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Détresses quotidiennes (extrait du livre "Arabes, si vous parliez ... " de Moncef Marzouki)


« Docteur, j’ai mal à la tête ! »


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DETRESSES QUOTIDIENNES

« Docteur, j’ai mal à la tête ! »

Cela je l’ai entendu, avec une fréquence quasi obsédante, depuis que je pratique dans les hôpitaux de Tunisie.

Dans notre jargon médical, nous appelons ce symptôme banal « céphalées ». Mes maîtres m’ont enseigné qu’il est exceptionnellement significatif d’une lésion organique, qu’il est le plus souvent signe d’une perturbation psychologique et qu’il fait partie de ces maladies courantes dites psychosomatiques. Je l’enseigne à mes propres étudiants, tout en faisant peu de cas, je l’avoue, de ce que recouvre l’aspect psychologique de la définition.

Un jour, frappé par l’extraordinaire répétition de ce symptôme, j’ai dû me départir d’une rigueur médicale de bon aloi et je me suis vu obligé de me demander : mais qu’est-ce que cela signifie ? Psychologique... psychosomatique... socio-psychologique, etc. sont des termes fourre-tout, des poubelles sémantiques où le clinicien jette d’habitude tout ce qui échappe à son entendement. Aussi me suis-je astreint à une saine méfiance devant tout ce qui porte ce label. Tout malade se plaignant de la tête subissait donc un examen « policier », une batterie d’examens complémentaires plus ou moins poussés (et très coûteux), repartait avec une ordonnance où la posologie était calculée, avec un rien de perfectionnisme. De la bonne médecine scientifique et technique, en somme.

Mais revoilà le malade et sa litanie.

« Docteur, j’ai si mal à la tête, et vos médicaments, pardon ! » Je fus donc bien obligé de réfléchir, et surtout d’écouter encore.

Humiliation

« Docteur, j’ai mal à la tête. » J’expédie l’examen neurologique et je « cuisine » le malade. La vertu cathartique de la parole a été reconnue bien avant saint Freud. Et l’homme ne demande que cela... Parler... Enfin, parler àquelqu’un qui soit disposé à l’écouter.

Les mots se pressent dans sa bouche et la voix tremble. J’ai du mal à suivre. Il tourne d’abord autour du pot, puis c’est l’aveu. Une histoire banale

Un accrochage à Mobylette avec une bourgeoise dans sa grosse voiture. Un homme en uniforme arrive sur les lieux. La bourgeoise a raison... Mercedes contre Mobylette, Mercedes a raison... Mobylette proteste... L’homme en uniforme s’énerve... Vlan, une g rosse gifle pour apprendre à Mobylette le respect de l’ordre des choses.

« Depuis lors, docteur, j’ai terriblement mal à la tête... Cela fait des mois. »

Brusquement, il se met à sangloter. La gifle continue quelque part à lui brûler le cerveau. Un souvenir-éclair me traverse l’es p rit. Mon père, durant la lutte pour l’indépendance de la Tunisie, avant1956 , fut pris dans une rafle à l’entrée de Gabès et collé contre le mur.

Le colloque singulier colonisé-colonisateur s’engagea dans « le cadre de la confrontation des cultures », comme on dirait dans la jargon actuel. Le soldat de la colonisation lui balança un soufflet qui entra dans la mythologie de notre famille. Combien d’années durant mon père eut-il mal à la tête ? Je ne l’ai jamais su réellement mais nous avons vécu longtemps, mes frères et moi, dans la hantise du soufflet. Le père n’arrêtait pas de nous répéter :

« Etudie, mon fils, afin que personne ne te gifle jamais ! »

Gifle, gifle... Qu’associer à ce terrible mot : indignité, humiliation, dépréciation de soi, amertume, h aine, volonté de vengeance, désir de détruire, de s’autodétruire ? J’ai cru que mon père oublierait. il n a jamais oublié. Pourtant, cela s’était passé avant ma naissance, mais il en parlait tout le temps. Le jour où je lui ai annoncé que j’étais reçu à l’internat dans un prestigieux hôpital de France, il porta la main à sa joue gauche et dit en souriant : « elle » est enfin vengée. Qui vengera l’humiliation de l’homme à la Mobylette, qui se mouche très fort en hoquetant ? N’a-t-on pas d it que les pires des injustices sont celles que vous ont subir vos proches, vos semblables ?

