Touchons du bois !

Pénurie de langue boisée ...


Quand on sait que depuis L'avénement de sa majesté, roi vénéré de tous,c'est à dire l'an 0 de l'histoire de la Tunisie soit presque 15 ans, les journaux du pays se sont mis à la langue de bois jusqu'à ce que le bois perdit sa langue.

Du coup, de plus en plus de gens n'arrivent plus à parler, car pour parler il faut avoir la langue de bois, mais il y en a plus ou presque de bois avec langue. Le peu qui reste est bien gardé, peut on l'imaginer, par le cercle de sa majesté, pour les besoins journaliers de la propagande. On peut imaginer tout de même le sérieux coup donné au stock lors de la grève de la faim de la citoyenne Radhia Nasraoui, l'une des rares qui n'a pas besoin de bois pour parler, ou encore lors de l'arrestation d'ettounsi, un fervant anti-bois.

Devant ce problème insoluble, un comité de citoyens a pris l'initiative de se constituer en association pour essayer de planter ce fameux bois dont la langue permet de parler. Encore faut-il surmonter le premier obstacle qui est d'écrire, en langue de bois, la demande qui doit être présentée au ministère de l'intérieur afin que celui-ci donne l'autorisation d'exercer. Finalement non sans mal, et avec l'aide d'un écrivain public, métier en vogue pour des raisons non ignorées, la lettre s'est finalement dessinée et voci le contenu:

A l'attention de sa majesté,
copie couleur pour son altesse le ministre de l'intérieur,

La langue de bois votre politique bienveillante sur nous, notre chef éternel, a permis à la tunisie, notre chère patrie, un développement incontestable, dans tous les domaines. La démocratie, n'a cessé de progresser depuis que vous avez eu cet éclat de génie constitutionnel de l'année 0 de notre histoire. Nous avons pu constater entre autre une grande avancée en matière de droits de l'homme et même de l'animal. N'ont ils pas les mêmes droits chez nous? Aucun pays au monde n'a pareil acquis.

Que dire aussi de la liberté de la presse ou notre fierté nationale ? Votre clairvoyance a permis d'avoir les meilleurs journalistes du monde pour nous écrire, à nous citoyens, chaque jour. Pour ne citer que lui, M.Gouja a rendu réalité un de nos souhaits le plus intense : t'avoir chaque matin en photo à la une du journal.

Cher président, si nous venons par la présente susciter votre bienveillance sur nous, c'est pour mieux promouvoir la langue que vous nous avez tant appris à parler, tant dans vos discours que dans vos journaux, pour mieux la transmettre, et nous prémunir, ainsi que nos enfants et nos familles de tout blasphème possible. Tel est notre projet.

Que dieu vous garde pour nous,
Que dieu vous garde pour la patrie,
Que dieu vous garde.


Comité pour la constitution de l'association PELT "Promouvoir Ensemble la Langue Tunisienne".

Schizophrène

7 août 2002
Réalité virtuelle, virtualité réelle, irréel virtuel ...

Un programme explosif


Monde virtuel Lorsque j’ai lu pour la première fois l’étrange article de Cyber World (*) du mois d’août, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un poisson d’avril hors saison. Mais cette revue, réputée pour son sérieux, n’a jamais versé dans le sensationnel. Un article, qui s’étale sur les pages 77 à 84, porte un titre qui éveillerait la curiosité du lecteur le plus apathique : SOFTWARE IN HANDCUFFS ! (logiciel en menottes !). Les révélations faites par cette revue, après deux mois d’enquête active à Tunis et sur Internet, sont époustouflantes. Je ne fais aucun commentaire là-dessus et je me contente de traduire.

TUNIS- (Tunisie) - La nouvelle s’est répandue dans les cybercafés de Tunis comme une traînée de poudre : ettounsi a été arrêté par la cyberpolice. En effet, un groupe de policiers en civil, agissant sous les ordres du dictateur qui préside aux destinée
de ce petit pays nord-africain, a coffré un homme de trente quatre ans qui était en train de pianoter sur le clavier d’un ordinateur connecté à Internet. Un corps de police « exotique », la police informatique, l’accuse d’être le cyber-journaliste « ettounsi » ( le Tunisien), qui anime depuis juillet 2001 un site de satire politique. Ettouunsi ne cessait de ridiculiser par ses écrits humoristiques le petit tyran sans envergure qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays africain exportateur de plages et de soleil.

L’internaute arrêté s’appelle Zouhaïr Yahyaoui, un informaticien amateur et un chômeur occupé à plein temps. La nouvelle de son arrestation a fait en quelques jours le tour du monde. Pourtant, une question essentielle n’a jamais été traitée par les médias : l’équation de base ettounsi = Zouhaïr Yahiaouoi est-elle démontrable ? Ce jeune diplômé de management, mordu d’informatique et d’Internet, est-il vraiment l’homme que cherchait activement la police informatique tunisienne depuis le mois de juillet 2001 ? Ettounsi existe-il vraiment ? Lorsque j’ai lu pour la première fois l’étrange article de Cyber World (*) du mois d’août, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un poisson d’avril hors saison. Mais cette revue, réputée pour son sérieux, n’a jamais versé dans le sensationnel. Un article, qui s’étale sur les pages 77 à 84, porte un titre qui éveillerait la curiosité du lecteur le plus apathique : SOFWTWARE IN HANDCUFFS ! (logiciel en menottes !). Les révélations faites par cette revue, après deux mois d’enquête active à Tunis et sur Internet, sont époustouflantes. Je ne fais aucun commentaire là-dessus et je me contente de traduire.

