Vous êtes ici : Sommaire > TUNeZINE 117 > Des prémices ?
TUNeZINE

E-mag

- TUNeZINE 119
- Hors-Série 004
- TUNeZINE 118
- TUNeZINE 117
- TUNeZINE 116
- TUNeZINE 115
- TUNeZINE 114
- Hors-Série 003

Anciens Numéros


Rubriques

Le Forum
Là où l’on cause
Ils écrivent
Les Associations
Les Clefs
Pour comprendre le site
Revue de Presse
En différé de Tunisie
Chantier Démocratique
Pour la Liberté en Tunisie
Des Liens
Pour découvrir
V.I.P...
Prisonniers de l’Injustice
La Galerie
A voir et à entendre
Un peu d’Actu
Liberté, grèves, faim ...

Rechercher



Des prémices ?
Hout Hajri

(...) [1] Est-ce possible que vous ne puissiez voir en la fête de la CAN 2004 que le gaspillage de ressources et la folie ou la déraison de gens qui n’ont que peu de moyens. Ils gaspillent au lieu...d’attendre que tout ira mieux et que tous soit bien solidement assis économie, société, jeunesse, science, habitat, médias, routes et services hospitaliers....etc. Pourquoi tant fermeture à ce sans quoi la vie perdrait largement son sens. D’abord je ne sais qui a dit que le peuple ne se nourrit pas que de pain. Il avait raison et même s’il avait tort la fête est essentielle à la vie et en perdre le sens serait tout à fait dommageable pour notre présent et pour notre futur.

Et justement la fête, celle que le sport tunisien nous a offert a été grandiose d’un bout à l’autre. Nous avons, notre jeunesse et notre équipe en charge de l’événement, ont été d’une rigueur quasi scientifique en tout, d’une magie et d’une force d’exécution tout bonnement modernes, rassurants, conciliants et méritoires, après ce que les arbitres ont eu, à tort ou à raison, comme sévérité à l’endroit de nos jeunes.

Je ne reprend pas les éléments alignés par l’éditorialiste mais je dois ajouter qu’il y a là, impliqué par cette victoire et son déroulement, un message, une prémonition et la naissance de quelque chose de neuf, l’inédit vient de se signaler, ce signe l’atteste en dehors de tout doute. Le message est d’abord pour les semeurs de doutes qui disent encore et toujours, au point que c’est devenu une rengaine reprise par nous-mêmes sur nous-mêmes : nous ne sommes bon à rien, nous ne réussirons jamais par nous même...une poussière de peuple avait dit l’un des nôtres. L’image traditionnelle que l’on nous a collé à la peau, voilà qui la fait vaciller, qui la remet en cause et l’ébranle sérieusement. Pour nous et pour le reste de nos frères arabes et non arabes...

Durant plus de vingt jours, et sans doute pour quelques mois à venir, les élus à 99% des tunisiens ce sont les joueurs et sans avoir triché en quoi que ce soit. L’équipe a éclipsé les lécheurs de bottes, la paille qui surnageait sur tout, dans la presse et les médias est soudain disparue au fond du baril, des pépites d’or soudain sont apparues pour nous éblouir. De la sorte le flic s’est retrouvé en désarroi, pour une fois il a moins envie de réprimer ou de garder « l’ordre », les consignes de ses chefs et ces chefs eux-mêmes, se sont vidées de leur charge de haine et de fermeté envers le commun, pour un instant seulement. C’est un moment assez bref mais c’est une sensation rare, mais c’est un éclair marquant de lumière pour les consciences engluées dans le préjugé ou l’autodépréciation. Le flic s’est soudain voulu partie du tout, non la partie détachée et tenue dans l’hostilité. Voilà une société dont personne ne pourra plus dire qu’elle n’est pas de son époque, voilà un peuple auquel personne ne pourra plus nier la modernité la maturité ou la responsabilité. Il faut, désormais, d’autres arguments pour nous convaincre que la démocratie n’a pas toutes les conditions requises pour son exercices, qu’il faut attendre.

Oui il y a cela et il y a aussi que nous vivons en partie de rêves que nous faisons avec nos yeux grands ouverts. Nous-nous disons qu’il faut parfaire tel ouvrage, mener telle tâche de telle manière jusqu’à son achèvement et peu de choses sont achevées, la perfectibilité du monde est une tâche infinie, interminable, c’est bien. Mais de nous offrir une victoire aussi parfaite c’est condensé le temps, nous rassurer sur nos capacités de réussites et de succès. Désormais tout peut être réalisé par le travail et le courage de la volonté. Nous allons devoir nous comparer aux meilleurs sur cette terre. Pas seulement pour le sport, fini ces slogans faussement balancés : nous sommes les meilleurs d’Afrique en ceci ou en cela, nous voulons être champions du monde, un rêve fait naître un autre, quel tunisien ne s’est pas surpris à imaginer. Cette réalisation nous projette vers le futur, comprime le temps, réduit les écarts, rempli les poitrines de nos jeunes de fierté et de confiance. C’est mieux que seulement le pain, le logement.... Comment cela peut-il vous échapper, cher Mizaanoun.

