Dur dur d'etre Sihem Ben Sedrine


Sihem Ben Sedrine

SBS est agée de 47 ans, épouse du secrétaire général du CNLT (non reconnu), Omar Mestiri (Sous poursuite judiciaire et interdiction de quitter le district de Tunis), mére de trois enfants Khaled, M'hamed, et Essia, fondatrice de la maison d'édition Aloès (sous scellés), journaliste et directrice du magazine en ligne Kalima (censuré), membre du CNLT et du RAID (non reconnu lui aussi)... est la derniére personne qu'on imaginait revenir à Tunis, est retournée d'Europe mardi 26 juin 2001 aprés une tournée d'action. Elle était au courant du mandat d'amener lancé contre elle !!! Ses proches savaient qu'elle ne laissera jamais ce pays à Ben ali malgré toutes les injustices subies ces derniers temps. Rappel des faits marquants de l'année 2000... ou si vous voulez chroniques d'une arrestation annoncée

 
Le 2 février 2000

Tawfik Ben Brick

Nous venons d'apprendre que Mme Sihem Bensedrine a été victime d'une agression devant son domicile ce mercredi 2 février. C'est en quittant son domicile à Tunis au volant de sa voiture qu'elle a été stoppée par une voiture BMW. Son conducteur s'est aussitôt précipitée sur sa victime qui a eu juste le temps de verrouiller ses portières. Il s'est alors mis a cogner sur les vitres et à tenter d'ouvrir les portières en l'insultant et l'injuriant et en lui indiquant qu'il a l'intention de lui lacérer le visage. Elle a réussi à s'échapper et à alerter le journaliste Toufik Ben Brik ainsi que son mari Omar Mestiri qui se sont rendus aussitôt sur les lieux. Ils ont trouvé l'agresseur en train d'attendre devant le domicile de sa victime. Ben Brik et Mestiri ont réussi à maîtriser cet agresseur qui a menacé de tirer sur eux. Aussitôt, la police est intervenue sans que personne ne l'a alertée… Ils ont conduit tout le monde au Commissariat de Police où l'agresseur a porté plainte contre Bensedrine, Ben Brik et Mestiri pour agression ! Ce n'est pas la première fois que Sihem Bensedrine se trouve l'objet de harcèlement. Le siège de la maison d'édition qu'elle dirige a été plusieurs fois cambriolé alors qu'il fait l'objet d'une surveillance de la part de la police politique nuit et jour sans interruption. Ses enfants ont aussi été victimes de menaces par des inconnus et sont traumatisés. Bensedrine a été aussi victime d'une campagne de diffamation de la part de la presse locale à la suite de son intervention sur Antenne 2 lors des élections présidentielles où Ben Ali a eu 99,44 % des voix.

COLLECTIF DE LA COMMUNAUTE TUNISIENNE EN EUROPE. 1, rue Cassini, 75014 Paris ; Tél : 01 43 29 68 98 ; msfar@wanadoo.fr
Le 26 avril 2000