TUNIS- (Tunisie) - La nouvelle s’est répandue dans les cybercafés de Tunis comme une traînée de poudre : ettounsi a été arrêté par la cyberpolice. En effet, un groupe de policiers en civil, agissant sous les ordres du dictateur qui préside aux destinées de ce petit pays nord-africain, a coffré un homme de trente quatre ans qui était en train de pianoter sur le clavier d’un ordinateur connecté à Internet. Un corps de police « exotique », la police informatique, l’accuse d’être le cyber-journaliste « ettounsi » ( le Tunisien), qui anime depuis juillet 2001 un site de satire politique. Ettouunsi ne cessait de ridiculiser par ses écrits humoristiques le petit tyran sans envergure qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays africain exportateur de plages et de soleil.

L’internaute arrêté s’appelle Zouhaïr Yahiaoui, un informaticien amateur et un chômeur occupé à plein temps. La nouvelle de son arrestation a fait en quelques jours le tour du monde. Pourtant, une question essentielle n’a jamais été traitée par les médias : l’équation de base ettounsi = Zouhaïr Yahiaouoi est-elle démontrable ? Ce jeune diplômé de management, mordu d’informatique et d’Internet, est-il vraiment l’homme que cherchait activement la police informatique tunisienne depuis le mois de juillet 2001 ? Ettounsi existe-il vraiment ?

Ce que nous avons découvert, après deux mois d’enquête acharnée à Tunis et surtout sur Internet, s’apparente plutôt à une histoire de science-fiction dont le héros et la victime sont constitués par un être unique. Un homme en chair en os, qui purge une peine de deux ans de prison pour le compte d’un autre. Cet autre est un logiciel unique au monde qui porte le modeste label d’ettounsi. Si seulement les Tunisiens savaient que derrière les barreaux d’une lugubre prison de Tunis se trouve l’un des génies du siècle!

Revenons à la question primordiale : ettounsi existe-il vraiment? Oui il existe. C’est le nom d’un logiciel d’écriture inventé en juin 2001 par un informaticien dilettante de Ben Arous, une banlieue de Tunis. Le génie de Zouhaïr Yahiaoui ce n’est pas d’avoir créé un logiciel, mais de l’avoir rendu autonome. Ettounsi n’a pas besoin de Zouhaïr pour fonctionner. Le créateur du logiciel, comparable à un « petit dieu », s’est limité à le lancer sur la Toile. Son «big bang » initial de juillet 2001 est à l’origine d’un cyber-mythe.

Comment fonctionne le logiciel « ettounsi » ? Ce méga-programme est l’un des projets les plus fous de ce début de siècle. D’après nos propres investigations, Yahiaoui avait déjà créé au début de l’année 2001 un logiciel pour création de logiciels : le « proto-ettounsi ». ZY (Zouhaïr Yahiaoui) est l’un des rares informaticiens à avoir découvert l’extraordinaire capacité des logiciels à créer d’autres…logiciels.

Le phénomène le plus extraordinaire ce n’est pas les centaines de milliers de lignes qui composent le programme, mais la ruse imparable qu’il utilise, un mystère jusqu’à ce jour. Ce logiciel, composé de millions de pièces, squatte sans crier gare les espaces libres des disques durs des ordinateurs connectés à Internet dans le but de produire une capacité de calcul vertigineuse. Le résultat ? Des textes intelligents à même de défier le test de Turing. Le secret de la réussite du logiciel d’écriture ettounsi est son ubiquité : il est partout et nulle part. Comparable à une chaîne d’ADN disloquée, les fragments du programme fonctionnaient en harmonie grâce à un « coordinateur », une sorte de chef d’orchestre, qui dirigeait la symphonie verbale. Ci-gît le secret du silence du logiciel ettounsi depuis le soir du 4 juin 2002. Le débranchement du disque dur de ZY a causé une véritable catastrophe pour le programme d’écriture ettounsi. En l’absence de la baguette magique qui coordonnait les millions de fragments éparpillés sur la Toile, le programme ettounsi s’est brusquement trouvé paralysé. Mais ses composantes sont toujours en état latent, dissimulées dans des millions d’ordinateurs éparpillés sur les quatre coins de la planète et prêtes à attaquer leur cible privilégiée : un petit général quasi-analphabète nommé ZABA.

L’autre côté fascinant de ce logiciel hors du commun est son sous-programme de mise à jour continue, qui « scannait » la Toile en permanence à la recherche de toute information concernant la Tunisie. D’où l’originalité et le renouvellement continu de TUNeZINE, n site créé par le même logiciel.

ZY n’a jamais écrit la moindre phrase, ni en arabe ni en français. C’est son logiciel intelligent, ettounsi, qui a écrit tous les textes qui provoquèrent le courroux du petit dictateur tunisien. Ettounsi n’est, en fin de compte, qu’un Frankenstein qui échappé à son créateur. Il a non seulement créé des textes qui ont trouvé un tel succès qu’on les photocopiait à la chaîne et distribuait sous le manteau, mais il a créé d’autres logiciels d’écriture et de traduction qui continuent à fonctionner de façon autonome malgré la paralysie du programme géniteur!

Internet world Les visiteurs du site TUNeZINE croient encore que derrière des pseudos comme Sophie, Omar Khayyâm, Decepticus, Hsouna, Lecteur Assidu etc. se cachent des êtres en chair et en os. Ce ne sont en réalité que des logiciels d’écriture (ou de traduction) inventés par ettounsi, un logiciel spécialisé dans la… création de logiciels. Malheureusement, ces logiciels sont sans défense. Ils sont comme des coquilles vides où le premier venu peut élire domicile. Un imposteur a même donné du change à Radio Canada en se laissant interviewer en qualité de Omar Khayyâm. Une amie de ZY vivant à Paris a, quant à elle, élu domicile dans la coquille de Sophie, un personnage et un logiciel chroniqueur inventé en toutes pièces par ettounsi. Ces imposteurs continueront à agir en toute impunité jusqu’au jour où les logiciels auront leur personnalité juridique et attaqueront en justice les usurpateurs d’identité.

