L’indépendance ! C’était un 20 Mars 1956. 48 ans déjà et que reste-t-il ? Un vulgaire paquet de cigarette mentionnant la date.
Aujourd’hui est-on vraiment indépendant ? Que représente cette date pour nous ? Je n’ai pas de réponse à ces questions et chacun a certainement une vision différente et surtout personnelle de la chose. Mais tous, je le pense, nous sommes conscient qu’on nous a volé notre indépendance.
Déjà petit, à l’école on me racontait que notre indépendance a été acquise grâce à un homme : Bourguiba. Aujourd’hui on répète à souhait le même discours aux jeunes dans les écoles en déformant légèrement la version pour trouver une place au Haj-Général Ben Ali. Comme si l’indépendance de tout un pays peut s’acquérir grâce aux efforts de quelques uns ! Absurdité.
La dramatique situation de la Tunisie aujourd’hui est en partie due aux circonstances de l’obtention de cette soi-disant indépendance. Tous les Tunisiens s’efforcent à croire, pour se rassurer, qu’on l’a obtenue grâce à la résistance du peuple et de tous les citoyens. Il n’en fit rien. Chacun sait que la France n’a jamais été vraiment intéressée par ce bout de territoire. Elle l’a considéré comme simple protectorat et rien de plus. Loin des considérations et de l’intérêt qu’elle avait pour les autres pays Maghrébins, plus vastes et surtout plus riches en ressources naturelles. Mais la Tunisie était un tremplin pour les autres pays, une plaque tournante stratégique. Et surtout un pays facile à conquérir tant la situation des Beys de l’époque était favorable à la venue du colonisateur. Eh oui, depuis ces temps-là et bien avant encore, le Tunisien cherchait toujours le soutien de l’étranger. Tout comme aujourd’hui. Quelle faiblesse.
Ainsi, la France a débarqué sur nos territoires. Mais on ne s’est pas vraiment battu pour notre indépendance. En tous les cas pas comme nos voisins Algériens. Certes il y a eu la résistance remarquable de fellagas. Il y a eu aussi la révolte de quelques intellectuels qui refusaient la soumission. Mais les citoyens dans leur majorité, restaient toujours en retrait. Bien entendu qu’ils refusaient l’occupation mais ils ne voulaient pas s’engager dans la lutte armée. Ils participaient aux différentes manifestations mais sans jamais prendre de risques. Et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui : le Tunisien est conscient de la médiocrité du régime, de la crise ambiante mais préfère toujours rester en retrait. On attend toujours que les autres agissent.
Les Algériens, eux, ont fait la guerre pour libérer leur pays. Nous c’est venu presque sur un plateau, tant les Français n’y tenaient pas plus que ça. Et il a suffit de quelques coups d’éclat des nos chers résistants (les fellagas) pour désespérer les Français et les pousser à abandonner notre pays et se concentrer sur d’autres beaucoup plus intéressants à leurs yeux. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre aujourd’hui pourquoi le Tunisien ne défend pas plus que ça son indépendance alors que l’Algérien est prêt à mourir pour défendre ses convictions et sa liberté à s’exprimer.
Alors aujourd’hui on nous fait miroiter cette chimère d’indépendance alors qu’il n’en est rien. On nous bassine cette date tous les ans pour éveiller une impression de sursaut national. On ne sert ce plat uniquement que pour épancher notre soif d’espoir, espoir de voir les choses changer et croire qu’on est libre. Tout cela est du faux !
Aujourd’hui on est loin d’être libre. On est loin d’être indépendant. Certains rejetteront comme d’habitude la faute sur le régime incapable, moi je préfère ne pas me cacher derrière cette impuissance pour dire haut et fort : c’est notre faute à tous. Oui on ne fait rien pour que les choses soient autrement.
Non l’indépendance ce n’est pas uniquement un fait historique. Non ce n’est pas uniquement la date du 20 Mars. Nous serons réellement indépendants le jour où on le sera dans nos têtes. Et c’est loin d’être le cas.
Mes excuses.