Mais, me suis-je dit en l’écoutant, pourquoi tant d’histoires, tant de dégâts pour une humiliation de plus ? Est-ce une question de forme ou de dose ? Après tout, l’humiliation est certainement la chose la mieux partagée et la plus fréquente dans nos pays humiliation de l’homme cour é à genoux, le front contre terre, implorant un Dieu juste mais terrifiant, humiliation du colonisé, du néo-colonisé, de la femme par l’homme, de l’enfant par le père, du quidam par le flic, le rond-de-cuir et les autres « serviteurs » de l’Etat.

Si l’Arabe poursuit cette quête obsessionnelle de la dignité comme l’unique objectif de sa vie, si la fierté est, de tous les biens magiques, celui qu’il chérit le plus, n’est-ce pas parce qu’il vit dans un univers mental et social d’où la dignité est bannie à jamais et où la fierté n’est donnée qu’à celui qui a le plus grand pouvoir d’humilier ?

L’homme, le nez dans son mouchoir, hoquète toujours. Je l’écoute en silence, ne sachant que faire, tout en essayant de cacher mon émotion. Puis c’est le passage à l’acte. Il faut en finir : le Mur des lamentations, ce n est pas ici...

Je rédige une ordonnance bidon. Comment lui dire qu’on n’a pas encore inventé la pilule anti-humiliation, et que de toutes les façons elle ne serait pas autorisée dans les pays arabes ?...

Misère

« Docteur, j’ai mal à la tête. »

Son safsari ’ est si troué, si sale... Elle a aux pieds des sandales en caoutchouc bleu, son tatouage sur le front dit son origine, sa misère, son ignorance.

Je l’examine. Tout est en ordre. Je n’ai pas besoin de lui tirer les vers du nez. Seigneur, que les gens ont donc soif de parler, d’être écoutés ! Un reste de pudeur la fait tourner autour du pot, puis c’est l’aveu.

« Docteur... Si vous saviez, mon mari a été chassé de l’usine après un accident. J ‘ai quatre enfants. Nous vivons à six dans une chambre... Au pain et à l’eau presque tout le temps. C’est qu’avec trente dinars par mois !

Incrédule, je la reprends

- Trente dinars.., allons, vous exagérez.

- Sur la tête de mes enfants, Sidi docteur... Rien que trente dinars. » J’ima g me cette femme harassée par les quatre affamés ; il faut unp antalon au petit, il ne va quand même pas aller les fesses nues, mais où trouver l’argent du charbon pour le quanoun , et le pain ne va-t-il pas augmenter ? Comment résoudre la quadrature du cercle et comment une telle femme n’aurait-elle pas mal à la tête ? Le chiffre me transperce. Trente dinars, c’est à peu près mon budget mensuel en journaux et hebdomadaires ! Maudite femme ! Non seulement elle me pose un problème sans solution, mais de plus elle me culpabilise. Je lui aurais bien refusé d’un geste noble le prix de la consultation, mais nous sommes en hôpital et ma prestation est gratuite.

Je fais une longue prescription de vitamines à des doses importantes et je lui dis d’en donner aux petits. Ils sont sûrement dénutris, et mal réveillés en classe. Je la chasse presque. Trente dinars pour six personnes. Dire que je trouve mon salaire dérisoire !

Je reviens à mon bureau et je m’assois, accablé. Quand est-ce qu’ils inventeront la pilule anti-misère ?

