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Farid Khaddouma
17 نيسان 2004 : فريد خدومة
Ali Lafi

Lettre ouverte de Farid Khaddouma




Lettre ouverte à la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’homme, l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques, le Conseil National pour les Libertés en Tunisie, l’Association de Lutte contre la Torture en Tunisie, le Centre pour l’Indépendance de la Justice et des Avocats

J’ai été arrêté le 2 avril à Tunis dans le cadre d’une affaire de droit commun n’ayant pas de lien avec la politique. J’aurais dû être relâché avec l’ex-prisonnier politique Ali Lafi qui m’accompagnait ce jour-là car la teneur de l’accusation était légère et ne justifiait pas une arrestation. Mais d’autres considérants sont rentrés en ligne de compte.

J’ai été soumis à un chantage à ma liberté et à celle de mon compagnon. Les magistrats instructeurs ont posé les conditions suivantes en échange de ma libération immédiate et de l’absence de poursuites :

-  Proclamer ma démission définitive du mouvement En Nahdha

-  Couper tous mes contacts avec les militants associatifs et politiques

-  Ne plus assister à l’avenir aux réunions littéraires et intellectuelles

-  Ne plus assister aux soirées poétiques

-  Renoncer à publier mes articles dans les journaux et revues, quels qu’ils soient

-  Renoncer à la deuxième édition de mon roman (Tarchich)

-  Renoncer à publier mon nouveau roman (Laïla wal Kala’a elhaouiya)

J’ai refusé ce chantage à la liberté et j’ai exigé d’être libéré sur-le-champ et inconditionnellement. Je considère qu’il s’agit d’une interférence illégale et non constitutionnelle entre l’administration, la justice et la police politique.

Face à mon refus net, ils ont promis de m’enfoncer et de me jeter en prison par vengeance. La première audience a été fixée pour le 28 avril prochain. Face à la gravité de ce qui est arrivé et de ce qui pourrait m’arriver ainsi qu’à Ali Lafi, je demande aux organisations de défense des droits de l’homme et à l’opinion publique d’être à mes côtés et de dénoncer ces pratiques contraires à la loi, la constitution, et à toutes les conventions et usages internationaux.

On peut contacter mon épouse au 98 91 04 94 et Maître Samir Ben Amor au 98 34 09 64.

Farid Khaddouma
Mardi 13 avril 2004
Prison de Mornag

(traduction ni revue ni corrigée par l’auteur de la lettre publiée par Tunisnews du 15 avril, LT)


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