TUNIS, 8 jan (AFP) - Karim Harouni, un prisonnier tunisien observant une grève de la faim depuis 53 jours, serait en danger de mort, a averti jeudi l’Association internationale pour le soutien des prisonniers politiques (AISPP, interdite en Tunisie).
Cette association a lancé un "appel urgent" pour sauver ce prisonnier, entré en grève de la faim le 18 novembre 2003 pour réclamer sa libération, ou à défaut obtenir l’amélioration de ses conditions de détention.
Ancien secrétaire général de l’Union générale tunisienne des étudiants (UGTE, pro-islamiste), Karim Harouni, 43 ans, a été condamné à perpétuité en 1992 par un tribunal militaire pour activités syndicales dans la mouvance islamiste. Sa condamnation a été ramenée à 30 ans de prison en 2002.
Karim Harouni continue cependant de purger le reliquat de sa peine dans "l’isolement total" avec privation de communication et contact humain avec ses co-détenus de droit commun, selon l’AISPP.
Originaire de La Marsa (banlieue de Tunis), ce prisonnier est détenu dans la prison de Sfax (300 km), où il ne reçoit parfois la visite des siens que dans l’isolement, a-t-on ajouté de même source.
"La situation est dramatique. Karim a été visité par ses parents samedi dernier et il était déjà dans un état de déshydratation avancée", a précisé à l’AFP un dirigeant de l’AISPP.
"Il ne peut plus se déplaçer et l’administration pénitentaire a refusé son hospitalisation malgré les recommandations du médecin de la prison de Sfax", a-t-il ajouté.
Plusieurs détenus ont entrepris une grève de la faim en novembre 2003 pour réclamer la fin de l’isolement et des soins, selon l’AISPP.
Cette association, fondée en novembre 2002 par des avocats et défenseurs des droits de l’homme, n’a pas été légalisée par les autorités tunisiennes qui l’accusent de servir de "paravent" à l’islamisme radical.
Les autorités tunisiennes dénient le statut de prisonniers d’opinion aux détenus islamistes dont le nombre est estimé à un peu moins d’un millier par Amnesty international.
La plupart ont été condamnés dans les procès intentés au début des années 1990 aux dirigeants du mouvement islamiste Ennhada, aujour’hui démantelé.