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Technologie moderne de communication, marée montante d’anti-américanisme et de ferveur religieuse inspirée par le mois sacré du Ramadan sont autant d’éléments pour les habitants de Kano, dans le nord musulman du Nigeria, pour réclamer une intervention divine dans l’élection présidentielle américaine de mardi. Depuis le début du mois annuel de prière et de jeune, un message SMS circule : "A quelques jours de l’élection présidentielle américaine, rejoignez-nous pour priez pour la défaite de Bush, arrogant et ennemi de l’islam et des musulmans. Faites passer à 10 autres" personnes. Cette campagne a été lancée bien plus pour augmenter les recettes des compagnies de téléphonie mobile, détenues par des capitaux sud-africains, que pour véritablement inquiéter les stratèges de la Maison Blanche ; mais à Kano, grande cité commerçante du Nord nigérian, la réaction populaire souligne bien la profondeur du sentiment anti-américain. Kano a été récemment l’objectif de projets d’investissement américains dans les domaines de l’éducation et de l’économie, destinés à "séduire" les musulmans et à contrecarrer l’impact des sermons anti-américain dans les mosquées de la ville. Mais en attaquant Bush les mystérieux auteurs du SMS prêchent des convertis ! "Personne n’a besoin de me demander de prier pour la défaite de Bush, en cette période sainte où la plupart des prières sont exaucées", déclare Nasiru Abdullahi, un mécanicien de 34 ans. "J’ai prié pour la défaite de Bush depuis le début du Ramadan et ne cesserai de le faire avant la fin de l’élection. Je suis confiant, Allah exaucera nos prières car ce sont des prières contre Son ennemi", ajoute-t-il. Les politologues américains ont identifié le nord du Nigeria comme une zone où pauvreté, chômage et influence grandissante des religieux fondamentalistes islamistes ont nourri une vague croissante et potentiellement dangereuse de sentiment anti-américain. Lors de son tour d’Afrique en 2003, Bush avait fait du Nigeria une étape-clé de son voyage, les agences d’aide américaine y avaient ouvert une bibliothèque et financé, pour 2 millions de dollars, un projet de création d’emplois à Kano, plaque tournante commerciale, très majoritairement musulmane. Jusqu’à présent l’effort d’assistance américain semble n’avoir fait que de minces progrès dans la conquête des coeurs et des mentalités. "J’ai reçu quatre fois le texte du message, mais l’expéditeur ne devrait pas perdre son temps. J’ai inscrit la défaite de Bush dans ma liste de demandes à Allah ce mois-ci", explique un marchand de tissus Adnan Habibu, 46 ans. "C’est l’un des cinq demandes principales à Allah, que je récite jour et nuit. Je ne peux imaginer le malheur que Bush apportera aux musulmans, s’il est encore président les quatre années à venir", déclare-t-il à l’AFP. Quoi qu’il en soit, aucun des deux candidats à la présidence américaine ne semble trouver grâce aux yeux des Nigérians musulmans. "Que Bush gagne ou perde, rien ne changera dans la politique des États-unis envers l’Islam et les musulmans, car le problème n’est pas Bush, mais bien la mentalité américaine", estime Sadiq Yunus banquier de 31 ans. "Kerry a sans doute raison lorsqu’il critique l’approche belliciste des problèmes globaux par Bush, mais cela ne veut pas dire qu’il fera mieux. Laissez Kerry accéder à la Maison Blanche et vous verrez ce qui arrivera", commente le jeune banquier.
Agence France-Presse 31 - 10 - 2004
Les syndicats nigérians appellent à une grève illimitée à partir du 16 novembre
La principale centrale syndicale du Nigeria et une coalition d’organisations de la société civile ont lancé dimanche un mot d’ordre de grève illimitée à partir du 16 novembre pour protester contre la hausse des prix du carburant. "Le 16 novembre, la grève commencera et elle sera illimitée. Le gouvernement a rendu le dialogue impossible", a déclaré aux journalistes Adams Oshiomhole, président du Congrès nigérian du travail (NLC). Le NLC avait décidé le 14 octobre dernier de suspendre une grève générale de quatre jours, donnant deux semaines au chef de l’État pour annuler les augmentations de prix du carburant sous peine de reprendre le mouvement pour une durée illimitée.
Agence France-Presse 31 - 10 - 2004 |