Témoignage de Sihem Bensedrine
C'était le 26 avril vers 10 heures du matin. Arrivés devant la ruelle qui mène à la maison de Taoufik Ben Brik avec les journalistes françaises accompagnées de Robert Ménard (RSF), nous avons trouvé un cordon humain d'une vingtaine de personnes barrant la voie. Aucun policier en uniforme n'était présent sur les lieux. Ils nous ont forcés à une marche arrière vers l'autre côté de la rue Tahar Ben Ammar. Nous sommes descendus et Robert Ménard a tenté une négociation avec celui qui s'est présenté comme étant le chef du district. Soudain, nous voyons de l'autre côté de la chaussée Azza Zarrad, la femme de Taoufik Ben Brik malmenée et soulevée comme un paquet par un barbouze, les journalistes braquent leurs appareils et prennent des images. Instantanément, une nuée de barbouzes se jettent sur nous, fracassent les appareils et nous tabassent, j'entends un ordre derrière moi : " Prenez Sihem ! ". L'un d'entre eux se jette sur moi, me lance un violent coup de poing sur le ventre et me fait tomber à terre et me traîne par les cheveux sur cent cinquante mètres jusqu'à une voiture aux couleurs de l'Office des Ports Aériens de Tunisie. Là, il me jette dans la malle et un flic s'assied sur moi pour m'empêcher de m'enfuir. Dans la voiture étaient déjà embarqués Jalel Zoghlami (frère de Taoufik), Ali Ben Salem (trésorier du CNLT, 72 ans), et Taïeb Nooman, (étudiant). La voiture s'arrête au poste de police d'El Manar et on nous fait descendre un à un. Quand mon tour arrive, je vois dans le couloir où on me mène, Taïeb Nooman, couché face au sol, à côté de Ali Ben Salem qui hurlait de douleur alors qu'un flic était en train de sauter sur son dos. Je crie à son adresse que c'est un homme âgé et malade et qu'il risque de le tuer. Le tortionnaire lui écrase alors le dos de plus belle en proférant des mots orduriers et des accusations de traîtrise à la patrie. Puis, il se jette sur moi, m'attrape par le cou et me plaque à terre à mon tour, face contre le sol. Il se met alors à m'écraser le visage avec ses brodequins, à sauter de tout son poids sur mon cou (il devait mesurer 1,90 m et peser au moins 120 kg), sur mon dos et ma colonne vertébrale, sous une pluie d'obscénités, fustigeant Bourguiba qui a " permis à la femme de s'instruire ! " Vient le tour de Jalel Zoghlami, on lui demande de se mettre au sol, il refuse. Trois hommes l'empoignent et se mettent à le battre jusqu'à le faire tomber au sol. La même opération se répète avec lui : le même tortionnaire se met à sauter sur son dos et son cou. Au bout d'un moment, ils s'arrêtent, l'un d'entre eux nous asperge d'un aérosol qui devait être un gaz lacrymogène asphyxiant et irritant. Nous ne pouvions plus respirer et nos visages étaient enflés. Par la suite, ils nous autorisent à nous asseoir au sol en nous expliquant qu'ils ont reçu des ordres de " très haut " pour nous tabasser. Ils nous isolent chacun dans un bureau et commencent les interrogatoires. Ali Ben Salem, resté au sol près du bureau où je suis interrogée, ne peut pas se relever. Ils tentent de le forcer, je leur dis qu'il a une atteinte très grave au rachis dorsal et qu'il faut qu'il reste sur un plan dur. Ils le laissent un moment, puis tentent de l'asseoir de force, il hurle de douleur, je demande qu'ils me laissent appeler un hôpital, ils refusent. Je fais valoir mon droit à un appel téléphonique à ma famille, ils refusent encore. Au bout d'un moment, il devait être environ 16h (ils nous avaient enlevé montres, bagues, ceintures et lacets), ils m'annoncent qu'ils ont reçu l'ordre de l'envoyer à l'hôpital et l'embarquent dans une voiture de police. J'ai su plus tard que Ali Ben Salem a été jeté comme un sac au cœur de la forêt de l'Ariana, à 15 km de Tunis. N'eut été des ouvriers, passant par chance par là, qui l'ont porté jusqu'à un taxi, Ali serait peut-être mort dans la forêt ! Vers 17h, j'ai vu Jalel qui avait le visage en sang et le nez fracturé (c'est lui qui me l'a dit au moment où nous étions encore réunis dans le couloir), partir les menottes aux poings. Vers 18h Taïeb était libéré. Après avoir subi un interrogatoire et signé un PV où je suis accusée " d'attroupement sur la voie publique et incitation à la rébellion, de voies de faits sur fonctionnaires dans l'exercice de leur fonction et outrage aux bonnes mœurs ", on me signifie que je vais comparaître en état de liberté, ils m'ont libéré vers 21h 15. Je vais récupérer ma voiture stationnée près de la maison de Taoufik, elle était sens dessus-dessous, même les housses ont été enlevées et tout ce qui pouvait avoir de la valeur a disparu. Le lendemain, je vais subir des examens médicaux : Traumatisme du rachis cervical à plusieurs niveaux, traumatisme du rachis dorsal à plusieurs niveaux, fêlures costales, hématomes sur plusieurs parties du corps, traumatisme de l'œil droit avec troubles visuels… Pour Ali Ben Salem, c'est plus grave : Hernie discale avec sciatique de la jambe droite. Taïeb Nooman a un traumatisme au rachi dorsal. Pour Jalel Zoghlami en état d'arrestation, le juge a refusé l'examen médical qui permettrait de préciser les atteintes qu'il a subies. Le jeudi 4 mai, les quotidiens publient la photo du tortionnaire qui nous a battus et le présentent comme étant la victime des violences de Jalel !

