Le Procès a été renvoyé au 25 février 2004 , après le constat d’un vice de forme. Om Ziad décide de boycotter cette parodie de jusitce. Mohamed El Kahés Hani se présente devant le juge bien que n’ayant pas reçu de convocation à comparaitre...
La Cour d’Appel de Tunis vient de décider de renvoyer "l’affaire des 170", à la séance du 25 février 2004 . Un nouveau vice de forme est venu s’ajouter aux irrégularités qui ont entaché ce procès dès son instruction. Mohamed El Khamés Hani n’a pas reçu de convocation à comparaitre devant la Cour. Madame Naziha Rjiba, Om Ziad de son nom de plume, avait quant à elle boycotté la Cour après avoir reçu la convocation à comparaitre. Om Ziad s’est adresée par une lettre ouverte publique au Président de la 14 chambre de la Cour d’Appel de Tunis, annonçant son intention de ne pas participer à cette parodie de justice. Elle édite le coup de Moncef Marzouki refusant de jouer le figurant dans le théatre de la justice aux ordres. Nombre d’avocats, de défenseurs des droits de la personne et de figures de l’opposition tunisienne se sont déplacés ce matin devant la Cour d’Appel, limitrophe du Palais de Justice de Tunis.
Me Raouf Ayadi, membre du Conseil de l’Ordre National des Avocats de Tunisie, ancien Porte-parole du CNLT et vice-président du CPR, a rejeté les accusations qui pèsent sur Om Ziad et sur Mohamed El Kahmés Hani, en démontrant la nullité juridiques des poursuites. Le texte original a été publié en arabe dans Tunisnews N° 1314 du 25 décembre 2003 et repris dans le N° 20 du mois de Décembre 2003, du magazine en ligne Kalima . La traduction française et anglaise de ce document est en cour de préparation.
Dans un communiqué daté du 30 décembre 2003 , RSF avait de son coté dénoncé ce procès intenté à Om Ziad et le choix de la date du 31 décembre, la veille des fetes du jour de l’an
Je reviendrais sur l’épreuve que représente ce procès pour ma propre famille et celle de la grande famille qu’est le peuple tunisien. Ainsi que sur ses renseignements, tant au niveau de l’instrumentalisation de la justice par un régime aux abois, qu’à la révélation de la culture des "deux poids - deux mesures" dans le traitement chez nombre de Barons du microcosme tunisois et de ses extensions parisiennes, et je mesure bien mes mots. Comprendra qui voudra...
La victime ne compte pour certains que si elle "rapporte" politiquement. Cette malheureuse réalité est la marque de fabrique de la Dictature. Certains opposants reproduisent les memes schémas du mal qu’ils combattent. C’est ainsi que nombre de prises de position ont omis de signaliser la présence d’une deuxième victime dans ce procès : mon propre frère Mohamed El Khamés Hani. Certains ont préféré évoquer vaguement "un deuxième accusé". D’autres ont poussé le vice plus loin. J’y reviendrais, ce n’est certainement pas le moment, la veille d’un premier janvier...
Ibn Khaldoun disait dans sa Mouqaddima (Introducion) "Al Maghloubou Moulaon Abadan Bittiba’i Al Ghalibi" (Le vaincu est souvent tenté par l’imitation du vinqueur). Notre combat contre l’Infamie de l’Infame est aussi celui de combattre sa culture et d’ériger les valeurs de liberté et de fraternité républicaines, tant ancrées dans notre culture arabo-musulmane. D’oeuvrer pour une société de citoyennes et de citoyens EGAUX...
Sans haine, ni rancune,
Paris, le 31 décembre 2003
Abdel Wahab Hani