Frustration

« Docteur, j’ai mal à la tête. »

Elle n’a que 18 ans. Elle est jolie malgré ses hardes. L’examen est strictement normal. Elle aussi ne demande qu’à parler. « Mon père me séquestre. Il ne veut pas que j’étudie, que je travaille, mon frère aîné me surveille,je suis la bonne à tout faire. Alors, je fais des crises, je cogne ma tête contre le mur. Quand je hurle trop, ma mère m’asperge avec un seau d’eau froide. Après chaque crise, je reste prostrée plusieurs jours, avec cet horrible mal de crâne comme seul compagnon. »

J’ai toujours été frappé par la fréquence des troubles psychosomatiques chez les femmes, et pour cause. Dans notre société, ce n’est pas le cheval qui est la plus belle conqête de l’homme, mais la femme. Certaines « privilégiées » se débrouillent pour naître à la fois femme et ouvrière qui plus est, tout en appartenant à une minorité ethnique souffre-douleur de la majorité ! Allez vous étonner après cela qu’elles fournissent le gros contingent des affligés de la céphalée. Quand elles expriment ce malaise de tout leur être toute cette souf rance, la science médicale (masculine) a pour elles un diagnostic fin prêt : hystérie. Ce terme péjoratif est aujourd’hui synonyme de simulation, de mensonge... de féminité... Ô racisme, quand tu nous prends ! Certes, notre pays à de quoi être fier, en ce qui concerne l’émancipation juridique des femmes, mais entre l’émancipation dans la loi et l’émancipation dans la vie, il y a encore un gouffre immense.

Des centaines de femmes ont défilé dans mon bureau. Elles m’ont paru ligotées, prisonnières, non par l’autorité d’un code juridique aboli depuis plus d’un quart de siècle par Bourguiba, mais par des liens autrement plus redoutables car moins visibles : l’autoritarisme du mari, l’absence d’autonomie, l’esclavage familial, la mésentente à l’intérieur du cou p le. Ajoutez à cela l’effarante pauvreté de toutes ces femmes des faubourgs de Tunis et vous aurez une explication plausible de ce terrible mal de tête dont elles souffrent presque toutes. Mais il y a pire. Il y a le tabou des tabous... La sexualité subie et non vécue. Je n’aborde que très exceptionnellement ce point, et pourtant il est là, tapi au fond de leur être meurtri.

Comment peut être vécue la sexualité, par les femmes, dans notre société arabe, quand le terme « faire l’amour » signifie aussi dans le parler courant dominer, arnaquer, écraser, soumettre et surtout humilier ?

J’ai la question au bord des lèvres. Mais je laisse tomber. A quoi bon, et que puis-je leur apporter ? Peut-être certaines avaient-elles la même question sur le bout de la langue et, elles aussi, effrayées et découragées, ont-elles préféré continuer à se taire ?

Je prescris à la fille un antidépresseur, en me disant que je lui prescrirais volontiers une pilule de liberté... Je la raccompagne à la porte, ,en me disant : avec toutes ces bonnes femmes, on n est pas près de manquer de travail. Il me faut songer sérieusement àni installer à mon compte. Ah ! Les belles villas en perspective !

Aliénation

« Docteur, j’ai mal à la tête.

- Tiens, je l’aurais parié ! » C’est qu’avec l’habitude, je vois venir les maux au premier coup d’oeil. Une femme encore jeune, jolie, habillée à peu près correctement. De quoi pourrait-elle se plaindre, sinon de la migraine ? Examen normal : passons. Son histoire me fait rire. Une note d’humour dans cette interminable litanie de misère, c’est toujours cela de gagné. Mademoiselle a mal à la tête depuis qu’elle aime. Suit une histoire très compliquée d’amour impossible avec une foule de jaloux qui empêchent les tourtereaux de convoler en justes noces, une cascade d’intrigues àrebondissements.

