Communiqué de l’ALTT (Association de Lutte contre la Torture en Tunisie)
Pour deux semaines consécutives,l’administration pénitentiaire de la prison civile de Tunis a interdit à Abdellatif Bouhjila la sortie de cellule et la visite familiale qui devrait avoir lieu tous les mardi.
Selon ses parents qui se sont présentés le Mardi 20 Avril 2004 et le Mardi 27 Avril 2004 sans pouvoir le rencontrer,la seule « explication » invoquée par les autorités pénitentiaires est que Abdellatif est « puni » pour « indiscipline » et « manquement au règlement ».
Mais habituée à ce « chantage » auquel a recours les autorités pénitentiaires à plusieurs reprises,la famille de Abdellatif est persuadée que cette dernière « punition » fait suite comme les précédentes, à son exigence de recevoir les soins et les médicaments dont il est privé.
L’ALTT,qui dans plusieurs communiqués antérieurs, a déjà alerté l’opinion publique sur le cas de Abdellatif Bouhjila, rappelle que ce prisonnier politique a été condamné à 11 ans d’emprisonnement suite à un procès inéquitable ; et que depuis son incarcération en Septembre 1998,il a totalisé 440 jours de grèves de la faim dont l’une de 75 jours pour son droit aux soins médicaux. La torture ,les mauvais traitements et les conditions inhumaines de sa détention ont eu des effets désastreux sur son état de santé .
Insuffisant rénal,cardiaque et ashmatique, il a en effet besoin d’un suivi médical régulier et constant,qui lui est refusé. Le fait qu’il ait réclamé ce droit, a toujours été perçu par l’administration pénitentiaire comme un acte d’ « indiscipline »et un « manquement au règlement », donnant lieu à des mesures de rétorsions diverses allant de l’agression physique et l’internement isolé au cachot,jusqu’à la privation du couffin et de la visite familiale,,en passant par les déplacements successifs dans des prisons éloignés
L’ALTT , (association de Lutte contre la Torture en Tunisie),qui réaffirme sa solidarité avec la famille de Abdellatif Bouhjila,appelle l’opinion publique et les ong humanitaires à se mobiliser pour sa libération dans les plus brefs délais ,et exige expressément et en urgence :
la fin de sa mise au secret
le respect de son droit aux soins médicaux et aux médicaments
le respect de son droit de visite familial et l’arrêt de toutes formes de chantages en rapport avec ce droit.
Tunis le 29 Avril 2004
Pour le Comité Directeur
Le Secrétaire Général
Chokri Latif