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Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version arabe - Luiza Toscane
Bulletin d’informations sur les prisonniers politiques, N°1, Tunis, le 27 décembre 2003
AISPP ,

1) Les prisonniers d’opinion Lotfi Snoussi, Abdelhamid Jelassi, Abdallah Drissa, Khaled Kawwach et Bouraoui Makhlouf refusent le couffin depuis le 25 octobre, en guise de protestation contre leur oppression à la prison de Borj El Amri, où ils ont été placés dans des cachots individuels de2 m sur1 , 50m, sans aération ni lumière, humides, à l’air confiné et putride, et pour protester contre leur privation de promenade quotidienne, de lecture, de nécessaire d’écriture, et contre le fait qu’ils ne peuvent se rendre aux toilettes qu’une fois par jour.

2) Ridha Saïdi, Mokdad Arbaoui et Ali Harrabi, enfermés à Borj El Amri, ont été mis dans un cachot prévu pour une personne, qui ne répond pas aux critères prévus par la loi, sans eau ni lumière.

3) Abdelkarim Harouni est en grève de la faim depuis quarante jours pour protester contre la situation dégradée à la prison d’El Hawareb. Il exige la fin de son isolement qui dure depuis plus de douze ans et la jouissance de tous ses droits de détenu. Sa famille, empêchée de lui rendre visite samedi, n’y est parvenue que sur l’insistance de son père, et face à la peur et l’inquiétude de sa mère quant à la santé de son fils. Les deux parents-seulement- ont été introduits dans un bureau de l’administration de la prison. Le prisonnier Abdelkarim Harouni a été amené, incapable de marcher, de se tenir debout ni même de parler, porter par des agents. Sa mère en a si effrayée que la visite a été interrompue, sans qu’ils aient pu lui parler ou le questionner sur sa santé.

4) La famille du prisonnier politique Khaled Drissi, incarcéré à Borj Er Roumi, a fait état des persécutions dont leur fils fait l’objet à la suite d’une grève de la faim menée par des prisonniers politiques du 1er au 10 décembre, pour protester contre leur situation et exiger leur libération. L’administration les a alors privés de télévision et de soins pour les punir de leur mouvement légitime.

5) L’ex-prisonnier politique Ali Rouahi est toujours en grève de la faim (depuis le 29 novembre) pour protester contre le harcèlement dont il fait l’objet, exiger qu’il y soit mis fin et obtenir son passeport. La santé d’Ali Rouahi est dangereusement menacée.

6) Le prisonnier politique Abdellatif Bouhjila est toujours en grève de la faim (depuis le 18 novembre). Il exige l’amélioration de ses conditions de détention à la prison de Tunis et des soins. Son père a fait état d’une agression très violente dont son fils a fait l’objet, perpétrée par quatre agents menés par le directeur de la prison Fayçal Rommani.

7) L’ex-prisonnier politique Mokhtar Lammouchi a comparu le 23 décembre devant le Tribunal de Première Instance (TPI) du Kef dans une affaire d’opposition à un jugement rendu contre lui pour appartenance à une organisation non reconnue.

8) L’ex-prisonnier politique Badreddine Ben Chelbia comparaîtra libre le 5 janvier 2004 devant la Cour d’Appel de Tunis pour appartenance à une organisation non reconnue.

9) Le prisonnier politique Abdelbasset Solaïhi, incarcéré à la prison civile de Tunis, comparaitra le 4 janvier 2004 devant la Cour d’Appel de Tunis dans l’affaire n°4288 , pour attaquer le jugement rendu contre lui le condamnant à vingt ans d’emprisonnement. Le prisonnier politique Abdelbasset Solaïhi a purgé une peine de neuf ans d’emprisonnement pour appartenance à une organisation non reconnue. Le jour de sa sortie, il a été informé de ce jugement par contumace le condamnant à vingt ans.

10) L’affaire n°6623, dite des "jeunes de Zarzis" sera audiencée le2 janvier 2004 devant la troisième chambre correctionnelle du TPI de Zarzis.

11) L’ex-prisonnier Hedi Triki a comparu libre le 26 décembre devant le TPI de Mehdia-faisant office de Cour d’Appel- pour attaquer le jugement rendu contre lui le condamnant à trois mois d’emprisonnement pour avoir contrevenu aux dispositions relatives au contrôle administratif.

12) L’ex-prisonnier politique Mehdi Khouja a été libéré le 17 décembre. Il convient de mentionner que monsieur Mehdi Khouja, après avoir été condamné à une peine de six ans d’emprisonnement par le tribunal militaire de Tunis, a été jugé à deux reprises pour avoir enfreint les dispositions sur le contrôle administratif, à huit mois d’emprisonnement. L’AISPP félicite Mehdi Khouja ainsi que les membres de sa famille, et exprime à ces derniers son respect envers leur résistance héroïque malgré la durée de leurs épreuves.

Pour l’AISPP
Maître Mohammed Nouri




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