalinienne ou saddamienne. Le secret de la « réussite » du régime benalien réside plus dans la peur implantée dans les têtes que dans la répression « graduée » des opposants et des militants des droits humains.

Si seulement les Tunisiens savaient !

Si seulement les Tunisiens savaient combien la dictature benalienne est fragile et vulnérable ! Quelques exemples suffisent pour détruire le mythe du « régime fort ». La sortie du livre « Notre ami Ben Ali » en septembre 1999 causa un véritable tremblement de terre au sein de la dictature. Un régime fort a-t-il besoin d’acheter des milliers de copies du livre pour les détruire ensuite ? Pendant la période de la sortie du livre et de la publication par le Monde d’une série d’articles intitulés « La Tunisie sous Ben Ali », le régime orchestra une campagne médiatique enragée contre « certains organes de presse français connus pour leur parti pris et leur hostilité envers la Tunisie. » Le régime déclencha, aussi, une véritable guerre contre les enseignes commerciales en français et devint, le temps d’une crise de nerfs, un fervent défenseur de langue arabe. Ce régime qui tremble devant quelques «papiers » publiés à l’étranger est-il vraiment fort ? Un dictateur déstabilisé par un livre écrit par deux journalistes étrangers et publié à l’extérieur du pays est en réalité un tigre en papier.

Un estomac vide qui fait peur

Des dizaines de policiers en civil sont sur le pied de guerre et tentent d’encercler le noyau de la subversion. Une armada invisible d’indicateurs rôde autour du « lieu du crime ». La police des télécoms procède à la coupure les lignes téléphoniques de l’ennemie de l’Etat Numéro Un. Un courageux policier politique monte sur une échelle, empruntée à la municipalité de Tunis, qui par ce geste apporte son obole à la « grande guerre patriotique » menée depuis le 26 juin, et enlève au risque de sa vie une dangereuse banderole de propagande placée par l’ennemie qui se cache derrière les rideaux. La police des frontières déjoue une tentative d’évasion d’une terroriste de trois ans et démasque son réseau clandestin. De quoi Big Benavi a-t-il peur ? D’un estomac vide depuis plus de quatre semaines ! Le grand dictateur a peur de la petite avocate presque agonisante plus qu’elle n’a peur de lui. L’omnipotent pharaon se sent menacé par une modeste banderole accrochée à un balcon et il transforme le voyage à l’étranger d’une petite fillette de trois ans en une affaire d’Etat. Comme le Grand Général Zaba est minuscule et ridicule devant la petite Sarra!

Mister Bean Ali manque d’humour

Une dizaine de policiers font irruption dans un cyber-café de Ben Arous, crient : « Haut les mains !» et arrêtent un clown qui fait rire tout Tunis. Sauf Mister Bean Ali et ses lugubres SS. Le royaume du général Zaba est si fragile qu’il risque de tomber au moindre rire! Le soir du 4 juin le ministère de l’Intérieur est en état d’alerte. Tandis que des ingénieurs informaticiens décortiquent le disque dur d’un ordinateur hors du commun, des spécialistes du poulet rôti sont en train de cuisiner le grand chef de TUNeZINE. L’empire carthaginois risquait de s’effondrer sous les tirs intensifs de proxy fabriqués par un artificier amateur qui porte le pseudo ettounsi. Ettounsi nous a fait tous rire de Zaba, mais Zaba ne pourra jamais nous faire rire d’ettounsi. Mister Bean Ali manque cruellement d’humour. Si seulement les Tunisiens savaient l’insoutenable fragilité de leur dictature!

Si les juges étaient des avocats

La peur ne niche pas seulement dans les têtes des humbles citoyens. Les représentants des pouvoirs judiciaire et législatif ont, eux aussi, peur de Big Benavi. Qu’est-ce qui empêche les juges honnêtes et intègres de rejoindre le juge « orphelin » Yahiaoui dans sa bataille pour l’indépendance de la justice? Ne représentent-ils pas, en fin de compte, un pouvoir aussi puissant que l‘exécutif ? Les avocats tunisiens ont finalement gagné leur « guerre d’indépendance » contre le régime totalitaire de Ben Ali. Le secret de leur réussite c’est leur solidarité. Le régime peut frapper un avocat isolé, mais difficilement le corps des avocats. Il peut révoquer un juge isolé, comme Mokhtar Yahiaoui, mais ne peut venir à bout d’un groupe de juges solidaires. Il suffit que les juges intègres se débarrassent de leur peur non fondée pour que la magistrature gagne à son tour sa guerre d’indépendance.

La constitution dit qu’aucun député ne peut être poursuivi pour ses déclarations au sein du parlement. Pourquoi les députés de l’opposition n’osent-il pas crier haut et fort : « Ben Ali, dégage! » ? De quoi le chef du parti Ettajdid M. Mohamed Harmel et ses collègues ont-ils peur ? Si, il y a trois mois, le dictateur tunisien a été « giflé » par le ministre allemand de l’intérieur, qu’attendent les Tunisiens pour lever la main ?

