L’AISPP a appris que le prisonnier politique Abdellatif Bouhjila, en grève de la faim depuis le 18 novembre, ne prend plus d’eau sucrée depuis le 6 décembre, pour protester contre la dégradation de son état de santé et ses conditions d’incarcération à la prison civile de Tunis.
Il purge une peine de privation de liberté de onze années pour appartenance à une organisation non reconnue, en l’occurence, l’affaire des "Ansar", à la suite d’un procès qui n’avait pas réuni les moindres conditions d’équité puisqu’il a été présenté au tribunal de première instance de Tunis entre la vie et la mort, en grève de la faim, incapable de parler, de se tenir debout ou de s’asseoir et qu’en appel le 5 juillet 2002 , il a été déféré dans un état de santé tellement critique (...) que la séance a été suspendue, et qu’il a consulté un médecin (...)
Le prisonnier politique Abdellatif Bouhjila a fait plusieurs grèves de la faim dont la durée a en général dépassé les cent jours à chaque fois. Il réclamait l’amélioration de ses conditions d’incarcération, des soins, et le rapprochement du domicile de sa famille. Et il protestait contre la lourdeur du verdict énoncé à son endroit.
Le prisonnier politique Abdellatif Bouhjila a contracté diverses pathologies (...) : insuffisance respiratoire, tuberculose, affections rénale et gastrique. Il a subi une intervention chirurgicale le 27 mai 2002à l’hôpital de la Rabta (...)
Son père, Abdelmajid Bouhjila, membre fondateur de l’AISPP, lui a rendu visite le 9 décembre. Il l’a trouvé pale, incapable de parler et de se tenir debout (...). Le 16 décembre, l’administration l’a empêché de lui rendre visite, sans lui en signifier la raison, ce qui a augmenter l’inquiétude de sa famille.
L’AISPP
fait part de sa préoccupation quant à l’état de santé d’Abdellatif Bouhjila ;
appelle toutes les personnes et associations à prendre leurs responsabilités face à l’aggravation de la situation des prisonniers politiques
fait endosser au pouvoir la responsabilité des complications éventuelles de l’état de santé d’Abdellatif Bouhjila.
exige sa libération et celles des centaines de prisonniers politiques (...)
Le 18 décembre 2003
Pour l’AISPP,
Le président
Maître Mohammed Nouri