Je l’écoute fasciné, car j’ai vite réalisé qu’elle vivait un amour type feuilleton égyptien, ce genre qui a lassé tous les Arabes à l’exception des responsables des programmes (plutôt irresponsables) de nos télévisions. La fameuse formule « la religion est l’opium des peuples » est à revoir impérativement au profit des séries cairotes. Ce qui me frappe, c’est la perfection de l’identification à l’héroïne-eau-de-rose, habituée de ce genre de navets où immanquablement une riche aime un pauvre (à moins que ce ne soit l’inverse) et puis vas-y que je te refuse le mariage, pour te marier à un homme plus âgé, mais « convenable », etc. (voir la suite à la télévision de Tunis, d’Alexandrie ou d’Amman cette semaine, ou l’année prochaine).

En y repensant, je me dis qu’il n’y a là rien de très amusant : Dans les bidonvilles, ils ont tous la machine à illusion. Ils voient les grosses voitures, les fauteuils moelleux. Les servantes se montent le bourrichon, comme les bourgeoises, ajoutant à leur malheur vrai des raisons factices d’être encore plus malheureuses. Il n’y a pas que la vie misérable qui donne mal à la tête : une culture de pacotille y aide grandement.

Naguère, on voyait partout un slogan publicitaire vantant les prodiges d’une marque d’essence (c’était l’époque de la vitesse autorisée) : « Mettez un tigre dans votre moteur. »

Une main arabe inspirée avait ajouté sur l’affiche, avec ô combien de raison : « A quoi bon, si vous avez un âne au volant ? »

Chaque fois que je passe devant un téléviseur et que je réalise les capacités prodigieuses de cet appareil pour cultiver, libérer, aider l’homme, je me rappelle cette pub et son additif spontané.

Eh ! oui, à quoi bon bénéficier d’un tel prodige, s’il y a... Urgent : mettre au point une pilule antitélévision.

Ecologie ! Ecologie !

« Docteur, j’ai mal à la tête. »

L’homme paraît pourtant solide, et l’examen est absolument normal. L’origine de sa migraine est simple, elle a pour nom : bruit ; à l’atelier et chez lui.

Le bruit, ce toxique des toxiques, je l’ai plus d’une fois retrouvé lors de l’interrogatoire. Certains vous le jettent à la figure d’emblée avec une agressivité qui en dit long sur eut souffrance.

Les pays arabes sont certainement parmi les plus bruyants au monde. Les klaxons vous écrasent les tympans, la télévision du voisin vous martèle le crâne, les ateliers d’usine paraissent spécialement conçus pour un maximum de bruit. Les humains participent à la cacophonie du mieux qu’ils peuvent. A l’hôpital, j’ai un mal de chien à faire admettre aux infirmiers de ne pas s’interpeller en hurlant. Comme ils font la sourde oreille, c’est moi qui me mets à hurler pour leur intimer l’ordre de ne pas hurler... Quand les malades s’en mêlent pour demander silence en vociférant à leur tour, la situation devient franchement cocasse, et vous décidez de remettre au lendemain votre décision de démissionner tout en partant d’un éclat de rire sonore. Situation identique à la poste, à la douane, à la gare. L’été, le monde arabe passe au tam-tam. Mariages obligent. Alors, allez trouver le sommeil entre le concert des noces de la petite dernière des voisins, le solo de derbouka de l’insomniaque d’à-côté et la disco-partie pour fêter le bac du grand bou.. tonneux d’au-dessus.

Nous sommes devenus un peuple hurleur, klaxonneur, derboukeur, gesticuleur, tapageur, de vrais spécialistes du bruit en tout genre et en tous décibels. A ce fait, il y a certes plusieurs explications : notre tempérament à la fois bédouin et méditerranéen, l’encombrement des villes et j’en passe. Mais j’en ajouterais un autre la volonté politique. Tout peuple a besoin de pain et de jeux, comme on le sait. Il faut donc bien ànotre frustration un exutoire, surtout en saison chaude. Donc, qu’ils hurlent dans leur micro leurs chansons tristes, du moment que cela leur fait croire qu’ils sont en fête ! Alors qu’ils ne sont que les dindons de la farce. Faudra-t-il bientôt adjoindre des boules Quiès à toute ordonnance ?

