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Les négociations de paix pour le Darfour ont enregistré d’importants progrès mardi avec la signature par le gouvernement soudanais de deux accords portant sur des questions humanitaires et de sécurité. Après deux semaines de négociations difficiles à Abuja, la capitale du Nigeria, le gouvernement a finalement accepté la création d’une zone d’exclusion aérienne et a signé des accords, déjà paraphés par les rebelles. "Les documents ont été signés", a déclaré un médiateur de l’Union africaine. L’un de ces protocoles stipule notamment que les agences humanitaires doivent pouvoir accéder librement au Darfour, où, selon l’Onu, se déroule la plus grave crise humanitaire au monde actuellement. Environ 70.000 habitants sont morts de maladies ou de malnutrition depuis que la guerre a éclaté début 2003. L’accord portant sur la sécurité prévoit par ailleurs un désarmement des miliciens arabes djandjaouids par le gouvernement. Il exige aussi de Khartoum comme des deux groupes rebelles issus de la population noire du Darfour qu’ils informent les observateurs de la trêve de la position de leurs armements. Le président nigérian Olusegun Obasanjo, actuel président de l’Union africaine, doit rendre visite dans la soirée aux négociateurs des différentes parties. Selon Najeeb Abdul Wahab, ministre soudanais des Affaires étrangères, Obasanjo leur proposera de signer trois protocoles, dont un texte de portée politique. Le ministre n’a pas précisé si ce dernier point avait fait l’objet d’un accord entre rebelles et gouvernement.
Reuters - Abuja 09 - 11 - 2004

Le SLM accuse Khartoum de chercher à effacer les traces de fosses communes
Le gouvernement soudanais tente d’effacer les traces des fosses communes au Darfour, a accusé lundi le porte-parole du Mouvement de libération du Soudan (SLM, rebelles) Mahmoud Hussein, dans un appel téléphonique à l’AFP. Cette accusation proférée depuis Abuja a été faite alors que la mission d’enquête des Nations unies sur les violations des droits de l’Homme est arrivée à Khartoum dimanche soir. La commission d’enquête, présidée par l’Italien Antonio Cassesse, est également composée de Mohamed Fayek (Égypte), Diego Garcia-Sayan (Pérou), Hina Gilani (Pakistan) et Thérèse Striggner-Scott (Ghana). Elle a été créée par le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. "Le gouvernement soudanais a exhumé des corps des fosses communes et les a déplacés pour faire perdre la trace de ces sépultures collectives", a accusé M. Hussein. Il a ajouté que le SLM "est en mesure d’en apporter les preuves, cartes à l’appui". M. Hussein a appelé la communauté internationale à "rejeter les tentatives du gouvernement d’occulter la vérité" sur des massacres collectifs perpétrés, selon lui, au Darfour. Selon le porte-parole, le gouvernement utilise les milices progouvernementales arabes djandjawids pour accomplir ce travail de camouflage. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont trouvé la mort dans la province occidentale du Darfour depuis 21 mois, après le déclenchement par deux mouvements rebelles d’une lutte armée contre le gouvernement central de Khartoum. Le gouvernement soudanais a pour sa part dit qu’il ferait tout ce qu’il peut "pour faciliter la mission de la commission, fournira l’aide requise et agira en toute transparence", par la voix du ministre des Affaires étrangères Moustafa Osmane Ismaïl, parlant à la presse à Khartoum.
Agence France-Presse 08 - 11 - 2004 |