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 Une délégation de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), conduite par son secrétaire général Aidan White a assisté dimanche à Tunis au congrès de l’Association des journalistes tunisiens afin d’examiner les conditions de son éventuelle réintégration. La FIJ avait décidé de suspendre l’AJT en mars dernier suite à l’attribution d’un "Prix pour la liberté de la presse" au Président Zine Al Abidine Ben Ali par les dirigeants de l’association, unique représentant reconnu des journalistes en Tunisie. Lors de son discours à l’ouverture du 22e congrès de l’AJT, M. White a critiqué les pouvoirs publics en Tunisie, faisant état "de pressions gouvernementales, directes ou indirectes contre la liberté de la presse et d’expression, ayant entaché l’image et la perception du journalisme tunisien". "Les journalistes, où qu’ils se trouvent, sont actuellement engagés dans un combat intense pour la préservation des valeurs professionnelles dans un environnement caractérisé par les défis mondiaux et la manipulation politique à un niveau jamais égalé auparavant", a-t-il poursuivi. Se référant à la guerre américano-britannique contre l’Irak, M. White a indiqué que les "faiseurs d’opinion publique et les militants extrémistes manipulent les médias afin de maquiller la réalité de cette guerre". "Nous devons nous détacher des gouvernements et partis politiques et nous opposer aux abus des autorités où qu’ils soient et quels qu’ils soient", a-t-il préconisé. Interrogé par l’AFP, M. White a indiqué que sa délégation doit rendre rapport sur la situation de l’AJT et de la presse en Tunisie en vue de la réunion de l’exécutif de la FIJ, les 23 et 24 octobre à Bruxelles, afin de décider de lever ou de maintenir la suspension. "Ma mission n’est pas de faire la morale ou de critiquer l’AJT mais de voir comment collaborer avec les journalistes tunisiens afin d’affronter cette crise", a-t-il souligné. Le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), Mokhtar Trifi, a estimé, pour sa part, que "l’état de la presse en Tunisie était des plus médiocres dans le monde arabe et en Afrique", rejetant la responsabilité sur les pouvoirs publics. Le débat au congrès a été axé sur les mauvaises conditions de travail des journalistes, tant au niveau professionnel que matériel, ainsi que sur l’incapacité de l’AJT à défendre convenablement la profession. L’association, qui compte quelque 660 membres, n’a pas de véritables prérogatives syndicales pour défendre les journalistes, parmi lesquels un groupe s’emploie actuellement à la création d’un syndicat autonome. L’AJT, dirigée depuis une dizaine d’années par un président membre du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir), doit élire un nouveau comité pour trois ans.
© Agence France Presse 26 - 09 - 2004 |