Vous êtes ici : Sommaire > Un peu d’Actu > Extrait du rapport LTDH (Médias sous Surveillance) et « Nous attirons votre attention » (Lettre de journalistes de La Presse)
TUNeZINE

E-mag

- TUNeZINE 122
- TUNeZINE 121
- TUNeZINE 120
- TUNeZINE 119
- Hors-Série 004
- TUNeZINE 118
- TUNeZINE 117
- TUNeZINE 116
- TUNeZINE 115
- TUNeZINE 114
- Hors-Série 003

Anciens Numéros


Rubriques

Le Forum
Là où l’on cause
Ils écrivent
Les Clefs
Pour comprendre le site
Les Associations
La Galerie
A voir et à entendre
Chantier Démocratique
Pour la Liberté en Tunisie
Revue de Presse
En différé de Tunisie
Des Liens
Pour découvrir
V.I.P...
Prisonniers de l’Injustice
Un peu d’Actu
Liberté, grèves, faim ...

Rechercher


Extrait du rapport LTDH (Médias sous Surveillance) et « Nous attirons votre attention » (Lettre de journalistes de La Presse)




Extraits du rapport de Ligue Tunisienne Pour la Défense des droits de l’Homme, « Médias sous surveillance » du mois de mai 2004. Rapport rédigé par Mme Souhayr Belhassen et Messieurs Larbi Chouikha, Lotfi Hajji, Rachid Khechana et Slah Jourchi et revu et amendé par le comité directeur de la LTDH :

... Mohamed Bousnina, journaliste au quotidien « Essahafa » s’est trouvé dans l’obligation de publier une lettre dans le journal « El Maoukef » pour évoquer ce qu’il subit comme « oppression, marginalisation et iniquité » et témoigner du fait que la direction de la rédaction de son journal a « porté atteinte à sa liberté dans la pratique de sa profession par la censure préalable, les coupes et le refus de publier ses articles. Il a accusé celle-ci d’interdire « la liberté d’opinion et d’expression nécessaires au traitement objectif de l’information ». Il affirme qu’il a été l’objet de plusieurs sanctions dont « la réduction de son salaire et l’instrumentalisation de celui-ci pour étouffer les libertés et les droits. » Tout cela conduit Mohamed Bousnina à sombrer dans la dépression. La situation de celui-ci n’est pas isolée, puisqu’un nombre important de ses collègues du groupe « La Presse » qui comprend les journaux « La presse » et « Essahafa » ont diffusé le 9 Mars 2004 une lettre auprès des responsables gouvernementaux y compris le premier ministre, ainsi que des représentants d’organisations de la société civile, sous le titre de » Nous attirons votre attention ». Ils y traitent de « la situation du journal « La presse » qu’ils décrivent comme étant « totalement opaque ». Ils disent entre autres, qu’ils « n’arrivent plus à distinguer ce qu’il est permis de publier de ce qu’il ne l’est pas dans le traitement des questions nationales et internationales ». et qu’il est « étrange que ce que le journaliste pouvait de toute évidence traiter précédemment est devenu aujourd’hui impossible puisque la direction générale et la rédaction en chef interdisent de nombreux articles sans la plupart du temps donner de raisons ou d’explications et sans même informer le journaliste, auteur de l’article.
Les interdictions et la censure selon les auteurs de la lettre se sont multipliés d’une manière considérable ces derniers mois et touchent tous les sujets et toutes les spécialités y compris les sujets que la « hiérarchie » demande aux journalistes d’aborder et de couvrir ». Les auteurs de la lettre ont cité des exemples qui illustrent la situation dans les entreprises de presse. La censure a porté sur plusieurs articles et reportages des sections « Société » et « événements nationaux » dont l’interdiction de la publication d’un reportage sur les inondations dans la région de l’Ariana, sur le pôle technologique dans cette même région, sur les cours particuliers, sur la grève des enseignants du secondaire, sur la politique des prix et l’interdiction quasi permanente des caricatures du caricaturiste Lotfi Ben Sassi appelé à reprendre constamment ses dessins. La censure touche également de nombreux articles dans les rubriques « Sport » ou ceux portant sur « La politique et les informations internationales ». Parmi les articles interdits de publication, on trouve : des articles sur les liquidations physiques pratiquées par l’armée israélienne, sur les dénonciations par l’Assemblée Générale de l’ONU du mur de séparation israélien ainsi que la couverture de la conférence de presse tenue au local de l Agence Tunisienne de la Communication Extérieure par Pascal Boniface de l’Institut Français des relations Stratégiques et Internationales. Est également interdite dans les titres, articles ou télégrammes d’agence de presse toute allusion aux pertes subies par les forces américaines en Irak, en particulier le nombre de morts et de blessés. La rédaction se contentant en général du titre « Montée de la violence en Irak ». Interdiction explicite également de faire état des critiques adressées de l’intérieur et à l’extérieur à l’administration américaine pour son occupation de l’Irak.
Il est explicitement interdit de publier la photo de John Kerry, le candidat du Parti Démocrate aux élections présidentielles américaines.
Les journalistes du groupe « La presse » concluent leur lettre en soulignant »le retour en force de la politique de la censure et des pressions sur leurs écrits » de même qu’ils ont souligné certaines pratiques courantes de censure et de contrôle comme « la déformation des articles et la dénaturation de leur contenu » Lorsque les journalistes ont demandé des explications sur ces interdits et sur cette aggravation de la censure »les responsables ont indiqué qu’il y avait des instructions venues d’en haut qu’ils ne pouvaient dévoiler ». Les journalistes du groupe »La presse » ajoutent que « les choses sont arrivées au point que certains articles d’analyse et de commentaires politiques sont censurés, la directrice générale de « La presse » ayant déclaré à plusieurs reprises que « le journaliste n’a plus aucun rapport avec son article dés qu’il l’a remis aux responsables ».
De plus en plus de journalistes se plaignent du règne de la pensée unique dans les journaux, que le sujet traité soit d’ordre local, arabe ou international. Cette attitude, s’est confirmée à l’occasion de la décision d’ajourner le sommet arabe de Mars 2004 lorsque des instructions ont été données de ne publier ni informations, ni commentaires qui ne soient pas dans le sens de la décision officielle. Ceci, surtout après les commentaires de certains partis politiques qui ont exprimé des opinions différentes. De même, il est de notoriété publique que les journaux publient sans discuter des articles préparés hors des rédactions...

Ici-bas la version arabe de la lettre diffusée, par des journalistes du groupe « La Presse », auprès des responsables gouvernementaux ainsi que des représentants d’organisations de la société civile, sous le titre de : « Nous attirons votre attention »


A voir en ligne : Le rapport de la LTDH
Ce site a été construit avec la technologie SPIP
CopyLeft TUNeZINE 2001-2003