Ce texte a été écrit ... le 13 février !
Le sacre de la Tunisie. La chute de Zaba

Ce samedi 14 Février, c’est un Ben Ali ovationné par près de 60 000 spectateurs, qui remet la Coupe d’Afrique des Nations à l’équipe tunisienne qui ont battu celles du Maroc sur le score de 3 buts à 1 [1]. Et l’on a vu le président tunisien réconforter le malheureux capitaine marocain, effondrée et pleurant à chaudes larmes.
Pendant ce temps là, à l’extérieur du stade, des dizaines de milliers de tunisiens sont sortis pour fêter cette victoire historique, les rues des grandes villes du pays ont été investies pour fêter .
A Tunis, l’avenue Bourguiba, principale artère de la capitale, a été littéralement envahie dans la demi-heure qui a suivi le coup de sifflet final, par des milliers de jeunes en liesse arborant des drapeaux aux couleurs nationales.
Les axes menant vers le centre-ville étaient également encombrés de voitures, klaxons hurlants, remplis de supporteurs venus des quartiers périphériques pour participer aux festivités populaires.
Des scènes similaires ont été observées dans les autres grandes villes du pays, notamment à Sousse, Sfax, Tozeur, Nabeul - ainsi qu’à Gabès, Monastir et au Kef selon un témoignage recueilli par l’AFP.
Les supporters étaient équipés de tambours et de trompettes et ont entamé, avant même la délivrance, des danses et des chants, scandant des slogans à la gloire du onze tunisien.
La police était débordée, malgré ses 80 000 agents en uniforme (autant que la France !), de nombreux incidents se sont produits, ainsi des tunisiens ont été blessés par les forces de l’ordre, on parle de plus de 500 blessés rien qu’à Tunis.
Des témoins ont expliqué que cette violence provenait du fait que les rassemblements se sont transformées en petites manifestations où des slogans hostiles au pouvoir ont été proférés. "Nous avons toujours évité les attroupements" confie un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, "même lorsqu’il s’agissait de rassemblements contre la guerre en Irak, nous n’avons jamais donné l’autorisation de manifester, il est vrai que d’un côté le gouvernement se fiche pas mal des irakiens ou des palestiniens...mais c’est surtout pour éviter les slogans anti-gouvernementaux vu la très faible popularité de notre dicta...heu...président"
A l’heure où nous écrivons ces lignes, les manifestations sont devenues quasi-quotidiennes, le jour de gloire de Ben Ali semble être devenu son jour le plus sombre, quant à ce fonctionnaire du ministère sa famille n’a plus de nouvelles le concernant, à suivre....