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Conseil National pour les Libertés
Tunis, le 15 septembre 2004
Communiqué
Abominable agression du prisonnier Abdelmajid Ghidhaoui
Jeudi 9 septembre à la prison d’El Haouareb, le prisonnier politique Abdelmajid Ghidhaoui (47 ans) a subi une violente agression perpétrée dans son cachot individuel par les agents Kamel Dra’ï et Abderrazak Sahlaoui, qui ont continué les violences à l’extérieur, sous les regards des prisonniers. Il s’est évanoui sous la violence des coups.
Son frère a remarqué lors de la visite du mardi 14 septembre les contusions et tuméfactions apparentes sur l’ensemble du corps. Abdelmajid Ghidhaoui a annoncé qu’il commençait une grève de la faim pour que ses droits lui soient restitués et que des comptes soient demandés aux tortionnaires et aux responsables de cette agression. Il a chargé son avocat de porter l’affaire en justice.
Le Conseil National pour les Libertés attire l’attention sur les persécutions subies par le prisonnier Abdelmajid Ghidhaoui depuis le mois de mai dernier : il a été privé de visite aux prisons de Borj El Amri et Borj Er Roumi. Il a été mis au « siloun ». On l’a violemment agressé à plusieurs reprises pour le contraindre à cesser ses grèves et à renoncer à protester, pour être finalement transféré à la prison d’El Haouareb.
Le Conseil rappelle qu’il a été transféré dans treize prisons depuis son arrestation en 1991 et sa condamnation à vingt deux ans d’emprisonnement par le tribunal militaire.
Il rappelle aux autorités tunisiennes qu’elles doivent respecter leurs engagements internationaux, notamment l’article 31 de l’ « ensemble des règles a minima pour le traitement des prisonniers » qui stipule que « les peines corporelles, la mise au cachot obscur ainsi que toute sanction cruelle, inhumaine ou dégradante doivent être complètement défendues comme sanctions disciplinaires »
Le conseil exige l’ouverture immédiate d’une enquête sur cet incident et la poursuite des agresseurs directs et des responsables qui sont impliqués ;
Le droit à la santé pour les prisonniers
Le Conseil national pour les libertés a pris acte du fait que l’administration pénitentiaire utilise la question du droit aux soins pour le prisonniers politiques comme un moyen de pression pour les torturer, d’où la dégradation de l’état de nombre d’entre eux ( Fethi Ouerghi, Mohammed Mseddi, Abdellatif Bouhjila, Jalel Mabrouk, Mounir Ghaith, Mahmoud Balti, Mondher Bejaoui, etc...) Le Conseil attire l’attention sur l’état du prisonnier Taha Bagga (42 ans), condamné à vingt ans d’emprisonnement en 1992 par le tribunal militaire de Tunis et incarcéré à la prison de Messaadine II, qui a subi la semaine dernière à l’hôpital Kassab de la Mannouba une intervention chirurgicale destinée à le traiter, toutefois après que l’administration pénitentiaire ait ignoré ses demandes répétées, jusqu’à ce que son état empire. On s’attend à ce qu’il subisse une autre intervention dans les jours à venir.
Le Conseil atteste de l’existence de nombre de cas de négligence sanitaire dans les prisons tunisiennes et appelle à ce que des soins soient prodigués de toute urgence dans les prisons, comme le stipule l’article 35 de la 4ème partie de l’ensemble des règles a minima pour le traitement des prisonniers des Nations Unies.
Pour le Conseil
La Porte Parole Officielle
Sihem Ben Sédrine
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT) |