SOS URGENT
Il veut obtenir son passeport pour rejoindre sa famille en France.
Bizerte, le 22 décembre 2003
Par ce message, nous nous adressons à toutes les consciences vives, au nom du comité de soutien à l’ex-prisonnier politique Ali Rouahi, qui a décidé d’entamer une grève de la faim le 29 novembre 2003 à son domicile (sis 15 rue Elwasat, El Medina, Bizerte), pour protester contre la situation dramatique qui est la sienne depuis sa sortie de prison en juin dernier. Ali Rouahi a été incarcéré neuf ans au cours desquels il a goûté à toutes sortes de tortures et d’offenses dans les prisons par lesquelles il est passé. Il n’aura pas reçu un seul couffin ni même une visite, tous les membres de sa familles étant en France et lui vivant seul en Tunisie. Sa mère est une femme âgée, atteinte de plusieurs maladies chroniques qui menacent son pronostic vital. Elle est alitée. L’emprisonnement et la séparation d’avec son fils n’ont fait qu’accroître son affliction.
Depuis sa sortie de prison, Ali Rouahi fait l’objet d’un encerclement sécuritaire. La police politique a voulu l’obliger à émarger quotidiennement au poste de la Sûreté de Bougetfa à Bizerte. Il a refusé et a tenu bon. On lui a monté une affaire de non respect du contrôle administratif. Le tribunal cantonal de Bizerte a conclu sur un non-lieu, mais le parquet a fait appel. Ali Rouahi souffre de pauvreté, de marginalisation et d’isolement. Il n’a ni travail ni famille. Face à l’aggravation de sa situation, il a frappé à toutes les portes, celle de la section de la LTDH de Bizerte qui a publié depuis l’été plusieurs communiqués, celle de la Sûreté pour réclamer son passeport afin de rejoindre les membres de sa famille qui vivent à Lyon, où il vivait avant de rentrer en Tunisie au milieu des années quatre-vingt.
Mais il n’a eu que le silence pour toute réponse et a entamé une grève de la faim dans l’espoir qu’elle attire l’attention des autorités et de l’opinion publique locale et internationale sur son drame.
En dépit des médiateurs qui ont tenté de le convaincre d’arrêter, il est déterminé à continuer coûte que coûte.
A cette occasion, nous vous demandons à vous, comités, partis, et personnes militant pour les droits de l’homme, d’agir pour sauver une vie humaine. Nous exigeons des autorités qu’elles lui remettent le passeport qui lui fera rejoindre sa mère menacée de décès d’un moment à l’autre.
Pour le Comité de Soutien
Pour le coordonnateur Mohammed Hedi Ben Saïd
Ali Ben Salem
(Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version arabe, Luiza Toscane)