Cette peur ancrée dans les têtes a malheureusement paralysé tout un peuple. Personne n‘est épargné. Les ministres, eux aussi, ont peur. Un photographe canadien raconte qu’un ministre tunisien tremblait carrément en présence du journaliste canadien qui l’interviewait. Le ministre crispé ressemblait à un élève d’école primaire qui récitait son cours devant un maître sévère. Il s’agit d’une peur qui traverse la société de haut en bas et qui n’épargne que ceux qui ont réussi avec succès leur « baptême de feu». Un opposant au régime à visage découvert m’a dit : « L’opposition ouverte au régime était pour moi une grande libération. Le jour où tu acceptes « le risque du métier », c’est eux qui commencent à avoir peur. »

La trompeuse stabilité benalienne.

Il suffit d’un rien pour faire tomber un dictateur en déclin. Le déclin commence le jour où la peur change de camp. Depuis octobre 1999, date à laquelle fut jouée la pièce de théâtre électorale intitulée la « première élection présidentielle pluraliste », le dictateur tunisien a commencé son inexorable déclin. Malgré la couleur inchangée de ses cheveux depuis des années, les signes de la déchéance n’échappent pas aux observateurs. Ben Ali est comme un joueur qui commence à perdre chaque jour une partie de son patrimoine, mais qui ne peut plus arrêter de jouer. La faillite est plus que prévisible. Elle est certaine.

Le dictateur roumain Ceausescu est tombé le jour où le peuple a osé le huer alors qu’il prononçait un discours en direct à la télé. Peut-être les Tunisiens n‘attendent-ils plus que la goutte qui fasse déborder le vase pour exprimer leur ras-le-bol. Selon Ben Brik, Ben Ali, exactement comme un parrain de la mafia, a besoin du respect pour pouvoir diriger le pays et les clans qui se le partagent. Mais la prolifération des clans et leur montée en puissance fragilise le régime et accentue le mécontentement populaire. Jusqu’à quand Ben Ali sera-t-il « respecté » ?

A part sa police présidentielle et ses Services Spéciaux, Ben Ali ne peut plus avoir confiance en personne. Il est, d’ailleurs, en train de suivre le scénario de tous les dictateurs qui l’ont précédé : négation de la réalité autour de soi et phobie du vieillissement et de la mort. D’où sa paranoïa sécuritaire et son désir irrationnel d’arrêter le temps. On peut interpréter la mascarade électorale du 26 juin 2002 comme une tentative de faire entrer le pays dans une « ère glaciaire » qui donnerait au dictateur l’illusion de vivre dans un temps figé où rien ne change.

L’après Ben Ali a-t-il déjà commencé le 26 mai 2002 ? Tout porte à le croire, surtout que cette présidence à vie est une invitation à peine voilée au coup d’Etat. Le futur putsch ne sera pas médical!

Omar Khayyâm

21 juillet 2002
Entourés de femmes, ce Zouhair !

A mon frère



Voilà un mois et demi que tu es en prison , une étérnité pour moi , chaque jour le feu qui me brule ne fait qu'augmenter, en pensant à toi, à ce que tu as enduré...
Toi mon frére, à qui je n'ai jamais su te dire combien je t'aimais par pudeur, moi je n'avais pas besoin que tu sois résistant, que tu sois à la une du" MONDE" pour que je t'admire.
Je connaissais déjà tes qualités : courageux, pacifiste,juste,altruiste,intelligent,modeste, patriote, défenseur des femmes,etc...
Mais je sais surtout que tu es modeste, et que tu n'aime pas qu'on te flatte.Malgré ta supériorité intellectuelle, c'est surtout par l'intelligence de ton coeur que tu brilles.
Malgré le manque de moyens tu as été un éléve surdoué, un bon footballeur, un artiste, un informaticien, un journaliste.
Mais tu n'etais pas le fils d'un riche notable,et surtout tu n'étais pas un lache, ni un traitre et donc tu as été mis sur la touche.

Meme en tant que cyber résistant t'as dû payer du fait de ton origine modeste, par la torture et l'emprisonnement, tu n'es pas le directeur d'ELF tunisie pour etre libéré le jour meme grâce à un coup de téléphone, tu n'es pas d'origine influente, pour la chance d'être juste harcelé toi et ta famille.
Toi tu es le symbole de ce millier de prisonnier qui ont eu encore moins de chance que toi et qui croupissent dans les prisons dans des conditions inhumaines.
A toi à eux que les larmes de vos familles soient utiles pour vous libérer, car hélas on a que nos larmes pour vous aider.

A bientôt, à trés bientôt mon frére notre héros de toujours.

Samira

21 juillet 2002
Suite à un message dénigrant Hamma Hammami, Angelica riposte et brille !

La parole est à la défense


J'ai l'habitude de m'informer personnellement avant d'émettre un jugement sur une personne, et pas juste sur la base de potins et opinions d'autres personnes. Ça me permet de me forger ma propre opinion.