Le titanesque programme ettounsi est comme une redoutable armée au repos. Potentiellement dangereuse, mais privée de chef et de tambours de guerre. Quand l’armada ettounsi se réunifiera, la police informatique du général Zaba tremblera !

(Traduit de l’anglais par Omar Khayyâm, nom donné à un logiciel de traduction développé par ettounsi, un logiciel créé par « proto-ettounsi », un logiciel inventé par ZY)

* Cyber World est l’unique revue au monde dont toute l’équipe de rédaction se compose uniquement d’ordinateurs ou plutôt de logiciels de rédaction.

Omar Khayyâm

16 août 2002
Troisième millénaire

Moyen-âge et modernité


La Tunisie peut sortir du moyen-âge et entrer dans la modernité. L'évolution est sans doute un concept relatif, la modernité aussi. Fonction des mentalités, de la culture ou de l'ouverture sur l'Autre, fonction encore du développement technologique et de sa maîtrise au service du plus grand nombre. Il est difficile de concevoir une échelle dans la modernité. Par contre, il est beaucoup plus aisé de trouver dans un pays les signes de son sous développement. Non, je n'évoque pas l'aisance économique mais le sous développement de l'homme lui même. Pendant l'été, j'ai lu ici et là, à plusieurs reprises la justification d'actes violents et de la torture, "on" la légitimait quand il s'agissait d'islamistes ou de communistes.
Il est difficilement compréhensible qu'un être humain, à notre époque, puisse justifier de tels actes sauvages et primitifs sans se rendre compte qu'ils sont aussi les victimes de ce système autoritaire et fasciste. Le régime tunisien a pu mettre en place son régime policier en manipulant d'un côté la peur inspirée par les islamistes et en assurant aux tunisiens qu'ils auront l'aisance financière pour accéder au modèle occidental de propriété privée de la villa, de la voiture, des biens de consommation, ...
En brandissant le drapeau du "péril vert", le pouvoir Benalesque a pu museler les forces vives du pays, les étudiants, les intellectuels, les opposants de tous bords et enfin la société civile.

Le résultat est stupéfiant si l'on observe quelques secteurs visibles empêtrés dans la toile d'araignée tunisienne : le secteur de la presse, de l'édition et celui de la justice sont les parties les plus visibles d'une société en déliquescence. Inutile de développer, les faits sont là et ne sont pas remis en cause par le pouvoir lui même.

Un point montre à quel point le pouvoir Benalesque a enfoncé la Tunisie dans un moyen age tant dans les esprits que dans les conditions de vie.

Le meilleur des mondes Les conditions de détention des prisonniers politiques, islamistes et communistes en tête, des frères ennemis unis dans la douleur, comme celles des droits communs sont ignobles. Ces mouroirs vétustes et la sauvagerie avec laquelle sont traités les hommes et les femmes incarcérés sont une honte , une insulte à la condition humaine. Mais peut on attendre autre chose de ce régime quand on sait par qui et comment est géré le pays ? La bête immonde même en costume cravate reste une bête immonde. Inutile d'attendre ou d'espérer de la compassion de ceux qui aiment déchirer des corps humains et ne jouissent que dans le sang. Ceux là sont des fous furieux, des malades impuissants qui ont troqué leur sexe contre une matraque. Ceux là paieront leurs crimes, qu'ils les aient commandités, quelque soit leur niveau et les précautions immunitaires prises, ou qu'ils les aient réalisés. Leurs noms sont connus et publiés. Ceux là auront le destin de tout bourreau ou tortionnaire, je n'ai pas de crainte là dessus.

Mais il y a pire que la gale qui ronge les prisonniers, il y a la gale qui ronge le pays. Celle ci est véhiculé par des personnes défendant, justifiant, légitimant même ces pratiques de tortures sur les êtres humains au motif de leurs opinions. Ces sans grades, ces petites choses pullulent sur le net et on a pu les croiser encore cet été ici ou là. Missionnés par le pouvoir pour régulièrement diffuser l'argumentation officielle en quelques phrases que l'on retrouve sur plusieurs sites mot pour mot, ou simplement convaincus qu'il existe une violence salutaire, ils sont à quelques uns partout. oui, comme dans "je suis partout", la haine qui transpire de leurs propos est palpables.
Je ne vois aucune différence entre ces personnes et les néo nazis. Le terme est fort et bien que je n'aime pas ce type de comparaison, je pense qu'elle n'est pas exagérée.

Ce qui est choquant c'est que cette minorité grangrainante trouve une tribune pour verser sa haine dans le pot commun des débats sur Internet. Si dans un débat ouvert, il est peu aisé de l'empêcher, rien ne nous oblige a en faire la publicité. Si ils ont oublié que certains pays traînent en justice les auteurs de tels propos incitant à la haine raciale, appelant aux meurtres ou à la torture, il est indispensable que certains webmestres s'en souviennent.

Alors j'avoue mon incompréhension quand je surfe sur le site de perspectives tunisiennes (http://80.11.130.27:1347/). dans sa rubrique "liens, sites de l'opposition tunisienne", il évoque le site de Ennadha, "ce mouvement dispose de moyens considérables pour propager ses idées passéistes et rétrogrades".
Et un peu plus bas : "Neila Charchour Hachicha, promotrice de l'idée de fonder un Parti Libéral Maghrébin, vous invite à découvrir sa démarche et à sympathiser avec son idée pour favoriser la naissance d'une nouvelle structure politique, libérale, démocratique et légale". L'écart dans la présentation des sites prêterait à sourire si ce n'était pas si grave. le ton presque bucolique pour présenter la démarche de NCH (qui reconnaît dans ce même site ne pas faire parti de cette rubrique opposition et réaffirme son soutien au régime) ferait presque oublier qu'elle a défendu, justifier et légitimer la pratique de la torture et des violences pour les opposants réels à la dictature dans des termes ne laissant aucun doute sur son adhésion aux idées et aux pratiques de l'extrême droite.

