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Détenu tunisien en danger de mort : démenti des autorités [AFP]




TUNIS, 9 jan (AFP) - Les autorités tunisiennes ont démenti qu’un détenu en grève de la faim depuis 53 jours, Karim Harouni, soit actuellement en danger de mort par manque de soins, affirmant qu’il n’avait "jamais été maltraité", dans une déclaration à l’AFP vendredi à Tunis.

L’Association internationale pour le soutien des prisonniers politiques (AISPP, interdite en Tunisie), avait lancé jeudi un "appel urgent" pour sauver ce prisonnier, entré en grève de la faim le 18 novembre 2003, pour réclamer sa libération, ou à défaut obtenir l’amélioration de ses conditions de détention.

"La situation est dramatique pour Karim Harouni qui se trouve dans l’isolement total avec privation de communication et contact humain avec ses co-détenus de droit commun et qui est, du fait de son jeûne, dans un état de déshydratation avancée", avait précisé à l’AFP un dirigeant de l’AISPP.

"Il ne peut plus se déplacer et l’administration pénitentaire a refusé son hospitalisation malgré les recommandations du médecin de la prison de Sfax" (centre), avait-il ajouté.

De source officielle à Tunis, on affirme que Karim Harouni, 43 ans, est un "membre dirigeant de l’organisation terroriste Ennahda, qui a été condamné le 28 août 1992 à la prison à perpétuité pour organisation d’un attentat destiné à changer la forme du gouvernement par la violence".

Sa peine a été ensuite ramenée à 30 ans de prison en novembre 2002.

"M. Harouni bénéficie des droits garantis aux détenus : soins médicaux appropriés lorsque nécessaires, droit de visite de sa famille, envoi et réception de courriers", ajoute-t-on de même source.

"Il n’a jamais subi de mauvais traitements et son état de santé a toujours été normal, y compris durant toute la période de la présumée grève de la faim où il était suivi par les services médicaux pénitentiaires", précise la même source officielle, affirmant que "l’intéressé a annoncé le 7 janvier la fin de sa présumée grève de la faim".

L’AISPP - fondée en 2002 par des avocats et défenseurs des droits de l’Homme -, est, pour sa part, qualifiée officiellement à Tunis, de "formation écran de l’extrémisme intégriste connue pour ses activités de propagande et de désinformation, ainsi que pour son soutien aux groupuscules intégristes prônant la haine et la violence".

Les autorités tunisiennes dénient le statut de prisonniers d’opinion aux détenus islamistes dont le nombre est estimé à un peu moins d’un millier par Amnesty international.

La plupart ont été condamnés dans les procès intentés au début des années 1990 aux dirigeants du mouvement islamiste Ennhada, aujour’hui démantelé.


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