H. Ellouze, B. Makhlouf, S. Atig et A. Jelassi en grève de la faim depuis le 15 décembre 2003
Les prisonniers d’opinion Habib Ellouze, Bouraoui Makhlouf, Sahbi Atig et Abdelhamid Jelassi séquestrés dans les couloirs de la mort à la prison de Borj El Amri, sont en grève de la faim depuis le 15 décembre 2004.
L’état de santé de ces prisonniers d’opinion a atteint un stade très critique ; en effet ont dû amener une chaise pour permettre à Bouraoui Makhlouf et Sahbi Atig de se rendre à la visite de leur famille le 14 janvier pour le second et le 17 janvier pour le premier, puisqu’ils étaient incapables de se tenir debout. Quant à Habib Ellouze il n’a pas été amené à la visite du 17 janvier par ses gardiens.(...) Or, il s’avère que ces prisonniers sont déterminés à poursuivre leur grève de la faim déclenchée le 15 décembre pour défendre leur droit à la vie, et revendiquer la fin de leur isolement dans les couloirs de la mort, et leur libération, toutes revendications ignorées par le pouvoir.
L’administration pénitentiaire a fait exprès de transférer fin octobre 2003 de nombreux prisonniers politiques à la prison de Borj El Amri, où ils ont été mis en isolement dans des cachots individuels, sans lumière, ni fenêtre. Ainsi beaucoup ont déclenché une longue grève de la faim. Après que certains aient été dispersés vers d’autres prisons (Choukri Bahria , Mohammed Nejib Louati et Ali Zouaghi), Habig Ellouze, Bouraoui Makhlouf, Sahbi Atig et Abdelhamid Jelassi ont commencé une grève de la faim d’autant qu’un des responsables de l’administration pénitentiaire en était arrivé à les menacer d’autres tortures alléguant que ce qu’ils avaient enduré pendant dix ans n’était encore qu’une simple promenade et qu’ils allaient goûter le vrai goût de la prison (selon les familles qui l’ont rapporté des prisonniers).
L’AISPP informe l’opinion publique que ces informations ont demandé beaucoup de temps et d’efforts d’autant que la majorité des familles de prisonniers habitent loin de la capitale (Sousse et Sfax) et elle exprime :
1) Son inquiétude croissante pour la vie des prisonniers d’opinion en grève de la faim à la prison de Borj El Amri et sa crainte que la non-présentation du prisonnier Habib Ellouze à la visite du 17 janvier ne cache une grave dégradation de sa santé, d’autant que ce dernier est diabétique.
2) Sa condamnation des mauvais traitements infligés aux prisonniers d’opinion (...)
3) Sa revendication d’ouvrir les prisons et les couloirs de la mort aux visites des organisations de défense des droits de l’homme et humanitaires (...)
Tunis, le 20 janvier 2004
Pour l’AISPP
Le président, Me Mohammed Nouri
Traduction abrégée, non revue par les auteurs de l’original, LT