Deux Tunisiens en grève de la faim depuis 37 jours pour pouvoir étudier (AFP)
PARIS, 15 mars (AFP) - La Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) a lancé lundi un appel en faveur de deux Tunisiens en grève de la faim depuis le 7 février pour pouvoir terminer leurs études.
"Ces deux anciens étudiants Jalel Ayyed et Abdellatif Makki, emprisonnés pendant respectivement 8 et 10 ans pour leur opinions politiques et leurs activités syndicales au sein de l’Union générale tunisienne des étudiants, se sont vus opposer un refus d’inscription à la Faculté de médecine, en vue de terminer leurs études", a annoncé la FIDH dans un communiqué.
Les deux hommes, en grève de la faim à leur domicile, ne se sustentent que d’eau. D’après les médecins, "ils sont très affaiblis et leur état est inquiétant", a indiqué à l’AFP Souhayr Belhassen, vice-présidente de la FIDH.
La FIDH considère que MM. Makki, 37 ans, et Ayyed, 36 ans, qui ont dejà fait cinq années d’étude en médecine, "sont victimes de mesures arbitraires qui visent en réalité à empêcher toute réinsertion au seul motif des opinions politiques et des activités syndicales passées des deux hommes".
"La FIDH appelle les autorités tunisiennes à respecter le droit à l’éducation de MM. Makki et Ayyed et à permettre aux deux anciens détenus de réintégrer la faculté de médecine de Tunis", ajoute le communiqué.
Les autorités tunisiennes, notamment le ministre de l’Enseignement supérieur et le recteur de la faculté de médecine, n’ont jusqu’à présent pas réagi aux interventions en leur faveur, a poursuivi Mme Belhassen.
La FIDH, basée à Paris, a annoncé avoir saisi l’UNESCO en lui demandant d’intervenir d’urgence.
Adellatif Makki est père de deux enfants. Jalel Ayyed est célibataire, a précisé Mme Belhassen.