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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya
Tel : 71340860
Tunis, le 17 septembre 2004
Communiqué
L’administration pénitentiaire continue de mettre au supplice le prisonnier politique Naoufel Boulaabi
L’AISPP a appris que madame Fethia Bourogaa, mère du prisonnier politique Naoufel Boulaabi, a pu rendre visite à son fils dernièrement à la prison de Siliana, après en avoir été empêchée par l’administration de la prison.
Le prisonnier politique Naoufel Boulaabi informé sa mère que, contrairement à ce que lui avait affirmé l’administration de la prison, il n’avait pas refusé de la voir lors des dernières visites des mois de juillet et d’août. En réalité, il ne se trouvait pas à la prison, mais à l’hôpital de Siliana, où il avait été transféré à la suite de sa grève de la faim, commencée le 11 juillet-pour revendiquer des soins d’urgence et une intervention chirurgicale à la jambe.
Il a été admis à l’hôpital à condition qu’il cesse sa grève, mais à peine y avait-il mis un terme qu’il fut renvoyé à la prison sans avoir été opéré.
La grève de la faim lui avait affecté l’estomac, en plus des autres maladies contractées en prison (asthme, inflammation du colon) et non soignées.
Pour rappel, le prisonnier politique Naoufel Boulaabi, enfermé à la prison de Siliana, est condamné à une peine de 17 ans dont il a déjà purgé 14 ans. Son état de santé s’est détérioré en raison des mauvaises conditions de détention et des mauvais traitements. Il souffre d’asthme, de problèmes respiratoires et, plus grave, d’une fracture du genou résultant de la torture subie lors de l’enquête menée par les agents de la Sécurité d’Etat. Il a, en vain, réclamé d’être opéré du genou à l’administration de la prison. Son état a empiré au point qu’il lui soit devenu impossible de marcher et de bouger. Sa santé s’est détériorée totalement à la suite d’une inflammation osseuse au niveau de la lésion. Il a dû garder le lit pendant huit mois, sans pouvoir même remuer la jambe. Et pourtant, l’administration pénitentiaire s’est entêtée à refuser l’intervention jusqu’à dernièrement, lorsqu’il était trop tard.
L’AISPP fait part de sa profonde préoccupation au vu du stade critique de l’état de santé des prisonniers d’opinions enfermés dans les prisons tunisiennes, en raison de leur privation du droit aux soins et du défaut de médicaments.
Elle exige que le prisonnier politique Naoufel Boulaabi soit soigné immédiatement, en vertu de la loi sur les prisons et des pactes internationaux ratifiés par le gouvernement tunisien.
Pour l’association
Le président
Maître Mohammed Nouri
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT) |