On peut avoir peur de l'islamisme et des conséquences qu'un tel modèle pourraient avoir, on peut en vouloir aux intégristes de s'être substituer à l'état en occupant le secteur social et en mettant en place des pratiques de solidarité ou d'écoute des attentes du peuple mais il serait plus intéressant pour notre avenir à tous d'arrêter de diaboliser un parti pour occuper l'espace de discussion en se focalisant sur les peurs communes latentes. Il serait préférable que l'opposition, enfin, s'organise concrètement, réfléchissent sur les actions à prendre le jour de l'alternance, les moyens à mettre en oeuvre. J'aimerai que l'opposition, à travers des portes paroles qui ne porteraient pas que leurs propres envies de notoriété, nous parlent d'emplois, d'éducation, de la situation de la jeunesse, de santé, d'égalité entre femmes et hommes, du problème de l'eau, des infrastructures... Plutôt que s'acharner à démontrer pourquoi les autres sont dangereux, je préférerai qu'ils me démontrent pourquoi eux sont les meilleurs.

Hasni

21 août 2002
TNA, vendredi 9 août 2002

Visite en enfer


Le président Zine el Abidine Ben Ali a fait une visite surprise hier au Paradis et à l’enfer pour témoigner de son intérêt au sort de tous les tunisiens qu’ils soient morts ou encore en vie.
Lors de cette visite M. le président Zine el Abidine Ben Ali (ZABA pour les intimes) s’est rencontré avec M. Lucifer pour lui témoigner de sa gratitude envers lui étant pour lui le modèle qu’il suit depuis son jeune âge ; Lucifer a bien félicité ZABA en lui disant qu’en continuant ainsi il pourra sans doute dépasser son maître et pourquoi pas être le prochain maître du monde.
Dans leur entretien MM. ZABA et Lucifer se ont échangé leurs avis sur les méthodes utilisées pour la torture et le harcèlement. A la fin de la discussion M. Lucifer avait noté plus que 10 pages sur des nouvelles méthodes qu’il auraient été inconnus par ses services implantés sur la terre.

diable Apres une petite visite en enfer au cours de la quelle il a été salué par une foule innombrable de tortionnaires et de dictateurs, M. ZABA a reçu une délégation composé de MM. Hitler, Staline, Kabila et Ceausescu qui représentent le SDDTM ( Syndicat des Dictateurs Déchus, Tués ou Morts ) qui lui ont demandé de veiller sur le sort de la dictature au monde. M. le président a immédiatement ordonné la création d’un nouveau fond le FIPDM 11-11 (Fond International de Préservation de la Dictature dans le Monde) et la création ISSD ( Institut Supérieur des Sciences de la Dictature ) qui comptera parmi ses étudiant des noms prestigieux tel que MM. A. Sharon , G.W. Bush, S. Hussein , les autres doivent attendre leurs carte de RCD pour pouvoir entrer dans cette prestigieuse école unique dans le monde.
En fin de parcours M. le président a passé dire Bonjour à son vieil ami Azraïl ( L’ange de la mort ) avec qui il a travaillé en étroite collaboration surtout dans les prisons Tunisiennes. M. le président a suggéré à M. Azraïl de travailler davantage puisqu’il a encore une grande liste de défenseurs de la démocratie qui attendent sa visite. M. Azraïl a expliqué ces retards par le nombre de cas dont il s’occupe quotidiennement. A la fin cette rencontre M. le président a ordonné l’instauration d’un concours interne au sein la Dakhilya pour augmenter les effectifs des services de M. Azraïl et améliorer ainsi la qualité du service aux clients potentiels.
Dès sa rentrée sur terre M. le président s’est entretenu avec le conseil des ministres qui lui a rappelé que M. Azraïl pourrait un jour passer lui rendre visite sur terre fait que le président a omis d’en discuter avec M. Azraïl (avec un QI de -3 on ne pouvait pas espérer mieux de lui). M. Abdelwaheb Abdallah a suggéré ai chef de l’état la création d’un referendum visant à lui a donné la possibilité de la vie éternelle. A suivre …

Jugortah

9 août 2002
Introspection et réflexion

Discussion - Part I


discussion Maherbaal: Can you sum up, quickly, the events which took place during the last three months?

Myself: it is too agonizing to describe.

Ivan: Is it necessary ?

Maherbaal: please……….!

Myself: ok…ok, but very briefly. As expected, Zaba got what he wanted, a constitution which will allow him to rule over our destiny for an indefinite period of time. He's actually more powerful now than he has been prior to that fateful day….Zouhair was arrested soon afterward and was found guilty of being too funny, too courageous, too honest, too human….Moada made a deal with Zaba and got out of prison, but before his release he was “forced” to swear an oath that he will forever (the few years he have left) be Zaba's obedient vassal…..and the rest of the opposition is in an advanced stage of decomposition, that's it!

Ivan: ok I'll do it. Tunisians adopted the change of the constitution proposed by the president at a rate of 99.52%, the president is going to rule for his fourth mandate in 2004 and at this time he's selecting the "opponents" who are going to run against him starting by Moada and why not Mzali who turned back to Tunisia these last days with the benediction of the regime of Ben Ali and Ben Ali himself. During this period Zouhair Yahyaoui (Ettounsi of TUNeZINE) was arrested and condemned for two years in an unfair process without any pleading, Radhia Nasraoui started and finished a strike hunger, that lasts more than 35 days, that has an enormous echoes throughout the world, showing the fascist nature of the Ben Ali's regime, while the opposition is losing the remaining of the little of credibility and confidence it has.