Hamma Hammami est un homme de certaines convictions politiques. Il est communiste, et il a par ce fait été très vite une cible du régime bénalesque.
Il se trouve que c'est aussi un homme qui ne lâche pas prise.On peut certes imaginer que tout ce qu'il a fait dans sa vie, le combat qu'il a mené, l'a empêché de remplir ses devoirs envers sa famille. Je pense que c'est faux. On a deux façons de remplir ses devoirs envers sa famille, et les deux sont parfaitement honorables: construire son futur au quotidien, ou construire son futur de libertés. Il n'y a en fait que sa famille pour pouvoir se prononcer sur la responsabilité de Hamma Hammami envers elle. C'est une question interne qui ne nous concerne pas.

Il a eu aussi le courage de fonder une famille, dans un pays dans lequel même ce droit lui était refusé. Il l'a pris, comme il a pris toutes ses libertés fondamentales, celles auxquelles tout homme a droit, et qui sont refusées à tous en Tunisie.
Aurait-il dû y renoncer? et au nom de quoi, s'il vous plaît?
Pourquoi aurait-il dû renoncer à aimer sa femme, et à en être aimé, à avoir des enfants et les aimer?
C'est justement l'objet de la grève de la faim de Radhia Nasraoui. Oui, aimer est aussi un droit, et celui de la famille Hammami-Nasraoui est bafoué. Ce n'est pas à lui, Hamma Hammami qu'il faut en tenir rigueur, mais à ceux qui veulent prendre ces droits basiques à des hommes, par la terreur, la répression, la torture.

Ce qu'il a fait dans sa vie ne peut pas le faire qualifier de mou, d'égoïste, d'irresponsable ou de fainéant, ou arriviste ou profiteur.
Arriviste pour arriver où? est-ce le meilleur moyen, de faire ce qu'il fait, pour faire carrière? pour profiter de la situation? j'en rirais si ce n'était pas dramatique. Menteur? c'est justement parce qu'il ne ment pas qu'il est en prison.

Non, non, non, Hamma Hammami et le millier d'autres prisonniers d'opinion dans les prisons tunisiennes ne sont pas des prisonniers de droits commun. Le droit est tordu à loisir, la justice ne peut pas agir, les procès sont des réunions dans des salles d'audience sans discussion, sans instruction, sans possibilité d'accuser et de défendre. C'est l'occasion d'apprendre le verdict, c'est tout.
Pour quelle raison objective Hamma Hammami est en prison? parce qu'il a exprimé ses idées politiques, parce qu'alors qu'on a voulu l'en empêcher toute sa vie, il a continué à le faire: il a pris la liberté d'expression qu'on refuse à tous en Tunisie. Parce que quand la liberté manque: il faut la prendre, il n'y a pas d'autres solutions. Ni la prison, ni la torture, ni la peur, ni la douleur, ni la maladie et les handicaps qui l'accompagneront toute sa vie, ni même la mort ne l'arrêtent. Personnellement, j'admire une telle personne, qui a su avec sa femme élever ses propres enfants, même de loin, et leur inculquer la tendresse, l'amour, et le courage.
C'est pour ça que d'accord ou non sur ses idées politiques, son combat n'est pas politique: tout être humain digne de ce nom se doit de le soutenir.

Angelica Diamantis

23 juillet 2002
Du Maroc !

DEMAIN LA DEMOCRATIE



Mutins,contestataires,cyber-dissidents,mères de Buenos-aires,opposants de tout bord,et autres empêcheurs de tourner en rond dans le giron du chef sont logés dans le nouvel ordre mondial à la même enseigne celle des infréquentables,des marginalisés,des laissés pour compte,et des minoritaires pas toujours numériquement.

Que faire pour changer cet état des choses pour que plus jamais une personne ou un groupe de personnes ne s'erige en gardien de la vérite absolue sur terre, pour que les rues et avenues des villes de cette planète ne se transforment plus en expositions permanentes des toiles géantes à l'effigie des guides,leaders et autres imbus de leur petite personne ?

Quelle recette magique adopter pour que plus personne ici bas ne meurt de faim ou ne choisisse sa grève comme dernier recours pour crier son desespoir à la face du monde ?

Femmes et hommes libres levez-vous, c'est l'unique facon de rester vivants.

Mohamed Benmakhlouf

De nos envoyés très spéciaux

Dernière minute !



TUNIS - TNA - Le 26 juillet 2002, sa majesté Zine El Abidine Ben Ali a déclaré entamer une gréve de la faim illimitée.

Sa seule et unique revendication : la cessation immédiate et sans délai de la grève de la faim de Radhia Nasraoui.

Afin qu'ils puissent témoigner leur solidarité à leur souverain une grève de la faim tournante sera imposée à tous les tunisiens.

Les premiers grévistes volontaires seront tirés au sort à une date ultérieure mais dans un souci d'efficacité et de rentabilité fidèles à l'esprit du royaume de demain, la liste des grévistes sera publiée dès demain matin dans l'éditorial de la Presse accompagnée d'un article signé Goujat.

Essifou (et Sophie)

26 juillet 2002
 
  Fond sonore : Woman in love