Vous êtes ici : Sommaire > TUNeZINE 121 > Leila ouvre son grand coeur à TUNeZINE
TUNeZINE

E-mag

- TUNeZINE 122
- TUNeZINE 121
- TUNeZINE 120
- TUNeZINE 119
- Hors-Série 004
- TUNeZINE 118
- TUNeZINE 117
- TUNeZINE 116
- TUNeZINE 115
- TUNeZINE 114
- Hors-Série 003

Anciens Numéros


Rubriques

Le Forum
Là où l’on cause
Ils écrivent
Les Clefs
Pour comprendre le site
Les Associations
La Galerie
A voir et à entendre
Chantier Démocratique
Pour la Liberté en Tunisie
Revue de Presse
En différé de Tunisie
Des Liens
Pour découvrir
V.I.P...
Prisonniers de l’Injustice
Un peu d’Actu
Liberté, grèves, faim ...

Rechercher



Leila ouvre son grand coeur à TUNeZINE
Omar Khayyâm

Je n’ai jamais cru qu’interviewer "la présidente" était aussi simple que ça. J’ai appelé le Palais de Carthage à 8h30 du matin pour prendre un rendez-vous avec la femme du président et me voila à 16h00 dans le bureau ovale de Leila ! Cette fille du peuple, grande amoureuse de ce peuple, issue du quartier populaire de Hafsia, est d’une modestie et d’une simplicité qui m’ont laissé bouche bée. Elle m’a accueilli avec un large sourire. Un sourire spontané, naturel. Bref, le sourire d’une femme heureuse qui se sent bien dans sa peau. Cette femme qui n’était, il y a à peine vingt ans, qu’une apprentie coiffeuse chez Madame Wafa, a non seulement décroché son bac avec mention mais détient depuis l’année dernière une licence en droit et aura sous peu un DEA (Diplôme d’Études Approfondies) en droit public.

O.K. : Madame Leila, je voudrais divulguer un secret de polichinelle : Après avoir décroché une licence en droit avec mention, vous aurez à la fin de cette année universitaire votre DEA en droit public. Pourquoi toute cette discrétion ? Vous devriez être fière de tels exploits, non ?

L.T. : Ces études de droit je ne les ai pas faites pour étaler mes diplômes et mes certificats. Mon souci était avant tout scientifique et académique. Je dois ajouter aussi un détail important : sans les louables efforts pédagogiques des docteurs Abdelaziz Ben Dhia et Abdellfattah Amor, je ne serais jamais devenu la juriste que je suis.

O.K. : Quels sont vos projets après le DEA ?

L.T. : Je suis en train de rédiger un doctorat d’État en droit et un mémoire de troisième cycle en sciences politiques. Ma thèse de doctorat a pour thème " Les lacunes du droit tunisien en matière de répression du délit de népotisme". J’ai, d’ailleurs, publié récemment dans la Revue des Sciences Juridiques un article intitulé "Le délit de népotisme dans la jurisprudence tunisienne de 1987 à 2003". Quant à mon mémoire de sciences politiques il aura pour titre "La kleptocratie comme système de gouvernement."

O.K. : Vous avez cité des cas concrets dans votre mémoire de sciences po ?

L.T. : Oui, bien sûr. J’ai cité les cas des familles Duvalier en Haïti, Marcos aux Philippines et Somoza au Nicaragua.

O.K. : Excusez ma curiosité mais j’ai remarqué que votre bibliothèque est pleine de livres sur les Philippines aux temps de Fernando Marcos.

L.T. : C’est que je suis en train d’écrire une biographie d’Imelda Marcos en arabe. Je suis fascinée par l’histoire de cette femme aux mille paires de chaussures.

O.K. : Et vous projetez d’écrire aussi une biographie d’Elena Ceaucescu ?

L.T. : Non, jamais ! Cette crétine prétendait être chimiste alors qu’elle ne savait même pas ce que signifie le symbole H20 ! Tous les livres signés Elena Ceausescu ont été commis par des nègres à la solde de la "plus brillante savante des Carpates". Je suis dégoûtée par les femmes arrivistes comme elle. Imelda Marcos n’a jamais prétendu être une sommité scientifique et n’avait pas honte de parler des ses origines modestes.

O.K. : Revenons, avec votre permission, à nos moutons. Je voudrais savoir ce que vous pensez en tant que juriste d’un président qui construit un palais sur un terrain qui appartient à l’armée de son pays, donc qui fait partie du Domaine de l’État.