Maherbaal: what about the “illegal” opposition?

Myself: well, that's the one I was talking about. It simply disappeared from the political scene.

Ivan: don't think that I was talking about the opposition that are serving as an alibi of the Ben Ali the "democrat", I was talking about the "illegal" opposition,

Maherbaal: but why?

Myself: only the gods know that.

Ivan: Because a lot of things.

Maherbaal: very depressing indeed, but what can we do?

Myself: we can topple this regime in a few years time, we can enter the club of the most advanced economies in 25/30 years time, we can send a Tunisian on the moon, in sum we can create wonders if we only have the will. Unfortunately we lack the will and the courage to defend even the most basic rights such as the right to have a different opinion.

Ivan: What we are really lacking are the will and the courage to forget our intellectual and spiritual differences, the will and the courage to let aside a personnel ambition, the will and the courage to be honestly democratic and finally the will and the courage to forget the methods and many other things linked to the way politics was in the 70's.

Maherbaal: that was not my question, I've asked you what can we do to redress the situation?

Myself: as individuals, we can’t do a thing. Yes we can shout as much as we like but no one will listen to us as long as we are not organised. Actually we are so badly organised that many people thing it’s Ben-Ali's intelligent political manoeuvring which is the cause of our dreadful situation. That's wrong of course, Ben-Ali's intelligence doesn’t exceed that of a street-wise little fellow with limited intellectual capacity . WE are the real problem! (We: the self-declared opposition) and we need to do something about it if we really want to see the light at the end of the tunnel.

Ivan: it was a part of your question, what we are really lacking is an organisation, the means of these one, its lobbying in different occidental chancelleries, its means and ways of communication to deal with the propaganda of the Ben Ali's regime, concrete actions to draw to it the maximum of Tunisians and etc....

Me: and what is your recipe Einstein??

Myself: well there is no general theory of how to topple a regime like the one we have, but I think we need to begin with what we have failed to achieve during the last few years: to organise.

Ivan: I am neither Einstein nor Hawking, I am just a person who tries to analyse the failures of the opposition, our failures, to avoid them, to correct them in order to throw out our own "Duce"

I: what do you mean by US?

Myself: We: anyone who is not fooled by the lies of the RCD and who’s not ready to accept the suicidal policies of its chief architect Ben-Ali. That's clear and simple.

Ivan: everyone who was fooled by our Mafia-regime, everyone who knows that there's no really exist from our catastrophic situation with Ben Ali and the RCD.

I: does that include people with different political ideologies or even faith?

Myself: yes..yes..absolutely.

Ivan: absolutely yes, it's a necessity.

Maherbaal: that’s not an easy “thing” to organise my dear!

Myself: don’t worry, ”trouble makers” will not be invited to the show!!

Ivan: It depends on the will and the courage of each one of us, it depends on the real intentions of our past generation of politicians.

Maherbaal: Whom do you mean?

Myself: I mean the so-called political figures of the opposition: Charfi, Chabbi, Marzouki, Ghannouchi…etc

Ivan: I mean all the old generation that was corrupted directly or indirectly by Ben Ali.

Maherbaal: that’s a crazy thing to do my dear half!

Myself: maybe, maybe not, but as far as I am concerned I think they’ve failed miserably in their attempt to build a credible alternative to the regime in place.

Ivan: Who knows!!

Me: and what is your “credible” alternative?

Myself: I will “unveil” that in the near future (ha-ha!)

Ivan: May be the young of this country, the new generation of politicians !!!!

Maherbaal: but what will be the driving force of this new organisation, what will be the rules which will guide us towards the fulfilment of our most important goal; to defeat the fascist regime of the RCD and to replace it with a democratic one?

Myself: I think the rules are embedded in the very idea or driving force behind this form of organisation which is more of a national front than a political party. What actually unites the constituent parts of this front is their common wishes to replace the fascist regime of the RCD with a democratic one. To reach that goal all the parties must learn to tolerate each other and to respect each others views and political affiliations. It is the indispensable condition without which there will be no united front. Ivan: really, I don't think it's a matter of rules but more a matter of will, courage and tolerance and o more important thing is a new way to apprehend our reality, the reality of Tunisia from different economic and political views belonging to the background of each one in order to take the best.

To be continued.

Maherbaal & Ivan

16 août 2002
Ca carbure !

Discussion - Part II


Maherbaal: the idea of a united front against the fascists isn’t new, the problem is that it hasn’t been tested.

Myself: and why do you think it hasn’t been tested?

Ivan: I don't think that it hasn't been tested but I think it was one side tested and the question is why it was one side tested.

Maherbaal: it’s difficult to answer your question but I think those who tried to propagate for the idea, Marzouki for instance, simply didn’t get any response from the rest of the so-called opposition leaders, especially those of the extreme left led by Mohammed Charfi (and his kabch-ntih Tahar Ben Hacine) who never tried to hide his almost fanatical views on the issue of whether or not the islamists should join the front.

Myself: wouldn’t be better then, as I said earlier, to drag the carpet from under their feet’s? To simply ignore them altogether and start working on the idea from totally new premises. The struggle must go on, and those who want to join the front must be prepared to work with different groups representing the whole spectra of different ideologies. I personally think that a front of this kind is the condition sine qua non for the opposition to acquire some basic experience of working in a truly democratic environment. This message is thus meant to be addressed to those who are not pleased with the way the opposition has been conducting the struggle for freedom and dignity against the fascists so far.

