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Etre doté de plusieurs copies d’un gène immunitaire bloquant le virus du sida protège contre la maladie, ce qui expliquerait pourquoi certaines personnes sont moins vulnérables que d’autres, selon une étude dont les résultats ont été publiés jeudi aux Etats-Unis. "Les risques pour chaque individu de contracter le virus de l’immunodéficience (VIH) ou de connaître une évolution rapide du syndrome d’immunodéficience acquise (sida) ne sont pas uniformes dans la population", a expliqué le Dr. Anthony Fauci, directeur de l’Institut National des allergies et des maladies infectueuses qui a financé cette étude parue dans la revue Science datée du 7 janvier. "Cette étude importante a permis d’identifier les facteurs génétiques de différents groupes qui réduisent ou accroissent leur vulnérabilité au retrovirus et au sida lui-même", a-t-il ajouté. L’équipe de chercheurs internationaux a examiné plus de 4.300 échantillons de sang de personnes aux différentes origines éthniques pour déterminer le nombre moyen du gène produisant la protéine immunitaire, dite CCL3L1, dans chacun des groupes. Ils ont par exemple observé que les noirs américains adultes testés négatifs au virus du sida avaient en moyenne quatre copies de ce gène protecteur alors que les américains d’origine européenne et les hispaniques n’en comptaient que deux ou trois respectivement. Cela ne signifie pas que ces derniers sont plus susceptibles d’avoir le sida que les noirs mais seulement que les personnes qui, dans chacun de leur groupe, ont un nombre d’exemplaires de ce gène sous la moyenne sont plus sujettes à être séro-positives et à développer le sida, selon ces chercheurs. En revanche, ceux ayant plus de copies de ce gène immunitaire que le nombre moyen de leur groupe respectif sont moins vulnérable. Selon le groupe de population, chaque copie supplémentaire de ce gène protecteur réduit le risque de contracter le VIH de 4,5 à 10,5%. Dans le cas contraire, pour chaque gène immunitaire en moins par rapport au nombre moyen du groupe, les risques de voir une évolution rapide du sida augmentent de 39 à 260%, ont calculé ces chercheurs. "Ces travaux ont permis de faire avancer de façon importante la compréhension du rôle central que les molécules interférant avec la protéine CCL3L1 jouent en agissant sur le susceptibilité au VIH/sida", a souligné Carl Dieffenbach, qui a supervisé cette étude conduite surtout par des chercheurs travaillant à l’université du Texas (sud).
Agence France Presse 07 - 01 - 2005 |