L.T. : Vous savez que le président dont vous parlez a effectué un tour de passe-passe juridique pour s’approprier du terrain en question. Puisque la législation de son pays interdit la cession de la moindre parcelle du domaine public de l’État, il a signé un décret qui a fait passer le terrain militaire du domaine public au domaine privé de l’État. Ensuite, l’État a vendu, en toute légalité (il faut le souligner), sa propriété privée à un privé qui se trouve être - par pur hasard !- le président qui avait signé auparavant le décret de "privatisation" !

O.K. : N’y a-t-il pas un moyen d’attaquer ce décret devant le Tribunal Administratif ?

L.T. : Malheureusement non. En tant que juriste je vous dis que le recours est irrecevable. Pour pouvoir attaquer une décision administrative, il faut prouver qu’on est lésé par cette décision. Or, dans le cas de ce maudit palais c’est la communauté ( le peuple) qui est lésée. Mais le peuple ne dispose d’aucune personnalité juridique pour pouvoir ester en justice.

O.K. : Permettez-moi de vous contredire, mais c’est le ministère public qui représente et défend l’intérêt général !

(Madame Leila éclate de rire)

O.K. : Dites-moi franchement une chose : N’avez-vous pas peur de dormir à côté d’un homme qui jouit d’une immunité pénale éternelle ?

L.T. : Ne vous inquiétez pas ! J’ai pris mes précautions. S’il me fait taire à jamais, ce sont les dossiers secrets compromettants, gardés dans un lieu sûr en Europe, qui parleront pour moi.

O.K. : Ce "bac moins trois" se sent-il complexé par rapport à vous qui êtes doctorante en droit ?

L.T. : Sans aucun doute. C’est pourquoi il est devenu un collectionneur de doctorats honoris causa.

O.K. : Ne croyez-vous pas que vous êtes plus compétente que Zaba à diriger le pays ?

L.T. : La modestie m’interdit de répondre à votre question. Malheureusement ce ne sont pas toujours les gens les plus compétents qui dirigent les pays. Si l’ascension politique était liée à la compétence, Zaba ne serait jamais arrivé à Carthage. Il ne serait aujourd’hui qu’un sous-officier à la retraite.

O.K. : Pour conclure notre interview, je voudrais vous proposer un questionnaire classique.

Quel est votre mot préféré ?

L.T. : Honnêteté.

O.K. : Le mot que vous détestez le plus ?

L.T. : Argent.

O.K. : Votre livre préféré ?

L.T. : "Ben Brik fi’lksar" ( Ben Brik au Palais) par Tawfik Ben Brik.

O.K. : Votre film préféré ?

L.T. : Married to the Mob (La femme du mafioso) par Jonathan Demme.

O.K. : La dernière fois que vous avez pleuré ?

L.T. : C’était le jour des funérailles de Bourguiba. Il y avait un Tunisien qui a déclaré à la télé : " Bourguiba aach f’kir w’met f’kir" (Bourguiba a toujours vécu comme un pauvre et est mort comme un pauvre) En entendant ces mots de la bouche d’un citoyen anonyme, j’ai éclaté en sanglots.

O.K. : Votre rire le plus fou ?

L.T. : C’était à l’occasion de la visite de Zaba à la Maison Blanche. De toute ma vie je n’ai jamais autant ri que pendant cette scène inoubliable où les journalistes américains avaient complètement ignoré le caporal assis à côté de Bush et commencé à poser des questions aux président US à propos du...mariage gay ! ! ! C’était la scène la plus gaie de ma vie !

(Madame Leila est soudainement saisie par une crise de rire interminable. J’ai tout de suite compris que l’entrevue est terminée.)


Epilogue

L’équipe de TUNeZINE a retrouvé une photo exclusive de la conférence de presse à la Maison Blanche.

Une fan de Zaba y assistait, on la voit de dos, au premier plan !

Zaba à la maison blanche, sa fan au premier plan - 98.8 ko
Zaba à la maison blanche, sa fan au premier plan

Pour la remercier, le mari de Leila lui offrit un passage dans l’émission "C’est mon choix" sur le thème : "je veux changer de tête" ! On voit ici la fan avant sa transformation.

Fan  de Zaba, retrouvée sur son lieu de vacances, déjà bronzée - 9.6 ko
Fan de Zaba, retrouvée sur son lieu de vacances, déjà bronzée

Et le choix de la coiffeuse fût fait après une requête suppliante de la fan éperdue. La coiffeuse, en saluant Zaba, lui dit simplement :" A tout à l’heure, là, je vais faire l’autruche ! "

Fan de Zaba, se découvrant dans le miroir - 12.2 ko
Fan de Zaba, se découvrant dans le miroir



TUNeZINE.com est enregistré chez gandi et hébergé par GlobeNet
CopyLeft TUNeZINE 2001-2004