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Des formations d’opposition tunisiennes ont appelé mardi à un rassemblement de protestation à Tunis contre l’invitation lancée au Premier ministre israélien, Ariel Sharon, à assister au sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), en novembre prochain en Tunisie. Ce rassemblement prévu vendredi devrait regrouper des ONG, des représentants de la société civile, ainsi que des syndicats affiliés à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale), apprend-on mardi auprès des organisateurs. Quatre partis, dont deux légalement reconnus, le Parti démocratique progressiste (PDP) et le Forum démocratique pour le travail et les Libertés (FDTL) se sont regroupés sous le signe du "refus de la visite" d’Ariel Sharon, qualifié de "criminel de guerre" et de "bourreau des Palestiniens". Dans un communiqué parvenu mardi à l’AFP, ces partis ont sévèrement critiqué le gouvernement tunisien, accusé de vouloir, par son invitation à Ariel Sharon, occulter les revendications démocratiques. Cette invitation est une "insulte aux sentiments nationaux et humains du peuple tunisien", affirment-ils, promettant une mobilisation tous azimuts pour faire échec à la visite planifiée du dirigeant israélien. L’UGTT a exprimé "surprise et réprobation" et s’est insurgée contre une "atteinte aux sentiments profonds des Tunisiens ayant en mémoire l’agression sauvage contre Hammam-Chott". L’aviation israélienne avait mené en octobre 1995 un raid meurtrier sur cette localité tunisienne qui abritait alors le QG de l’OLP en front de mer. La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a lancé un mot d’ordre de mobilisation à la société civile et aux partis politiques "pour obliger le gouvernement à revoir sa décision", tandis que le Conseil national des Libertés (CNLT, non reconnu) s’est dit "choqué". "Le général Sharon n’a pas sa place en Tunisie en tant qu’invité d’honneur, mais devant un tribunal pénal international, où il devrait répondre de crime de guerre", a affirmé le CNLT dans un communiqué. Il appelle le gouvernement à "revenir sur cet acte irresponsable" et lui demande d’éviter que "les Tunisiens soient pas exposés à un tel affront". L’invitation d’Ariel Sharon a provoqué un début d’ébullition à l’université, où des manifestations auraient eu lieu dans certaines facultés de Tunis, Sfax (sud) et Kairouan (centre), selon des sources de l’opposition. Le gouvernement s’est lancé cette semaine dans une campagne d’explication, tentant de minimiser la signification bilatérale de l’accueil d’Ariel Sharon, l’inscrivant dans le strict cadre des Nations-Unies. Israël est invité en tant que membre de l’Onu à un sommet parrainé par l’ONU, insistait le ministre des Affaires étrangères Abdelbaki Hermassi.
Agence France Presse Tunis - 01 - 03 - 2005 |