 
Le 23 mai 2000

Quand s'arrêtera le brigandage de " l'Etat-RCD " en Tunisie ?
la police a pénétré par effraction dans les locaux de la maison d'édition Aloès placée sous scellés, défonçant la porte d'entrée ainsi que la porte donnant accès à l'appartement privé du premier étage. Elle était accompagnée d'un représentant de l'ambassade d'Espagne à Tunis. les affaires de M.Palomares ont été emportées. La maison d'édition Aloès, fondée par Sihem Ben Sedrine, est devenue un espace de la libre pensée en organisant des expositions, des conférences et des causeries diverses. Elle se propose d'être à la confluence des cultures méditerranéennes, publiant un recueil de Foucault en Tunisie, des recueils d'articles de François Châtelet, Hichem Djaït, Abdallah Laroui, Jean-Luc Nancy, René Schérer, Fathi Triki… Elle est aussi devenue un espace de liberté en ouvrant ses locaux aux activités de diverses associations telles l'association RAID (ATTAC Tunisie), et en abritant la grève de la faim de Taoufik Ben Brik jusqu'à l'expulsion ordonnée par le préfet de police le 10 avril 2000. Sihem Ben Sédrine, sa directrice, fait partie des défenseurs des libertés et des droits de l'homme victimes d'une politique de harcèlement et d'intimidation des autorités tunisiennes : tous les moyens ont été employés pour la soumettre : porter atteinte à sa réputation en faisant circuler un album de photos montées de toutes pièces, saboter sa voiture, empoisonner le chien de sa fille, soumettre sa famille et elle-même à une surveillance policière permanente, lui interdire de voyager … Certains employés ont été menacés par des agents de police qu'à défaut d'une collaboration totale avec eux , ils en subiraient les conséquences. N'ayant pas réussi à entamer sa détermination et son courage, les autorités ont cherché à enlever toute ressource à Sihem Ben Sédrine ainsi qu'à sa famille. Déjà en mai 1999, à la suite des poursuites judiciaires à l'encontre de son mari Omar Mestiri, secrétaire général du CNLT; celui-ci s'est vu signifier une interdiction de quitter le district de Tunis et, par conséquent, de se rendre à son exploitation agricole située à 60 km de Tunis. La mise sous scellés de la maison Aloès porte un coup dur à l'unique source de revenu du couple . Le CRLDHT dénonce ce brigandage d'Etat et assure Sihem Ben Sedrine de toute sa solidarité. Il renouvelle l'appel qu'il a lancé aux maisons d'éditions françaises et étrangères pour exprimer activement leur condamnation de la répression qui s'abat sur leur collègue et prendre toutes les initiatives adéquates pour assurer la pérennité de ce lieu devenu un espace de la pensée libre.

C.R.L.D.H. Tunisie, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris- France, fax : (33) 0169058961, E-Mail : crldht@aol.com
Le 23 septembre 2000

