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3 septembre 2005 12:36
NOUAKCHOTT - La nouvelle junte militaire au pouvoir en Mauritanie a décrété vendredi une amnistie générale pour les détenus politiques bénéficiant notamment aux islamistes et aux condamnés sous l’ancien régime. Près de 40 personnes ont déjà été relâchées.
"Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) accorde une amnistie générale, pleine et entière à tous les Mauritaniens condamnés pour des crimes et délits politiques afin de leur permettre de participer à l’oeuvre de construction nationale en toute liberté", a annoncé sur la radio nationale le colonel Ely Ould Mohamed Vall, président du CMJD.
Courant 2005, l’ancien régime du président Maaouya Ould Sid’Hamed Taya, renversé en août à l’occasion d’un coup d’Etat, avait arrêté une soixantaine d’islamistes présumés. Il leur avait reproché d’être de mèche avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), mouvement armé basé en Algérie et qui a fait allégeance à Al Qaïda.
Dans les jours qui ont suivi le renversement de M. Ould Taya, la junte avait ordonné la libération d’une soixantaine de détenus islamistes. Elle a ensuite assoupli mardi les conditions d’incarcération de ceux qui restaient sous les verrous en autorisant les visites des familles, avant de décréter vendredi une amnistie générale.
Vingt-quatre islamistes mauritaniens "modérés", incarcérés depuis avril, ont été relâchés vendredi. Mais ces libérations n’entrent pas dans le cadre de l’amnistie, selon des sources judicaires.
En revanche, 32 personnes, condamnées en février pour participation à des tentatives de putschs présumées contre M. Ould Taya, et cinq officiers, dont les anciens chefs d’Etat major de l’armée, le colonel Elarbi Ould Sidi Aly, de la gendarmerie, Sidi Ould Riha, et de la garde nationale, Ainina Ould Eyih, en "garde à vue" depuis le putsch du 3 août, ont été remis en liberté vendredi.
SDA-ATS |