Il y a deux jours, maître Mohamed Nouri a été empêché de quitter le territoire tunisien. D’aucuns ont crié au scandale, oubliant que voyager n’a jamais été un droit fondamental de l’homme. En fin de compte, c’est un luxe. L’important, pour un citoyen normal c’est d’avoir le ventre plein. De ce côté là, notre pays n’a pas à s’inquiéter. Les ventres pleins j’en vois tellement que ça me donne parois la nausée. Chez nous même les chats de la rue trouvent toujours quelque chose à se mettre sous la dent. Mieux, nos vétérinaires commencent à s’inquiéter du phénomène d’obésité parmi cette population féline parfois sur-nourrie.
Les grincheux, éternels mécontents, rétorqueront qu’il y a eu récemment un cas de citoyens tunisiens qui avaient cherché refuge en Algérie, parce qu’ils crevaient de faim. Les choses ne sont pas aussi simples que ça. Il faut tout d’abord attendre que toute la lumière soit jetée sur cette affaire. Il ne faut pas oublier que ces citoyens, séduits par l’eldorado algérien, habitent une zone d’ombre. Des paysans à l’esprit étroit qui n’ont aucune notion des droits de l’Homme dans leur coneption benalienne globale. Bref, ils auraient dû faire preuve de patience. Tôt ou tard le FSN (Fonds de Solidarité Nationale,26 -26) les auraient repérés et arrachés, bon gré mal gré, de la misère.
D’ailleurs, ces citoyens démunis sont la raison d’être du Fonds 26-26. Les économistes tunisiens n’ont-ils pas noté qu’à mesure que les fonds recueillis par le Fonds augmentent, les zones d’ombre poussent comme des champignons ? Ce qui signifie que la bataille du développement est loin d’être gagnée et que les citoyens devraient se montrer encore plus généreux. Selon ces mêmes économistes, à long terme - vu la conjoncture économique - les donateurs du Fonds risquent eux-même de plonger dans l’ombre et auraient, dans ce cas, besoin du secours du FSN. Ces secours seront financés par les contributions des citoyens à peine sortis des zones d’ombre.
Une étude économique menée par le FSN démontre qu’heureusement le Fonds ne risque pas de disparaître, ni à moyen ni à long terme. Car, comme nous l’avons déjà expliqué, à mesure que les zones d’ombre sont éclairées par les fonds récoltés par le Fonds 26-26, les zones éclairés plongent graduellement dans l’ombre. Elles seront, bien sûr, secourues par les zones nouvellement éclairées.
J’espère que ces arguments solides et documentés convaincront les citoyens récalcitrants et les pousseront à s’investir à fond dans ce Grand Projet de Solidarité Nationale.
Chers compatriotes, sachez que le jour où vous touchez le fond, le Fonds 26-26 sera là pour vous tendre une main. C’est, peut-être, la main anonyme d’un citoyen qui est en train de couler, mais qui vous aime à fond.