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Le Gladiateur
Walid [eFighter]

Il était une fois TUNeZROME Zabalus rêvait du pouvoir. C'était un ambitieux mais il savait qu'il était nul. Il faisait pâle figure à côté de Bourguibus, l'empereur du moment. Bourguibus était bon, il a mené sa nation avec sagesse, mais néanmoins il a fait des fautes. Il vieillit et la fin de son règne devenait difficile à vivre. Zabalus, dépourvu de tout scrupule, a su exploiter cette situation. Ce dernier se savait indésirable, malgré tout il trouva un bon moyen pour approcher Bourguibus et il sut frapper au bon moment pour se débarrasser du père de la Tunézie. Zabalus se sacra nouvel empereur.

Zabalus s'installe au palais. Il fait faire cérémonies et festins puis il se voue à faire le ménage, à chasser ses adversaires potentiels et tous ceux qui lui sont hostiles. Une fois ce nettoyage est fait, Zabalus se consacre à serrer les boulons autour de tout ce qui est sous sa main, et à tout mettre dans sa poigne. Après cela, cherchant à asseoir ses positions sur son trône, il essaye de gagner la faveur du peuple et de faire détourner le regard de ce dernier loin de ses secrets infâmes. Il fait transformer le Colisée en une grande arène qu'il intitule Declarus Septus Novembrus et y fait présenter des jeux : les Mascarades. Le peuple est tout content et n'arrête plus de scander et d'applaudir les spectacles du Changesar.

Une fois fait, Zabalus se consacre à dresser sa toile autour de l'empire, à bâillonner les quelques honnêtes qui sévissent et à leur couper l'herbe sous les pieds, à faire installer la peur, et s'emploie à tirer profit des opportunistes qui l'entourent.

Puis, sous la couverture des Mascarades, il subtilise le dernier pouvoir qui peut encore lui faire barrage : il ôte les droits du constitutionnat. Désormais c'est la paranoïa qui le commande, il règne en maître suprême, il pilote la terreur.

Et voilà qu'un jour...

Dans les jeux de l'arbitraire surgit un joueur inattendu. Ce joueur sut offrir au public des Mascarades un spectacle impressionnant, au sein même de l'arène du Septus Novembrus. Et le peuple vénéra le gladiateur artiste. Etonné et impressionné à son tour, Zabalus fait enlever au gladiateur son masque, et tout le public retient son souffle en découvrant le visage qui se révèle, celui de Tounsimus.

Depuis, le public n'arrête plus de réclamer Tounsimus qui lui offre à chaque fois un spectacle plus époustouflant et récolte à chaque fois une vénération plus ardente.

Zabalus est irrité. Il se sent ombré par la nouvelle icône qui lui vole la vedette. Il est énervé après celui qui a retourné son instrument contre lui. Zabalus sait mettre à ses pieds les personnes du gouvernement car il s'était fabriqué tous les moyens pour cela. Il sait agir en coulisses. Il sait éliminer ceux du commun du peuple qui s'aventurent à le heurter. Mais il ne sait pas faire disparaître un héros du peuple sous les projecteurs du Septus Novembrus.

Alors il se décide à mettre fin au spectacle de Tounsimus en mettant au point un plan qui vise à le faire disparaître en rendant son jeu dans l'arène plus difficile et plus dangereux par des mécanismes qui relèvent d'un procédé appelé censure.

Mais talentueux comme il est, Tounsimus surmonte les difficultés et détourne les pièges, épatant ainsi le public plus que jamais. A chaque fois Tounsimus se dresse dans l'arène et fixe Changesar Zabalus d'un regard perçant. Le gladiateur est déterminé à reconquérir son pays volé par celui qui a tué les siens avec barbarie. Zabalus lui rend un regard surchargé de haine et de fureur, il aimerait sauter de son trône pour étrangler par ses propres mains ce sujet venant de rien et qui lui rappelle sans cesse son illégitimité et sa médiocrité. Aigri, Zabalus se retourne et se retire dans ses loges. Zabalus ne sait pas être ailleurs que dans ses loges. Dans l'arène, l'esclave s'est mis au-dessus du césar.

Zabalus réprimande Tounsimus dans sa cellule, mais pour son plus grand désespoir la foule du Colisée n'arrête pas de scander en choeur et avec fermeté :

"Live. Live. Live. Live..."

D'autres petits gladiateurs ont serré les rangs autour de Tounsimus. Ils veillent sur lui et le soutiennent. Ils sont très peu, mais ils le servent avec fidélité et sont tous aussi vaillants les uns que les autres.

Les éléments se corsent autour de Zabalus, ses complots n'aboutissent pas. Ironie du sort, des complots se dessinent autour de lui, il perd le sommeil. Les coulissent s'activent, les foules murmurent, l'étau se resserre.

Il devient plus machiavélique que jamais, il prend des otages même parmi les siens, et c'est Tounsimus qu'il veut éliminer en premier. On dirait qu'il se trompe de raison. Zabalus ne sait pas qu'on ne se débarrasse pas des âmes nobles comme on se débarrasse des insectes. Zabalus ne sait pas qu'au jeu de la grandeur il est perdant.

Le Gladiateur a défié l'Empereur sous les feux des projecteurs.



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