Des images se bousculent.
Aéroport de Jerba-Zarzis. La porte de l’avion s’ouvre sur le tarmac. Le vent chaud et salé me gonfle le coeur, je respire fort et les larmes me montent aux yeux. Hamadi, qui dort dans une coque de bâteau pourrie, échouée sur la plage, me protège de son amitié. Lorsqu’il pleut, son abri prend l’eau, et l’humidité le pénètre jusqu’aux os.
De Sousse, un homme affaibli par la faim d’étudier parle à voix basse dans le téléphone. C’est Abdellatif Mekki qui me dit :" Jamais je n’ai appartenu à un mouvement armé. Jamais. Ils mentent ... Bientôt ils vont faire venir Hans Blix chercher des armes de destructions massives sous mon lit ". [1]
A Tunis, un père se frappe la tête en plein tribunal en apprenant que son fils, Abdelghafar Ghiza crache du sang et souffre peut-être de la tuberculose, maladie dont l’issue est souvent fatale.
 Abderrazak Bourguiba
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Un adolescent au visage paisible, Abderrazak Bourguiba, souffrant encore des séquelles des tortures qui l’ont presque rendu fou, attend à Tunis son jugement.
Comme ses co-accusés de Zarzis, il a surfé sur internet, dans le silence, contre l’humiliation quotidienne, la sienne, celle des Palestiniens, des Irakiens, de toutes les victimes de l’Injustice. [
2]
A Bizerte, des familles folles d’inquiétude attendent des nouvelles de leurs proches enlevés par la police politique. L’un d’eux, Mohamed Lamine, a été tranféré à Tunis. Quels traitements cruels leur fait-on subir ? Jusqu’à quand encore ces drames ? [3]
Zarzis, Sousse, Bizerte, Tunis.
La Tunisie est quadrillée. Par d’immenses barreaux.