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Je suis née sous dictature, j’ai toujours vécue sous dictature et je n’ai jamais connue la démocratie ni la liberté. Jeune, ego et surmoi m’ont menottée, après vient se joindre la religion, les principes familiaux, la tyrannie du père et la culpabilité à l’égard de la mère, on se modèle petit à petit à fermer sa gueule, à tout faire en cachette, à s’interdire, s’auto-censurer, la peur s’installe, et on commence à comprendre que tout ne fonctionne pas comme on veut, que nos actes ne sont pas aussi propres que l’ont crois, qu’il faut étudier, mesurer, calculer tout geste au risque de toucher à son entourage, à son cercle..
Une fois adulte, on commence à se permettre quelques petites gaffes, quelques petits gestes par ci par la, on reconnaît avec une sensation de déjà vu la dictature. Donc on recommence un autre cycle de peur, de lâcheté, de non transparence, on ferme sa gueule comme on a appris a la fermer petit, et un jour, on quitte son pays, un jour on fait attention aux infos, on voit des élections libres, on voit des enfants qui attaquent leurs parents en justice pour atteinte à leur pureté d’enfant, et un jour on commence à se demander ce qu’on fait ? Ce qu’on vit ? Ce qu’on se laisse faire ? Et ce qu’on ne se laisse pas faire...
Si la nouvelle génération ne peut rien pour l’avenir de la Tunisie, c’est qu’elle manque d’éducation, on manque d’éducation à la liberté, notre génération est pleine de macule, de corruption et de prohibition , on devrait tous poursuivre nos parents en justice pour nous avoir laisser baigner dans ce climat malsain qui est la dictature, pour ne pas nous avoir appris la liberté et la démocratie, oui c’est une atteinte à notre pureté d’enfant, le bébé pousse un crie une fois le cordon coupé, un bébé qui ferme sa gueule n’est pas normal. |