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Après le scandale de la surestimation par l’Arabie Saoudite de ses réserves pétrolières, qui ne représenteraient que 70 milliards de barils au lieu des 260 milliards officiels, le monde s’apprête à voir sa production pétrolière piquer et ensuite décliner au cours de l’année 2005. Dans le domaine de la génération d’électricité, le monde pourra switcher de plus en plus vers le gaz naturel, le charbon et l’énergie nucléaire, mais le problème restera entier quant à la substitution du pétrole dans le transport. Le prix du pétrole va continuer à augmenter dans la prochaine décennie, ce qui va poser des problèmes importants pour l’économie Tunisienne qui est un net importateur d’énergie, surtout en tenant compte du fait que même la maigre production actuelle est partagée avec les multinationales.

La Tunisie est actuellement très endettée (plus que 15 milliards de $ de dette). Le textile, le premier secteur industriel pourvoyeur de devises, va rencontrer une concurrence mondiale énorme avec l’abolition des accords multifibres. Le secteur agricole est très endetté en raison des pertes enregistrés lors des années de sécheresse devenue de plus en plus fréquente. La vente d’une grande majorité des entreprises tunisiennes à des investisseurs étrangers, a permis certes dans un premier temps de rembourser une partie des intérêts de la dette extérieur, mais a gonflé dans un second temps d’une façon dramatique le transfert d’argent vers l’étranger de ces même entreprises sous forme de bénéfices annuels. Cette vente des entreprises tunisienne n’a été en quelques sorte qu’une fuite vers l’avant. Le FMI ne facilite pas non plus les choses, puisqu’il pousse à abolir les taxes sur les marchandises importées et la substituer par une taxe sur les ménages tunisiens et sur les combustibles. Cela permettra bien entendu aux Américains d’avoir plus de pétrole pour eux et leur permettra aussi de vendre leurs marchandises. Le FMI demande aussi l’entrée du dinar dans le marchée mondiale des devises, ce qui va sans doutes conduire à un effondrement de cette monnaie, puisqu’il y’a bien entendu beaucoup plus de vendeurs de cette monnaie que d’acheteurs. L’effondrement de la monnaie s’accompagnera par une augmentation des prix des marchandises, ce qui contribuera à baisser dramatiquement la consommation des ménages et permettra d’obtenir un équilibre entre les rentrées de devises essentiellement par le biais des immigrés et des touristes, et les sorties des devises par le biais des compagnie étrangères "on ou off-shore" (à l’intérieur ou à l’extérieur de la Tunisie). Cette façon de gérer l’économie en Tunisie est bien entendu stupide et lourde de conséquence pour les tunisiens. La sagesse impose aux tunisiens de transférer le peu d’épargnes qu’il leur reste à l’euro. Les immigrés sont appelés quant à eux à garder leurs argents en Europe. |