Ivan Le Terrible Ivan: Then is it a problem of person, Mohamed Charfi, or is it problem of the extreme left ? I think it's important to have an answer to this question because I know some people from the young generation of the extreme left who are opposed to be in the same front with the islamists. In this case it becomes more difficult to drag the carpet from under the feet of one component of the opposition? Or is it possible ? I don't know. Otherwise, I think the solution would be a front with a variable geometry depending on the goals of the moment, I don't know if it will be realistic. But dragging the carpet from the feet of the actual leaders of the opposition seems to me a necessity because they don't have any credibility, and the Tunisians don't have faith on them.

Me: but what is the purpose of doing all that? Dragging the carpet…ignoring the leaders...etc?

Myself: Yes, it may sound vindictive to some readers but if you reflect, rationally, on the proposition/idea you will soon find out that it’s perhaps the only alternative left to us. I prefer to use, metaphorically, the concept of “creative destruction” (Joseph Schumpeter) to describe the core meaning of the idea. It’s not meant to be a personal assault on any one but simply an alternative way out of the mess we are in. We are not destroying a functioning structure but rather putting to death a myth that had persisted for far too long.

Ivan: first of all, I don't think it will be of a great lost compared to the results obtained by this opposition. More than that, I think this change will create a new dynamic different from the one that it doesn't exist and finally this new opposition would be out of the range of our "Duce" Ben Ali and his fascist party the RCD because it is not corrupted by them.

Maherbaal: Isn’t a radical step? a great leap into the unknown?

Myself: We are already in the politically unknown, and I think that if we really want to “purify” the air we need to take some radical actions, or else we will sooner or later suffocate and ultimately capitulate to the RCD. I do believe, though, that we still have time to avoid that nightmare scenario if we act in a responsible manner, avoiding as much as we can internal feuds.

Ivan: I don't think that it's a radical action because it's the only one that we can take in order to save the suffering Tunisians and I think it will be courageous from them to take their distance by themselves.

Maherbaal: It will not be easy, that’s for sure!

Myself: it remains to be tested. We really have nothing to loose by choosing this “unknown” Path, on the contrary, we will learn to adapt ourselves to the new democratic environment of tolerance and mutual respect at the same time as we work to liberate our country from the grip of the fascist RCD.I deeply believe that the future of our country depends on our ability to take actions.

Ivan: There's nothing easy in our life, mainly when it is a change and mainly when it's linked to the Tunisian opposition but it will be more easier if we have the necessary courage and will from each side to make it easier for each other. I think it will be more easier for the Tunisians than to live for the eternity under the fascism.

To be continued.

Maherbaal & Ivan

20 août 2002
Le futur, si loin, si proche ?

La Presse du 20/08/2012


zaba turkmène ? tuniskistan ?

Le président de la république monsieur Zine el Abidine Ben Ali a demandé récemment à un groupe de chercheurs de faire des investigations pour établir son arbre généalogique.
Au delà des reconstitutions élaborées par ces chercheurs français, une découverte intriguante a particulièrement retenu notre attention: en effet les généalogiste ont constaté que le fonctionnaire de la mairie de hammam sousse qui a enregistré la naissance du président de la république monsieur Zine el Abidine Ben Ali souffrait d'une dyslexie et il avait la fâcheuse tendance à confondre le chiffre 6 avec le 9. Il a donc daté la naissance du président de la république monsieur Zine el Abidine Ben Ali à la date du 03/11/1936 alors que la réalité est toute autre et la date de naissance du président de la république monsieur Zine el Abidine Ben Ali est le 03/11/1939. Par ailleurs cette information a été recoupée par plusieurs autres différentes sources et elles convergent toutes vers la même conclusion: en effet plusieurs témoignages recueillis chez des camarades de classe du président de la république monsieur Zine el Abidine Ben Ali affirment que le président paraissait beaucoup plus jeune qu'eux (preuve par ailleurs du génie de notre président qui a donc passé son BAC à 15 ans d'où bac moins trois ans).
Enfin, lors de l'examen d'un échantillon représentatif d'homme ayant l'âge de 76 ans les chercheurs ont remarqué qu'ils avaient plusieurs points en commun que notre président de la république monsieur Zine el Abidine Ben Ali n'a pas et la plus marquante est les cheveux blancs.
Nous pouvons donc conclure avec certitude que la date de naissance de notre président de la république monsieur Zine el Abidine Ben Ali est bien le 03/11/1939 il aura donc en 2014 ............

Essifou

20 août 2002
Une seule solution : L'Islaïcité !

Etat laïc, entre hic et déclic.


Avant de discuter de n’importe quel sujet, il est impératif de se mettre d'accord sur la signification des mots et définitions utilisées. C’est ainsi qu’on a assisté durant quelques jours à des dialogues de sourds, des quiproquos, des prises de bec dues essentiellement à l’absence d’une entente préalable sur les termes à utiliser durant la discussion. Un exemple frappant en est le problème de la laïcité. L’aperçu qui suit (et l’article entier sur Encyclopaedia universalis, à lire et à relire +++) montre bien que ce mot peut être compris de façons tellement différentes !

Je crois que je commence à appréhender un tant soit peu la possibilité d’une laïcité islamique, telle que la conçoit peut-être notre SK national.
La différence fondamentale de l’Islam avec les autres religions (et le christianisme, en particulier), c’est l’absence du clergé, donc, d’autorité religieuse. Après le prophète, PSL, personne n’a plus le droit de prétendre être le «vice-Dieu» sur terre (d’ailleurs, le Prophète PSL lui-même ne le prétendait pas !) : en fait, c’est l’être humain, tout un chacun qui est désigné comme étant le «représentant de Dieu sur terre», d’où le caractère sacré de tout être humain et pas seulement des musulmans.