Mais la Tunisie championne d’Afrique c’est encore bien plus. Nos véritables ennemis, ceux qui ne souhaitent nous voir qu’en pirates d’avions, qu’en guerre civile et à nous entretuer ne se réjouissent pas de nos plus petits succès. Le message est aussi pour eux. Nous aimons la vie et nous savons mieux qu’ils ne sauront jamais le faire, contribuer à la vie, à la fraternité et au bonheur humain sur cette terre. Rien que pour les yeux réjouis des enfants de Palestine qui ont suivi cette coupe d’Afrique ce bonheur est à prendre et à conserver et à louer et à protéger comme un signe précieux. Un bébé est là entre nos mains, l’eau du bain c’est pas ce qu’il y a de plus important, il faut savourer et savourer encore cet antidote du Nine-eleven (9-11).



[1] A la une de Tunis Hebdo
La terre parle foot !

Nul doute que ce 14 février 2004 restera une date mémorable dans les annales du sport dans notre pays. Cinquante ans durant, nous avons rêvé de remporter ce trophée mythique. Depuis samedi passé, c’est chose faite grâce à une équipe qui, au départ, n’avait pas toutes les faveurs des pronostics, mais qui a du courage à revendre. Formée d’un amalgame de jeunes joueurs et de « vieux briscards », elle était précisément sans vedettes de renom comme par le passé. Autant de “handicaps” au départ qui ont été, finalement, transformés en atouts maîtres : tous des volontaires à souhait. Décidé plus que jamais à se surpasser à chaque instant, notre Onze national a démontré, tout le long de cette historique CAN2004 , un héroïsme légendaire. Préparé avec soin au sein de tous les stades de la République, cette CAN a ébloui le monde entier, particulièrement lors de l’ouverture solennelle de ses jeux à Radès avec un spectacle digne des Mille et Une nuits. Jusqu’ici notre pays passe - et ce n’est que justice - pour être un grand de ce monde dans le domaine de la bonne préparation des meetings internationaux. A son tour, voici notre foot qui est porté aux nues. Eliminer successivement des favoris potentiels comme le Sénégal et le Nigéria, truffés de joueurs de talent évoluant de surcroît au sein de grands clubs en Europe, n’est pas du tout donné à n’importe qui ! Cette belle victoire en finale n’aurait pu avoir lieu sans un environnement approprié, d’importants sacrifices, à tous les niveaux, et sans cet immense public en or. Onze millions de Tunisiens inconditionnels ont soutenu à l’infini nos gaillards qui se sont avérés d’authentiques héros déjouant tous les pronostics défaitistes. Et la fête fut totale partout dans nos contrées. C’est la victoire de tout un pays, de tout un peuple qui a vibré à l’unisson comme seule l’Histoire peut parfois procurer l’exemple... Pour décrire la grandiose liesse populaire et la communion retrouvée entre tous les Tunisiens quelles que soient leurs classes sociales dans un même élan de solidarité, il faut remonter très loin au passé. Il n’y a que le retour triomphal à La Goulette, en1955 , du père de l’Indépendance, Si Lahbib, qui peut en donner particulièrement une idée, du moins, pour ceux qui ont vécu, à l’époque, ce grand événement national. A l’époque, les manifestations d’allégresse avaient alors pour théâtre, ce1 er juin1955 , uniquement le port et le trajet menant jusqu’à la Médina de Tunis. Or, ce 14 février2004 , ce fut une explosion de joie et de klaxons dans tous nos foyers et sur nos routes y compris parmi nos colonies à l’étranger. C’est la fête de chaque Tunisien. C’est du jamais vu ! Toutes nos villes et tous nos villages ont chanté et dansé jusqu’à l’aube - et fait rarissime - sans débordement significatif. Dorénavant, l’homme arabe et particulièrement le Maghrébin, peut légitimement relever haut la tête du moins dans le domaine footballistique. Près d’un milliard de télespectateurs de par le monde ont suivi à la télé ce splendide Tunisie-Maroc. Une CAN exceptionnelle à tous points de vue qui ne manquera pas d’avoir des retombées positives dans différents domaines de la vie quotidienne au sein du Maghreb. Notre tourisme et notre sport seront les grands bénéficiaires. Ces deux dernières semaines, qui de par l’univers n’a pas vu à la TV la Tunisie, entendu citer son nom à la radio, ou lu des reportages à son sujet dans les journaux ? S’asseoir pour deux ans sur le trône du foot du continent africain, la Tunisie de Ben Ali l’a mérité amplement. Le brave peuple tunisien, particulièrement ses millions de jeunes, assoiffé qu’il est d’idoles, en dispose, aujourd’hui, à profusion... L’important est de poursuivre encore la marche et de hisser, de plus en plus haut notre drapeau national. Aujourd’hui, les nations se mesurent entre elles sur les terrains de sport afin de gagner les meilleures places sur les podiums. Leur force respective est évaluée au nombre de médailles d’or récoltées. Une nouvelle et saine dynamique est en train de naître dans notre bouillonnante société, en quête, d’immenses joies. Et tant mieux ! La victoire appelle de nouvelles victoires. Et il y a une étroite relation entre le sport triomphant et la joie de vivre. Celle-ci stimule les différentes activités au sein des divers secteurs de la vie quotidienne. L’important est de savoir canaliser son impact à bon escient. Alors au travail citoyen !

