Il n’a plus la force de parler, en son 52e jour de grève de la faim. Madame Souhayr Belhassen est extrèmement inquiète
Abdellatif Makki n’arrive plus à parler hier 29 mars 2004, en son 51e jour de grève de la faim, entamé le 07 février dernier, pour réclamer son droit à poursuivre ses études de Médecine et de Biochinmie. Il a perdu plus de 20 kg et son état a chuté d’une manière extrèmement inquiétante, a indiqué, au téléphone depuis Tunis, Madame Souhayr Belhassen, présidente du Comité national de soutien aux Internes grévistes de la faim, Abdellatif Makki et Jalel Ayyed. Abdellatif a été transporté d’urgence ce samedi 27 mars à l’Hopital Rabta à Tunis, où il a refusé de suspendre sa grève de la faim et de s’alimenter. Il a signé une décharge dégageant la responsabilmité de l’Hopital. Ses proches sont extrèmement inquiéts et Madame Belhassen, qui a pu se rendre à son chevet, ne cache pas ses craintes quant aux sérieux dangers qui pèsent sur sa vie. Elle évoque ses antécédants de grèves de la faim en prison et les graves séquelles qu’elles ont laissé.
Quant à Jalel Ayyed, il est extrèmement épuisé et très anxieux, selon Madame Belhassen et les membres du Comté national de soutien. Par suite de la complication d’une polio, Jalel souffre d’une déformation douloureuse de la cheville gauche ayant nécessité une réparation par voie d’intervention chirurgicale, à sa sortie de prison, en 2000. Ses parents sont très inquièts.
D’un autre coté, les services du Doyen de la Faculté de Médecine de Tunis semblent avoir confirmé leur accord à ré-inscrire les deux grévistes, sans pour autant garantir leur accès aux labaoratoires d’acceuil de la Faculté de Médecine, pourautant nécessaire à la validation de la formation et l’obtention du Diplome de troisième cycle. Ce qui vide l’inscription de son sens et n’aura pas pour effet de garantir la jouissance effective du droit à l’enseignement, au sens de la Convention de lutte contre la discrimination en matière d’enseignement, signé le 15 décembre 1960, entrée en vigeuer le 22 mai 1962 et ratifiée par le gouvernement de la République tunisienne le 29 aout 1969, entrée en vigueur trois mois plus tard, conformémént à son article 14.
Quant à la Faculté de Médecine de Tunis et au Ministre de l’Enseignemet supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Technologie, responsables du refus d’accès et d’inscription, et donc "de la privation, de l’altération et de la destruction du droit à l’enseignement", au sens de l’article Premier de la Conevtion de 1960, c’est toujours le silence total. Et ce, en dépis de la plainte en discrimination, déposée auprès du Comité des Conventions et des Recommandations de l’UNESCO, ainsi que des demandes urgentes d’informations adressées par trois mécanismes ONUsiens de protection des droits de l’homme, sans parler des appels de la FIDH, de la résolution de Quito (Equateur) en faveur des deux grévsites, ainsi que des appels de l’Association Médicale Mondiale et de l’Institut International des Droits de l’Homme.
Coté Médias, la chaine britannique de télévision, The BBC World, a diffusé les témoignages des deux grévistes et des appeles des parents de Jalel Ayyed. Des correspondants du Washington Post et du Chicago Tribune se sont rendus au chevet des deux grévistes et nombreux correspondants de grands médias internationaux se sont intéressés à leur calvaire, à l’occasion du Sommet arabe avorté. Pour la presse locale, seul le journal Al-Mawqif, organe du PDP, assure une couverture assidue de la grève.
Quant aux médias de la disapora, les listes de diffusion Tunisia The Obsever, TunisNews et Maghreb des Droits de l’Homme, ainsi que le Forum de discussion TUNeZINE, continuent à diffuser les nouvelles et à relayer les actions de soutien.
La chaine Al-Hiwar émettant depuis Paris évoque dans son édition de ce soir, Mardi 30 mars, les développements de la 52e jour de la grève. Et lors d’une chronique consacrée au report du Sommet arabe, Si Omar S’habou a soulevé, avec tristesse, la contradiction entre le dicours officiel des autorités, sur le prétendu engagement pour la démocratisation du monde arabe, et la situation tragique de Abdellatif Makki.
Face aux dangers qui pèsent sur la vie de ce dernier, ainsi que sur son co-gréviste Jalel Ayyed, la présidente du Comoité National de Sutoien, Madame Belhassen, lance un appel solonnel pour lui venir en aide et faire pression sur les autorités afin de l’autoriser à poursuivre ses études de Médecine et de Biochimie.
Souhayr Belhassen avait décrié, lors d’une conférence de presse, tenue au siège de la FIDH la semaine dernière à Paris, "cette prison qui se déplace, avec les cercles concentriques de l’emprisonnement. Transgressions des libertés (circulation, emploi, éducation...). Le dernier cercle aujourd’hui c’est le droit à l’Education... Des jeunes gens qui ont passé le 1/3 de leurs vies en prison... On les prive aujourd’hui d’etre des citoyens normaux... Ils sont punis pour avoir eu des reponsabilités syndicales étudiantes qu’ils ont assumé... Ils sont interdits de poursuivre leurs études... Ils sont punis parce qu’ils veulent etre réinséré dans la société... Voilà des gens qui sont poussés au désepoir..."
Il est toujours temps d’agir. Un coup de fil à un journaliste, un message à une rédaction, une pensée pour les grévistes et leurs familles... Et surout : écrire et agir contre contre l’oubli...
Quant au locataire de Carthage, l’actuel président de la République ; son Ministre d’Etat, Conseiller particulier, porte-parole officiel et chef du gouvernement parallèle ; son ancien-nouveau porte-parole parallèle au gouvernement parallel ; ainsi que son Ministre de l’Enseignement Supérieur et futur porte-parole de sa compagne présidentielle ; et aussi l’anicen chef de cabinet de ce dernier et actuel Coordinateur général des Droits de l’Homme et porte-parole de fait du gouvernement en matière de DH, je me permets de leur dire qu’ils assument collectivement la totale responsabilité de ce qui peut arriver à Abdellatif Makki et Jalel Ayyed. Messieurs Ben Ali, Ben Dhia, Abdallah, Chaabane et Chérif, vous assumez totalement la responsabilité de la situation de Abdellatif Makki et Jalel Ayyed. La totale responsabilité... Il est encore temps que vous assumiez vos responsabilités avant qu’il ne soit trop tard... Deux citoyens, deux enfants de la République sont en danger de mort... Deux vies humaines sont en danger Messeiurs Ben Ali, Ben Dhia, Abdallah, Chaabane et Chérif...
Quant à vous chers camarades, frères, amis et compagnons du combat pour la dignité, chers Abdellatif et Jalel,
Une grève de la faim n’est jamais une bonne chose, mais face à votre détermination, on ne peut que s’incliner et porter votre voix plus haut et plus loin. On ne peut qu’implorer Le Tout Puissant. Que Allah vous protège et vous donne la force du corps, de l’ame et de l’esprit...
Paris, au 52e jour de votre grève de la faim, 30 mars 2004, 06h00’
En ce jour anniversaire de la "Journée de la Terre", (Yawm Al Ardh) en Palestine et partout où des humaines célèbrent le droit du peuple palestinien à sa terre.
Abdel Wahab Hani