Mon frère, Chokri Yahyaoui, 29 ans, chômeur maîtrisard en sciences économiques, a été encore une fois empêché de travailler.
Aujourd’hui des agents de la « brigade de sauvegarde des bonnes murs » l’ont arrêté (de 17h30 à 20h45) et emmené contre son gré à la caserne d’El Gorjani et ont procédé à la saisie du matériel informatique qui appartient à son employeur (Rue d’Alger Tunis) sous le prétexte fallacieux que ce dernier vend des films pornographiques !
Quand Chokri a voulu avoir la liste exacte du matériel saisi du fait qu’il ne fait aucune confiance aux méthodes douteuses de la brigade d’El Gorjani, un policier l’a brutalisé et agressé (Gifles, insultes et menaces) devant son supérieur hiérarchique en prétendant qu’il est contaminé par « la propagande de l’opposition tunisienne ».
Depuis au moins une semaine, Chokri subit une filature policière rapprochée et il a été questionné dés son premier jour de travail par des agents en civil à la rue d’Angleterre, sur les raisons de sa présence à Tunis-ville !
Hier au moins sept personnes prétendant être des clients ont demandés à Chokri de leur vendre des films pornos ! ! !
Chokri, qui n’a jamais eu affaire avec ce genre de commerce, avait des doutes depuis hier concernant cette machination policière qui visait à l’arrêter en flagrant délit.
Rien à dire sauf que la punition collective prend désormais des dimensions alarmantes avec un nouvelle victime Houssem, l’employeur de Chokri, qui doit se présenter demain 9h00 à la caserne d’El Gorjani.
Zouhair Yahyaoui
12 mai 2004