M’Hamed BEN YOUSSEF


Commentaires des Lecteurs :

Une "Une" bien baroque
17/Feb/2004
Note Donnée : 1 /5

Généralement je suis habitué à d’autres pensées de votre part. Il ne me passait pas par l’esprit de vous mêler à des mesquineries et des textes de propagandes spécifiques d’un certain type d’état. Même pour le reste du contenu du journal je considérais la chose comme d’une certaine logique tolérable, mais quand « La Une » prend la même allure ça devient inquiétant.

En ce qui concerne l’organisation de n’importe quel évènement à n’importe quel endroit de la planète - grâce à la « sainte » mondialisation et aux énormes progrès technologiques - le pays le plus affamé et pourvu qu’il paye pourrait facilement se faire organiser tout, par l’intermédiaire de ces innombrables compagnies géantes spécialisées dans ce genre de choses et dont certainement Halliburton en soit l’une d’elle ou du moins une de ses innombrables succursales dans tous les domaines de la vie. Il n’y a pas longtemps on a vécu les mêmes circonstances dans le Burkina Faso et par la suite il s’est avéré qu’il y a eu bagarre pour le partage des dividendes etc. Donc de ce coté là, je ne vois pas le mérite particulier. Et encore moins si on sait que nous nous sommes ni l’Allemagne, ni la France, ni l’Italie et que tout le PIB et le PNB du pays n’arrivent même pas au niveau d’une seule ville moyenne européenne, en l’occurrence une ville comme Napoli, Marseille ou même Barcelone. Je ne pense pas que les soucis réels des citoyens soient l’organisation d’un évènement sportif qu’elles que peuvent être les répercussions réelles ou fictives sur son développement économique ou autre.

Telles circonstances peuvent être à la conclusion de succès dans les différents domaines vitaux de la vie et non l’avant propos et encore moins une certaine condition à ce développement. Avant de savoir organiser un évènement d’envergure, il aurait mieux valu savoir organiser tous les besoins des citoyens dans tous les domaines : du logement confortable, à l’alimentation adéquate, à la santé, à la formation la plus poussée, aux voies de communications les plus appropriées et quand la machine tourne à cent pour cent dans tous ces domaines, alors on peut penser à organiser des manifestations de plaisir et de divertissement les plus magiques et les plus somptueuses. Mais dans les conditions où se trouve la grande majorité de la population, des conditions de misères atroces, parler de victoire, c’est franchement perdre la raison et verser dans l’hallucination et le délire peu digne d’un grand intellectuel dont les capacités et les richesses culturelles et professionnelles d’analyses de la politique mondiale sont d’un tel niveau qui dépassent souvent et de loin les journalistes les plus célèbres sur la scène internationale. Je m’excuse je ne vois aucun rapport entre les « Une » que j’ai lues ces derniers temps et cette « Une » bizarre qui s’identifie très peu avec les valeurs réelles de son auteur.

Nos victoires en ce moment en tant que citoyens dans cette région devraient avoir un rapport direct avec ce qui se passe à tous les nôtres où qu’ils se trouvent. Sinon dans très peu de temps nous serions un peu moins que rien et plus rien ne nous concernera au-delà de portail de la propre maison...

Auteur : Al Tair


Ce site a été construit avec la technologie SPIP
TUNeZINE.com est enregistré chez gandi et hébergé par GlobeNet
CopyLeft TUNeZINE 2001-2004