Edward Saïd était notre conscience. Adieu l’ami ...
Par Mahmoud Darwich
Dignité et Solidarité
Par Edward W. Said
Les derniers instants de Rachel Corrie, sur le site de Solidarité Palestine.
 Edward Saïd
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J’ai lu avec une immense satisfaction morale et intellectuelle les deux textes, celui écrit par E.Said sous le titre « Dignité et Solidarité », je suppose peu de temps avant de nous quitter, même si au fond il ne nous quittera jamais, comme le texte relatif au vibrant éloge rendu par Mahmoud Darwich au géant Said.
Je ne m’étonne pas de ne pas avoir lu le texte de Darwich, mais je suis par contre « déçu » de ne pas avoir lu Dignité et Solidarité de Said, d’autant plus que ces jours là je suivais attentivement à travers le Quotidien Al Qods entre autres, le courage surhumain de Rachel Corrie. En lisant ce texte aujourd’hui à travers les pensées de Said, je partais encore plus dans mon espace imaginaire pour voir si je suis réellement en mesure de cerner les dimensions du sacrifice extrême de cette jeune dame, et, j’avoue qu’il me reste encore beaucoup de temps devant moi à chercher pour comprendre de quelle nature, de quelle grandeur et de quel honneur serait le geste solidaire de cette personne. Car se mettre devant un bulldozer de soixante tonnes conçu pour démolir des constructions en ciment armé ou en pierre - sachant que celui qui est aux commandes a moins d’âme que l’engin de mort en lui- même et qu’il ne va pas hésiter un seul instant à te réduire en « poussière » dans l’amas de terre que va devenir la maison que tu essaies de protéger - ça ne relève plus d’une volonté humaine aussi forte, aussi inébranlable, aussi déterminée soit-elle d’aller jusqu’au bout de la solidarité, c’est tout simplement surhumain. Bien c’est sûr à présent, Rachel Corrie est dans le ciel et je crois fermement qu’elle a mérité sa place au Paradis réel ou imaginaire, reine entourée d’anges, certainement à coté d’Edouard Said et de beaucoup d’autres dont la présence reste définitivement et éternellement dans le ciel et sur terre.
Très peu de chose ce que je viens d’écrire sur la grandeur d’âme de l’un comme de l’autre, mais une chose est certaine, les bourreaux qui ont commis ce crime et l’autre grand Crime, ont perdu en Rachel Corrie et en Edouard Said deux Alliés- Sauveurs comme ils n’en rêveront plus d’en rencontrer avant la fin du dernier Acte de la tragédie dont ils sont les auteurs et avec certitude les perdants pour le reste de la vie sur terre.
Quant à l’éloge de Mahmoud Darwich, c’est toute une lumière éblouissante que retrace l’auteur par des mots sur une grande personnalité non seulement polyvalente, multidimensionnelle, un trésor de richesses humaines, intellectuelles et morales pratiquement sans égal sur la scène arabe et très peu semblables sur la scène internationale, mais aussi d’un courage infini devant une mort physique qui s’est avérée incapable d’arrêter un seul instant ses innombrables activités. E. Said n’a pas été vaincu ni par la maladie, ni par la mort, il a tout simplement rempli la tâche qui lui a été assignée et est parti en Voyage. Il restera parmi nous et nous espérons qu’il daigne accepter notre compagnie, celle d’aujourd’hui et celle de demain.