|
Reporters sans frontières prend acte du transfert, le 22 avril 2005, d’Hamadi Jebali à la prison de Mahdia et exprime son soulagement après l’arrêt de sa grève de la faim trois jours plus tard.
"Nous avons pris connaissance du transfert d’Hamadi Jebali et de l’amélioration de ses conditions d’incarcération, a déclaré Reporters sans frontières. Cependant, la seule issue réellement satisfaisante serait, comme nous l’avons toujours demandée, la libération sans condition du journaliste."
Jointe au téléphone par l’organisation, l’épouse d’Hamadi Jebali a déclaré que lors de sa dernière visite à la prison de Sfax, le 23 avril, les gardes lui avaient signifié le transfert de son mari à Mahdia la veille. Mme Jebali s’est dite rassurée de ce changement. En effet, le journaliste qui a décidé de mettre un terme à sa grève de la faim le 25 avril, n’est plus détenu à l’isolement. Mahdia est située à 60 km de Sousse où réside la famille du journaliste.
14 avril 2005 - Hamadi Jebali a entamé une nouvelle grève de la faim en prison
Hamadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire Al Fajr, incarcéré depuis 1991, a entamé une nouvelle grève de la faim, le 9 avril 2005.
"Nous sommes inquiets pour l’état de santé de Hamadi Jebali qui s’affaiblit un peu plus à chaque grève de la faim, a déclaré Reporters sans frontières. Il est anormal qu’il n’ait pas accès à la nourriture que sa femme lui apporte. Nous réitérons notre demande au président Zine el-Abidine Ben Ali : la libération inconditionnelle et immédiate de ce journaliste."
Son épouse, Wahida Jebali, habitant à 250 km de Sfax, ne peut se rendre à la prison qu’une fois par mois. Etant donné les problèmes de santé du journaliste, le médecin avait recommandé un régime alimentaire spécial qu’il arrivait à suivre approximativement grâce aux visites de Mme Jebali. Le mois dernier, les gardiens ont refusé de transmettre à son mari la nourriture qu’elle lui avait apportée. Mme Jebali, très inquiète, revendique le droit à une visite médicale. Elle réitérera sa demande lors de sa prochaine visite, le 16 avril.
Hamadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire Al Fajr, organe du mouvement islamiste An Nahda, est détenu, depuis 1991, dans une cellule individuelle. Incarcéré à la prison de Sfax où il avait été transféré en 2000, il devrait être libéré en 2007.
Rappel des faits
Arrêté le 31 janvier 1991, Hamadi Jebali a été condamné, le même jour, à un an de prison pour "diffamation" après la publication d’un article de l’avocat Mohammed Nouri demandant la suppression des tribunaux militaires.
Le 28 août 1992, Hamadi Jebali a été condamné à seize ans de prison pour "appartenance à une organisation illégale" et "volonté de changer la nature de l’Etat". Le procès s’est déroulé dans des conditions déplorables au regard des standards internationaux.
—
Maghreb & Middle-East Desk |