Texte envoyé par Sihem Bensedrine à la rencontre tenue à la librairie parisienne "La sirène".
A vous tous qui êtes réunis ce soir, amis et membres du CNLT, j'adresse un grand salut. Vous me permettrez de partager avec vous ce moment de retrouvailles et de vous transmettre ma pensée. L'initiative du CNLT a été pour nous tous un rai de soleil dans la grisaille de notre long tunnel politique. Et par delà son apport spécifique en tant que cadre de défense des droits humains, il nous a surtout redonné la force de rêver un mieux pour notre pays, d'oser penser qu'une alternative est possible et de franchir les lignes rouges qui enserraient notre liberté au quotidien. L'expérience unificatrice est gratifiante et rassurante. C'était une gageure de pouvoir réunir toutes ces personnalités d'horizons divers dans un projet généreux et audacieux. Les réactions ont été diverses, il y a eu les encouragements et les félicitations. Il y a eu aussi les malentendus, la convoitise et même le travail de sape. Rien de plus normal dans un contexte d'asphyxie où l'oxygène est rare et les vrais problèmes mal identifiés. Ajoutons à cela une culture de monopole où le pluralisme fait peur. 2000 a été une bonne année pour la Tunisie militante, la dictature s'est fissurée et des brèches de la résistance se sont ouvertes. Les tâches sont apparues immenses et les appels à l'unité se sont faits insistants. Demande justifiée et ô combien pertinente. Mais on ne sort pas indemne d'une dictature, elle vous flétrit et vous marque au rouge. La société malade et divisée a désappris à débattre et perdu ses repères. Tout est à reconstruire et il faut du temps. Ceux là même qui appellent à l'unité s'appliquent à la miner à l'instant même où ils demandent cette unité. Pour ma part, je trouve que l'apprentissage de la démocratie (pour les démocrates) est un chemin nécessaire et il faut l'emprunter avec humilité. Il n'est pas nécessaire d'exiger l'unité maintenant ! Elle n'est même pas utile, elle aussi a besoin d'être construite et il ne faut pas que cette vérité nous décourage. La convergence d'un combat est à rechercher, c'est un impératif et la lutte nous y contraint tous sur le terrain. Par contre l'effort que nous devons faire sans délai, c'est d'essayer d'être POSITIF, de voir positivement l'effort que fait notre voisin, aller chercher notre dose d'oxygène ailleurs que chez notre collègue qui souffre de la même pénurie que nous, aller voir précisément du côté du dictateur. Chaque pierre, de quelque dimension qu'elle soit, posée dans l'édifice de la nouvelle Tunisie libre est à soutenir et encourager. Cela faisons-le ensemble modestement.

 
Le 27 Septembre 2000


Faut pas contrarier Daniel Mermet. Il est tenace, le monsieur. Surtout quand un sujet lui tient à coeur. Comme les droits de l'homme en Tunisie, par exemple. Refoulé en janvier dernier par les autorités tunisiennes, ses cassettes, disquettes et carnets confisqués, le journaliste n'a eu de cesse que de retourner dans ce pays. Pour témoigner. Il nous livre, d'aujourd'hui à lundi prochain, le résultat de ses investigations au pays du jasmin. Pourtant, elle n'a pas été simple, cette seconde enquête, sur le retour de Taoufik Ben Brik à Tunis. Dans un communiqué, l'équipe de Là-bas si j'y suis raconte : " Le samedi 9 septembre vers 23 heures, à Mahdia (Tunisie), Daniel Mermet et Giv Anquetil, reporters, ainsi que deux opposants tunisiens, Sihem Bensendrine et Omar Mestiri ont été agressés par des hommes prétendant appartenir à la police tunisienne. " Cette fois-ci, pourtant, l'équipe de France Inter était accompagnée par " des parlementaires européens, ainsi que des représentants de la Fédération Internationale des droits de l'homme et de Reporters sans frontières ". N'empêche : " Refusant de confirmer la preuve de leur identité, ces policiers ont brutalement exigé que leur soient remises les cassettes des reportages. " Evidemment, les journalistes ont refusé. La répression ne s'est pas fait attendre : " Les hommes de main, au nombre de huit, ont surgi de l'obscurité forçant les portières, tentant violemment de faire sortir les passagers, n'hésitant pas à tordre les bras, arracher sacs et lunettes, s'emparer d'un téléphone portable, molestant chacun, dont une femme, Sihem Bensedrine. " La mascarade a duré près d'une heure, au terme de laquelle les journalistes ont remis à ces autorités surgies de nulle part deux cassettes... vierges. Ils sont repartis sous la menace : " Si vous nous avez trompés, vous ne pourrez pas sortir du pays " ont lancé les " policiers ". L'équipe de France-Inter a alors regagné Tunis au plus vite, emprunté le premier avion pour Paris, " après avoir mis leurs cassettes en lieu sûr ". " Malgré la vigilance des services tunisiens mis en alerte et grâce à des amis courageux, les cassettes sont enfin arrivées à Paris ", relate le communiqué. Il en faut, de la ténacité, pour que le droit à l'information soit respecté... Caroline Constant

