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source : http://www.lefigaro.fr/international/20050315.FIG0122.html
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[15 mars 2005]
« Tu ne peux pas nous faire ça ! » « Tunezine », le site Internet du cyberdissident tunisien Zouhair Yahaoui, affichait hier sa stupeur après le décès de son jeune fondateur mort d’une crise cardiaque dimanche à Tunis à l’âge de 36 ans. Écrivant sous le pseudonyme d’« Ettounsi », le Tunisien, il animait un journal satirique en ligne récompensé il y a deux ans par le prix Cyberliberté pour son « attachement à la liberté de la circulation de l’information sur le réseau ». Zouhair Yahaoui avait été condamné à deux ans de prison en 2002 pour avoir diffusé une lettre ouverte de son oncle, le juge Mokthar Yahaoui, au président Zine el-Abidine Ben Ali qui dénonçait l’« absence d’indépendance » de la justice tunisienne. Le cyberdissident avait été remis en liberté conditionnelle en novembre 2003 après plusieurs grèves de la faim. Quant au magistrat, il avait été licencié pour avoir « enfreint le droit de réserve ».
Les sites Internet sont les uniques lieux de libre expression des Tunisiens. Mais le réseau est à partir de la Tunisie l’objet d’une surveillance permanente des autorités. Les sites contestataires sont régulièrement cadenassés et leurs animateurs sont victimes de tracasseries et de poursuites judiciaires.
La dernière information relayée par Tunezine concernait l’agitation observée autour du projet de visite d’Ariel Sharon, convié à Tunis en novembre prochain pour assister au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Jeudi, les étudiants ont observé une grève dans plusieurs villes.
Le mouvement devait être une « protestation pacifique » dans l’enceinte des campus, mais des heurts avec la police ont eu lieu suite à des « débordements » dans certaines facultés de Tunis.
Dix étudiants ont déjà été condamnés dans le cadre de manifestations précédentes à des peines de prison avec sursis à Gafsa, Sfax et Bizerte, un seul étudiant, jugé par défaut, ayant écopé de trois mois de prison ferme. Confrontées à l’agitation anti-Sharon, les autorités ont expliqué dans les médias locaux que sa visite n’aurait aucune incidence sur la normalisation des rapports entre la Tunisie et l’État hébreu. Elles ont aussi minimisé l’importance des manifestations. |