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L’ex-commandant Antauro Humala, dont le groupe armé, fort de 200 hommes, a pris le contrôle d’un commissariat de police et d’une partie de la petite ville péruvienne d’Andahuaylas, a fait savoir dimanche soir que ses hommes allaient déposer les armes au cours de la journée de lundi. Humala a fait cette annonce dans un discours public retransmis par la station de radio RPP à la suite d’une médiation effectuée par l’Église et d’autres responsables, et l’engagement du Premier ministre péruvien, Carlos Ferrero, qu’il ne leur serait fait aucun mal. Ses sympathisants ont mis la main sur un stock d’armes et des véhicules de police après avoir pris le contrôle du commissariat d’Andahuaylas, ville des Andes à 900 km de Lima, aux premières heures du Jour de l’An. Quatre policiers ont péri dimanche lors de heurts. Retenant une dizaine de policiers en otages, les hommes de Humala réclament la démission du président Alejandro Toledo, dont la cote de popularité est au plus bas au Pérou. "La restitution des armes s’effectuera à midi et les journalistes y auront accès sans aucune restriction, et il ne devrait pas être porté atteinte à la dignité de (mes) soldats", a déclaré Humala à la radio RPP. Humala a demandé aux forces de sécurité "de s’abstenir de tirer sur nous dans les heures à venir, et nous nous abstiendrons de riposter par les armes". Le gouvernement péruvien, qui a décrété samedi soir l’état d’urgence à Andahuaylas, ville de 26.000 habitants, a dépêché en renforts un milliers de policiers et de soldats pour contenir le soulèvement, le deuxième dans lequel Humala joue un rôle de premier plan.
Toledo a prôné la fermeté
Humala, qui s’était fait connaître en 2000 avec son frère Ollanta par un bref soulèvement contre le gouvernement de l’ancien président Alberto Fujimori, a affirmé que des milliers d’habitants soutenaient son mouvement contre un président qu’il accuse de "corruption généralisée". A la suite de leur coup d’État manqué de 2000, les deux frères s’étaient rendus lorsqu’était tombé Alberto Fujimori. Ils avaient brièvement été emprisonnés puis graciés. Humala et ses "réservistes" - anciens membres de la police nationale ou de l’armée qui ont combattu dans des conflits frontaliers avec l’Équateur et contre les rebelles d’extrême gauche dans les années 1990 - ont tenu pendant plus d’une journée plusieurs pâtés de maisons après leur soulèvement. Le groupe de l’ancien commandant, qui comprend sept femmes, a déployé des francs-tireurs sur les toits du commissariat. Ses hommes ont saisi des armes automatiques, des grenades et des explosifs et pris le contrôle de 25 véhicules de police. Toledo, qui a écourté ses congés du Nouvel an au bord de la mer, a rendu visite à quatre policiers blessés, évacués vers Lima, et s’est engagé à agir avec fermeté et à ne pas faire de quartier avec les "rebelles". Le Nouvel An a été choisi pour un "effet de surprise", a dit Humala, ainsi qu’en raison d’un remaniement de la hiérarchie militaire dans le cadre duquel son frère Ollanta, qui était attaché militaire à l’ambassade du Pérou en Corée du Sud, a été mis à la retraite. Leur mouvement, composé pour l’essentiel d’anciens militaires, veut nationaliser l’industrie et légaliser la culture de la coca, utilisée pour fabriquer la cocaïne.
Jude Webber Reuters - Lima 03 - 01 - 2005 |