Ainsi, le problème de séparation entre état et église ne se pose pas du fait de l’absence de cette dernière. Se pose par contre celui de la séparation du temporel du spirituel. C’est là que ça se corse un petit peu. De tout temps, l’être humain s’est imposé des règles de conduite dans sa vie personnelle et sociale : ça s’appelle la morale. C’est en se référant à ces règles que l’être humain qualifie ses actes de «bien», «mal», «répréhensibles», «justes» etc. Les laïcs, comme tout autre être humain (ou, mieux, groupe social) croient en une morale laïque. Je n’entrerai pas dans d’interminables discussions quant au caractère inné ou acquis de cette morale qui s’appuie, essentiellement, sur la science en remplacement de la religion mais force est de reconnaître que la science a, elle-même, besoin de se référer à une morale qui lui est supérieure. Sophie l’appellerait conscience. Soit. «Science sans conscience n’est que ruine de l’âme» a dit Claude Bernard. Mais comment définir cette conscience ? Elle ne peut qu’être collective et c’est là que se fait la différence entre les différentes populations et ethnies.

Je crois en l’être humain, en l’inaliénabilité de ses droits et de sa dignité mais je crois en la spécificité de chaque peuplade, de chaque groupe, de chaque société car c’est ce qui fait le génie de l’être humain. C’est pourquoi je crois que chaque peuple se doit de défendre sa spécificité, sa mémoire collective, tout ce qui fait sa personnalité et … son unité. Il importe peu d’en connaître les fondements, pourvu que soit sauvegardée sa conscience. Tout comme il n’est pas décent, au nom d’une hypocrite universalité, de lui imposer des règles qui lui seraient étrangères.

Islam Notre conscience collective à nous autres tunisiens est basée sur la religion. Notre morale en découle. Notre sens de la justice s’y réfère. Notre mauvaise conscience est le sentiment de ne pas avoir été digne de la confiance de Dieu. Notre sentiment du devoir accompli, de «bonne conscience» est le sentiment d’avoir obéi à Dieu. Tout acte est passé au scanner de la religion. Ainsi en est-il de la politique (donc de l’état) Attention quand même ! Respect de la spécificité ne veut pas dire stagnation et refus du modernisme. Et se référer à Dieu ne veut pas dire que c’est au nom de Dieu que l’état doit être dirigé. C’est en ça que l’Islam est différent. Je suis même tenté de l’appeler «Islam tunisien», tant cette religion peut épouser les spécificités de tout groupe social, quel qu’il soit. Il est clair pour moi que :
- Si islamisme rime avec théocratie ou gouverner les gens au nom de Dieu et selon une vision moyenâgeuse de l’islam, alors je suis anti-islamisme.
- Si laïcité veut dire appliquer une morale étrangère à notre mémoire collective berbéro-arabo-turco-romano-islamique, alors je suis anti-laïcité.
Je conçois qu’il y ait des références «internationales» comme la charte des droits de l’homme. Pour un musulman comme moi, je l’accepte non pas (seulement) pour ce qu’elle représente comme valeurs humanitaires mais parce qu’elle ne contredit en rien ma spécificité islamique dont la «morale» est au moins autant respectueuse des droits de l’homme que cette charte qui se veut laïque.
C’est de cette façon qu’un dirigeant musulman ne pourra pas, même s’il le dit et le répète, séparer le temporel du spirituel puisqu’il commencera ses discours par «bismillah arrahman arrahim», qu’il dira, en présentant son projet «in cha Allah», qu’il prêtera serment la main sur le Coran...

+++ D’après Encyclopaedia Universalis 5

L’histoire de la laïcité en France présente une originalité certaine, au point de n’être, selon certains auteurs, que «l’exception française». Cette exception, réelle, n’est pourtant que relative. Le premier piège est ici la langue: «laïque», «laïcité» sont intraduisibles hors des langues latines. En anglais, secular (par opposition à lay) apparaît comme une catégorie plus générale. Ainsi s’explique que, sur les quelque cent soixante-dix états internationalement reconnus, seuls neuf états francophones d’Afrique et la Turquie (qui a démarqué le mot français) se soient proclamés «laïques». Beaucoup plus nombreux sont ceux qui se pensent comme «séculiers». Ce n’est pourtant pas la règle générale. Les états séculiers ou laïques se situent ainsi entre les états confessionnels et les états athées. Cet axe fait aussitôt surgir une autre distinction: d’une part, entre les pays de culture chrétienne et les pays d’autres traditions religieuses; d’autre part, entre les pays avec et les pays sans référence marxiste.

Du modèle français se distingue le modèle américain, dont l’influence a été grande. Si, en France, la séparation n’est que légale, elle est constitutionnelle aux États-Unis, bien qu’elle y prête à un contentieux nourri. Elle tient à deux dispositions: «Aucune déclaration religieuse spéciale ne sera jamais requise comme condition d’aptitude aux fonctions ou charges publiques» (1787) et «Le Congrès ne pourra faire aucune loi concernant l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice» (premier amendement, 1791). C’est la théorie du mur (wall) entre l’église et l’état, autrement dit les deux mille «dénominations» recensées et les cinquante états fédérés. Les colons britanniques ou européens avaient fui leur pays pour trouver en Amérique la liberté religieuse. C’est cette liberté que les constituants voulurent préserver contre tout empiétement du nouvel état, à l’inverse de la France qui se heurtait à la dominance de l’église catholique.

