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Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme
Tunis, le 27 octobre [1] 2005
INFOS EXPRESS
Le prisonnier internaute Ali Bettibi poursuit sa grève de la faim à la prison de Borj Er Roumi depuis le 16 septembre pour exiger sa libération.
La Ligue a reçu des informations en provenance de la famille du prisonnier Ali Bettibi, en substance : il continue sa grève de la faim depuis le 16 septembre 2005 à la prison de Borj Er Roumi pour exiger sa libération. Il a été privé de la visite de sa famille à plusieurs reprises en guise de punition pour avoir refusé de mettre un terme à sa grève. Puis la sanction a été levée et sa famille a pu lui rendre visite le 4 novembre 2005. Il a informé cette dernière qu’il avait décidé de poursuivre sa grève, sans prise d’eau ni de sucre. S’il exécutait son projet, sa vie serait menacée à tout moment.
Ce prisonnier a été condamné cet été à quatre ans d’emprisonnement à cause d’une information concernant la Tunisie publiée sur le site jazira.net, qu’il avait renvoyée à des sites et adresses électroniques, et dont il n’est pas l’auteur.
Les jeunes détenus en vertu de la loi anti terroriste sont en grève de la faim
Les familles de ces jeunes ont contacté la Ligue pour l’informer que leurs enfants incarcérés à Borj El Amri et à la prison civile de Tunis étaient en grève de la faim illimitée depuis le 4 novembre 2005 pour certains et depuis le 5 novembre pour les autres, pour exiger leur libération.
Ces jeunes ont été écroués depuis plusieurs mois au terme de l’interrogatoire préliminaire mené par le juge d’instruction de Tunis, qui les a inculpés de chefs relevant de la loi antiterroriste du 10 décembre 2003, relative à la lutte antiterroriste. Ils ont déclaré à leurs familles et leurs avocats qu’ils avaient été contraints de signer les procès verbaux au ministère de l’Intérieur après avoir subi toutes formes de torture, physique et morale. Ils ont également été privés de la présence d’un avocat lorsqu’ils ont été déférés devant le juge d’instruction. Beaucoup ont déclaré que leurs tortionnaires les avaient menacés de les torturer à nouveau après le passage devant le juge d’instruction, s’ils ne répétaient pas à ce dernier ce qu’ils avaient été contraints à signer sur les procès verbaux de la police. Cette menace constitue en elle-même un crime de torture.
De plus, depuis qu’ils ont été interrogés et écroués, aucune investigation sérieuse n’a été menée en dépit de la longueur de leur détention qui atteint six mois pour certains d’entre eux. Ils n’ont pas pu consulter de médecin pour soigner les séquelles de la torture, encore évidentes des mois après le début de l’instruction, et il n’y a pas eu d’enquête au sujet des actes de torture attribués aux agents de la Sûreté.
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(traduction d’extraits, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT) |