A la pollution par le bruit et le gaz des voitures, se surajoute un autre facteur tout aussi grave : l’entassement. Quelqu’un a dit très justement que les humains ont ceci de commun avec les pommes de terre qu’ils pourrissent tout aussi vite quand on les empile les uns sur les autres.

Or nous sommes empilés les uns sur les autres, et la « pourriture » des humains a pour symptômes malaise, tension nerveuse, stress, céphalées, bref souffrances.

Ces divers facteurs peuvent se surajouter et leurs effets se multiplier. Les cages à poules champignonnent. Imaginez l’état psychologique de familles maghrébines, donc bruyantes car ayant beaucoup de jeunes, suspendues les unes sur les autres, dans ces clapiers où aucune isolation n’a été prévue (trop chère), et, dites-moi, quelle vie peuvent espérer ces gens ? Oui, la maladie psychosomatique a un grand avenir dans nos pays : curieux que les architectes et les promoteurs ne demandent pas encore de commissions et une ristourne aux neuropsychiatres ! A moins que ces derniers ne leur aient déjà graissé la patte sans que je le sache. Auquel cas j’exige ma part et réparation...

Dans toutes les villes arabes surpeuplées par la surnatalité et par l’exode rural, les gens sont malades de frustration, d’agressivité, d’humiliation. Ils sont mal dans leur peau, car ils vivent dans des structures sociales étouffantes, stérilisantes, décourageantes. Ne peuvent survivre dans cette jungle ou règnent l’argent, le passe-droit, la pistonite, la gabegie, l’absence de conscience professionnelle, que les membres de cette bourgeoisie qui a fleuri durant la dernière décennie des indépendances comme une plante vénéneuse et dont on dira un jour qu’elle fut, non la plus bête, mais la plus vulgaire du monde. Chez nous, les rapports humains sont avant tout régis par la force et l’argent. En plus, nous sommes écrasés par l’affairisme et l’autoritarisme, le trafic d’influence et l’injustice.

Certes, il est illusoire de croire qu’un urbanisme intelligent et humain, un cadre de vie physique protégé, des relations humaines pacifiées et un niveau de vie et de culture décent feraient disparaître, zpsofacto, les désordres nerveux. D’autres sociétés plus développées n’ont pu en venir à bout, et le mythe « homme sain dans une société saine » a souvent accouché des plus hideux totalitarismes. Mais, entre courir le mythe dangereux et accepter une réalité pathologique et pathogène entretenue par des comportements, des intérêts catégoriels sordides, une épaisse inconscience, il y a un gouffre, et un champ immense de travail et de réflexion.

Un proverbe arabe dit : « Trop de malheur finit par faire rire. » Alors rions de cette bourgeoisie grossière et vorace, sans charme ni discrétion, que le mal-développement a sécrétée partout dans le tiers monde, et dont nous possédons d’un bout à l’autre de l’Arabie, de l’Atlantique au Golfe, de sacrés échantillons.

La chute, je l’emprunte à Tahar El Fazaa et Slaheddine Triki . L’histoire est trop belle pour ne pas être vraie.

Une grosse bourgeoise arabe aux cheveux teints, portant une fourrure imitation, descend de sa luxueuse voiture étrangère. Elle est en train d’orner de tout le clin9Uaflt son énorme villa (arabesques, toit de chaume, taïences sur le mur extérieur, etc.). Aujourd’hui, elle veut mettre la dernière main à la décoration. Impériale, elle intime l’ordre au vendeur :

« Des plantes, des plantes, je veux des plantes.

- Mais lequelles, madame ?

- Peu importe, ce que je veux, c’est des plantes à la dernière mode ! »

Extrait du Livre de Moncef Marzouki :

Arabes, Si vous parliez...



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