Le bras de fer continue en Tunisie entre les défenseurs de la liberté et une dictature en plein doute.
Avocats, magistrats, syndicalistes, journalistes, universitaires, étudiants, défenseurs des droits de l’Homme, partis politiques indépendants ont eu leur lot de répression et de campagne de dénigrement.
L’appareil répressif, en état d’alerte maximale, est des plus déchaînés. Il sait désormais que rien ne fera reculer les combattants de la liberté.
En effet, quelque chose a changé depuis le kidnapping et l’arrestation de Mohamed Abbou suivis de l’épopée des avocats qui a contraint le président Ben Ali à monter au créneau plus d’une fois. La dernière en date est l’annonce de quelques « mesurettes » destinées à calmer l’ardeur d’avocats déterminés à défendre l’honneur de leur profession et obtenir la libération de leur collègue.
Les porte-drapeaux de ce combat digne et salutaire sont les premières cibles de la dictature. Aujourd’hui, Sami Nasr (chercheur et membre du CNLT) et Mohamed Fourati (journaliste à Qods presse, Almawkif et Aqlam on line) sont dans le collimateur du régime gêné par l’abnégation et le mérite de ces hommes de valeur qui font un travail formidable au sein d’une société civile revigorée depuis quelques temps.
Distingués par leur engagement pour la cause des prisonniers d’opinion sur lesquels ils ont tous les deux apporté un éclairage substantiel, actifs dans le dossier de Mohamed Abbou et des avocats libres, Sami et Mohamed font partie de ces hommes et ces femmes de talent qui sont en train d’écrire une page importante de l’histoire de la Tunisie.
Leur dévouement et leur courage nous obligent. Ils nous invitent surtout à les soutenir face à la cruauté d’une machine répressive qu’ils ont tous les deux savamment exposée.
Paris, le 24 juin 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou |