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Les épouses de six terroristes présumés d’origine arabe, arrêtés en Bosnie et emprisonnés depuis trois ans au camp de détention américain de Guantanamo (Cuba), ont manifesté lundi à Sarajevo pour réclamer la libération immédiate de leurs époux. Une centaine de manifestants ont rejoint les six femmes devant le siège du gouvernement, en brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : "Laissez mon papa rentrer à la maison" et "Messieurs les ministres, est-ce que vous avez des enfants ?". L’une des épouses, Emina Lahmar, a déclaré à l’AFP que les autorités bosniaques s’étaient rendues en 2004 à Guantanamo mais qu’elles n’avaient jamais fourni d’informations à leur famille sur la situation des six hommes. "Nous demandons aux autorités bosniaques d’entamer des négociations pour la libération de nos époux", a-t-elle ajouté. Hadz Boudellaa, Boumediene Lakhdar, Mohamed Nechle, Saber Lahmar, Mustafa Ait Idir et Belkasem Bensayah, emprisonnés en octobre 2001 à Sarajevo puis remis début 2002 aux États-Unis. Les six hommes sont de nationalité algérienne et l’un d’entre eux a également un passeport yéménite. Parmi les six, cinq avaient aussi obtenu la nationalité bosniaque avant leur arrestation. Le groupe était soupçonné par la justice bosniaque d’avoir des liens avec le réseau al-Qaïda d’Oussama ben Laden et d’avoir envisagé des attentats contre les ambassades américaine et britannique à Sarajevo un mois après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. La Cour bosniaque des droits de l’Homme avait estimé en 2003 que les autorités de Bosnie avaient violé les droits des six hommes en les remettant aux États-Unis. En fin d’après-midi, les six femmes ont été reçues par le Premier ministre, Adnan Terzic. Ce dernier a promis de soulever leur requête devant le Conseil des ministres lors d’une prochaine réunion, a déclaré l’épouse de Belkasem Bensayah, Anela. De son côté, un responsable du ministère de la Justice a indiqué à l’AFP que la Bosnie pourrait réclamer l’"extradition" de deux suspects, Belkasem Bensayah et Saber Lahmar, poursuivis par la justice locale pour "usage de faux documents". Pour l’instant, aucune décision n’a été prise par les autorités bosniaques concernant le sort des quatre autres personnes, a ajouté cette source ayant requis l’anonymat.
Agence France Presse 31 - 01 - 2005 |