Entretien avec Selim Hammali, demandeur d’asile en Allemagne, actuellement dans la zone internationale de l’aéroport de Francfort
Selim, pouvez-vous présenter votre situation ?
Je suis Sélim Hammali ; je suis tunisien. J’ai été arrêté sans papiers en Allemagne le 27 décembre 2003, condamné à trois mois d’emprisonnement et incarcéré à Wiesbaden. De la prison j’ai demandé l’asile politique au sens entier du terme. Les autorités ne m’ont pas compris. J’ai fait appel au service social de la prison et j’ai pu leur exposer ma situation.
Pourquoi avez-vous demandé l’asile ?
En Tunisie, je n’avais pas de papiers d’identité. Je n’ai jamais été enregistré à l’état civil. Je sais que j’ai à peu près vingt ans. Cette situation a eu des répercussions très graves pour moi, puisqu’il faut prouver son identité partout. Je n’ai pas pu travailler ni avoir une vie normale. Mes difficultés se sont accumulées.
Quelle a été la réponse des autorités allemandes ?
Le simple fait d’avoir déposé une demande d’asile m’a fait sortir de prison. J’ai donc été reconduit à l’aéroport sans avoir à purger l’intégralité de ma peine, dans l’attente de la réponse. Celle-ci a été négative. J’ai fait appel, et hier le 27 janvier le tribunal a confirmé le refus au motif que je n’avais pas de problèmes politiques en Tunisie. La police des frontières m’a donc fait savoir que je serais reconduit en Tunisie et que le Consulat me délivrerait un laisser-passer.
Que va-t-il se passer maintenant ?
J’ai dit que je refusais de rentrer en Tunisie. Je préfère la prison à la Tunisie. Aujourd’hui à deux heures je serai reconduit en prison, sans doute à celle de Wiesbaden que je connais déjà. Je vais déposer une nouvelle demande en me basant sur l’article 53 de la loi.
Propos recueillis mercredi 28 janvier par Luiza Toscane