France-Inter Là-bas si j'y suis,
Le 10 décembre 2000


SOMMES-NOUS DANS UN PAYS EN ETAT D'URGENCE ?
Sommes nous dans un pays en état d'urgence ? c'est la question que nous sommes en droit de nous poser après les entraves mises par les forces de police à notre liberté de circuler et à la violation de notre droit à une vie privée.Invitées à la réception de la remise du prix Hachmi Ayari décerné le 10 décembre 2000 au soir à l'occasion du 52ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme à la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme mise sous administration judiciaire depuis le 27 novembre dernier, nous nous sommes vues interdire l'entrée du domicile du Bâtonnier Monsieur Mohamed Chakroun, par un déploiement impressionnant des forces de police, dont certains nous ont poursuivies à bord de leurs voitures.Ayant décidé de passer la soirée au domicile de Sihem Bensedrine, celui-ci était encerclé par des dizaines de policiers en civil qui avaient pour ordre de nous empêcher d'y entrer.. Rejointes par Sihem et Omar Mestiri son époux, nous avons décidé de nous rendre à la cafétéria d'un établissement hôtelier de la ville. Arrivées à l'hôtel Abou Nawas El Mechtel, nous découvrons que les policiers nous ont suivies à l'intérieur même de l'établissement en nous signifiant l'interdiction de nous attabler et de consommer, alors qu'une nombreuse clientèle le faisait.Devant notre détermination à exercer nos droits civils élémentaires, les policiers ont convoqué le directeur de l'établissement qui a interdit au personnel de l'hôtel de nous servir et nous a sommées de quitter les lieux.Devant ce comportement d'une arrogance injustifiable et en violation flagrante des libertés individuelles élémentaires comme celles de se retrouver dans un lieu privé ou de se rendre dans un lieu public,Nous protestons contre l'interdiction faite au militantes et militants de la société civile de fêter la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.Nous nous élevons contre l'interdiction faite à notre droit de circuler librement.Nous dénonçons l'insupportable harcèlement policier et l'humiliation que nous subissons par la violation de nos droits les plus élémentaires.Héla Abdeljaoued (médecin) Bochra Belhaj Hamida (avocate) Souhayer Belhassen (journaliste) Sihem Bensedrine (journaliste) Khédija Cherif (sociologue) Alya Cherif Chamari ( avocate) Ilhem Marzouki (sociologue)

 
Le 15 décembre 2000

RSF : Sihem Bensedrine frappée et menacée de mort
Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Abdallah Kallel, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l'agression de Sihem Bensedrine, directrice de l'hebdomadaire en ligne Kalima (www.kalimatunisie.com, hébergé par RSF), Omar Mestiri et Mohammed Bechri, militants des droits de l'homme, par des policiers, à Tunis. Robert Ménard, secrétaire général de RSF, a demandé au ministre "de prendre rapidement des sanctions contre les membres des forces de l'ordre responsables de cet incident qui est d'autant plus inquiétant que, le même jour, Sihem Bensedrine a été menacée de mort." "Le harcèlement à l'encontre des militants des droits de l'homme est devenu tout simplement intolérable surtout depuis la mise sous scellés de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, fin novembre" a ajouté Robert Ménard.Selon les informations recueillies par RSF, des policiers en civil ont agressé, le 15 décembre 2000, dans la matinée, Sihem Bensedrine, directrice de l'hebdomadaire Kalima, Omar Mestiri, secrétaire général du Comité national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et Mohammed Bechri, coordinateur du Comité National de défense du Dr Moncef Marzouki, alors qu'ils se rendaient au ministère de la Santé pour remettre au ministre une pétition de protestation contre le licenciement abusif de Moncef Marzouki de la Faculté de médecine de Sousse. Plusieurs policiers ont frappé Sihem Bensedrine et Mohammed Bechri et les ont obligés à partir. Au même moment, Omar Mestiri a été jeté à terre et roué de coups par d'autres policiers. Ces derniers l'ont ensuite conduit, en voiture, à une soixante de kilomètres de Tunis où ils l'ont laissé en rase campagne. Quelques heures avant cette agression, Sihem Bensedrine avait constaté que sa voiture avait été complètement fouillée. Un couteau à cran d'arrêt avait été déposé en évidence sur la banquette arrière, ce qui constitue, à ses yeux, une menace de mort.

Vœux de Sihem pour le nouvel An 2001 : " J'espère que 2001 nous donnera de nouvelles raisons de croire que la résistance aux forces obscures de l'oppression est toujours payante. Meilleurs vœux. Sihem "

Source : RSF.