A ce modèle séculier –France, États-Unis– on oppose volontiers les états confessionnels. L’expression est redoutablement ambiguë: elle renvoie, sans préciser, aussi bien à des états qui reconnaissent qu’à des états qui imposent l’autorité d’une religion à l’exclusion de toute autre. Aujourd’hui, dans le domaine chrétien, on peut dire qu’il n’existe plus aucun état confessionnel au sens ancien du terme (l’Ancien Régime): en vertu de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), tous reconnaissent le droit de chaque homme à la liberté publique (et non seulement privée) de conscience et de religion. Plusieurs, de moins en moins nombreux, continuent de reconnaître l’autorité supérieure de l’église catholique (c’était le cas de l’Espagne, de l’Italie, de plusieurs pays latino-américains et de quelques cantons suisses; c’est encore le cas de Monaco et du Liechtenstein, du Guatemala, du Costa Rica et de la Colombie) ou de l’église orthodoxe (Grèce). La formulation la plus crue s’en trouve dans la Constitution de Malte, qui reconnaît à ses évêques «le droit et le devoir de dire le vrai et le faux, le bien et le mal en matière de principes» (art.2.2). Radicalement différente est la situation des pays nordiques (Suède, Norvège, Danemark, Islande) et de l’Angleterre: la situation privilégiée d’une église dite établie, nationale ou populaire, peut faire peser ses contraintes sur la population, voire sur la personne du souverain: elle laisse entière la souveraineté de l’état qui a autorité sur elle.

Une question reste ouverte: comment qualifier ces états qui font référence non à une église particulière, mais à l’autorité souveraine de Dieu? Ce fut le cas de la France déclarant les droits de l’homme «en présence et sous les auspices de l’être suprême» (ainsi que l’a rappelé la Constitution de 1958). C’est toujours celui des États-Unis, placés «under God» et dont la monnaie rappelle que «in God we trust», comme de la Suisse où la discussion est vive pour savoir s’il faut maintenir l’invocation inaugurale de sa Constitution fondatrice (1291): «Au nom de Dieu tout-puissant!» Celle de la Bavière va plus loin: «Considérant les ruines auxquelles a conduit un ordre politique et social privé de Dieu ...».

A l’opposé se trouvent –ou se trouvaient– les états communistes professant le marxisme athée. On avait affaire en fait à un athéisme d’état qui ne s’est jamais traduit en droit constitutionnel qu’avec précautions: l’état restait celui de tous les citoyens, même s’il privilégiait le Parti officiellement athée. L’Albanie est sans doute le pays qui a poussé le plus loin cet athéisme, jusqu’à la négation de tout droit à l’existence pour les organisations religieuses (1976).

Hors du domaine chrétien, la situation est analogue: la Chine et le Vietnam restent dans la tradition marxiste; le Népal est un état hindou; le Bhoutan est un état bouddhique et la Birmanie a cessé de l’être en 1962; les Philippines suivent le modèle américain; la Corée du Sud interdit toute religion d’état, ainsi que le Japon depuis 1946. Le monde musulman présente à peu près tous les cas de figure, et l’état islamique n’est qu’une des situations possibles. De la même manière, on parlera d’un état israélien, et non d’un état juif. Un tour du monde montre ainsi que bien des états contemporains sont encore loin d’une conception laïque et se montrent inégalement avancés sur cette voie. Par ailleurs, bien des états dont le caractère séculier est incontestable ne sont pas disposés à se dire «laïques» Et, surtout, le rapport des cent soixante-dix états à Dieu et à la religion donne lieu aujourd’hui à toutes les combinaisons pensables. Le véritable problème semble plutôt à formuler autrement, en deux propositions: comment, dans chaque pays, sont assurées les libertés publiques de conscience, de religion et d’expression; comment, dans les relations internationales, s’harmonisent tant de variétés. La première question est loin de susciter une réponse universelle satisfaisante. La seconde question montre que, dans les enceintes internationales, c’est la sécularisation qui donne le ton.

Cast Away

21 août 2002
Revue de ... de ... de presse ????

Tunisie: Le régime du parti unique


Comme lors de tous les 13 août, la ministre de la femme prend sa plus belle plume pour signer un éditorial dans le journal gouvernemental La Presse pour nous expliquer les acquis, les réalisations, la fierté, l'optimisme...(et j'en passe) de la femme tunisienne depuis "le Changement".
Cette année, l'éditorial du 13 août est signé "Néziha Ben YEDDER, membre du Bureau politique et ministre des Affaires de la femme et de la famille" et est disponible sur Internet à cette adresse http://www.lapresse.tn (voir archives du 13 août).
Cet article, au titre ridicule " La femme tunisienne, fière de ses acquis et...optimiste quant à son avenir", évoque " la journée du 13 août (qui) reflète l’engagement de notre pays en faveur de la cause de la femme; un engagement qui s’inscrit dans le cadre de son attachement aux principes de liberté, de justice et d’égalité érigés en fondements de la philosophie de l’ère nouvelle". Madame la ministre y parle aussi des " (...) Tunisiennes (qui) ont participé avec ferveur à la réussite du référendum sur la réforme constitutionnelle, le 26 mai de cette année, c’est bien pour affirmer leur pleine adhésion aux principes et fondements de la philosophie ayant justifié les amendements de la Constitution tunisienne."


L'article contient également d'autres perles que je n'ose reproduire ici de peur de vous faire perdre votre temps.
Mais, ce qui est (également) amusant à relever c'est la qualité avec laquelle madame la Ministre signe son éditorial. Elle est selon La Presse "membre du Bureau politique et ministre des Affaires de la femme et de la famille" .
Dans la bonne vieille tradition des régimes à Parti unique, le journal La Presse n'a pas jugé bon d'informer ses lecteurs sur "l'identité" du Parti auquel appartient madame Ben Yedder estimant probablement que la mention de l'appartenance au "Bureau Politique" signifiait qu'il ne pouvait s'agir que du RCD (la Parti au Pouvoir).

Vive le multipartisme !

Lecteur Assidu

13 août 2002
 
  Fond sonore : Mission Impossible